Tristesse
Date de création :
Le 19 juin 2015
Nom Original :
Sadness
Créateur(s) :
Pete Docter
Apparition :
Cinéma
Vidéo
Jeux Vidéo
Parcs
Voix Originale(s) :
Phyllis Smith
Voix Française(s) :
Marilou Berry (Vice-Versa)
Camille Donda (Premier Rendez-Vous ?)

Le portrait

rédigé par Claire Royo
Publié le 17 avril 2021

Tristesse est l'une des émotions de Riley Andersen, personnage principal du film d’animation Vice-Versa (2015), produit par les studios Pixar. De couleur bleue, elle est l’émotion opposée à Joie, qui s’impose comme leader au quartier cérébral. Cohabitant donc avec Peur, Dégoût, Colère et Joie, Tristesse est assez peu présente dans les premières années de la vie de la jeune fille, car Joie guide en grande majorité ses sentiments. C’est ainsi au moment où Riley et ses parents déménagent que l’émotion bleue prend de plus en plus les commandes, la fillette perdant progressivement ses repères. Si Joie fait tout pour garder joyeuse la jeune fille, elle ne voit pas que la place de Tristesse devient de plus en plus importante, et comprend encore moins qu'elle est nécessaire à son évolution vers l’adolescence. Une véritable dualité s’installe alors entre l’émotion bleue, discrète, mais se manifestant de plus en plus, et l’émotion jaune, souhaitant préserver l’âme d’enfant de Riley à tout prix.

Tristesse pendant les premières années de Riley

Tristesse est la seconde émotion à apparaître au quartier cérébral de Riley, alors qu'elle n’est encore qu’un bébé. Tandis la petite fille rit et sourit à ses parents, elle pleure soudainement sous les commandes de Tristesse. Elle se présente alors à Joie d’une petite voix, et Joie, dans sa volonté de redonner à Riley le sourire, tente de la pousser des commandes. Cette première scène montre déjà l’opposition de ces deux émotions, et annonce leur difficile cohabitation ainsi que l’importance de l’émotion bleue, en poste dès les premiers instants de vie de la fillette.

En tant que voix narratrice, Joie présente Tristesse après avoir décrit les trois autres émotions : « Vous connaissez déjà Tristesse, elle est, comment dire… Je n’sais pas vraiment à quoi elle sert, mais j’ai vérifié, elle est sur la liste alors… C’est cool ! Aucun problème ! On est cool ». Pendant cette présentation, quelques moments de l’enfance de Riley sont montrés, pendant lesquels le spectateur peut voir la fillette sous les commandes de l’émotion bleue, pleurant devant une peluche déchirée, une glace tombée de son pot, ou encore gémissant pour exprimer son mal-être quand son père l’attache dans la voiture. Toutes ces scènes montrent que Tristesse traduit des moments d’inconfort, de contrariété et de chagrin, qui sont considérés par Joie comme des caprices, mais sont en réalité des manifestations du mal-être de la fillette.

Tout comme les autres émotions, Tristesse est surprise par l’annonce du déménagement à San Francisco de Riley, qui implique la séparation d’avec ses amis, son équipe de hockey, sa maison… Tous ses repères sont chamboulés, et l’émotion bleue sera dans cette période de transition plus présente.

Tristesse après le Déménagement : Une Nouvelle Vie

Au moment où Riley découvre sa nouvelle maison, c’est le drame : elle semble froide, étroite et sans vie. Même Tristesse, qui n’a pourtant pas pris la parole pendant le trajet, demande lorsqu’elle découvre l’intérieur « On est obligés ? ». Elle s’exprime à nouveau lors de la découverte de la future chambre de la jeune fille « Riley peut pas habiter ici ! », et se joint cette fois-ci aux autres émotions négatives pour prendre les commandes. L’émotion bleue ne parvient cependant pas à créer un souvenir de sa couleur : ce sont Peur, Dégoût et Colère qui provoquent en effet l’apparition de boules violettes, vertes et rouges. Tristesse ne crée pas de souvenirs car les autres émotions ne lui laissent pas la place sur le tableau des commandes : elle est donc une émotion très effacée, qui n’ose pas s’affirmer tant face à Joie que face à ses trois autres acolytes.

Peu après, alors que Monsieur Andersen file à son travail plus tôt que prévu, Riley regarde la scène avec de grands yeux d’incompréhension. Au quartier cérébral, après que Peur a demandé « Papa nous abandonne ? », Tristesse renchérit sur cette crainte pleine de chagrin et poursuit « Ça veut dire qu’il nous aime plus, c’est trop triste. Ça nous fera du bien de pleurer ! ». Elle se rapproche des commandes, mais est directement stoppée par Joie, qui l’empêche de faire pleurer la fillette et ainsi d’exprimer son sentiment de mal-être. Cette scène résume la plus grande partie des interactions entre les deux émotions tout au long du film : Tristesse tentant de laisser paraître une détresse, et Joie lui barrant à chaque fois la route, cherchant à préserver l’image d’une jeune fille joyeuse en toutes circonstances.

Tristesse réapparaît alors que Riley et sa mère reviennent d’une pizzeria très décevante ne servant que des pizzas au brocoli, au moment où la fillette se remémore son meilleur souvenir du voyage du déménagement. Tandis que le souvenir joyeux est en train d’être lu dans la mémoire centrale, l’émotion bleue le touche et le transforme en souvenir triste. Elle provoque aussitôt une belle agitation parmi ses acolytes, car c’est la première fois que les émotions s’aperçoivent qu’un souvenir peut changer d’émotion. Tristesse s’empresse de s’excuser auprès de Joie, et semble emplie de culpabilité. Avec un peu de recul, le geste de l’émotion bleue s’explique parfaitement par le fait que Riley éprouve une mélancolie face à ses derniers souvenirs dans le Minnesota.

Sur le retour de la pizzeria, la fillette s’apprête à descendre une rampe d’escalier en glissant, geste piloté par Joie et alimentant l’île de personnalité des bêtises. Elle s’arrête pourtant soudainement dans son élan, au même moment où Tristesse déloge par erreur le souvenir fondamental alimentant cette île : une nouvelle vague de panique se fait sentir au quarter cérébral. Tristesse explique alors son geste « C’est parce que y en avait un qui avait l’air bizarre, alors j’ai ouvert et il est tombé ». Pendant ce temps, Joie replace le souvenir fondamental, qui ranime l’île des bêtises : Riley retrouve son insouciance et sa joie, et descend donc l’escalier sur la rampe.

L’émotion bleue semble attirée malgré elle vers ces souvenirs fondamentaux : ce geste est justifiable, car tous les souvenirs placés dans la mémoire centrale appartiennent au passé et à l’ancienne vie de Riley. Elle doit désormais se forger de nouveaux souvenirs pour aller de l’avant, mais ni Joie ni Tristesse ne comprennent cette nécessité. Tristesse s’excuse donc encore auprès de l’émotion jaune : « J’suis désolée, y a un truc qui cloche chez moi, j’suis en train de faire une dépression. […] J’arrête pas de faire des bêtises, j’suis vraiment nulle ».

Joie tente alors de lui remonter le moral et de la faire « positiver », ce qui est totalement contradictoire avec l’émotion qu’elle représente. Quand elle lui demande de penser à une chose qui la fait rire, Tristesse répond « tu te rappelles le film rigolo avec le chien qui meurt ? » : cette réflexion n’est pas positive pour Joie, mais Tristesse en parle avec un grand enthousiasme. Joie évoque une autre anecdote, qu’elle considère comme hilarante, alors que l’émotion bleue en garde un souvenir douloureux : leur conversation souligne que les deux émotions semblent ici incompatibles et totalement opposées.

Tristesse finit d’ailleurs par pleurer et s’effondrer par terre, quand Joie lui demande, surprise et gênée, « pourquoi est-ce que tu pleures ? ». Tristesse répond alors avec une grande sincérité et maturité « Pleurer ça m’fait du bien et ça m’aide à affronter la vie et ses problèmes ». Elle est ensuite conduite dans le coin bibliothèque du quartier cérébral, et encouragée par Joie à lire des documents scientifiques. Si Tristesse ne semble pas emballée par cette idée, elle semble aussi se douter des intentions de Joie, qui sont de l’isoler afin de continuer à piloter les émotions de Riley avec sa bonne humeur.

Un Premier Jour d’École Désastreux

Tout bascule pendant le premier jour de classe de Riley dans sa nouvelle école, malgré le plan d’attaque de Joie. Quand cette dernière explique à chacun de ses acolytes leur mission, et que le tour vient enfin à Tristesse, l’émotion bleue esquisse un sourire plein d’espoir. Elle déchante pourtant très vite au moment où elle voit Joie l’isoler encore une fois, en dessinant un cercle par terre : « Ça c’est le cercle de la tristesse, et toi tu es là pour faire en sorte que toute la tristesse reste à l’intérieur ! », ce à quoi Tristesse répond « et donc, tu veux vraiment que je reste là ? ». Joie réplique alors, avec une pointe de manipulation « c’est pas à moi d’te dire comment tu dois faire ton travail ! Assure-toi seulement que toute la tristesse reste bien dans le cercle ! […] Tu vas vraiment t’éclater ! Tu en as de la chance ! ». Tristesse répond seulement « non » d’un ton grave et déçu, mais n’ose pas entrer en conflit avec l’émotion leader.

Si Tristesse ne manifeste pas son mécontentement d’être mise à l’écart, elle ne peut cependant pas s’empêcher de sortir de son cercle pour intervenir dans un moment crucial dans la vie de Riley : sa présentation devant sa nouvelle classe. Alors que Joie a rappelé un souvenir joyeux de la fillette jouant au hockey dans le Minnesota, l’émotion bleue est encore une fois comme appelée par la boule de cristal et la touche. La joie de Riley se transforme soudainement en tristesse, et provoque une nouvelle fois la panique auprès des autres émotions.

Par ce geste, Tristesse montre que sa mission d’accompagner Riley dans sa vie et dans son évolution est la chose la plus importante pour elle, même si elle s’empresse de s’excuser de son geste. L’émotion bleue souligne aussi que tout chagrin ou mal-être finit toujours par ressurgir, tôt ou tard, et ne peut être dissimulé derrière un faux-semblant de joie. Même si elle ne comprend pas encore son comportement, Tristesse semble ici être la seule émotion capable d’être à l’écoute de la jeune fille, de ses maux et de son évolution dans sa nouvelle vie. Et cette fois-ci, le souvenir reste bloqué ! Joie ne peut le retirer : Riley continue alors de pleurer devant sa classe, et Tristesse tente encore une fois de prendre les commandes pour aider la fillette à traverser ce moment difficile.

Tristesse crée alors, à la surprise de tous, un souvenir fondamental, que Joie tente par tous les moyens d’intercepter avant qu’il atteigne la mémoire centrale. Elle n’accepte pas ici que la personnalité de Riley soit composée de tristesse, alors que la nostalgie de son ancienne vie fait désormais partie de la fillette. Dans sa précipitation, et avec l’émotion bleue qui tente de mettre ce souvenir à sa place, les deux émotions sont aspirées avec les souvenirs fondamentaux hors du quartier cérébral, et laissent ainsi Peur, Colère et Dégoût piloter seuls les sentiments de la fillette.

Tristesse dans la Mémoire à Long Terme

Joie et Tristesse arrivent directement dans la mémoire à long terme. À la vue de toutes les îles de personnalité éteintes, Tristesse panique et dit à Joie « toutes les îles de personnalité de Riley sont éteintes ! On est mal !! […] Riley a plus de mémoire centrale, plus d’île de personnalité, et plus de… Oh ! de toi ! T'es plus au quartier cérébral, et sans toi Riley va déprimer ! Il faut que tu retournes là-bas au plus vite ! ». Cette scène montre que Tristesse n’a encore aucune idée de sa propre importance aux côtés de la fillette, et souhaite coûte que coûte son bonheur.

Quand Tristesse réapparaît à l’écran, Joie s’apprête à rejoindre le quartier cérébral le reliant à l’île des bêtises sur un chemin très dangereux, au-dessus du vidage mémoire. L’émotion bleue émet aussitôt quelques réserves sur ce chemin, car si par malheur elles tombent, Riley les oubliera à jamais. Bien sûr, Joie s’empresse de dédramatiser les commentaires de son acolyte et s’engage sur la mince tige de verre. Peu après, tandis que la fillette ne rigole pas à une imitation de singe de son père, l’île des bêtises s’effondre et les deux émotions manquent de tomber dans le vidage mémoire : elles s’en sortent indemnes, mais cet événement prouve que Joie n’écoute toujours pas Tristesse, qui a pourtant des remarques très pertinentes et matures.

Tristesse s’empresse alors de souligner par des mots cet événement dramatique, et l’accentue ainsi : « l’île des bêtises s’est effondrée, alors amitié, hockey, honnêteté et famille pourraient s’effondrer aussi ! ». L’émotion bleue incarne ici la petite voix pleine d’angoisse qui ne peut s’empêcher d’imaginer le pire dans chaque situation problématique. Elle place tous ses espoirs dans Joie, qui n’est pourtant pas sûre d’elle.

Au moment où Joie propose de traverser l’île de l’amitié, qui se trouve loin de leur position, Tristesse continue d’incarner cette voix pessimiste et s’oppose ainsi parfaitement à l’optimisme de Joie « oh, mais on n'y arrivera jamais ! », tout en se laissant tomber par terre de désespoir. Elle continue ses remarques négatives, mais néanmoins réalistes, quand Joie s’engage dans les méandres de la mémoire à long terme « attends, tu vas te perdre, […] je suis positivement sûre que tu vas te perdre. C’est la mémoire à long terme : un labyrinthe sans fin de couloirs et d’étagères, je l’ai lu dans les manuels ». Joie y voit ici une belle opportunité, car Tristesse a pu en même temps mémoriser le chemin pour sortir de ce labyrinthe. Elle tente en vain de motiver l’émotion bleue, qui se dit « trop triste pour marcher », et oblige donc Joie à la traîner par le pied.

Après un moment de marche dans les couloirs, Joie semble très fatiguée car elle tire toujours Tristesse, qui la guide avec des indications verbales. Elle commence à décourager l’émotion jaune quand elle affirme qu’elles sont bientôt arrivées, mais doivent pourtant encore aller « tout de suite à droite, et à gauche, et encore une fois à gauche, et euh, à droite, et… ». Joie s’aperçoit ensuite que Tristesse a touché tous les souvenirs à sa portée pendant le trajet, et les a ainsi rendus tristes pour toujours, introduisant malgré elle une pointe d’humour dans une situation sérieuse. Quand l’île de l’amitié s’effondre, Tristesse insiste à nouveau sur la dimension tragique de la scène en disant « Riley l’aimait tellement, et il n’en reste rien. Au revoir amitié, bonjour solitude ! », et ajoute ainsi un pathos à la limite du ridicule, qui énerve Joie au passage. Elle renchérit sur le commentaire de l’émotion jaune sur l’allongement du trajet « Oui, [La route] sera longue, longue, longue, longue, longue… » et lui dit « J’suis prête », en lui tendant son pied pour se faire traîner.

Peu après, les deux émotions rencontrent Bing Bong, l’ami imaginaire de Riley, errant dans les couloirs de la mémoire à long terme. Joie s’exclame de bonheur en le voyant, et tous les deux commencent à parler et à se remémorer des souvenirs joyeux de la fillette. Tristesse, en train de les suivre avec un regard agacé, les interrompt alors dans leur moment de complicité avec une question très terre-à-terre : « et qu’est-ce que t’es censé être exactement ? ». Alors que l’émotion jaune, très attachée à l’enfance de Riley, prend plaisir à dialoguer avec l’ami imaginaire, Tristesse n’entre pas dans leur conversation, et incarne ici l’évolution de la jeune fille vers l’adolescence, n’accordant pas d’importance aux éléments de son passé.

À partir de cette rencontre, Bing Bong va servir de guide aux deux émotions pour rejoindre le quartier cérébral. Joie lui fait entièrement confiance sur le chemin à prendre, tandis que Tristesse, ayant désormais des connaissances géographiques sur la mémoire à long terme, contredit ses propositions. Quand l’ami imaginaire leur indique ainsi de passer par l’entrepôt des pensées abstraites, Tristesse tente d’avertir Joie sur le danger de cet endroit : « j’ai lu qu’il fallait se méfier de cet entrepôt, faut pas entrer ». Joie ne l’écoute pas, et décide de suivre Bing Bong dans son raccourci plutôt que de faire un immense détour pour l’éviter, comme le proposait Tristesse. L'émotion bleue incarne désormais une voix mature et méfiante, qui vient s’opposer à celle de l’insouciance de l’enfance, incarnée par Bing Bong. Les trois personnages entrent donc dans le hangar, et manquent de peu de disparaître : l’entrepôt se met en marche et les décompose à travers trois phases, qui les font changer de forme.

La fragmentation non objective
Passage en 2D
Allégories

Ils parviennent fort heureusement tous à sortir du hangar indemnes, mais ratent le train. Bing Bong leur affirme alors qu’une autre gare n’est pas loin, et cette fois-ci, Joie demande confirmation à Tristesse, après avoir risqué sa vie dans son précédent raccourci. Les trois amis traversent ainsi le monde de l’imaginaire, regroupant tous les rêves de Riley. Devant l’immense cage de foot, Joie et Bing Bong reçoivent des premiers prix, mais Tristesse, fidèle à son émotion, reçoit le dernier et dit « l’important c’est de participer… », ce qui ajoute un brin d’humour à la séquence.

Plus loin, quand les trois personnages traversent une rivière de lave, Tristesse se lamente « est-ce que tout le reste va être aussi interactif ? », alors que Joie et Bing Bong s’amusent comme des enfants. Tristesse a ici une réaction d’adolescent qui oublie l’amusement de l’enfance face à ces jeux imaginaires, et qui se plaint des efforts à fournir. Elle s’allonge d’ailleurs sur un coussin flottant et se laisse porter par les vagues.

Peu après, quand Bing Bong voit sa fusée tomber dans le vidage mémoire, il est effondré de chagrin. Joie tente de le réconforter, en vain, car elle essaie de lui changer les idées et de le faire rire. L'ami imaginaire a pourtant ici besoin d'être écouté et c’est Tristesse qui lui apporte ce réconfort. Elle s’assoit à côté de lui et lui dit « dommage qu’ils t’aient enlevé ta fusée, ils t’ont enlevé ta raison de vivre, c’est fini à jamais ». Joie lui demande alors de ne pas aggraver la situation avec ses remarques pessimistes, mais Bing Bong répond et se confie à elle. Tous deux parlent alors avec nostalgie et chagrin des anciens moments vécus avec Riley et la fusée, et finissent pas se serrer dans les bras. Bing Bong se redresse alors et lance un « ça va mieux maintenant », puis continue le chemin. Joie est très surprise par la réaction de l’ami imaginaire, et demande vite à Tristesse comment elle s’y est prise. Elle lui répond naturellement « je sais pas trop, il était triste, alors je l’ai écouté parler ».

C’est la première fois que Joie se rend compte de l’importance de Tristesse et de son pouvoir en tant qu’émotion représentant le chagrin : le rire est parfois impuissant face à la tristesse d'un ami. Il suffit simplement de l’écouter parler de son problème pour lui permettre de tourner la page et de se relever. Plus loin, tandis que les trois amis ont réussi à monter à bord du train de la pensée, il s’arrête dans sa course, car Riley s’est endormie. Tristesse analyse alors la situation dans le but de trouver une solution pour faire redémarrer le train, et propose de la réveiller en intervenant dans ses rêves. Face à cette idée, Joie est d’abord sceptique, puis répète exactement la même chose que son acolyte bleue. Tristesse fait alors semblant d’être surprise et dit d’un ton sarcastique « bonne idée Joie ».

Bing Bong et Joie sont émerveillés quand ils entrent dans les studios de « Rêves production », où sont tournés tous les rêves de la fillette. Tristesse reste quant à elle impassible : « moi j’trouve que c’est vraiment plus petit que c’que je pensais ». Peu après, tandis que l’émotion jaune n’ose pas aller parler à la star de l’enfance de Riley, la licorne arc-en-ciel, Tristesse n’est pas du tout impressionnée et va directement lui adresser la parole. Comme la licorne est un personnage phare de l’enfance de Riley, l’émotion bleue n’est plus attachée à cette période de la vie de la fillette, et n'éprouve donc pas le même sentiment que Joie. 

Sur le plateau de tournage des rêves, Tristesse suggère une idée pour réveiller Riley : « quelquefois elle se réveille quand elle fait un cauchemar, on pourrait lui faire peur ! », mais Joie refuse catégoriquement cette idée, sous prétexte que la fillette a eu assez d’événements négatifs dans sa journée. Elle décide donc de la réveiller en la faisant rire, une stratégie qui est vouée à l’échec, car, comme le dit Tristesse, « elle s’est jamais réveillée en éclatant de rire. […] J’crois pas que ça va marcher ». Encore une fois, Tristesse fait preuve d’une grande intelligence et d’une maturité vis-à-vis de la situation : elle sait qu’il n’est pas agréable de se réveiller de peur, mais c’est la seule façon de parvenir à faire repartir le train. Joie n’en fait encore qu’à sa tête, et rejette les idées de son acolyte bleue.

Déguisée en chien avec Joie, Tristesse tente une dernière fois de raisonner l’émotion jaune avant de se lancer dans le rêve, en vain. Leur apparition tourne cependant non pas au rire, mais au cauchemar, car le déguisement des deux personnages se déchire en deux : le corps du chien est donc tranché, et c’est précisément ceci qui commence à faire réagir Peur, en mission de veilleur de rêve au quartier cérébral. Elles parviennent presque à réveiller la jeune fille, quand une brigade de police arrive et emprisonne Bing Bong. Les deux émotions vont alors le sauver et, par la même occasion, emmènent avec elles le clown cauchemardesque Bozo jusqu’au plateau de tournage. Peur est alors terrifié de cette apparition et réveille Riley. C’est la première fois que Tristesse et Joie s’allient et pensent ensemble à une même solution : leur union et leur complicité peuvent ainsi aboutir à du positif.

Dans le train de la pensée, Joie complimente Tristesse sur son idée de faire peur à Riley pour qu’elle se réveille. Après lui avoir dit « T’es pas si mal », Tristesse montre un immense sourire et des yeux pleins d’espoir. Peu après, les deux émotions revoient un souvenir de la fillette, qui rappelle de bons moments aux deux émotions. Joie est surprise que Tristesse l’aime aussi, et lui demande la raison : « C’est le jour où les chiens de prairie ont perdu le match éliminatoire, Riley a marqué contre son camp, elle avait envie de tout laisser tomber ». En le racontant, elle reprend son expression triste, et Joie ne comprend donc pas pourquoi son acolyte aime ce souvenir. Il représente pourtant le lien des deux émotions : c’est parce que Riley a vécu la défaite et un sentiment de tristesse que ses parents puis son équipe sont venus la réconforter, et ont donc créé ce sentiment de joie en elle.

À cause de l’effondrement de l’île de l’honnêteté, le pont du train se brise et les trois amis sont rejetés au bord des couloirs de la mémoire à long terme, leur point de départ… Joie aperçoit alors un tuyau faisant remonter des souvenirs la mémoire centrale, et elle décide de s’y glisser. Quand Tristesse tente de monter à la suite de Joie, elle se rend compte que les souvenirs fondamentaux qu’elle veut sauver deviendront tristes si l’émotion bleue part avec elle. Elle décide alors de l’abandonner et de rejoindre seule le quartier cérébral. Elle n’ira pourtant pas très loin, car dans l’effondrement des îles le tuyau se brise, et Joie tombe avec Bing-Bong dans le vidage mémoire, sous les yeux effrayés de Tristesse.

Croyant Joie perdue, Tristesse se précipite alors dans les couloirs sans fin de la mémoire à long terme, se lamentant et pleurant sur son sort, sur celui de l’émotion jaune et celui de Riley. Pendant qu’elle marche, elle laisse traîner sa main sur une rangée de souvenirs qu’elle colore en bleu, et c’est grâce à cet indice que Joie parvient à la retrouver, une fois remontée à la surface. Quand elle revoit son acolyte, Tristesse est surprise, mais ne pose pas plus de questions et continue sa fuite : elle pense que tous ces événements arrivés sont de sa faute, et a décidé de s’exiler pour ne plus faire de mal à la fillette. Elle crie à l’émotion jaune « oublie-moi d’accord ? Riley se portera mieux sans moi ! […] Je fais toujours tout rater ! ». Joie lui court après et parvient à la cueillir dans les airs, et toutes les deux sont projetées contre la vitre du quartier cérébral.

Lorsque la Joie laisse place à la Tristesse…

Une fois hissée au quartier cérébral par Peur, Tristesse s’avance derrière Joie, en retrait, et constate avec elle la situation. Quand l’émotion jaune se tourne vers elle et lui dit « à toi de jouer », la bleue est surprise et apeurée, et ne comprend pas la réaction de Joie ni le rôle qu’elle pourrait jouer face au problème de la fugue. Elle s’empresse de dire « j’y arriverai pas », mais Joie la rassure et lui fait reprendre confiance en elle : « fais-le pour Riley, elle compte sur toi ». Avec une grande concentration, Tristesse arrive sans difficulté à ôter l’idée de la fugue du tableau des commandes : la fillette descend aussitôt du bus censé l’emmener jusqu’au Minnesota.

Le rôle de Tristesse n’est pas encore terminé, car la fillette ne s’est toujours pas confiée à ses parents sur son mal-être depuis leur déménagement. Quand elle rentre chez elle, Joie présente ainsi tous les anciens souvenirs fondamentaux à l’émotion bleue, qui les touche pour les transformer, puis les fait passer un par dans la tête de Riley. C’est précisément ce geste, que Tristesse cherche à faire depuis le début du film, qui déclenche chez la fillette des pleurs profonds et une envie de s’ouvrir à ses parents. En revoyant ses souvenirs fondamentaux teintés de tristesse, Riley est envahie par un sentiment de nostalgie et de regret, et commence enfin à mettre des mots sur son malaise.

Pendant que Riley fait un câlin à ses parents, Tristesse invite Joie à toucher avec elle le tableau des commandes, et toutes deux créent ensemble le nouveau souvenir fondamental de la famille, teinté à la fois de jaune et de bleu. Une toute nouvelle manière de créer des souvenirs et d’enrichir la personnalité de la fillette vient alors de naître, grâce à l’initiative de l’émotion bleue. Elle parvient finalement à s’imposer aux côtés de Joie, car elle a désormais compris son importance et son rôle au sein du quartier cérébral.

Plus tard, tandis que toutes les émotions admirent la vue sur les nouvelles îles de personnalité de la jeune fille, chacun commente en donnant sa préférée : pour Tristesse, c’est « l’île romantique des vampires tragiques ». Maintenant, l’émotion bleue se place devant le tableau des commandes avec tous ses acolytes, à la gauche de Joie. Avant de commencer le match de hockey, l’émotion jaune se tourne vers elle avec un regard complice et lui demande « tu es prête ? », et l’inclut donc avec elle comme émotion leader de Riley.

Tristesse chez les autres personnages de Vice-Versa

Comme Riley possède cinq émotions, les autres personnages principaux ont eux aussi droit à une version personnalisée de Peur, Colère, Dégoût et Tristesse, qui reprennent pour chaque personnage leurs vêtements, attitude ou bien coiffure. Les parents de Riley, sa professeure et Jordan, son futur petit ami, ont donc eux aussi une version de Tristesse dans leur tête. Cette déclinaison sur plusieurs personnages généralise le fait que, pour chacun d’eux, un adulte ou bien enfant, homme ou femme, ses sentiments sont pilotés par les mêmes émotions, qui s’adaptent cependant à la personne pour laquelle elles sont présentes, tant sur le plan physique que sur la personnalité. Cela caractérise plus encore l’aspect réaliste des émotions, et permet aux spectateurs de renforcer l’identification de leurs actions et ressentis à ce mode de fonctionnement émotionnel.

Chez la mère de Riley, c’est Tristesse qui pilote le quartier cérébral. Elle est à l’image de la mère, avec la même coiffure et les mêmes lunettes. Placée au centre du tableau des commandes, elle prend pour la première fois la parole au dîner après la rentrée scolaire de sa fille, en réaction à son comportement bizarre. Bien qu’émotion leader, elle demande directement l’avis de ses acolytes sur la situation avant de commencer à enquêter sur la fillette. Tristesse sait ici prendre des initiatives, comme demander de l’aide au mari pour faire face à la situation. Tristesse réapparaît à la fin de Vice-Versa, et exprime encore une fois son accord avec les autres émotions. Dans le court-métrage Premier Rendez-vous ? (2015), elle joue le rôle de la médiatrice calme devant la panique de Peur et Colère face à la découverte du rendez-vous de sa fille avec un garçon. Elle est à l’origine de la scène où elle se ridiculise pendant laquelle elle tente de parler « jeune », de manière à ne pas faire ressentir à Riley le petit interrogatoire qu'elle lui fait en réalité passer.

Chez le père de Riley, Tristesse est masculine et se place à la droite de Colère, émotion leader. Il est ici vêtu d’une chemise et cravate, et porte la même moustache que le père. L’émotion bleue se fait discrète, et ne prend pas la parole pendant tout le film. Il se manifeste en revanche dans le court-métrage Premier Rendez-vous ?, quand le père fait face à Jordan, avec qui Riley doit aller à la patinoire. Toutes les émotions sont méfiantes, et Tristesse crie à Jordan « Retourne chez ta mère ! ». Il rebondit sur une question de Colère « Qu’est-ce que tu cherches ? Quelque chose à voler ? », en disant « Notre fille sans doute », d’un regard rempli de suspicion. Tristesse a donc un rôle de protecteur, mais sait aussi être dirigeant : il prévient toute l’équipe par un « tout le monde à son poste, bisou en vue » quand la mère s’approche pour embrasser le père, et saute dans les bras de Joie quand le bisou arrive enfin.

Chez Jordan, le futur petit ami de Riley, Tristesse est masculine et se comporte comme toutes les autres émotions à la vue de la jeune fille : il panique et court dans tous les sens, dans un quartier cérébral en alerte rouge. Dans le court-métrage Premier Rendez-vous ?, Tristesse n’a pas plus de réactions face à l’interaction avec le père de Riley, et continue de faire du skate sans se préoccuper d’autre chose.

Conception du personnage 

« Aucune des autres émotions ne comprend vraiment quel est le rôle de Tristesse. Elle aimerait être plus optimiste et utile pour garder Riley heureuse, mais trouve que c’est très difficile. Parfois, il semble que la meilleure chose à faire est de simplement s'allonger sur le sol et de pleurer ». Voilà comment l’émotion bleue est décrite par le site des studios Pixar. À la fois attachante et énervante, Tristesse est un personnage-clé dans l’intrigue du film et en tant qu’émotion pour la fillette. Sa présence au quartier cérébral n’était pas évidente pour les réalisateurs : après de nombreuses recherches sur les émotions qu’un homme pouvait ressentir et plusieurs essais, son personnage est né. Tout part d’abord, comme pour Joie, d’une observation que Pete Docter, le réalisateur, a fait de sa fille, comme il l’explique dans le documentaire The Story of The Story : « À environ 8 ou 9 ans, le monde lui était ouvert, elle pouvait tout faire et était intéressée par tout. Et puis, elle a grandi un peu plus, et je la voyais à l’arrière de la voiture, la tête contre la vitre, elle soupirait beaucoup, et il y avait beaucoup de situations dramatiques pour elle ». Si Joie est apparue dès le départ du projet comme l’émotion principale, l’idée de Tristesse lui était intrinsèquement liée. Joie prenait trop de place, et l’intrigue ne parvenait pas à se construire avec elle seule, comme l’explique le co-réalisateur Ronaldo Del Carmen : « Tout n’était que le voyage de Joie, […] nous devions lui donner quelqu’un contre qui elle pourrait travailler, parce que sinon elle se parlerait à elle-même ».

Il fallait donc trouver un adversaire à Joie, un personnage avec qui elle pourrait se confronter, et à travers qui elle ressortirait son émotion joyeuse et heureuse. Pete Docter explique qu’ils n’ont pas tout de suite pensé au personnage de Tristesse, mais à un qui lui est très similaire : « tout ce envers quoi Joie était opposée allait en vérité aider à trouver qui elle est : nous avons donc essayé un certain nombre de personnages. Initialement, elle était associée à Bud, qui était en fait Tristesse. Joie était le personnage hyperactif qui courait en cercles autour de cet homme en forme de goutte, mais à mesure que nous avancions, c’était de plus en plus difficile que nous l’aurions cru ». Trouver un adversaire à Joie s’est donc avéré moins facile qu’il n’y paraissait. C’est dans cette recherche que Pete Docter a finalement trouvé la solution de son film dans le personnage de Tristesse : « nous n’étions pas sûrs de ce que Joie était en train de faire, et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que le film ne fonctionnait pas. […] J’ai commencé à penser « Et si je perdais tout, qu’est-ce qui signifierait encore quelque chose à mes yeux ? Et, comme la plupart d’entre nous, j’ai pensé aux relations humaines, à ma vie, à ma femme, à mes enfants, à mes amis. J’ai donc réalisé - ça m’est venu comme un flash : les émotions sont la clé de nos relations. Par cela, je veux dire que les gens avec qui je me sens le plus profondément connecté sont ceux avec qui, certes, j’ai passé de bons moments, mais surtout ceux avec qui j’ai pleuré, ceux qui m’ont le plus agacé, avec qui j’ai partagé le sentiment de peur, toutes ces émotions mises ensembles. Ça m’a donc donné l’idée que Joie, pour autant que nous la souhaitons dans nos vies, n’est pas la réponse. La réponse est en réalité Tristesse. Et c’est de cette réalisation, que j’ai vécue à l’époque comme une épiphanie, que nous avons réellement commencé notre travail ».

Tristesse est donc apparue comme la clé ouvrant sur une toute nouvelle histoire, mais avec cette fois-ci une intrigue et une fin qui fonctionnent bel et bien, et qui sont en accord avec les émotions. Comme le dit May Iosotaluno, coordinatrice artistique, dans le documentaire Mixed Emotions, « Vice-Versa est l’histoire de comment apprendre à grandir et comment gérer le fait d’être triste ». À la suite de cette révélation, une nouvelle auteure a été engagée, et toute l’équipe a entièrement réécrit le film avec elle. Selon Meg Lefauve, autrice en question, « la chose la plus importante pour Pete et pour nous était de savoir quelle histoire d’émotion nous allions raconter, pourquoi nous mettions ces émotions ensemble, et qu’est-ce que Joie pouvait apprendre de Tristesse ». Après la réécriture de l’histoire et l’intégration de Tristesse, elle est devenue le personnage adversaire de Joie, et fondamentale au dénouement de l’intrigue. Étant le total opposé de l’émotion jaune, elle apporte alors une dimension plus calme et plus mature. Selon Pete Docter, « c’est devenu une histoire à propos de Joie coincée avec Tristesse, qu’elle ne comprend pas au début, mais à mesure qu’elle apprend ce qu'elle peut amener à la fin, elle réalise que Tristesse est en fait cruciale à une vie équilibrée ».

Concernant son apparence, les dessinateurs et directeurs artistiques savaient qu’ils souhaitaient lui donner la couleur bleue, à l’image des larmes de chagrin qu’elle pouvait causer chez Riley, mais aussi en référence au côté calme de l’eau. Pour sa silhouette, Tristesse devait incarner à la fois un personnage mignon, pour que le spectateur s’y attache et ressente son chagrin, et mou, pour pallier à l’énergie de Joie. Dans le documentaire Mixed Emotions, le directeur artistique des personnages Albert Lozano explique : « il y a eu beaucoup d'exploration pour le personnage de Tristesse, et ce qu’elle pouvait être. Certains des premiers modèles sont peut-être un peu trop mélancoliques. […] Vous devez en quelque sorte ressentir de la Tristesse ». Il poursuit en expliquant son rituel grâce auquel il se fondait dans le personnage : « je mettais les écouteurs et j'écoutais de la musique triste, j'essayais d'entrer dans cet état de tristesse. Même si nos personnages ont des émotions spécifiques, nous avons réalisé qu'ils allaient devoir jouer une gamme complète d'émotions, et pas seulement s'en tenir à leur émotion particulière. Pour cette raison, Tristesse devrait également avoir l’air heureuse parfois, et à quoi cela pouvait ressembler ? À quoi ressemblerait une personne triste, mais heureuse ? ». En effet, chaque émotion de ce film d’animation incarne la joie et esquisse plusieurs sourires, ce qui peut paraître paradoxal. Ce sourire réunit tous ces petits personnages autour du bonheur de Riley. Dans le documentaire Drawing With Your Inner Child, Albert Lozano explique enfin comment dessiner Tristesse, et faire que sa silhouette représente son émotion : « l'une des principales idées derrière Tristesse était la forme de larme très simple et l'eau en tant qu'élément. Nos approches commencent simplement par une forme ronde pour sa tête, et ses cheveux sont un peu comme une cascade. Un gros pull épais en laine épaisse et encore une fois, juste les bras en bas qui pendent. L'idée est de la rendre vraiment aussi mignonne que possible, mais également vraiment tombante et triste. On voulait presque se sentir triste pour elle. Une de nos assistantes de production était en quelque sorte mon test décisif pour Tristesse. Chaque fois que je faisais un dessin, je lui montrais juste : si j'obtenais l'expression « Ohhh » d'elle, je savais que j'étais sur la bonne voie. »

Tristesse est doublée en version originale par Phyllis Smith, ayant notamment doublé l’agent de bord dans Alvin et les Chipmunks 3 (2011). En français, l’émotion bleue est doublée par Marilou Berry, ayant notamment incarné Cendrillon dans le film Les Nouvelles Aventures de Cendrillon (2017).

Phyllis Smith
Marilou Berry

Autres apparitions

Tristesse apparaît dans le court-métrage d’animation qui fait suite à Vice-Versa, Premier Rendez-Vous ?, sorti aux États-Unis le 3 novembre 2015 et réalisé par Josh Cooley. Ce réalisateur, qui avait travaillé sur Vice-Versa, développe dans le cartoon la dernière scène du film d’animation, dans laquelle Riley rencontre un garçon avant son match de hockey. Riley a donc rendez-vous avec un certain Jordan pour aller patiner avec des amis. Tristesse, alors doublée par Camille Donda en version française, exprime comme les autres émotions son choc face à la façon de parler « cool » de la mère : « Je comprends rien du tout, mais qu’est-ce qui lui prend ? ».

L’émotion bleue apparaît aussi dans le jeu Disney Infinity 3.0 (Avalanche Software et Heavy Iron Studios, 2015) : Riley s’est endormie en regardant un film d’horreur, dispersant ses souvenirs dans le Monde de l’Imagination. Le joueur doit alors incarner les émotions de la jeune fille, dont Tristesse, pour rassembler tous ses souvenirs avant qu’elle ne se réveille. L'émotion figure aussi dans les jeux développés pour smartphones Disney Emoji Blitz (Disney Mobile, 2016), Disney Crossy Road (Hipster Whale, 2016) et Disney Heroes : Battle Mode (PerBlue, 2018).

Tristesse dans les Parcs à Thèmes

Tristesse est présentée pour la première fois à la vue du public dans le Parc Disney California Adventure de Disneyland Resort, pendant la pré-parade annonçant la Pixar Play Parade, lors de la saison estivale de 2015. Vice-Versa a alors inspiré un char où toutes les émotions sont présentes, Tristesse comprise, sous la forme d’Audio-Animatronics. Elle est alors assise sur le devant du char. Dans le Disneyland Park, Joie et Tristesse apparaissent à nouveau en 2018, lors du Pixar Fest, sur un char les montrant toutes deux sur la fusée de Bing-Bong, au-dessus d’une montagne de boules de souvenirs. Cette fois-ci, Joie comme Tristesse sortent en tant que personnage de Parc à part entière. 

Pré-parade 2015
(Disney California Adventure)
Char 2018 - Pixar Fest
(Disneyland Park)

Tristesse est aussi présente pour des rencontres entre personnages et visiteurs, notamment dans le Parc Hong Kong Disneyland, pendant la saison estivale de 2015, toujours aux côtés de Joie, puis dans le Parc Epcot de Walt Disney World Resort.

Tristesse apparaît en outre sur la devanture de l'attraction dédiée au film, intitulée Inside Out Emotional Whirlwind, qui a ouvert ses portes en 2019 sur Pixar Pier, la jetée dédiée aux productions des studios à la lampe de bureau dans le Parc Disney California Adventure. Les visiteurs embarquent ainsi à bord de l’une des huit montgolfières appelées les « Memory Movers », représentant chacune une émotion de Riley, ou bien l’un des personnages de son imagination.

Rencontre avec les visiteurs
Inside Out Emotional Whirlwind

À Disneyland Paris, Tristesse est visible pour la première fois lors de la grande parade célébrant les 25 ans du Parc Disneyland, le 12 avril 2017. Elle est seulement accompagnée de Joie : ni les autres émotions, ni Riley, ni Bing-Bong ne sont présents lors de cet événement.

Tristesse est aussi partie prenante au spectacle Follow Your Heart de la franchise Disney on Ice ! joué entre 2016 et 2018 dans plusieurs villes nord-américaines telles que Vancouver, Los Angeles, Orlando, Edmonton, Boston et San Diego, aux côté des autres émotions et de Riley.

Si Joie apparaît à l’écran comme une évidence aux spectateurs, attachante et rayonnante, elle n’est pourtant rien sans Tristesse, décrite comme son émotion opposée, avec laquelle elle très souvent en conflit. Joie est pleine de vie et toujours le sourire aux lèvres, là où Tristesse est plus calme, plus réservée, plus observatrice et donc réaliste. Or, Riley a besoin de cette lucidité et de cette maturité pour parvenir à tourner la page de son ancienne vie et entrer dans l’adolescence : c’est en acceptant la place de l’émotion bleue qu’elle parvient à se confier à ses parents et à trouver une solution à son mal-être. Tandis que Joie rejette Tristesse, le spectateur ne peut pas en faire autant : l’émotion bleue est en effet conçue pour toucher le public, et se veut à la fois réconfortante et mignonne jusque dans son apparence. Semblable à Timide dans Blanche Neige et les Sept Nains (1937), elle sait se faire discrète et apporte une douceur et un temps de pause face à la tornade de Joie. Ces deux personnages, tout aussi ambivalents que complémentaires, peuvent tout à fait être comparés à Mune et Sohone dans le film d’animation Mune, Le Gardien de la Lune (2015). Alors que Sohone, désigné pour être le gardien du soleil, est tout sourire, rayonnant et fort, Mune, le gardien de la lune, est lui tel un petit animal doux, discret, silencieux et posé, qui parviendra tout au long du film à se trouver et à se surpasser. Si leur physique comme leur astre les opposent, ce sera cependant ensemble qu’ils arriveront à trouver leur équilibre et à faire cohabiter la lumière et l’obscurité dans leur monde, tout comme Joie et Tristesse dans la tête de la fillette.

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