Walt Disney’s Silly Symphonies
The Complete Disney Classics : Volume 1 • 1932 - 1935

Walt Disney’s Silly Symphonies - The Complete Disney Classics : Volume 1 •  1932 - 1935
La couverture
Titre original :
Walt Disney’s Silly Symphonies - The Complete Disney Classics : Volume 1 • 1932 - 1935
Éditeur :
IDW Publishing
Date de publication USA :
Le 10 mai 2016
Genre :
Sunday Strips
Auteur(s) :
Earl Duval (Dessin et Scénario)
Al Taliaferro (Dessin)
Ted Osborne (Scénario)
Merrill De Maris (Scénario)
Nombre de pages :
205

Le sommaire

Essai :
• Introduction

Les histoires :
Bucky Bug
• Bucky Makes his Name : 10/01/1932 - 10/04/1932
• The Quest for Fortune : 17/04/1932 - 19/06/1932
• Adventures in Junkville : 26/06/1932 - 07/08/1932
• Introducing Lucky Bucks : 14/08/1932
• Bugs in Love : 21/08/1932 - 06/11/1932
• War with the Flies : 13/11/1932 - 16/04/1933
• The Old Folks' New Home : 23/04/1933 - 04/06/1933
• In Motjer Goose Land : 11/06/1933 - 5/11/1933
• Return ton Junkville : 12/11/1933 - 04/03/1934
Silly Symphonies
• Birds of a Feather : 11/03/1934 - 07/06/1934
• Introducing Mickey Mouse Movies : 24/06/1934
• Penguin Isle : 01/07/1934 - 09/09/1934
• The Wise Little Hen : 16/09/1934 - 16/12/1934
• The Boarding-School Mystery : 23/12/1934 - 17/02/1935
• Robber Kitten : 24/02/1935 - 21/04/1935
• Cookieland : 28/04/1935 - 21/07/1935

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 06 juillet 2016

Ce premier volume compilant les sunday strips de la série Silly Symphonies livre un véritable pan de l'histoire de la bande dessinée Disney. Jamais republiées dans leur intégralité et dans l'ordre de publication, ces planches sont, en effet, une aubaine pour les passionnés des comics du studio de Mickey.

Au début de l’année 1932, le personnage de Mickey Mouse est à son apogée. Les cartoons sortent de façon régulière avec succès, les enfants se rassemblent dans les cinémas de quartiers dans le cadre de réunions appelées le Mickey Mouse Club et le merchandising inonde les magasins de livres et de jouets. Et il y a bien-sûr une grande activité dans la bande dessinée grâce au strip quotidien que Floyd Gottfredson produit régulièrement depuis le 1er avril 1930, précédé pendant trois mois des dessins d’Ub Iwerks et de Win Smith. King Features, le distributeur des daily strips de Mickey Mouse, tanne ainsi Walt Disney pour proposer, en plus de tout cela, une planche dominicale en couleur. Un problème d’organisation empêche pourtant le deal obtenu de se concrétiser avant le début 1932. Floyd Gottfredson n'est, en effet, alors que le seul artiste du département comics des studios Disney et il n’a tout simplement pas le temps matériel de faire plus que les daily strips. Walt Disney va donc le soulager en embauchant une équipe à partir de la fin de l’année 1930. Earl Duvall est le premier et se charge d’encrer les dessins des strips quotidiens de Gottfredson. Il est rejoint en 1931 par un autre encreur Al Taliaferro et par le scénariste Ted Osborne.

Le 10 janvier 1932 se voit ainsi lancée une page dominicale, toute en couleur, et entièrement Disney. Le premier tiers est constitué d’une histoire autour des Silly symphonies, les deux autres par une histoire sur Mickey Mouse. Au fil des années, le rapport change et le poids des deux strips parvient à l’équilibre parfait. La toute première planche sera intégralement dessinée et scénarisée par Earl Duvall. Néanmoins, Floyd Gottfredson ne va pas trop miser sur ce nouvel arrivant qui quitte les studios Disney au début de l’année suivante dans des circonstances assez floues. Al Taliaferro va en revanche prendre du galon et se voit chargé de dessiner les strips dominicaux des Silly symphonies. Secondé dans un premier temps au dessin par Earl Duvall, ce dernier se limitera ensuite à fournir uniquement les scénarios avant de laisser sa place, après son départ, à Ted Osborne. Merrill De Maris fera également un court passage au scénario pour la dernière histoire de Bucky Bug.

Néanmoins avant de quitter les studios, Earl Duvall va avoir un impact non négligeable sur la bande dessinée Disney. C'est, il est vrai, lui qui va donner l'impulsion et le tempo des premiers strips dominicaux des Silly symphonies. En effet, la séries des cartoons débutée en 1929 n'est pas comme celle de Mickey Mouse avec un personnage emblématique. Construite autour de la musique, ses personnages changent d'un court-métrage à un autre. Qui plus est, quand démarre les strips, la série n'est pas encore en couleur, une avancée qui amènera enormément d'innovations augmentant ainsi son aura auprès du public. A l'époque, beaucoup de cartoons étaient centrés sur des insectes ou des animaux. Earl Duvall va donc partir de ce principe en inventant un personnage récurrent, tout premier héros Disney créé et né en bande dessinée. Pour accentuer sa filiation avec les cartoons musicaux, l'auteur va jusqu'à proposer des dialogues sous forme d'alexandrins. Mais tout était à inventer dans cette série qui tâtonne pendant plusieurs semaines, expérimentant beaucoup de choses, les enlevant ou les continuant en fonction des réactions du public. Même le nom du personnage n'apparait pas tout de suite, mais via un concours lancé directement dans les strips où les lecteurs sont invités à envoyer un courrier pour en proposer. Finalement le nouveau personnage, sorte de coccinelle, se voit baptisé Bucky Bug.

Bucky Bug est donc un petit insecte, seule mâle parmi une ribambelle de sœurs. Voulant découvrir le monde, il décide de partir à l'aventure. Il va alors rencontrer son premier ami, le clochard Bo, puis s'installer à Junkville où il tombe amoureux de June. Afin d'obtenir sa main auprès de son père, il  s'engage carrément dans l'armée ! Malheureusement, une guerre contre les mouches éclate. A la fin du conflit, victorieux, il part retrouver ses parents puis tombe par hasard sur le pays de la Mère l'Oie. Finalement, ayant réussi à retrouver son chemin, il se marie avec sa belle et décide de prendre une retraite bien méritée. Les aventures de Buck Bug s'arrête donc après un peu plus de deux ans. Entre temps, il aurait inspiré le dernier cartoon en noir-et-blanc de la série Silly Symphonies : Bugs in Love. Il se passe ainsi l'inverse de ce qui est arrivé à Mickey : c'est un personnage de comics qui inspire les animateurs et qui prend vit à l'écran.

A la fin des aventures de Bucky Bug, Al Taliaferro et Ted Osborne prennent alors une autre direction. Ils décident d'adapter les personnages des cartoons couleurs de la série Silly symphonies en suivant plus ou moins le récit des courts-métrages. Birds of a Feather est ainsi une adaptation grossièrement fidèle du cartoon Birds in the Spring même si le récit est un peu plus étoffé. Penguin Isle suit, quant à lui, Histoire de Pingouins sauf qu'ici les pingouins sont des personnages anthropomorphiques et qu'il y est question de défis entre mâles pour impressionner une prétendante. The Boarding-School Mystery reprend les personnages du (Le) Lièvre et la Tortue mais devient une histoire de détectives. Enfin, Robber Kitten et Cookieland s'inspirent, pour leur part, des cartoons Le Petit Chat Voleur et Carnaval des Gâteaux. Pourtant, l'épisode le plus important historiquement parlant est assurément The Wise Little Hen, une adaptation du cartoon Une Petite Poule Avisée, qui voit la première apparition sur papier, le 16 septembre 1934, d’un certain Donald Duck… Il est ainsi amusant de noter que par rapport à son apparence dans le court-métrage, Donald y possède un plumage jaune !

A coté des histoires, les strips des Silly symphonies proposaient, en outre, un bon lot de bonus. Le premier d'entre eux est ainsi le concours pour trouver un nom à Bucky Bug. Le second est les "Lucky Bucks", une sorte de billets de banque à l'image des héros Disney, que les enfants pouvaient découper pour s'amuser à jouer au banquier. Le concept dure huit mois jusqu'à la fin du mois d'avril 1933 et se voit remplacé en août 1933 jusqu'à la fin de l'année par le concept des "Funny Films". Un toon est alors disposé dans une position et plusieurs propositions de tête sont présentées. Après découpage, via un système de montage et de fente, il est alors possible de faire défiler les différentes têtes sur le corps du personnage. En juin 1934, le procédé est remplacé par les "Mickey Mouse Movies". Il s'agit là aussi de découper les dessins pour construire son propre phénakistiscope où les personnages Disney s'animent.

Le premier volet des strips des Silly symphonies est une vraie mine d'or. En plus des premiers pas de Donald Duck en bandes dessinées, il propose aussi l'intégrale des strips du personnage de Bucky Bug. Un véritable must pour les fans Disney mais aussi pour les férus des comics américains.