Donald Duck - Dessin d'Henrieke
Dessin d'Henrieke
Date de création :
Le 09 juin 1934
Nom Original :
Donald Duck
Autre(s) Nom(s) :
Donald Fauntleroy Duck
Créateur(s) :
Art Babbitt
Dick Huemer
Dick Lundy
Apparition :
Cinéma
BD
Télévision
Parcs
Jeux Vidéo
Voix Originale(s) :
Clarence Nash (1934 - 1985)
Tony Anselmo (Depuis 1985)
Voix Française(s) :
Michel Elias
Sylvain Caruso

Le portrait

Publié le 03 juillet 2016

Le personnage le plus connu de Walt Disney est et reste Mickey Mouse. Mais le deuxième, pas loin derrière, est clairement le canard Donald Duck. Pour de nombreux fans, cinéphiles ou même simples spectateurs, il est même leur personnage Disney préféré. Tout simplement car Donald est l’inverse de Mickey : l’anti-héros par excellence. Il est surtout le miroir déformé des défauts de tous les jours de tout un chacun, mais sans une once de malveillance. C’est pour cela que beaucoup se reconnaissent en lui et tombent sous son charme. Il est ce Monsieur Tout le Monde… un brin plus colérique et acariâtre peut-être !

Une voix, des animateurs et une personnalité

Les premières traces de l'existence de Donald Duck remonte trois ans avant sa création officielle. En 1931 est, en effet, éditée la première publication Disney destinée à la vente, le livre The Adventures of Mickey Mouse. Il s'agit d'un recueil d'illustrations qui raconte comment Mickey va organiser une fête à la campagne et inviter tous ses amis. Dans une des pages est ainsi listée une partie des invités de la souris. Se remarquent, en plus de Minnie Mouse, Horace Horsecollar et Clarabella Cow, nommés ici respectivement Henry Horse et Carolyn Cow, mais aussi d'autres personnages (qui n'apparaissent pas forcément explicitement dans les images qui illustrent le récit) dont Clara Cluck et... Donald Duck ! A l'intérieur du livre, sur une illustration, un canard, sans habit, semble ainsi quitter la mare pour rejoindre la fête. Mais difficile de savoir précisément s'il s'agit du personnage nommé juste avant Donald Duck ! Plus intéressant, est assurément la quatrième de couverture du livre où quatre personnages apparaissent : Horace et Clarabelle mais aussi un chien jouant du trombone et… un canard vêtu d'une salopette verte et d'un chapeau tyrolien ! Est-ce là la toute première apparence de Donald ? Impossible à confirmer...


The Adventures of Mickey Mouse (1931)

Donald, de son vrai nom Donald Fauntleroy Duck, doit sa (re)naissance, en 1934, à un simple mais heureux hasard ! La fabuleuse carrière du canard le plus populaire au monde est, en effet, due à une voix, aujourd'hui universellement connue. Clarence Nash a, il est vrai, contribué par ses intonations exceptionnelles, à l'explosion médiatique de Donald. Certaines expressions en anglais vont d'ailleurs revenir régulièrement dans le bec du personnage comme "What's the big idea ?", "Aw, phooey !" ou "Oh boy, oh boy, oh boy !". La voix de Donald va d'ailleurs devenir un running gag dans les cartoons mais aussi à la télévision ou dans les parcs car personne ne comprend jamais ce qu'il dit, surtout quand il est en colère, et tout le monde, d’ailleurs, n'arrêtera pas de lui dire. Ce qui forcément l'énerve encore plus !


Clarence Nash

Né à Watonga dans l'Oklahoma, le 7 décembre 1904, Clarence Nash grandit dans une ferme entouré d'animaux. Il s'amuse à les imiter régulièrement à tel point qu'il monte un spectacle dans son école, et remporte tous les suffrages avec ses drôles de voix. En 1930, le jeune homme, fraichement arrivé à Los Angeles, participe à une émission de radio, The Merry Makers, dans laquelle il imite des cris d'animaux pour une publicité d'une entreprise laitière, l'Adohr Milk Company. Alors que sa carrière semble s'engager dans le doublage et l'imitation, il se crée une petite notoriété en devenant, auprès du jeune public, "Clarence, l'homme au sifflet d'oiseau déambulant dans un camion de lait itinérant". Ayant entendu que les studios Disney produisaient des cartoons mettant en scène des animaux, il tente un beau jour sa chance et dépose une candidature spontanée. Invité à passer une audition, il se présente en grande forme et se lance dans une série d'imitations animales plus loufoques les unes que les autres. Alors qu'il est en train de singer une famille de canards, le directeur du casting appuie malicieusement sur l'interphone reliant le studio des auditions à la pièce dans laquelle se trouve Walt Disney. Le papa de Mickey tombe littéralement sous le charme et s'écrie un légendaire "Je crois que nous avons trouvé notre canard". L'embauche du jeune homme est vite scellée. Clarence Nash se voit aussitôt confié la voix d'un canard irascible dans le cartoon Une Petite Poule Avisée de la série Silly Symphonies : Donald. Il l'incarnera jusqu'à sa mort le 20 février 1985 à Los Angeles ! En plus de Donald qu'il doublera dans plusieurs langues, il se chargera également de Daisy ou de Riri, Fifi et Loulou mais aussi une grenouille dans Bambi, des chiens dans Les 101 Dalmatiens ou encore des oiseaux dans l'attraction The Enchanted Tiki Room à Disneyland.

Art Babbitt
Dick Huemer
Dick Lundy

La paternité graphique de Donald Duck n'est en revanche pas parfaitement établie. Trois artistes se partagent, en effet, la création de l'apparence graphique du canard : Art Babbitt, Dick Huemer et Dick Lundy.
Arthur Harold Babitsky, dit Art Babbit, est né le 8 octobre 1907 à Omaha dans le Nebraska. Au début des années 30, il déménage de New York vers Los Angeles où il trouve un emploi au sein des studios Disney. Il rentre en tant qu'assistant animateur mais passe très rapidement animateur grâce à son talent. Il travaillera entre autres sur les cartoons Les Trois Petits Cochons ou Cousin de Campagne. Il est connu aussi pour avoir développé le personnage de Dingo mais c'est dans les longs-métrages qu'il va faire exploser tout son talent comme sur Blanche Neige et les Sept Nains où il anime la Reine Grimhilde, Pinocchio où il se charge de Gepetto, Fantasia où il est responsable des champignons ou de Zeus et sur Dumbo où il créé la cigogne du début du film. Son talent est tel qu'il est très bien payé pour l'époque, surtout en cette période de grande dépression. Mais il est aussi attentif aux désirs des petits salaires. Lors de la grève de 1941, il rejoint ses collègues et devient le fer de lance de la contestation. Un jour, il en vient presqu'au main contre Walt Disney. La grève terminée, ce dernier, se sentant trahi, renvoie l'artiste manu-militari. Il est néanmoins obligé, par décision de justice, de le réembaucher à la sortie de la guerre : se sentant mal considéré, il finira par démissionner bien vite.
Richard Martin Huemer, dit Dick Huemer, est né, lui, le 2 janvier 1898 à New York. Il débute sa carrière dans l'animation en 1916 à Raoul Barré Cartoon Studio, puis en 1923, devient réalisateur chez Max Fleischer Studio. Sept ans plus tard, il passe chez Charles Mintz Studio avant de rentrer aux studios Disney en 1933 où il va rester jusqu'à la fin de sa carrière en 1973, mis à part un break de trois ans entre 1948 et 1951. Chez Disney, il commence par contribuer à de nombreux cartoons en tant qu'animateur comme La Cigale et la Fourmi ou Le Lièvre et la Tortue mais aussi à en réaliser certains comme Dingo et Wilbur ou Chasseurs de Baleines. Il va ensuite être assigné aux scénarios de certains des longs-métrages comme La Boîte à Musique ou Alice au Pays des Merveilles. Dans les années 50, il va plutôt travailler pour la télévision notamment sur les émissions d'anthologie à l'image de Tricks of Our Trade mais aussi pour les publications Disney en adaptant sur papier les films du studio : il se chargera ainsi des scénarios des comic strips des True-Life Adventures à partir de 1955 jusqu'à sa retraite. Il meurt quatre ans plus tard, le 30 novembre 1979.
Dick Lundy est, pour sa part, né le 14 août 1907 à Sault Ste. Marie dans le Michigan. Il rentre au sein des studios Disney durant l’été 1929. Il est alors assigné au début à l’encrage et à la peinture puis quelques mois plus tard, se voit transféré au département d’animation intermédiaire, c’est-à-dire celui qui remplit les animations entre deux poses principales faites par les animateurs officiels. Mais très vite, en mars 1930, il devient animateur à part entière. Plus tard, il travaille sur des cartoons comme Les Trois Petits Cochons ou Pluto Jongleur. Il s’impose alors comme l’un des pionniers de l’animation mettant en avant la personnalité des personnages. Par la suite, il travaille sur un seul long-métrage en tant qu’animateur : Blanche Neige et les Sept Nains et peu de temps après, se voit promu réalisateur pour les courts-métrages de Donald avec Scouts Marins en 1939. Il en réalise huit avant de quitter les studios en 1943. Il travaille ensuite chez Walter Lantz Productions, Wolff Productions, MGM et Hanna-Barbera avant de prendre sa retraite en 1973. Il décède à l'âge de 80 ans le 7 avril 1990 à San Diego en Californie.

La légende veut que Donald ait été créé visuellement par Dick Lundy. En réalité, la paternité graphique est bien plus floue. Si l’animateur a en effet travaillé sur le cartoon, Une Petite Poule Avisée, qui marque la première apparition de Donald, ce sont principalement Art Babbitt et Dick Huemer qui se sont chargés du personnage, alors même que le design semble venir d'un quatrième artiste, Fred Spencer, à la demande expresse de Walt Disney. Donald possède donc une apparence qui va peu changer au fil des ans. Il fixe déjà ses couleurs, tout en blanc, avec son bec et ses palmes jaunes. Ses ailes sont tout de suite des bras anthropomorphiques et son habit est tout aussi caractéristique. Il est, en effet, vêtu, dès sa première apparition, d’une vareuse bleue et d’un bonnet de marin. Pourquoi ce choix ? Walt Disney s’est justifié en disant que Donald est un canard, un oiseau marin, l’habit s’étant dès lors imposé de lui-même. En fait, et principalement, seul le bec du personnage va évoluer. Allongé au début de sa carrière, il va s’épaissir au fil du temps et se raccourcir. De même, ses pieds palmés vont se voir raccourcis et ses doigts, étirés faisant penser à de plumes au bout de ses ailes, vont devenir des mains presque humaines, à quatre doigts.

L’apport de Dick Lundy est d’une autre nature : lui va donner une personnalité à Donald ! En effet, l’animateur sera seul chargé du canard dès sa deuxième apparition dans Mickey Bienfaiteur en 1934. Et ce qui va immédiatement faire son succès auprès du public est sa tendance à perdre son sang-froid et à s’énerver pour un rien. Quand cela lui arrive, Donald agite les bras tout en « couaquant » de façon virulente. Il a aussi un égo surdimensionné pensant toujours être meilleur que tout le monde (et surtout que Mickey). Pour Donald, c’est lui qui devrait être la star numéro 1 des studios Disney ! Ses colères sont néanmoins à double tranchant car souvent, elles se retournent contre lui. Pour autant, elles lui permettent d’être en règle générale assez courageux, oubliant sa peur pour foncer dans le tas à partir du moment où ce qu’il a décidé de faire ne se passe pas comme prévu. Donald a également tendance à toujours embêter plus petit que lui (comme Tic & Tac), ne faisant pas là preuve de beaucoup de morale. Pourtant, là aussi et à chaque fois, cela se retourne contre lui car ses adversaires ne s’en laissent jamais conter et lui en font baver. Donald n’est pourtant pas fait que de défauts. C’est aussi un ami fidèle qui s’occupe de ses neveux comme de ses propres enfants (même s’ils aiment les taquiner de temps en temps). Bon vivant, il prend le temps de profiter de chaque instant : il a d’ailleurs manifestement un souci avec l’idée de travailler. Il a en effet essayé un nombre incroyable de petits boulots et se fait renvoyer à chaque fois, la plupart du temps à cause de sa légendaire maladresse et/ou de son incroyable malchance.

Le générique de la série Donald Duck illustre à merveille le caractère du personnage, avec un texte tout en mauvaise foi :
Qui est jamais de mauvaise humeur ?
Le savez-vous ?
Mais de qui de qui s'agit-il, en fait ?
Qui est donc cette personne si parfaite ?
Qui est ce sain, cet oiseau rare ?
Qui ne provoque jamais la bagarre ?
Qui est donc ce drôle d'animal ?
Normal ! Oui, c'est Donald !

Il s'agit d'ailleurs du seul générique d'une des grandes séries de cartoons Disney à être chanté et non être uniquement instrumental (s’il est fait abstraction de la mini-série de seulement trois cartons de Figaro).

Un canard au cinéma

Donald Duck vit une riche carrière au cinéma avec une apparition dans plus de 170 courts-métrages, 8 longs-métrages cinéma mais aussi 5 films sortis directement en vidéo. En fait, c'est le personnage Disney à avoir eu le plus de temps à l'écran au cinéma ou à la télévision. Et surtout, sa carrière est fulgurante ! À partir de 1934, sa popularité devient exponentielle au point de presque dépasser celle de Mickey Mouse à peine quelques années après sa création. Le fait s'explique par deux raisons. La première vient du fait que le caractère du canard lui permet d’être plus aimé par les adultes que par les enfants. Ils se retrouvent, en effet, sans mal dans ce personnage qu'ils voudraient souvent imiter en explosant comme lui dans certaines situations. Mickey est, par comparaison, plus enfantin représentant le héros parfait qui doit être sans peur et surtout sans reproche. Ce constat amène à la deuxième raison qui fait exploser la popularité de Donald par rapport à Mickey. Puisque la souris est devenue trop "propre sur elle", les scénaristes usent et abusent, avec délice, du mauvais caractère du canard, source inépuisable de gags. Véritable planche de salut, les studios Disney s'engouffrent dans le filon au point même de menacer la Star aux grandes oreilles. Il faut ainsi prendre conscience qu’à partir du moment où Donald accède à sa propre série, elle comptera plus de 120 cartoons là où celle de Mickey n'en comptabilisera, sur la même période, plus qu'une trentaine sur les 121 qu’il tourne au total. Donald connait donc bien une carrière fulgurante !

Les années 30

Une Petite Poule Avisée (1934)
Mickey Bienfaiteur (1934)

Donald Duck apparaît le 9 juin 1934 dans Une Petite Poule Avisée de la série Silly Symphonies et directement en couleur, un an avant Mickey. Il y joue un rôle secondaire en duo avec le cochon Peter Pig. Ils refusent d’aider tous deux la poule à cultiver son maïs en conséquence de quoi elle refuse de les nourrir puisqu’ils n’ont fourni aucun travail. Mais c’est dans son deuxième cartoon, en noir-et-blanc pour sa part, nommé Mickey Bienfaiteur et diffusé le 11 août 1934, que Donald obtient un rôle bien plus significatif qui va changer non seulement sa carrière mais aussi l’histoire du cinéma. Il rejoint, en effet, dans ce court-métrage, la bande à Mickey, en devenant un personnage secondaire, un peu le trublion colérique du groupe. Il y gagne ici son côté espiègle ainsi que son mauvais caractère. Très vite, il devient un habitué de la bande où il est l'acolyte de Mickey comme dans Un Enlèvement de Chien (1934) ou Partie de Campagne (1936). Mais le rôle qui va assoir sa popularité est assurément sa quatrième apparition dans La Fanfare le 23 février 1935, qui marque la première apparition de Mickey en couleur. Donald, tout en drôlerie, y est un marchand ambulant, qui ne cesse de perturber la représentation de Mickey en jouant Turkey un the Straw sur une série de flutes dissimulées sur lui.

La Fanfare (1935)
Partie de Campagne (1936)

Le cartoon suivant, Les Joyeux Mécaniciens (1935), son troisième et dernier en noir-et-blanc, marque également une grande première : il forme le trio Mickey, Donald et Dingo. Dans la seconde moitié des années 30, les trois compères vivent, en effet, de nombreuses aventures communes. Le trio y fonctionne à merveille et l'interaction entre la souris, le canard et le chien maladroit apparaît alors redoutable. La trame est d’ailleurs toujours la même à chaque fois. Les trois amis poursuivent un but commun (réparer une voiture, chasser les fantômes, construire un bateau...) quand le hasard les fait se séparer pour vivre des aventures distinctes et résoudre, chacun à leurs manières, les problèmes rencontrés, pour finalement, se retrouver en fanfare. Ce schéma, somme toute convenu, permet un nombre de gags impressionnant et transforme les cartoons concernés en véritables pépites. Chaque personnage vit ainsi des gags en fonction de son caractère : l'héroïque Mickey, le benêt Dingo et le colérique Donald. Si nombreux de ces courts-métrages sont devenus depuis cultes, il doit être cité, parmi eux, Nettoyeurs de Pendules (1937), Les Revenants Solitaires (1937) ou La Remorque de Mickey (1938).

Les Joyeux Mécaniciens (1935)
Les Revenants Solitaires (1937)

Le 12 septembre 1936, une autre grande première se réalise : Donald apparait – enfin ! - dans un cartoon sans Mickey, mais avec Pluto dans le bien nommé Donald et Pluto. Si le court-métrage fait alors toujours partie de la série Mickey Mouse, c'est bien la première fois que la souris en est totalement absente. Deux autres cartoons sortent ensuite dans la même veine, cités comme Mickey Mouse, mais centrés sur Donald (depuis Disney les a toutefois changés de liste et les considère désormais comme des Donald Duck !). Le premier est Don Donald qui voit l'apparition d'un contrepoint féminin à Donald : Donna. Ce sera d’ailleurs sa seule apparition : elle se voit ensuite remaniée pour devenir Daisy. Le second est Inventions Modernes qui est non seulement la première réalisation de Jack King au sein des studios Disney mais qui est aussi le premier cartoon dont Donald est le seul protagoniste. Il marque ainsi le début d'une longue carrière en solo. Dès le suivant, L'Autruche de Donald, la série Donald Duck est de la sorte officiellement lancée !

Don Donald (1937)
Inventions Modernes (1937)

La création de la carrière solo du canard, au-delà de la popularité du personnage, est le fruit d'une nouvelle politique mise en place par Walt Disney. En effet, dès la fin des années 30, le Maître organise des unités de production séparées, destinées à s'occuper des cartoons de chacun des personnages disneyens. Le mot d'ordre est désormais de faire vivre la galerie des amis de Mickey séparément les uns des autres. Plus question de les réunir systématiquement dans un seul cartoon. De nombreuses raisons motivent cette décision. D'abord, la réunion de plusieurs personnages dans une même œuvre monopolise un grand nombre d'animateurs et d'équipes en même temps. Cette situation conduit à des blocages dans la capacité de production du studio, entravée, en outre, par des coûts de fabrication trop élevés, notamment pour de simples courts-métrages. Le but de Walt Disney est donc de se concentrer sur les longs-métrages, surtout depuis le triomphe de Blanche-Neige et les Sept Nains. L'apparition d'une star dans un cartoon était déjà onéreuse, alors que penser de trois ou quatre ! Ensuite, la création d'unités consacrées spécialement à un personnage permet une plus grande attention dans son traitement. Mieux définis, bichonnés comme il se doit, les personnages gagnent en réputation et aura, tant le résultat se voit à l'écran. La troisième raison à la séparation des parcours s'inscrit dans la droite lignée de la deuxième. Disposant de la durée d'un cartoon pour s'exprimer, les personnages explosent, en effet, leur capital sympathie et ne se retrouvent jamais dans l'ombre d'un collègue, à la popularité plus grande. Enfin, en multipliant les cartoons, Walt Disney augmentent ses possibilités de rentrées financières, en occupant le terrain, face à de féroces concurrents, tels les Looney Tunes de la Warner Bros. Ainsi, la série Silly Symphonies va être stoppée ayant terminé son rôle de boite à idées pour les longs-métrages, et la série Mickey Mouse est freinée par manque d’inspiration. Par contre, trois autres séries débutent à la fin des années 30 : Pluto, Dingo et bien-sûr… Donald Duck.


Jack King

L’un des premiers réalisateurs à être responsable des aventures de Donald est Jack King. Né le 11 avril 1895 en Alabama, ses premiers pas dans l’animation remontent à 1920 quand il rentre dans les studios J.R Bray Studios. Fasciné par le cinéma parlant, il rejoint Hollywood et se fait embaucher le 17 juin 1929 au sein des studios Disney en tant qu’animateur sur la nouvelle série des Silly Symphonies où il participe, entre autre, à El Terrible Toreador ou aux (Les) Trois Petits Cochons. En 1933, il démissionne pour aller chez Leon Schlesinger Productions en charge des Looney Tunes et des Merrie Melodies pour Warner Bros. Il y devient réalisateur sur des cartoons en noir-et-blanc. En 1936, Walt Disney le rappelle et lui promet de le mettre à la réalisation de cartoons en couleur. Il devient alors le responsable de la série Donald Duck pour lequel il réalise une cinquantaine de cartoons, considérés par de nombreux spécialistes comme l’âge d’or de la carrière de Donald. Il prend sa retraite en 1948 avant de mourir 10 ans plus tard, le 4 octobre 1958 à Los Angeles.

Les Neveux de Donald (1938)
Le Cousin de Donald (1939)

Jack King va ainsi développer le personnage mais aussi faire évoluer son entourage, en s’inspirant parfois des comic strips où Donald vit également une carrière fulgurante. En effet, les neveux de Donald (Riri, Fifi et Loulou) sont d'abord apparus en bande dessinée avant d'arriver très peu de temps après au cinéma dans le cartoon Les Neveux de Donald en 1938. Dans le même ordre d'idée, le personnage de Gus, cousin de Donald fait son unique apparition au cinéma, en 1939, dans le cartoon Le Cousin de Donald, tout en apparaissant presque en même temps en comic strips puis pour mieux revenir, quelques années plus tard, à nouveau sur papier, en tant que cousin vivant à la ferme avec Grand-mère Donald.

Ainsi, à la fin des années 30, en à peine six ans, Donald Duck est devenu un personnage incontournable des studios, et même une grande star du cinéma.

Les années 40

L'Entreprenant Mr Duck (1940)
Donald Bénévole (1941)

Le 7 Juin 1940, l’entourage de Donald va encore s’agrandir avec la première apparition de Daisy. Contrepoint féminin et petite amie de Donald Duck, censée être l'alter égo de Minnie, version canard, elle apparaît dans L'Entreprenant Mr Duck, réalisé par Jack King sur un scénario de Carl Barks, en étant une évolution du personnage de Donna vu quelques années auparavant. Elle acquiert ici son apparence et son nom définitifs. En 1941, Donald est la star incontournable des studios Disney. Deux films annoncent alors l'évolution de la carrière de l'irascible canard. Le cartoon, Donald Bénévole, est tout d'abord, un court-métrage caritatif où Donald lance aux gens des appels aux dons. Le Dragon Récalcitrant est, lui, un film, où, dans une courte apparition, il explique la technique du mouvement dans l'animation. Il est désormais assez populaire pour porter à bout de bras aussi bien des films de propagande que des longs-métrages d'animation...

Le Dragon Récalcitrant (1941)
Saludos Amigos (1943)

Au début des années 40, alors que l'Europe s'enfonce irrémédiablement dans la guerre, les États-Unis ne sont, eux, que très légèrement impliqués même si de sombres nuages s'amoncèlent à l'horizon. Le Président américain, Franklin D. Roosevelt, s'inquiète, il est vrai, de l'influence grandissante de l'Allemagne nazie sur ses voisins d'Amérique du Sud. Il semble, avec le recul, vouloir déjà préparer le peuple américain à entrer dans le conflit. Son gouvernement demande d'ailleurs, très vite, à Walt Disney de se préparer à participer à l'effort de guerre en défendant, en interne et en externe, les valeurs américaines. Ce dernier met, ainsi, à profit un voyage en Amérique Latine pour rencontrer des artistes et capter, avec son équipe, l'ambiance des pays visités. Walt Disney s'implique, d'ailleurs, bien volontiers, dans ce projet, tout bousculé qu'il est alors par une grève, extrêmement dure, qui frappe ses studios. Le 17 août 1941, il s'envole donc, non seulement avec ses propres collaborateurs mais aussi avec des représentants du gouvernement américain, pour l'Argentine, le Chili et le Brésil. Deux films d'animation, mettant en vedette la star des studios de l'époque, Donald, germeront de ce voyage : Saludos Amigos (1943) et Les Trois Caballeros (1945). Pour la petite histoire, devant le succès rencontré par ses productions, Walt Disney n'aura même pas à demander à son gouvernement des compensations financières pour leurs réalisations : chacun de ses films sera, en effet, un succès auprès du public américain, de chaque côté du Rio Grande !

Les Trois Caballeros (1945)
Der Fuehrer's Face (1943)

Le 7 décembre 1941, l'attaque de Pearl Harbor par les forces japonaises change la donne et pousse les États-Unis à entrer officiellement en guerre. Les studios Disney sont immédiatement réquisitionnés : il leur est demandé de réaliser des productions de propagande militaire ou éducative pour les différents ministères américains. Walt Disney impose, à son gouvernement, Donald en tant que messager des discours officiels, pensant, à juste titre, que les spectateurs se retrouveraient plus dans ce canard irascible que dans n'importe quel autre personnage de la galaxie Disney. Donald délivre ainsi la bonne parole au peuple américain dans trois courts-métrages (Donald's Decision, The New Spirit et The Spirit of '43) tous initiés par le gouvernement fédéral. The New Spirit est, par exemple, une commande du Département Américain du Trésor distribuée par le "War Activities Commitee" de l'industrie cinématographique américaine. Donald Duck y démontre l'intérêt pour la nation de voir ses citoyens payer leurs impôts en temps et en heure... Walt Disney a, pour lui, imposé, contre l'avis du secrétaire du Trésor, son canard irascible. Bien lui en a pris : non seulement, le court-métrage fut nommé pour l'Oscar du Meilleur Documentaire mais son impact fut tel que les rentrées fiscales dépassèrent de loin toutes les espérances ! Sûr de leurs qualités, le papa de Mickey ne se contente pas du circuit administratif de distribution pour ses cartoons de propagande. Il décide, en effet, d'en proposer certains de manière officielle via son réseau habituel, celui de R.K.O Pictures. Un total de huit court-métrages est ainsi présenté dont le succulent Der Fuehrer's Face, une critique féroce du régime nazi, politiquement incorrect et terriblement efficace. Ce cartoon reste aujourd'hui le seul dans la carrière de Donald à être auréolé de l'Oscar du Meilleur Court-Métrage.

Coquin de Printemps (1947)
Mélodie Cocktail (1948)

À la sortie de la guerre, la carrière de Donald ne ralentit pas, bien au contraire. Il va même participer à deux autres long-métrages. Le premier est Coquin de Printemps en 1947, où dans la séquence Mickey et le Haricot Magique le canard retrouve ses acolytes Mickey et Dingo dans cette adaptation du conte de Jack et le Haricot Magique. Il a ici un rôle plutôt secondaire, Mickey étant le véritable héros du récit. Il sert, encore une fois, de pile électrique en montrant qu'il perd facilement son sang-froid quand la faim se fait sentir. Dans le second long-métrage, Mélodie Cocktail en 1948, il n'apparait que dans une séquence, C'est la Faute de la Samba, qui est une réminiscence des films sud-américains. José Carioca, l'Aracuan et Donald y dansent la samba avec une pianiste dans un mélange entre animation et prises de vues réelles.


Jack Hannah

Jack King partant en retraite, un autre réalisateur prend les rênes de la carrière du canard : Jack Hannah. Embauché aux studios Disney en 1933 en tant qu'intervalliste d'animation sur les séries Mickey Mouse, Silly Symphonies et Donald Duck, il réalise sa première animation pour Gulliver Mickey en 1934. En 1939, il est promu scénariste et travaille en étroite collaboration avec Carl Barks. C'est en 1943 qu'il devient le réalisateur attitré de Donald Duck. Il va ainsi introduire de nombreux acolytes auprès du canard, rendant ses cartoons tout simplement mémorables. Dans les années cinquante, il se charge de quatorze émissions pour la télévision mettant ainsi en vedette Donald pour le show Disneyland. Il quittera le studio en 1959. Jack Hannah est assurément le réalisateur qui offre au célèbre canard de Disney son plus grand nombre de cartoons incontournables. Pas moins de 65 court-métrages s'affichent, au total, à son compteur ; huit étant nommés aux Oscars et notamment, Donald et les Fourmis (1948), Donald et son Arbre de Noël (1949), et Chasse Gardée (1955).

Donald Chez les Ecureuils (1947)
Donald Décorateur (1948)

Sous la houlette de Jack Hannah, Donald continue bien-sûr à affronter ses neveux ou convoler avec Daisy. Mais sous sa coupe, le canard irascible va, en outre, rencontrer bon nombre d'acolytes dont la présence rend ses cartoons tout simplement mémorables. Donald ne serait, en effet, pas Donald s'il n'affrontait pas des adversaires aptes à le faire sortir de ses gongs. A ce jeu-là, les plus petits sont souvent, pour ne pas dire toujours, les meilleurs. Le réalisateur va créer trois acolytes plus ou moins charismatiques : Pépé le Grillon en 1947 dans le cartoon éponyme, Spike l'abeille en 1948 dans Donald Décorateur mais surtout Tic & Tac (qu’il ne crée pas mais dont il parfait la définition) à partir de 1947 dans Donald Chez les Écureuils. Les deux rongeurs vont devenir si populaires qu'ils vont faire subir à Donald ce qu'il avait fait subir à Mickey dix ans avant : éclipser la star aux yeux du public...

Depuis les années 50

Rugged Bear (1953)
Donald Visite le Parc de Brownstone (1954)

Au début des années 50, Donald est toujours aussi populaire bien que sa situation ait évolué. S'il était représenté au début de sa carrière comme un pur citadin ou un pur campagnard, il est dorénavant un américain moyen type : il vit ainsi en banlieue dans une coquette résidence comme dans The New Neighbor en 1953 où il se bat avec son voisin ! Pour autant, cela n'empêche pas le personnage d'être source d'innovation. D'abord, son entourage évolue lui-aussi puisqu'il voit la naissance de deux autres acolytes dans la première moitié des années 50 : Humphrey l'Ours et le Ranger J.Audubon Woodlore. Humphrey, l'ours pataud, est un de ces personnages qui, s'il n'est apparu que dans un faible nombre de cartoons (seulement six au total !), a réussi, malgré tout, à se faire un nom dans la galaxie Disney. Comme ses acolytes écureuils, Tic & Tac, il sert d'adversaire idéal au canard irascible, Donald, qui, pour l'occasion, se voit associé au personnage du Ranger J.Audubon Woodlore, symbole de l'autorité tranquille. Les exploits de ce trio improbable font les beaux jours de Donald Visite le Parc de Brownstone en 1954 et Donald et les Abeilles en 1955. Rugged Bear en 1953 et Bearly Asleep en 1955, ne voient eux que l'affrontement d'Humphrey avec Donald.

The New Neighbor (1953)
Les Cacahuètes de Donald (1953)

Preuve de la grande vitalité de Donald, le canard est la seule star historique du studio à bénéficier des avancées technologiques des années 50, avec notamment la 3-D (Les Cacahuètes de Donald) et le Cinémascope (Donald Visite le Grand Canyon). En 1953, Hollywood, qui tremble devant la démocratisation de la télévision soupçonnée des pires conséquences, et notamment la disparition pure et simple de l'industrie cinématographique cherche, en effet, tous les moyens pour retenir le public dans les salles ; l'innovation technique étant le premier d'entre eux. Le format Cinémascope et la projection en 3-D inaugurent alors l'offensive commerciale.
Pour le coup, Walt Disney, pourtant réputé précurseur, se contente de suivre le mouvement en proposant lui aussi des films en 3-D. Il surprend tout de même son monde quand il présente, le 28 mai 1953, le tout premier cartoon en trois dimensions, extrait de la collection Special, Adventures in Music : Melody. Le papa de Mickey teste à l'occasion le goût du public et se renseigne sur la pérennité de la technologie. Il lance ensuite un deuxième chantier de cartoon en 3-D, avec cette fois-ci des poids-lourds d'audience, Donald et Tic & Tac. Le 11 novembre 1953 sort donc Les Cacahuètes de Donald, le deuxième court-métrage animé en trois dimensions de Disney... Et le dernier avant très longtemps !
Parallèlement, la 20th Century Fox conclut dès 1953 un accord avec l'inventeur du procédé Cinémascope, Henri Chrétien, et présente la même année (le 16 septembre 1953) le premier film tourné en grand large, La Tunique d'Henry Koster. Les studios Disney négocient dans la foulée une licence auprès de la Fox pour eux-aussi utiliser le format. Walt Disney est donc le premier à proposer un cartoon en Cinémascope avec Les Instruments de Musique présenté le 10 novembre 1953. L'année suivante, il signe deux autres œuvres sous ce format ; son premier film "live", 20 000 Lieues Sous les Mers et son deuxième cartoon - mais le premier à proposer une star maison dans ce format - Donald Visite le Grand Canyon. Tous deux sortent le 23 décembre 1954. L'année suivante, Walt Disney présente avec La Belle et le Clochard, le premier long-métrage d'animation en écran large !

Donald Visite le Grand Canyon (1954)
Ohé Donald (1956)

Malheureusement, la production de cartoons, longtemps très juteuse, commence sérieusement à donner des signes de faiblesses. Les principales séries de Disney sont ainsi progressivement stoppées, les unes après les autres. Pluto tire sa révérence en 1951, Mickey Mouse et Dingo suivent le mouvement en 1953. Walt Disney tient malgré tout à conserver et entretenir le savoir-faire de ses équipes en maintenant un cartoon en première partie de chacun de ses films, permettant ainsi à ses animateurs de ne pas rester oisifs entre deux chantiers de longs-métrages. Il continue donc deux séries de cartoons : les Special qui servent, comme pour les Silly Symphonies à l'époque, de bancs d'essai et les Donald dont la popularité ne se dément pas. Sauf qu’en 1956, Walt Disney doit se rendre à l’évidence : le marché des courts-métrage n’est plus rentable et la série Donald Duck est stoppée à son tour avec Ohé Donald, également le dernier cartoon de Tic & Tac, et Les Accidents Ménagers.

Donald au Pays des Mathémagiques
(1959)
Donald’s Fire Survival Plan
(1966)

Au milieu des années 50, la carrière cinématographique de Donald touche irrémédiablement à sa fin. Pourtant, le cartoon Les Accidents Ménagers donne des idées au staff Disney. Donald va ainsi, en ultime tour d'honneur, reprendre du service dans un rôle qu'il avait si bien tenu lors de la deuxième guerre mondiale. Il redevient en effet "passeur de message". Walt Disney conserve il est vrai toujours en ligne de mire la volonté de produire du divertissement à valeur ajoutée. Il entend poursuivre ainsi une mission culturelle et éducative sans pour autant la revendiquer. Le meilleur exemple de cette politique artistique ambitieuse est assurément le cartoon, Donald au Pays des Mathémagiques, sorti en 1959. Entraîné par sa curiosité légendaire, le canard irascible s'aventure, en effet, dans un mystérieux monde imaginaire où les arbres ont des racines carrées et les rivières débordent de chiffres. Ce classique de Donald, nommé pour l'Oscar du meilleur court-métrage documentaire, est d'abord diffusé en première partie de Darby O'Gill et les Farfadets. Deux ans plus tard, il a le privilège d'être introduit par Ludwig Von Drake (Donald Dingue) dans l'épisode d'inauguration (An Adventure in Color / Mathmagic Land) de l'ancien show Disneyland, rebaptisé Walt Disney's Wonderful World of Color et désormais diffusé en couleur sur la chaîne NBC. Donald au Pays des Mathémagiques est mis rapidement à la disposition des écoles et devient vite le plus populaire des films éducatifs jamais produits par Disney. Le papa de Mickey aime à en résumer l'incroyable impact en expliquant : "Le dessin animé est un bon moyen de stimuler l'intérêt (...) Nous avons ainsi pu expliquer les mathématiques tout en intéressant le public". Donald aura droit à six autres cartoons éducatifs après ça. Trois seront diffusés au cinéma : Un Accident Est Vite Arrivé en 1959, Donald et la Roue et Donald et l’Écologie en 1961, ce dernier étant l’ultime cartoon en date de la série Donald Duck. Trois autres seront proposés en 16 mm auprès des écoles : Steel and America en 1965, Donald’s Fire Survival Plan en 1966 et Family Planning en 1967.

Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988)
Fantasia 2000 (2000)

Donald revient par la suite au cinéma cinq fois. Il fait partie du casting des moyens-métrages Le Noël de Mickey (1983) et Le Prince et le Pauvre (1990) et signe également un tout petit caméo dans Dingo et Max (1995) ainsi qu’une courte apparition dans le long-métrage Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988). Sa scène est particulièrement jubilatoire car elle voit les deux canards les plus populaires du cinéma Donald Duck des studios Disney et Daffy Duck des studios Warner Bros. s’affronter dans un numéro de music-hall. Toutefois, son véritable come-back est à chercher dans Fantasia 2000 où il est la vedette de la séquence Pomp and Circumstances, en interprétant avec bonheur l'apprenti de Noé. Lui qui était jaloux de Mickey de sa participation dans Fantasia se retrouve enfin à égalité avec un rôle sur mesure !

Mickey, Donald, Dingo
Les Trois Mousquetaires (2004)
Mickey, Il Était Deux Fois Noël
(2004)

En dehors du cinéma, Donald apparaît également dans un certain nombre de longs-métrages sortis directement en vidéo. Le premier d’entre eux est Mickey, Il Était Une Fois Noël en 1999 où dans une des séquences, il essaye de faire comprendre à ses neveux la valeur de Noël. Il apparaît ensuite deux fois dans des films dérivés de la série Disney’s Tous en Boite : Mickey, la Magie de Noël (2001) et Mickey, le Club des Méchants (2002). Enfin, en 2004, il est présent dans deux longs-métrages, chacun avec leur importance. Le premier, Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires, voit le trio de héros se reformer à nouveau dans cette libre adaptation du classique d’Alexandre Dumas qui constitue l'un des meilleurs films de DisneyToon Studios. Le second, Mickey, Il Était Deux Fois Noël, est moins réussi mais présente la particularité de proposer une des toutes premières apparitions du personnage en animation assistée par ordinateur. Donald y truste trois des cinq séquences dont une spécialement centrée sur lui.

Donald à la Télévision

Parallèlement à sa carrière au cinéma, Donald mène également une carrière bien fournie sur le petit écran.

The Donald Duck Story (1954)
Donald, Vedette de Télévision (1960)

Walt Disney s’essaie au média télévision dès 1950 en prenant les rênes d’une émission spéciale : One Our in Wonderland. Le show possède déjà tous les ingrédients qui feront, pendant des années, la renommée de ses programmes hebdomadaires. Une deuxième tentative avec The Walt Disney Christmas Show finit par le convaincre de l’intérêt pour sa compagnie toute entière d’une présence récurrente sur le petit écran. Dans cet esprit, Walt Disney accepte de collaborer sur la durée avec la chaîne ABC en produisant, pour elle, dès 1954, plusieurs émissions dont le sujet central est son parc à thèmes, Disneyland. En bon maître de cérémonie (et véritable VRP !), il enchante ainsi l'Amérique chaque semaine dans un show qui traite sans détour des quatre « lands » du resort naissant. Fantasyland décortique donc l'univers des films d'animation et cartoons ; Adventureland sert de base aux documentaires animaliers ou géographiques (True-Life Adventures, People and Places) ; Tomorrowland explore le futur et l'espace tandis que Frontierland présente des séries "western" dont le fameux Davy Crockett. Ces émissions d'anthologie changeront de nom ou de chaine au fil des années passant de Disneyland à Walt Disney Presents ou Walt Disney's Wonderful World of Color mais garderont toujours le même principe.
Au tout début de son aventure télévisuelle, Walt Disney prend vite l'habitude de proposer aux téléspectateurs des compilations de cartoons de grande qualité. Et pour les valoriser plus encore, il demande à ses artistes de créer des scènes de transition destinées à les lier de façon harmonieuse. Donald a bien évidemment droit à une multitude de compilations tournant autour de lui : The Donald Duck Story, A Present for Donald, Une Journée Dans la Vie de Donald, At Home with Donald Duck, Your Host - Donald Duck, Donald's Award, Duck For Hire, Donald's Weekend, Duck Flies Coop, Two Happy Amigos, Highway to Trouble, The Mad Hermit of Chimney Butte, Donald, Vedette de Télévision...


Mickey Mouse Club (1955)

Parallèlement, (du 3 octobre 1955 et ce jusqu'au 25 septembre 1959), Disney produit une émission, Mickey Mouse Club, d'une durée d'une heure, du lundi au vendredi, présentant 24 talentueux enfants. Surnommés les "mouseketeers", ces enfants, triés sur le volet, font des claquettes, jouent de la musique et introduisent les invités, séries et autres cartoons, sous la direction de deux adultes, Jimmie Dodd et Roy Williams. Nombreux de ces "mouseketeers" (Annette, Tommy, Darlene, Lonnie, Sharaon, Sherry, Doreen, Bobby, Cubby, Karen, Dennis ou Cheryl) connaissent d'ailleurs instantanément la célébrité. Donald intervient uniquement dans le générique de l'émission. Chaque numéro commence, en effet, avec une séquence d'ouverture totalement animée dont le final récurrent présente inlassablement un maladroit Donald tentant de faire sonner le gong de début avec une variété infinie de "catastrophes" en découlant.

La Bande à Picsou (1988)
Bonkers (1993)
Couacs en Vrac (1996)
Mickey Mania (1999)

Dans les années 80, Donald participe alors à de nombreuses émissions de compilation de cartoons comme Donald Duck Presents sur Disney Channel. A la fin de la décennie, il fait également quelques apparitions dans la série de La Bande à Picsou. Alors qu'il rentre dans la marine, il confie en effet ses neveux à son Oncle Picsou. Cela ne l'empêche pas de vivre quelques aventures avec son oncle puisqu'il apparaîtra dans sept épisodes dont le pilote de la série. Il fait aussi une apparition dans le premier épisode de la série Bonkers en 1993. Étonnement, malgré sa popularité, il faut attendre 1996 pour que le personnage ait droit à sa propre série d'animation avec Couacs en Vrac. Dans cette série, qu'il partage avec Daisy et ses neveux, les apparences des personnages ont bien évolué. Donald ne possède, il est vrai, plus sa vareuse mais une chemise hawaïenne et travaille en tant que caméraman dans une chaîne de télé locale. Il revient ensuite en 1999 dans la série Mickey Mania où il accède à de nouveaux courts-métrages. Deux ans plus tard, en 2001, dans Disney's Tous en Boîte, Donald est chef de salle dans le club de Mickey. En 2006, il fait partie des personnages principaux de la série ludo-éducative, La Maison de Mickey. Enfin, dès 2013, il apparaît dans un design très moderne dans la série de Disney Channel, Mickey Mouse, acclamée par le public et les critiques.

Disney's Tous en Boîte
(2001)
La Maison de Mickey
(2006)
Mickey Mouse
(2013)

Donald en Comics

Si Donald a un immense succès en animation, sa carrière dans le neuvième art est peut-être encore plus impressionnante. Ce sont en effet ses aventures en bandes dessinées qui ont rendu le personnage si populaire. Elle a fait venir à lui de nombreux adultes qui se sont pris d'affection pour lui. Il faut dire que les auteurs et dessinateurs qui se sont succédés à son service ont enrichi son entourage en lui créant un environnement dense et une famille nombreuse, dont tous les membres sont plus attachants les uns que les autres. Retour donc sur l’univers de Donald sur papier...

L'Héritage d'Al Taliaferro


Al Taliaferro

Le premier papa de Donald Duck qui définit les bases du personnage en bandes dessinées est le talentueux Al Taliaferro.
Charles Alfred Taliaferro, dit Al Taliaferro, est né le 29 août 1905 à Montrose dans le Colorado. Sa famille déménage toutefois en 1918 pour la Californie du Sud où il obtient son diplôme à la sortie du lycée de Glendale en 1924. Attiré par le dessin dès son plus jeune âge, il prend des cours par correspondance puis aiguise son art au California Art Institute. Il cherche ensuite des petits boulots en attendant le job de ses rêves qui est de devenir dessinateur de bandes dessinées. En 1931, il travaille ainsi en tant que designer dans une entreprise d’appareils d’éclairage quand il passe un entretien au sein des studios Disney. Il est alors embauché et vite assigné à l’encrage des comics trips de Mickey Mouse en devenant l’assistant de Floyd Gottfredson. L’année suivante, il prend le relai d’Earl Duvall au dessin qui venait de lancer les planches dominicales des Silly Symphonies, notamment avec le personnage de Bucky Bug. Continuant à encrer les strips de Mickey Mouse, il devient parallèlement le dessinateur officiel des Silly Symphonies dont il adaptera sur papier de nombreux cartoons à l'exemple des (Les) Trois Petits Cochons, Elmer l'Eléphant et surtout Une Petite Poule Avisée qui verra la première apparition sur papier, le 16 septembre 1934, d’un certain Donald Duck… Le 10 février 1935, Floyd Gottfredson utilisera, à sont tour, le personnage quelques mois dans une aventure commune avec Mickey.


Première apparition en comics de Donald par Al Taliaferro

Al Taliaferro assume durant six ans les strips dominicaux des Silly Symphonies aidé aux scénarios par Earl Duvall dans un premier temps, puis Ted Osborne. Il va notamment y faire apparaître Donald d’août 1936 à décembre 1937. Le 17 octobre 1937, il crée ce qui reste ses personnages les plus célèbres, à savoir, les trois neveux, Riri, Fifi et Loulou. Ils deviennent tellement populaires que les animateurs s’en emparent et les passent en animation pour la première fois le 15 avril 1938 dans le cartoon Les Neveux de Donald. Une note lui est d’ailleurs envoyée quelques mois plus tôt par les artistes du studio pour le remercier et lui confirmer la paternité des canetons. Le premier strip quotidien de Donald voit le jour le 7 février 1938. Et ce sera un véritable triomphe ! Pourtant, les strips de Donald n’avaient rien à voir avec ceux de Mickey. Si la souris disposait d’aventures dignes des plus grands héros avec le suspense maintenu de jour en jour, Donald, lui, avait droit à des gags différents quotidiennement. Mais Al Taliaferro n’entend pas rester sur cette première victoire, si belle soit-elle. L’année suivante, le 10 décembre 1939, il débute également une planche dominicale pour le canard. Au scénario, il se voit aidé dans un premier temps par Bob Karp puis par d’autres scénaristes. Il s’investit énormément dans ses personnages et propose beaucoup d’évolutions. Par exemple, c’est lui qui va nommer le St Bernard du cartoon de 1936, Les Alpinistes, en Bolivar et en faire le chien de Donald. Il sera également, le premier à dessiner le personnage de Gus Glouton en longue gestation au sein des studios mais qui apparaitra finalement pour la première fois en bandes dessinées. Il va aussi créer le personnage de Grand-Mère Donald en s’inspirant de sa propre belle-mère.


Premier daily strip de Donald par Al Taliaferro

Al Taliaferro dessine Donald de façon quotidienne jusqu’à sa mort à Glendale le 3 février 1969, à l’âge de 63 ans. Il est l’homme des canards bien trop méconnu, resté dans l’ombre de Carl Barks, Don Rosa et Floyd Gottfredson. Pourtant, il s’agit bien du quatrième mousquetaire de la bande dessinée Disney américaine car, sans lui, Donald n’aurait peut-être pas eu la carrière qu’il a connue sur papier. Et bien avant Carl Barks, il avait déjà commencé à enrichir la famille Duck.

Le Grand Maître Carl Barks


Carl Barks

Si il y a un auteur qui a développé comme jamais l'univers de Donald Duck, c'est clairement Carl Barks.
Carl Barks est né le 27 mars 1901 à Merrill dans l'État de l'Oregon aux États-Unis au sien d’une famille de cultivateurs. En novembre 1935, il apprend que Walt Disney recherche des dessinateurs d'animation. Il déménage pour cela à Los Angeles et se fait embaucher comme intervalliste : il dessine ainsi tous les dessins répétitifs nécessaires pour créer l'animation. En 1936, la qualité de son travail lui permet d'intégrer le département des scénarios, où son imagination le fait remarquer plus encore. En 1937, à la faveur du développement de la carrière de Donald Duck qui devient le héros unique de ses aventures cinématographiques et ne sert plus seulement de faire-valoir à Mickey Mouse, Carl Barks fournit déjà quelques pistes de scénarios, avant d’obtenir le droit d'écrire ses propres histoires. Il travaille entre autres sur Les Neveux de Donald (1938), Le Cousin de Donald (1939) ou L'Entreprenant Mr Duck (1940). Il devient ainsi (un peu) le papa de Riri, Fifi et Loulou, Gus et Daisy. Il soumet également quelques idées de gags pour les comics quotidiens de Donald. Il s'agit là de ses toutes premières contributions aux bandes dessinées Disney. Mais peu intéressé par les films de guerre et gêné par la climatisation des nouveaux studios de Burbank, le 6 novembre 1942, Carl Barks démissionne et quitte Disney. Juste avant, il dessine avec Jack Hannah le premier comic book de Donald sur un scénario de Bob Karp : Donald et le Trésor du Pirate (Donald Duck Finds Pirate Gold). Le thème de la chasse au trésor par Donald et ses neveux est alors lancé...


Donald et le Trésor du Pirate (1942) : premier comic book de Carl Barks sur Donald

Mais Carl Barks rebondit vite. Il est, en effet, engagé par l'éditeur de Donald et le Trésor du Pirate, Western Publishing. Contrairement à son souhait de travailler sur des personnages qu’il aurait créés lui-même, il se voit d’abord assigner les aventures de Donald Duck mais obtient tout de même de pouvoir y œuvrer, seul, aussi bien sur les histoires que les dessins. La première des cinq cent histoires de Carl Barks pour Western Publishing sort donc en avril 1943 sous le titre de Des Couacs et des Crôôôas (The Victory Garden). Pendant trois décennies, il ne cessera plus d'écrire et de dessiner autour du canard Donald. Il crée ainsi tout au long de sa carrière, Lagrogne, le voisin grincheux de Donald, Balthazar Picsou le canard le plus riche du monde, Gontran Bonheur le canard le plus chanceux du monde, l'inventeur Géo Trouvetou, la sorcière Miss Tick, les Rapetou, l'organisation des Castors Juniors, les milliardaires Gripsou et Flairsou...
Bien que les histoires sous licence Disney paraissent sans mention aucune du nom de leur auteur, arborant juste un numéro de série, les lecteurs remarquent vite qu'un même artiste réalise de nombreuses et populaires histoires de canards. Ils le surnomment alors « Good Duck Artist », avant qu'il ne sorte enfin de l'anonymat...
Retraité en 1966, Carl Barks obtient l'autorisation exceptionnelle de Disney de peindre des tableaux à l'huile représentant ses personnages. Face au succès de ses peintures et de ses histoires, il restera toujours modeste en déclarant qu'il faisait ce métier pour gagner de quoi vivre et rien de plus ! Carl Barks s’éteint à l’âge de 99 ans, le 25 août 2000, des suites d'une leucémie.


Perdus dans les Andes ! (1949) : considérée comme la meilleure histoire de Carl Barks

L'arrivée de tous ces personnages vont lancer Donald et ses neveux dans des aventures hors du communs faisant voyager l'imagination de millions de lecteurs à travers le monde. Carl Barks est aujourd'hui un maître du Neuvième Art ayant inspiré un incroyable nombre d'auteurs, bien au delà des États-Unis, non seulement dans la bande dessinée Disney mais bien au delà comme par exemple des grands noms du cinéma, notamment Steven Spielberg, pour la scène de la boule de pierre dans Indiana Jones et les Aventuriers de l'Arche Perdue.

Une Riche Carrière sur Papier

Walt Disney's
Comics & Stories #1
Donald Duck
#26
Donald Duck Adventures
#1
Donald Magazine
#1

 La popularité de Donald est telle qu'il va apparaitre dans un nombre incroyable de couvertures à commencer par le premier comic book Disney, Walt Disney's Comics & Stories, qui débute en octobre 1940. Après avoir connu 25 numéros spéciaux dans la collection Four Color, Donald a enfin droit à son propre magazine, à son nom, Donald Duck à partir du numéro 26 en novembre 1952 chez l'éditeur Dell. Ce titre est tellement populaire qu'il est, encore en 2016, publié aux États-Unis. Même s'il a changé de nombreuses fois d’éditeur, il approche tout de même des 400 numéros !
L'éditeur Gladstone, qui reprend la licence Disney au milieu des années 80, lance quant à lui un nouveau comic book centré sur Donald, Donald Duck Adventures en novembre 1987. Il connait au total 48 numéros jusqu'en février 1998. Même si en France, Mickey et Picsou sont plus populaires, Donald tout de même droit à son magazine, Donald Magazine d'avril 1982 à avril 1990 bien qu’il s'agisse en réalité du Journal de Mickey de la semaine, seule la couverture et le nom du magazine se voyant changée et centrée sur Donald.

Donald Duck par
Al Hubbard
Donald Duck par
Tony Strobl
Donald Duck par
Romano Scarpa

Pour produire un si grand nombre de pages, de nombreux autres auteurs se relaient pour raconter les histoires de Donald Duck aux États-Unis comme dans le monde entier. Il est d’ailleurs bien difficile de tous les référencer tellement la liste est longue. Il peut tout de même être cité Al Hubbard qui crée le personnage de Popop, Tony Strobl papa du marin Toby Dick ou encore le prolifique Romano Scarpa qui imagine entre autre Brigitte McBridge, celle qui rêve d'épouser Picsou. Les bandes dessinées de Donald autour du monde permettent évidemment au personnage de voir sa popularité grandir, et même devenir plus importante dans certains pays plus qu'elle ne l'est aux Etats-Unis même. En Scandinavie par exemple, Donald est presque une institution nationale ! L'Italie a également une production énorme de bandes dessinées Disney. C'est d'ailleurs, à l'époque contemporaine, le plus grand fournisseur d'histoires sur Mickey et ses amis. Donald naturellement y figure en bonne place. Les auteurs italiens se permettent même de faire évoluer le personnage ! Exaspérés de le voir perdant et rabaissé par rapport à la richesse de Picsou ou à la chance de Gontran, ils ont en effet décidé de le rendre plus héroïque. Ils l'ont pour cela transformé en super-héros : Fantomiald, un côté justicier du canard qui d’ailleurs a connu plusieurs évolutions que cela soit PK ou DoubleDuck. En France, si la production s'est tarie, le personnage de Donald reste préféré à Mickey même si aussi étrange que cela paraisse c'est Picsou qui est le plus aimé chez les lecteurs de BD Disney hexagonaux !

La Dynastie de Donald Duck
           
   

Autre grand nom dans la vie de Donald Duck : Don Rosa ! A la suite de son œuvre fleuve, La Jeunesse de Picsou, l’auteur et dessinateur de bandes dessinées va, en effet, s’atteler dès 1993 à établir pas moins qu’un arbre généalogique des Duck. Il prend pour postulat de départ d’utiliser uniquement les personnages créés ou dessinés par Carl Barks à l’exception notable de Popop Duck imposé par son éditeur danois, Egmont. En effet, ce dernier est très populaire en Europe. Par contre, il fait totalement l’impasse sur les personnages créés par d’autres auteurs qu’ils soient américains, italiens ou autres. Ainsi et bien qu’imparfait, son arbre généalogique des Duck et des Picsou est désormais considéré comme le seul officiel. Si Don Rosa a beaucoup apporté à l'univers des Duck, c'est principalement le personnage de Picsou qui a profité de toute son attention. Sa série sur le passé du milliardaire est tout simplement passionnante. Il a ainsi et toujours parfaitement réussi à sublimer le personnage de Picsou, même au delà des rails tracés par Carl Barks ; en revanche il n'est jamais parvenu à épaissir Donald, du moins pas plus que Carl Barks. De la sorte, et comme l'annonce l'auteur lui-même, parmi toutes les histoires qu'il a écrites, seules deux ne sont pas basées (de près ou de loin) sur les récits de Carl Barks mais sur une production animée des studios Disney : Les Trois Caballeros. Don Rosa considère, en effet, le film de 1945 comme la seule réussite des studios avec le personnage de Donald. S'il est vrai que le long-métrage est un chef d'œuvre, son jugement est somme toute très sévère sur la carrière cinématographique du canard colérique. Et le plus étonnant, c'est qu'il résulte de cet avis tranché un paradoxe sur la carrière disneyenne de Don Rosa : il livre avec ses deux récits mêlant Donald, José et Panchito peut-être ses moins bonnes histoires longues…

Don Rosa
Donald Duck par Don Rosa

Les parents de Donald Duck, Hortense Picsou (Hortense McDuck en anglais) et Rodolphe Duck (Quackmore Duck en anglais) sont, quant à eux, tous deux des créations de Carl Barks dans l'arbre généalogique The Duck Family Tree dessiné en 1990. Mais alors que tous deux n'étaient qu'un nom dans un arbre généalogique sans jamais apparaître dans aucune histoire, Don Rosa va les rendre consistants en leur donnant un rôle secondaire dans son chef d'œuvre, La Jeunesse de Picsou, publié à partir de 1992.

Hortense Picsou est, en effet, l'une des deux sœurs de Balthazar Picsou. D'après l'auteur, elle est née en 1876 à Glasgow en Écosse. Elle est la fille de Fergus McPicsou et d'Édith O'Drake ; la benjamine de la famille, l'ainé étant Balthazar Picsou et la cadette, Matilda Picsou. Comme son frère, elle possède un mauvais caractère ; à tel point qu'elle peut être effrayante à en faire fuir toute une armée. Confié à son frère Balthazar avec sa sœur suite à la mort de ses parents, elle le suit en Amérique où ils s'installent à Donaldville en 1902. Là, elle rencontre Rodolphe Duck, qu'elle épouse vers 1910. Ensemble, ils ont deux jumeaux, Donald et Della, et veillent sur la fortune de Picsou jusqu'au retour définitif de celui-ci en 1930 alors qu'il est devenu le canard le plus riche du monde. Excédé par l'avarice et la méchanceté de son frère, Hortense et son mari quittent Donaldville et ne reverront plus de leur vivant le richissime canard. Seule Matilda aura la possibilité de faire la paix avec son frangin, bien des années plus tard. Les trois histoires où la maman de Donald a le plus d'importance sont L’Envahisseur de Fort Donaldville (1994) où elle rencontre son futur mari, Le Canard le Plus Riche du Monde (1994) où elle quitte avec fracas Picsou et Le Petit Malin de la Percée de Culebra (2001), un épisode Bis, où elle part avec son frère assister à la construction du canal de Panama.


Rodolphe Duck et Hortense Picsou par Don Rosa dans
L’Envahisseur de Fort Donaldville (1994)

Rodolphe Duck, le papa de Donald, est, pour sa part, le fils de Joseph Duck et de Grand-Mère Donald. Il est né à Donaldville en 1875, petit dernier d'une fratrie de trois comprenant également sa sœur Daphnée Duck et son frère Barnabé Duck. Très jeune, il fait preuve d'un caractère colérique. Picsou, qui n'a pas le temps de s'occuper de son argent car toujours à la recherche de fortune, choisit de le nommer chef-comptable, estimant qu'un héritier potentiel ne s'amusera pas à le voler. Rodolphe va donc s'occuper consciencieusement de l'argent du milliardaire jusqu'à ce que sa femme se brouille de façon définitive avec son frère. Il décède peu de temps après sa épouse, sans jamais avoir revu son beau-frère. Le personnage est somme toute bien plus anecdotique que sa femme dans l'œuvre de Don Rosa, n'apparaissant de façon conséquente qu’au sein de L’Envahisseur de Fort Donaldville (1994) et dans Le Canard le Plus Riche du Monde (1994).

La Voiture de Donald Immatriculée 313

Côté accessoire emblématique, Donald possède une voiture qui est devenue elle-même très célèbre. Elle est communément appelée la "313" en raison de la plaque d'immatriculation qui porte ce numéro. La voiture est, en fait, révélée, dans le cartoon du 9 janvier 1937, Don Donald mais sans immatriculation. Donald y troque alors son âne contre une automobile afin d'aller promener sa belle, Donna Duck, dans le désert. Malheureusement, la voiture tombe en panne et ruine son rendez-vous galant…


La 313 dans Don Donald (1937)

Al Taliaferro va réutiliser l'apparence de cette voiture dans les comic strips. C’est ainsi le 1er juillet 1938 qu’apparait pour la première fois l’auto qui deviendra si caractéristique de Donald. Il s'agit du modèle 1934 Belchfire Runabout imaginé à partir de la 1938 American Bantam. Même si Donald conduit d'autres automobiles dans sa carrière, y compris sous la plume de Taliaferro, la 1934 Belchfire Runabout devient, au fil des décennies, sa voiture officielle. Sa plaque d'immatriculation s’impose tout autant en emblème, portant le fameux nombre "313" à partir du strip du 22 mars 1940. L'une des sources inépuisables de gags est le fait que la voiture, construite par Donald lui-même à partir de pièces détachées, tombe très, très souvent en panne !


La 313 par Al Taliaferro, strip du 22 mars 1940

L'apparence de la voiture de Donald devient si caractéristique qu'elle est désormais pour les lecteurs de comics un élément emblématique du personnage lui-même comme le sont sa vareuse et son bonnet de marin. Le canard et sa voiture sont désormais indissociables et de nombreux auteurs ont logiquement repris à leur compte la 313, y compris Carl Barks ou Don Rosa.

Donald dans les Parcs à Thème

Donald Duck est un personnage incontournable des Parcs à thèmes Disney. Il est présent dans tous les Resorts mais aussi à bord des croisières des Disney Cruise Line. Il est impossible de lister tous les lieux et les moments où il apparaît étant donné qu'il est au moins permis de le voir une fois dans chaque journée passée dans un site Disney, que cela soit lors d'une rencontre avec le Personnage, un spectacle ou encore une parade. Avec Mickey, c'est assurément l'un des permanents historiques le plus présent dans les Parcs ! Au delà de son apparition en tant que Personnage, il est également le personnage central de quelques attractions dont les plus fameuses méritent attention.

Mickey's PhilharMagic est assurément son attraction la plus connue, ouverte au Magic Kindgom de Walt Disney World Resort en 2003, puis à Hong Kong Disneyland en 2005 et Tokyo Disneyland en 2010. L'attraction est un film en 3D avec de nombreux effets physiques ou numériques dont l'histoire raconte comment Donald, contre l'avis de Mickey, utilise le chapeau du sorcier pour aller se promener dans les films d'animation Disney. Ainsi, il s’invite dans La Belle et la Bête, La Petite Sirène, Le Roi Lion, Peter Pan et Aladdin. Cette attraction présente la particularité d'être réalisée conjointement entre Walt Disney Imagineering et les Walt Disney Animation Studios. Elle a, en fait, servi de banc d'essai aux animateurs pour travailler l'animation des personnages en CGI. Glen Keane, alors qu'il travaillait sur Raiponce, a ainsi animé Ariel pour s'aider dans la tâche de modéliser la princesse aux cheveux longs. Le style actuel de l'animation 3D des Walt Disney Animation Studios prend d'ailleurs à l’évidence son origine dans cette attraction ! Il faut également noter qu'il s'agit de la toute première fois où les personnages de Donald et de Mickey sont proposés en animation CGI bien avant le film Mickey, Il Était Deux Fois Noël ou la série La Maison de Mickey.

Sur la même trame, Animagique, présent aux Parc Walt Disney Studios à Disneyland Paris de 2002 à 2016, proposait, pour sa part, un spectacle avec des Personnages. Animateur aux Walt Disney Studios, Donald, en manque d'inspiration, y décide d'explorer la Cinémathèque Disney pour trouver de nouvelles idées : il découvre alors de nombreuses surprises tirées des films Disney de Dumbo au (Le) Livre de la Jungle en passant par La Petite Sirène ou Le Roi Lion. Pour faire vivre le spectacle, une technologie bien particulière est choisie : la manipulation de marionnettes venue tout droit du Japon et appelée « Bunraku ». Pour elle, les marionnettistes s’affairent à animer de grands pantins articulés portés par des tiges créées spécialement pour l’occasion à base de fibres de carbone et permettant aux artistes de diriger au mieux les Personnages sur la scène. En soutien aux grandes marionnettes, l'attraction utilise également des éclairages particuliers, à ultra-violets, qui rendent les marionnettistes, tous habillés en noir, invisibles à l’œil du public tandis que les couleurs des marionnettes, vives et fluorescentes, rayonnent elles largement.

Gran Fiesta Tour Starring The Three Caballeros a ouvert en 2007 à Walt Disney World Resort à Epcot dans le pavillon Mexico de World Showcase afin de remplacer l'ancienne attraction sur le Mexique, El Rio del Tiempo. C'est la première attraction du World Showcase à être basée sur des personnages Disney. L'attraction est un flume ride sorte de mélange entre "it's a small world" et Pirates of the Caribbean mais centré sur le Mexique. Le visiteur est en bateau et visite le pays tandis que José et Panchito cherchent Donald qui y fait du tourisme. L'attraction est ainsi un mélange de décors, d'Audio-Animatronics hérités de l'ancienne version mais également d'écrans montrant des images du Mexique en prises de vues réelles avec des interventions de Donald en animation traditionnelle signée de l'artiste Eric Goldberg. Il faut signaler que l'attraction s'est vue améliorée à la fin 2015 par le rajout de trois Audio-Animatronics de José, Panchito et Donald, venus d'une ancienne attraction Mickey Mouse Revue : les trois compagnons saluent désormais les visiteurs en toute fin de parcours.

Disneyland : The First 50 Magical Years était une exposition visible de 2005 à 2009 sur le thème des cinquante ans de Disneyland en Californie. L'attraction était ainsi située à Main Street, U.S.A. dans The Opera House, qui accueille également Great Moments with Mr. Lincoln depuis 1965. Divisée en deux parties, la première consistait en une exposition de certaines sculptures, concept arts, photos ou modèles reprenant l'histoire du Parc et de ses attractions tandis que la deuxième était un film de 17 minutes. Ce documentaire était conjointement présenté par Steve Martin (il a commencé sa carrière en travaillant dans la boutique Merlin's Magic Shop à Fantasyland !) et Donald en animation traditionnelle. Les deux comiques revenaient sur l’évolution du parc au fil des ans. Les interactions entre l'acteur et le canard y étaient particulièrement savoureuses et rendaient le documentaire à la fois émouvant, de par son côté historique, mais aussi particulièrement divertissant ; le spectateur attendant de voir à chaque intervention de Donald ce qu’il allait bien pouvoir inventer pour empêcher Steve Martin de présenter le film.

La dernière attraction de renom basée sur Donald est enfin Donald's Boat. C’est d’ailleurs la seule attraction à contenir « Donald » dans son nom. Ouverte en 1988 dans l’ancêtre du Land, Mickey's Toontown Fair au Magic Kingdom à Walt Disney World Resort, elle s’est ensuite exportée en 1993 au sein du Mickey's Toontown à Disneyland en Californie puis en 1996 dans Toontown à Tokyo Disneyland. L’attraction de Floride a néanmoins fermé ses portes en 2011, pour céder sa place au New Fantasyland. C’est en réalité une aire de jeu où les petits peuvent explorer le bateau de Donald à leur guise. Il porte le nom de The Miss Daisy et sert de maison à Donald dans les Parcs Disney où il est implanté. Il est amusant de noter que ce bateau a été par la suite utilisé dans la série Mickey Mania, comme maison officielle du canard.

Donald dans les Jeux Vidéo

Quackshot starring Donald Duck (1991)
Donald Duck : Cou@k Att@ck ?*! (2000)

Comme son acolyte Mickey, Donald est apparu dans un certain nombre de jeux vidéo depuis les années 80. Parmi ses premiers les plus emblématiques, il peut être cité Quackshot starring Donald Duck chez SEGA sorti en 1991. Dans ce jeu de plate-forme, Donald Duck trouve par hasard une mystérieuse carte dans la bibliothèque de Picsou. Accompagné de ses neveux Riri, Fifi et Loulou, il se lance alors à la recherche du trésor… Mais il n'est évidemment pas seul à le convoiter, Pat Hibulaire étant déjà sur ses traces... Donald Duck : Cou@k Att@ck ?*! est, quant à lui, un jeu de plate-forme publié en 2000 sur PC ainsi que sur consoles Dreamcast, Nintendo 64, PlayStation et Game Boy. Donald et Gontran doivent aider à délivrer Daisy qui s'est fait kidnapper par Merlock. D'autres jeux méritent encore être nommés comme The Lucky Dime Caper starring Donald Duck (1991), World of Illusion Starring Mickey Mouse and Donald Duck (1992) ou Disney INFINITY 2.0 (2014).


Kingdom Hearts

Toutefois, les jeux vidéo les plus emblématiques auxquels participe Donald sont assurément ceux de la licence Kingdom Hearts, développée conjointement par Disney et Square Enix. Le jeu raconte, en effet, l’histoire de Sora qui vit avec ses amis paisiblement sur une île paradisiaque quand l’irruption des Sans-Cœur, êtres énigmatiques tout droit sortis des Ténèbres, met fin à leur quiétude et plonge Sora dans une épopée rocambolesque. Il y découvre son destin d’élu de la Keyblade, une arme en forme de clé aux pouvoirs immenses, et dont il devra découvrir le rôle. Il est rejoint par Donald et Dingo, à la recherche du roi Mickey, disparu depuis peu. Ensemble, ils explorent de nombreux mondes issus de l’univers Disney, et affrontent ses plus grands méchants, à commencer par Maléfique. Donald, quant à lui, est au service du roi Mickey, en tant que magicien de la Cour Royale. Malheureusement, ce dernier a disparu et, Dingo et lui décident de retrouver le possesseur de la Keyblade afin de sauver leur monarque. Plus d’une demi-douzaine de déclinaisons du jeu sont sortis, appréciés par les professionnels comme par le public. À noter également : Donald est présent dans les mangas dérivés des jeux vidéo de la franchise japonaise, Kingdom Hearts, avec Amano Shiro au dessin et Nomura Tetsuya au scénario ; les volumes étant publiés en France chez Pika...

Cette longue rétrospective de la carrière de Donald Duck montre toute l’étendue de la richesse du personnage. Présent dans de nombreux médias depuis 1934, elle confirme l’immense popularité du canard dont le succès ne s’est jamais démenti depuis plus de 80 ans... Donald Duck est un grand personnage Disney mais aussi du Cinéma au sens large. Une star, vedette de cinéma, de la télévision et de l’édition, qui a su ravir de façon éternelle le cœur du public.

À noter

La filmographie proposée ci-dessous, aussi complète que possible, est pourtant loin d’être exhaustive. En effet, seule la carrière en animation du canard est proposée. Et encore, uniquement celle disposant d’animation inédite. Les compilations reprenant des œuvres passées ne sont ainsi pas listées. De même, les œuvres en tant que Personnage de Parcs Disney ne sont pas, non plus, proposées tant la tâche est immense. Donald est en effet apparu en prises de vues réelles dans de très nombreuses émissions télévisées ou informercials sortis directement en vidéo et ce, à travers le monde.

La filmographie

▼ Aller en bas de la liste ▼
001
Une Petite Poule Avisée
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
002
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
003
Animation 2D
1934
Cinéma
1934
Cinéma
004
La Fanfare
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
005
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
006
Mickey Pompier
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
007
Mickey Patine
Animation 2D
1935
Cinéma
1935
Cinéma
008
L'Equipe de Polo
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
009
Partie de campagne
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
010
Grand Opéra
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
011
Le Déménagement de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
012
Les Alpinistes
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
013
Le Cirque de Mickey
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
014
Donald et Pluto
Animation 2D
1936
Cinéma
1936
Cinéma
015
Don Donald
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
016
Mickey Magicien
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
017
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
018
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
019
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
020
Vacances à Hawaï
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
021
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
022
L'Autruche de Donald
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
023
Les Revenants Solitaires
Animation 2D
1937
Cinéma
1937
Cinéma
024
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
025
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
026
L'Ange Gardien de Donald
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
027
Les Neveux de Donald
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
028
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
029
Trappeurs Arctiques
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
030
Bons Scouts
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
031
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
032
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
033
Donald Joue au Golf
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
034
Mother Goose Goes Hollywood
Animation 2D
1938
Cinéma
1938
Cinéma
035
Donald le Chanceux
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
036
Champion de Hockey
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
037
Le Cousin de Donald
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
038
Pique-Nique sur la Plage
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
039
Scouts Marins
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
040
Le Pingouin de Donald
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
041
Chasseur d'Autographes
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
042
Animation 2D • Standard Oil Company
1939
Cinéma
1939
Cinéma
043
Agent Canard
Animation 2D
1939
Cinéma
1939
Cinéma
044
Donald le Riveur
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
045
La Blanchisserie de Donald
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
046
Le Remorqueur de Mickey
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
047
Colleurs d'Affiche
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
048
L'Entreprenant Mr Duck
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
049
Donald a des Ennuis
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
050
Donald Fait du Camping
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
051
Donald Bénévole
Animation 2D • Community Chests and Councils, Inc.
1940
Cinéma
1940
Cinéma
052
Nettoyeurs de Carreaux
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
053
Donald, Capitaine des Pompiers
Animation 2D
1940
Cinéma
1940
Cinéma
054
Donald Bûcheron
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
055
La Poule aux Oeufs d'or
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
056
Donald à la Kermesse
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
057
The Nifty Nineties
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
058
Le Dragon Récalcitrant
Animation 2D / Film "Live"
1941
Cinéma
1941
Cinéma
059
Bonne Nuit Donald
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
060
Donald, Garde Champêtre
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
061
Mickey Bienfaiteur
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
062
Donald Fermier
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
063
Donald Photographe
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
064
Donald Cuistot
Animation 2D
1941
Cinéma
1941
Cinéma
065
Donald's Decision
Animation 2D • National Film Board of Canada
1942
Cinéma
1942
Cinéma
066
Animation 2D • National Film Board of Canada
1942
Cinéma
1942
Cinéma
067
Donald Forgeron
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
068
The New Spirit
Animation 2D • American Treasury Departement
1942
Cinéma
1942
Cinéma
069
L'Anniversaire de Mickey
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
070
L'Heure Symphonique
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
071
Donald Bagarreur
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
072
Donald à l'Armée
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
073
Le Jardin de Donald
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
074
La Mine d'Or de Donald
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
075
Donald se Camoufle
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
076
Donald Parachutiste
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
077
Donald Portier
Animation 2D
1942
Cinéma
1942
Cinéma
078
Der Fuehrer's Face
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
079
The Spirit of '43
Animation 2D • American Treasury Departement
1943
Cinéma
1943
Cinéma
080
Donald Crève
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
081
Saludos Amigos
Animation 2D / Film "Live"
1943
Cinéma
1943
Cinéma
082
La Machine Volante
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
083
Gauche... Droite
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
084
Facéties Militaires
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
085
A l'Attaque !
Animation 2D
1943
Cinéma
1943
Cinéma
086
Trombone en Coulisse
Animation 2D
1944
Cinéma
1944
Cinéma
087
Donald et le Gorille
Animation 2D
1944
Cinéma
1944
Cinéma
088
L'Œuf du Condor Géant
Animation 2D
1944
Cinéma
1944
Cinéma
089
Commando Duck
Animation 2D
1944
Cinéma
1944
Cinéma
090
Inventions Nouvelles
Animation 2D
1944
Cinéma
1944
Cinéma
091
Donald est de Sortie
Animation 2D
1944
Cinéma
1944
Cinéma
092
Donald Emballeur
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
093
Les Trois Caballeros
Animation 2D / Film "Live"
1945
Cinéma
1945
Cinéma
094
Donald et le Fakir
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
095
Le Crime ne Paie Pas
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
096
Imagination Débordante
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
097
Donald et Dingo Marins
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
098
Donald a sa Crise
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
099
Le Vieux Séquoia
Animation 2D
1945
Cinéma
1945
Cinéma
100
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
101
Peinture Fraiche
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
102
Donald dans le Grand Nord
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
103
Donald, Gardien de Phare
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
104
Donald, Ramène le Vivant
Animation 2D
1946
Cinéma
1946
Cinéma
105
Straight Shooters
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
106
Dodo Donald
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
107
Le Clown de la Jungle
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
108
Le Dilemme de Donald
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
109
Déboires sans Boire
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
110
Pépé le Grillon
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
111
Donald et les Grands Espaces
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
112
Coquin de Printemps
Animation 2D / Film "Live"
1947
Cinéma
1947
Cinéma
113
Donald Chez les Ecureuils
Animation 2D
1947
Cinéma
1947
Cinéma
114
Donald Inventeur
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
115
Papa Canard
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
116
Voix de Rêve
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
117
Mélodie Cocktail
Animation 2D / Film "Live"
1948
Cinéma
1948
Cinéma
118
Le Procès de Donald
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
119
Donald Décorateur
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
120
À la Soupe !
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
121
Le Petit-Déjeuner est Servi
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
122
Donald et les Fourmis
Animation 2D
1948
Cinéma
1948
Cinéma
123
Pile ou Farces
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
124
Sea Salts
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
125
Donald Forestier
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
126
Le Miel de Donald
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
127
Donald Fait son Beurre
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
128
Jardin Paradisiaque
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
129
Slide, Donald, Slide
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
130
Donald et son Arbre de Noël
Animation 2D
1949
Cinéma
1949
Cinéma
131
Attention au Lion
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
132
Donald Amoureux
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
133
La Roulotte de Donald
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
134
Donald Pêcheur
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
135
Donald à la Plage
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
136
Donald Blagueur
Animation 2D
1950
Cinéma
1950
Cinéma
137
Dude Duck
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
138
Une Partie de Pop Corn
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
139
Donald Pilote d'Essai
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
140
Donald Gagne le Gros Lot
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
141
Bon Pour le Modèle Réduit
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
142
Donald et la Sentinelle
Animation 2D
1951
Cinéma
1951
Cinéma
143
Le Verger de Donald
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
144
Let's Stick Together
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
145
Uncle Donald's Ants
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
146
Donald et la Sorcière
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
147
L'Arbre de Noël de Pluto
Animation 2D
1952
Cinéma
1952
Cinéma
148
La Fontaine de Jouvence de Donald
Animation 2D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
149
The New Neighbor
Animation 2D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
150
Rugged Bear
Animation 2D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
151
Les Cacahuètes de Donald
Animation 2D • Disney Digital 3-D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
152
Canvas Back Duck
Animation 2D
1953
Cinéma
1953
Cinéma
153
Donald et les Pygmées Cannibales
Animation 2D
1954
Cinéma
1954
Cinéma
154
L'Agenda de Donald
Animation 2D
1954
Cinéma
1954
Cinéma
155
Le Dragon Mécanique
Animation 2D
1954
Cinéma
1954
Cinéma
156
Donald Visite le Parc de Brownstone
Animation 2D
1954
Cinéma
1954
Cinéma
157
Donald et l'Ecureuil Volant
Animation 2D
1954
Cinéma
1954
Cinéma
158
The Donald Duck Story
Compilation
1954
Télévision
1954
Télévision
159
A Present for Donald
Compilation
1954
Télévision
1954
Télévision
160
Donald Visite le Grand Canyon
Animation 2D • Cinémascope
1954
Cinéma
1954
Cinéma
161
Chasse Gardée
Animation 2D • Cinémascope
1955
Cinéma
1955
Cinéma
162
Le Lac Titicaca
Animation 2D
1955
Cinéma
1955
Cinéma
163
C'est la Faute de la Samba
Animation 2D
1955
Cinéma
1955
Cinéma
164
Aquarela do Brasil
Animation 2D
1955
Cinéma
1955
Cinéma
165
Bearly Asleep
Animation 2D • Cinémascope
1955
Cinéma
1955
Cinéma
166
Donald et les Abeilles
Animation 2D • Cinémascope
1955
Cinéma
1955
Cinéma
167
Donald Flotteur de Bois
Animation 2D
1955
Cinéma
1955
Cinéma
168
Jeunesse • 4 Saisons
1955 • 1959
Télévision
1955 • 1959
Télévision
169
Une Journée Dans la Vie de Donald
Compilation
1956
Télévision
1956
Télévision
170
Ohé Donald
Animation 2D • Cinémascope
1956
Cinéma
1956
Cinéma
171
On Vacation
Compilation
1956
Télévision
1956
Télévision
172
Les Accidents Ménagers
Animation 2D • Cinémascope
1956
Cinéma
1956
Cinéma
173
At Home with Donald Duck
Compilation
1956
Télévision
1956
Télévision
174
Your Host - Donald Duck
Compilation
1957
Télévision
1957
Télévision
175
Donald's Award
Compilation
1957
Télévision
1957
Télévision
176
Duck For Hire
Compilation
1957
Télévision
1957
Télévision
177
Mars et Au-Delà
Animation 2D / Film "Live"
1957
Télévision
1957
Télévision
178
Donald's Weekend
Compilation
1958
Télévision
1958
Télévision
179
From All of Us to All of You
Compilation
1958
Télévision
1958
Télévision
180
Duck Flies Coop
Compilation
1959
Télévision
1959
Télévision
181
Highway to Trouble
Compilation
1959
Télévision
1959
Télévision
182
Donald au Pays des Mathémagiques
Animation 2D / Film "Live"
1959
Cinéma
1959
Cinéma
183
Un Accident Est Vite Arrivé
Animation 2D
1959
Cinéma
1959
Cinéma
184
Two Happy Amigos
Compilation
1960
Télévision
1960
Télévision
185
Donald, Vedette de Télévision
Compilation
1960
Télévision
1960
Télévision
186
The Mad Hermit of Chimney Butte
Compilation
1960
Télévision
1960
Télévision
187
Compilation
1960
Télévision
1960
Télévision
188
Donald et la Roue
Animation 2D / Film "Live"
1961
Cinéma
1961
Cinéma
189
Donald et l’Écologie
Animation 2D / Film "Live"
1961
Cinéma
1961
Cinéma
190
Inside Donald Duck
Compilation
1961
Télévision
1961
Télévision
191
Kids is Kids
Compilation
1961
Télévision
1961
Télévision
192
Carnival Time
Compilation
1962
Télévision
1962
Télévision
193
A Square Peg in a Round Hole
Compilation
1963
Télévision
1963
Télévision
194
Animation 2D / Film "Live" • American Iron & Steel Institute
1965
16 mm
1965
16 mm
195
Music for Everybody
Compilation
1966
Télévision
1966
Télévision
196
Donald's Fire Survival Plan
Animation 2D / Film "Live"
1966
16 mm
1966
16 mm
197
Family Planning
Animation 2D • The Population Council
1967
16 mm
1967
16 mm
198
Compilation
1980
Télévision
1980
Télévision
199
Mickey Mouse Disco
Animation 2D
1980
Cinéma
1980
Cinéma
200
Once Upon A Mouse
Animation 2D / Film "Live"
1981
Cinéma
1981
Cinéma
201
Compilation
1982
Télévision
1982
Télévision
202
Compilation
1983
Télévision
1983
Télévision
203
Compilation
1983
Télévision
1983
Télévision
204
Compilation • Animation 2D • 3 émissions
1983 • 1983
Télévision
1983 • 1983
Télévision
205
Compilation
1983 • 1992
Télévision
1983 • 1992
Télévision
206
Le Noël de Mickey
Animation 2D
1983
Cinéma
1983
Cinéma
207
Compilation • Animation 2D • 3 émissions
1984 • 1984
Télévision
1984 • 1984
Télévision
208
Promotionnel • Animation 2D / "Live"
1984
Télévision
1984
Télévision
209
Compilation
1986
Télévision
1986
Télévision
210
Compilation
1987
Télévision
1987
Télévision
211
Compilation • Animation 2D
1987
Télévision
1987
Télévision
212
La Bande à Picsou : Le Trésor de la Vallée du Soleil d'Or
Animation 2D
1987
Télévision
1987
Télévision
213
La Bande à Picsou
Animation 2D
1987 • 1990
Télévision
1987 • 1990
Télévision
214
Qui Veut la Peau de Roger Rabbit
Animation 2D / Film "Live"
1988
Cinéma
1988
Cinéma
215
Compilation
1988
Télévision
1988
Télévision
216
Le Prince et le Pauvre
Animation 2D
1990
Cinéma
1990
Cinéma
217
Bonkers
Animation 2D
1993 • 1994
Télévision
1993 • 1994
Télévision
Partie 02
Partie 03
218
Dingo et Max
Animation 2D
1995
Cinéma
1995
Cinéma
219
Animation 2D • 39 Épisodes
1996 • 1996
Télévision
1996 • 1996
Télévision
220
Donald s'Éclate : L'Opéra
Animation 2D
1999
Cinéma
1999
Cinéma
221
Mickey Mania
Animation 2D
1999 • 2000
Télévision
1999 • 2000
Télévision
222
Mickey, Il Était Une Fois Noël
Animation 2D
1999
Vidéo
1999
Vidéo
223
Fantasia 2000
Animation 2D / Animation 3D / Film "Live"
2000
Cinéma
2000
Cinéma
224
Disney's Tous en Boîte
Animation 2D
2001 • 2003
Télévision
2001 • 2003
Télévision
225
Mickey, la Magie de Noël
Animation 2D
2001
Vidéo
2001
Vidéo
226
Mickey, le Club des Méchants
Animation 2D
2002
Vidéo
2002
Vidéo
227
Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires
Animation 2D
2004
Vidéo
2004
Vidéo
228
Mickey, Il Était Deux Fois Noël
Animation 3D
2004
Vidéo
2004
Vidéo
229
Animation 3D • 4 Saisons
2006 • 2016
Télévision
2006 • 2016
Télévision
230
Animation 3D
2007
Vidéo
2007
Vidéo
231
Animation 3D
2009
Vidéo
2009
Vidéo
232
Animation 3D
2009
Télévision
2009
Télévision
233
Animation 3D
2010
Vidéo
2010
Vidéo
234
Animation 3D
2011
Télévision
2011
Télévision
235
Mickey Mouse
Animation 2D
2013 • 2016
Télévision
2013 • 2016
Télévision
236
Animation 3D
2013
Vidéo
2013
Vidéo
237
Animation 3D
2013
Télévision
2013
Télévision
238
Animation 3D
2014
Télévision
2014
Télévision
239
Animation 3D
2014
Vidéo
2014
Vidéo
240
Animation 3D
2015
Vidéo
2015
Vidéo
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