Le Dragon Récalcitrant
(Les Secrets de Walt Disney)

Le Dragon Récalcitrant
L'affiche du film
Titre original :
The Reluctant Dragon
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 20 Juin 1941
Genre :
Animation 2D / Film "Live"
Réalisation :
Hamilton Luske (Animation)
Jim Handley (Animation)
Ford Beebe (Animation)
Erwin Verity (Animation)
Jasper Blystone (Animation)
Alfred L. Werker (Prises de vues réelles)
Musique :
Frank Churchill
Charles Wolcott
Larry Morey
Durée :
72 minutes

Le synopsis

L'humoriste Robert Benchley visite les Studios Disney pour essayer de vendre à Walt une idée pour un film d'animation : l'histoire du Dragon Récalcitrant.
Tout en essayant d'échapper à un jeune guide du studio, Benchley traverse divers départements décortiquant la réalisation d'un film d'animation : la classe d'art,  les effets sonores (où il verra les artistes réaliser les bruitages d'un petit cartoon de Casey Junior, le train que l'on retrouvera dans Dumbo), la caméra multiplane (le film se colorise alors ! et on nous présente ainsi une scène de Bambi et Donald dans un extrait d'Old MacDonald Duck), l'atelier peinture, la session de  story-board pour le segment Baby Weems,  une pré projection du court-métrage de Dingo How to Ride a Horse. Il arrivera finalement à trouver Walt dans une salle de projection proposant...  Le Dragon Récalcitrant !
Dans Baby Weems, nous suivons l'histoire d'un bébé qui naît avec le don de la parole et une extrême intelligence. Véritable phénomène de foire, le bambin est rapidement accaparé par les plus grands du monde entier au détriment de ses parents. Mais un mauvais rhume viendra remettre les choses à leur place : le bébé perd en effet toutes ses capacités extraordinaires et redevient un bambin comme les autres...
Dans How to Ride a Horse, nous suivons Dingo nous apprendre, dans le tout premier épisode de la série des "how to", comment monter à cheval...
Enfin dans Le Dragon Récalcitrant, nous suivons un petit garçon qui rêve d’être chevalier et chasseur de dragon jusqu'à ce qu'il découvre la cachette d’un spécimen pas comme les autres. En effet, ce drôle de dragon aime prendre du bon temps, jouer et chanter. Il ne crache pas de feu et, plus que tout, déteste se battre. Le petit garçon décide de lui apprendre à se comporter comme un véritable dragon…

La critique

rédigée par
★★★

Tourné entre Fantasia et Dumbo, Le Dragon Récalcitrant poursuivait, dans l'esprit de Walt Disney deux priorités : promouvoir son studio en répondant aux interrogations des spectateurs sur le "comment" de la fabrication de ses films et lui assurer, par la même, une plus-value d'exploitation afin de financer des futurs projets. Pinocchio et Fantasia avaient, il est vrai, été des échecs commerciaux, plombés en partie par la seconde guerre mondiale qui avait coupé les revenus du marché européen.

Force est de constater que Le Dragon Récalcitrant ne remplit pas ses objectifs.

D'un côté, la tentative de décrypter pour le grand public la production de films d'animation n'est pas une franche réussite. Le film, voulu sans doute trop ludique, n'apporte en effet qu'une explication sommaire avec de nombreux raccourcis et omissions. Les fans regretteront ainsi le recours à des acteurs pour jouer les créateurs des studios : seuls Walt Disney lui-même, dont c'est ici la première apparition dans un de ses long-métrages, et les animateurs Ward Kimball (animant Dingo) et Norman Ferguson (singeant Pluto) jouent leurs propres rôles. Il n'empêche : ne boudons pas notre plaisir ! Le film permet tout de même de visualiser plusieurs outils et techniques fort intéressants aux premiers rangs desquels la révolutionnaire caméra multiplane.  Ajoutez à cela la séance d'enregistrement de Donald Duck et Clara Cluck par leurs doubleurs officiels, Clarence Nash et Florence Gill, ou la visite interne des locaux des studios et chacun peut prendre conscience de l'intérêt documentaire du Dragon Récalcitrant.

D'un autre côté, l'objectif commercial du film est totalement manqué. Il frisa même le bide complet tant son passage en salles obscures fut rapide. Le public n'était pas, en fait, disposé à une oeuvre cinématographique d'une genre hybride, entre l'animation et le documentaire. Il était en effet déjà "formaté" pour les oeuvres du style Blanche Neige et les sept nains, Pinocchio ou Fantasia et n'était pas prêt à recevoir un type nouveau. Pire, à l'image des critiques de l'époque, les spectateurs ont pris Le Dragon Récalcitrant pour une tricherie éhontée des Studios en le voyant - c'est un comble ! - comme un film publicitaire payant.  Quelle outrance : il inaugure, en fait, un format que les studios Disney utiliseront pendant prés d'une décennie avec des oeuvres comme Saludos Amigos ou La boite à musique. Avec Le Dragon Récalcitrant, la catégorie des films d'anthologies Disney est en effet née.

Il est temps de rendre justice à ce film qui mérite, à bien des égards, notre attention, tant pour ses séquences en prises de vues réelles que pour ses courts-métrages d'animation.

Le dessin animé Le Dragon Récalcitrant est ainsi un petit bijou de drôlerie et de tendresse. Lorgnant du coté de Ferdinand le taureau dont il reprend la trame, il est une critique féroce contre les intolérances et aprioris tout en restant drôle et sensible.

Le court-métrage How to Ride a Horse, surprenant d'humour décapant, inaugure de façon magistrale la série des "How to" avec Dingo. RKO Pictures, le distributeur exclusif de Disney à l'époque, trouvait en effet le cartoon tellement réussi qu'il décida de l'inclure dans un long-métrage pensant qu'il toucherait ainsi  un plus large public. En fait, il ne parvient pas à sortir du lot et ce n'est que, quelques années plus tard, le 24 février 1950, à la faveur d'une ressortie en salle de manière autonome qu'il marqua l'inconscient collectif.

La dernière pépite du film est sans conteste Baby Weems dont l'animation, minimaliste et maintenue très proche de l'étape du storyboard, marque les esprit. La technique utilisée fut d'ailleurs une première en animation et annonce, avec dix ans d'avance, les productions minimalistes plébiscitées dans les années 50. Si avant-gardiste soit-il,  Baby Weems  n'en reste pas moins prenant. Le spectateur dépasse, en effet, vite l'étrangeté de son animation pour se plonger dans son histoire savoureuse à souhait.

Le Dragon Récalcitrant vaut également pour ses séquences en prises de vues réelles. C'est d'ailleurs le tout premier film "live" des studios Disney, même s'ils y incluent des dessins animées selon une technique qui deviendra, en s'améliorant au fil des ans, une véritable marque de fabrique de la Compagnie de Mickey. Alfred L. Werker, le réalisateur embauché spécialement pour tourner ses prises de vues réelles, eut, en plus, l'idée d'utiliser la technique du storyboard, crée par Walt Disney, pour séquencer le film. Cette méthode, ici employée pour la première fois dans un film "live", s'est par la suite rapidement banalisée.

Film injustement boudé, Le Dragon Récalcitrant est une oeuvre à ne pas négliger même s'il convient de préciser qu'elle s'adresse désormais aux seuls passionnés de l'univers Disney...

Les personnages

1934
Cinéma

L'équipe du film

1909 • 1985
Acteur
1914 • 2002
Acteur
1911 • 1952
Animateur
1916 • 1990
Intervenante
1901 • 1966
Producteur

L'édition vidéo

Jaquette Le Dragon Récalcitrant
Jaquette Le Dragon Récalcitrant
Disponibilité

Le Dragon Récalcitrant est sorti en VHS NTSC en 1991 et reste, depuis, très difficile à obtenir. Il ne reste en effet que quelques Disney Store aux Etats-Unis à en disposer encore à la vente.

• Il est également édité en VHS SECAM à l'automne 1999, mais uniquement dans les FNAC, dans un coffret le groupant à un autre film parlant des studios Disney : Frank et Ollie. Malheureusement cette édition souffre d'une mauvaise qualité de vidéo et d'une jaquette en carton dont l'impression laisse à désirer.

• Enfin, le film est sorti en DVD Zone 1 dans la collection Walt Disney Treasures, le 3 décembre 2002, parmi une compilation de reportages sur Les Coulisses des Studios Disney.

Edition DVD Video
Zone 1 Simple 2007
Edition Blu-ray Disc
Zone A Simple Multizone 2014