Super Donald Géant
La couverture
Éditeur :
Unique Heritage Entertainment
Date de publication France :
Le 29 avril 2021
Genre :
Comics et bandes dessinées italiennes
Auteur(s) :
Daan Jippes (Scénario et Dessin)
Marco Rota (Scénario et Dessin)
Stefano Rota (Scénario et Dessin)
Bob Karp (Scénario)
Guido Martina (Scénario)
Rodolfo Cimino (Scénario)
Tito Faraci (Scénario)
Fausto Vitaliano (Scénario)
Carl Barks (Dessin)
Jack Hannah (Dessin)
Romano Scarpa (Dessin)
Giorgio Cavazzano (Dessin)
Paolo Mottura (Dessin)
Emilio Urbano (Dessin)
Nicola Tosolini (Dessin)
Nombre de pages :
340

Le sommaire

• Donald et le Trésor du Pirate (1942)
• Donald à l'École des Ennuis (1958)
• Donald et la Reine Brunella (1974)
• Voisin Contre Voisin (2001)
• Les Très Ordinaires Aventures de Donald (2018)
• Donald Contre Donald (2019)
• Donald et l'Identité Multiple (2016)
• Bouchonville, la Ville de l'Embouteillage Permanent (2019)

La critique

rédigée par
Publiée le 14 mai 2021

Jolie curiosité se démarquant sur les étals des kiosques avec sa couverture étincelante représentant un Donald Duck mutin, ce (premier ?) numéro de Super Donald Géant, proposé par Unique Heritage Entertainment, a de quoi émoustiller les Canards en herbe comme les plus fins connaisseurs. Nouveau hors-série de Super Picsou Géant, après un Mickey Mystère dédié au génial scénariste et dessinateur Casty, Super Donald Géant met ainsi en vedette le plus ronchon des Canards dans pas moins de huit histoires publiées entre 1942 et 2019.

Dès les premiers pages, Super Donald Géant joue la carte de la nostalgie avec une histoire en tout point historique : Donald et le Trésor du Pirate ! Bien connue des fans du Canard mais aussi des férus d'animation Disney, l'histoire a une genèse des plus fascinantes. Envisagé un temps comme un film d'animation nommé Le Fantôme de Morgan et mettant en scène Mickey accompagné de ses acolytes de toujours, Donald et Dingo, le récit devient finalement, après un remaniement du scénario par Bob Karp, la première histoire longue américaine du Canard produite pour un comic book ! En outre, Donald et le Trésor du Pirate est également la toute première histoire Disney dessinée par le légendaire Carl Barks, en association avec Jack Hannah. Le comics a décidément tout pour plaire aux initiés comme aux néophytes des aventures du Canard colérique, tant il est truffé de gags mettant en scène Riri, Fifi et Loulou, Pat Hibulaire ainsi que le truculent perroquet pirate Bec-Jaune, lancés à la poursuite d'un mystérieux trésor ! Intemporelle et historique, Donald et le Trésor du Pirate est la parfaite aventure de Donald pour ouvrir le magazine, qui prend presque des airs de rétrospective avec ses histoires glanées à travers les années.

Donald à l'École des Ennuis, la seconde histoire, est plus atypique, et parfois un peu plus décousue dans sa narration. Suite à une erreur de l'école de Riri, Fifi et Loulou, Donald reçoit une lettre l'invitant à accepter un poste de professeur, ce qui le pousse à refuser un travail offert par Picsou. Le jour de la rentrée, le Canard se ridiculise bien évidemment et ses neveux, mortifiés, fuguent à bord d'un bateau qui appartient aux Rapetou. Donald, victime de sa légendaire malchance, va lui aussi embarquer sur le rafiot des bandits, qui vogue vers une cible bien précise... le navire de Picsou, qui transporte un joli pactole ! Les gags sont à nouveau au rendez-vous, et la première partie de l'histoire, qui montre un Donald complètement ridicule et persuadé que son génie est enfin reconnu à sa juste valeur, est à se tordre de rire, alors que la suite de l'aventure à bord du navire des Rapetou est, elle, plus convenue. Les situations cocasses découlant des retrouvailles de la famille de Donald en mer, les échauffourées avec les Rapetou et bien sûr la superbe patte de Romano Scarpa assurent néanmoins au lectorat de passer un agréable moment tout au long de Donald à l'École des Ennuis.

Donald et la Reine Brunella est quant à lui le dernier des récits « vintage » du magazine. Dans cette histoire, Donald est réuni avec la jolie Pulcinella, renommée ici Brunella, la reine d'une planète lointaine ! Il s'agit alors de la suite directe du récit Donald au Royaume des Extra-Marins !, publié pour la première fois en 1972 dans Topolino n°873. Jolie et touchante historiette sur fond d'amour impossible, accompagnée de quelques superbes planches dessinées par Giorgio Cavazzano, Donald et la Reine Brunella vaut indéniablement le coup d'œil, tant pour sa rareté en France (l'histoire n'avait plus eu droit à une publication depuis 1986 !) que parce qu'elle montre Donald conter fleurette à une autre femme que Daisy !
Voisin Contre Voisin, le quatrième récit, s'étale sur seulement onze pages, mais quelles pages ! Donald et Lagrogne s'y lancent dans une véritable guerre à couteaux tirés, avec un objectif clair : causer le maximum de dégâts chez son voisin ! Dans cette histoire explosive (c'est bien peu dire !), Daan Jippes emmène son lectorat dans un tourbillon de gags tous plus réussis les uns que les autres, où chaque nouvelle page amène son lot de rires.

Après ces quatre histoires qui avaient déjà eu droit à une ou plusieurs publications en France, Super Donald Géant enchaîne avec quatre derniers récits inédits, et là encore, tous ou presque sont excellents ! Les Très Ordinaires Aventures de Donald, écrit par Tito Faraci et dessiné par Paolo Mottura, ouvre le bal des aventures contemporaines avec une idée des plus amusantes : tout, à Donaldville, est en effet sens dessus dessous ! Gontran Bonheur est désormais le plus malchanceux des Canards, Popop fait preuve d'une stupéfiante logique et prône l'activité physique, quant à Picsou, il est prêt à s'endetter plutôt que d'empocher un seul sou ! Fort de ses situations carnavalesques et des somptueux dessins très dynamiques de Paolo Mottura, Les Très Ordinaires Aventures de Donald est un récit original, amusant et particulièrement riche ; seul un rythme un peu trop rapide vient parfois entraver l'excellent scénario de Tito Faraci, qui n'a guère le temps de pousser son concept à son paroxysme.

Viennent ensuite deux récits scénarisés par Fausto Vitaliano où Donald se retrouve en pleine crise identitaire. Dans la première, Donald Contre Donald, le Canard se rend chez Géo Trouvetou et lui révèle ses nombreuses identités secrètes, et les gaffes qu'il a commises dernièrement sous ses différents masques et costumes. Ni une, ni deux, l'inventeur le place dans son extracteur d'identité, ce qui a pour effet de faire apparaître dans la dimension de Donald quatre super-héros et enquêteurs : Fantomiald, PowerducK, QQ7 et DoubleDuck ! Bientôt, tous les ennemis des héros s'attaquent à la ville, et seule l'ingéniosité de Donald pourra empêcher les Canards de se faire laquer ! Fausto Vitaliano prend visiblement un plaisir infini à faire se rencontrer toutes les identités secrètes de Donald au fil des 45 pages de son récit, et il emporte sans aucune difficulté le lectorat avec lui dans ce joyeux capharnaüm !
La seconde histoire, illustrée cette fois-ci par Nicola Tosolini, s'intitule Donald et l'Identité Multiple. Donald, alias Fantomiald, est en mission et n'a pas le temps d'accompagner Daisy à une soirée costumée. Qu'à cela ne tienne, la fiancée de Donald invite Gontran Bonheur à être son cavalier qui, ironie du sort, choisit précisément un costume de Fantomiald. Furieux, Donald entend bien couper le sifflet à son cousin en se faisant passer pour lui et gâcher ainsi sa soirée... mais évidemment, la malchance légendaire de Donald va lui jouer de nombreux tours ! Dans ce récit, assurément inspiré de Fantomiald à la Rescousse ! (Guido Martina et Romano Scarpa, 1970), reparu en France dans le premier tome des (Les) Chroniques de Fantomiald en 2017, les péripéties et les quiproquos s'enchaînent à vive allure en même temps que les facéties de Donald se retournent contre lui ; un délice.

Enfin, la dernière aventure, Bouchonville, la Ville de l'Embouteillage Permanent, est parue en 2019 dans Topolino n°3337, avec un scénario et des dessins signés conjointement par Marco Rota et son fils, Stefano Rota. Si elle est la plus récente, l'histoire arbore néanmoins un certain cachet « vintage » axé sur le comique de situation et les gaffes de Donald. Coincé au cœur de Bonchonville, une ville où les files de voiture s'étendent par-delà l'horizon, Donald va essayer, tant bien que mal, de remplir une mission pour Picsou. Au volant de sa fidèle 313, le Canard se faufile ainsi entre les voitures, trouve mille raccourcis plus dangereux que les autres, se met à dos les automobilistes et collectionne les infractions pour finir, une fois de plus, par être le canard de la farce dans les plans de son oncle ! Quelques petits passages à vide et un ou deux gags semblent alors un peu moins efficaces dans ce récit qui a malgré tout un charme certain, et vient clore en douceur Super Donald Géant, loin du brouhaha déjanté et hyperactif des histoires précédentes.
Outre cette superbe collection d'histoires, Super Donald Géant offre quelques petits bonus éditoriaux sympathiques tel le Donald-o-mètre, qui indique aux lecteurs les émotions que ressent Donald dans l'histoire, comme son degré de ronchonnage ou sa malchance. Un joli poster est également à retrouver dans ce numéro, ainsi que quelques illustrations de couverture à la fin de plusieurs histoires dont certaines sont sublimes, à l'image du dessin de Giada Perissinotto représentant Donald et Pulcinella, proposé en couverture de Paperino e la Regina Fuori Tempo, publié en 2018 par Panini Comics en Italie.

Super Donald Géant est au final un excellent magazine centré sur les aventures du Canard irascible ! Il parvient sans peine à trouver un bel équilibre entre histoires emblématiques, rares et inédites en France, rendant hommage au passage à une multitude d'auteurs et de dessinateurs tous plus talentueux les uns que les autres. À déguster sans modération !

Poursuivre la visite

Le Forum et les Réseaux Sociaux

www.chroniquedisney.fr
Chronique Disney est un site amateur, non officiel, sans lien avec The Walt Disney Company, ni publicité,
utilisant des visuels appartenant à The Walt Disney Company ou des tiers par simple tolérance éditoriale, jamais commerciale.