Le Journal d'un Dégonflé
Rodrick Fait Sa Loi

Titre original :
Diary of a Wimpy Kid : Rodrick Rüles
Production :
Walt Disney Pictures
Bardel Entertainment
Date de mise en ligne USA :
Le 2 décembre 2022 (Disney+)
Genre :
Animation 3D
Réalisation :
Luke Cormican
Musique :
John Paesano
Durée :
75 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Les relations entre Greg Heffley et son grand frère Rodrick s'améliorent quand ce dernier décide de lui donner des conseils pour réussir dans la vie...

La critique

rédigée par
Publiée le 04 mars 2023

Sixième long-métrage de la franchise, Le Journal d’un Dégonflé : Rodrick Fait Sa Loi est la suite du (Le) Journal d’un Dégonflé. Un an après la sortie de ce dernier film qui se focalisait sur les relations entre le personnage principal et son meilleur ami, ce deuxième volet se focalise cette fois-ci sur les relations entre Greg et son grand frère Rodrick.

Les premières ébauches du Journal d’un Dégonflé sont mises en ligne en 2004 sur le site éducatif FunBrain. Après plus de 20 millions de lectures, le premier tome sort en version papier aux États-Unis le 1er avril 2007 et en 2009 en France. Il devient un bestseller du New York Times et se retrouve adapté une première fois par la 20th Century Fox avec Journal d'un Dégonflé en 2010. Le second tome de la franchise sort lui le 1er février 2008 aux États-Unis et le 27 août 2009 en France ; Journal d’un Dégonflé 2 : La Menace "Grand Frère" le 25 mars 2011 aux États-Unis et la même année le 13 juillet en France. Suivra plus tard Journal d'un Dégonflé 3 : Ça Fait Suer ! en 2012 et Le Journal d'un Dégonflé : Un Looong Voyage en 2017.

Avec l'arrivée de Disney+, Jeff Kinney propose de rebooter sa franchise en animation 3D. Le Journal d’un Dégonflé débarque ainsi le 3 décembre 2021 sur la plateforme de streaming et reçoit des critiques peu enthousiastes : le long-métrage dure moins d’une heure, l’animation bien que fidèle au chara design de Kinney est déstabilisante et peu qualitative tandis que le scénario se révèle inintéressant et pas aussi généreux que son penchant en live action. Ces critiques n’ont cependant pas empêché la mise en chantier d’une suite, Jeff Kinney souhaitant adapter l’intégralité de ses livres. Quelques mois avant la sortie du film sur Disney+, l'auteur sort d'ailleurs le dix-septième tome des aventures du dégonflé : Rock Attitude. Le tome se concentre alors sur Rodrick, le grand frère de Greg, et son groupe de rock à la recherche de gloire. Une façon habile d’intéresser son lectorat au film à venir.

Après l’avoir aidé à échapper à une punition lorsque son grand frère a organisé une fête à l’insu de leurs parents, Greg Heffley voit sa relation avec Rodrick s’améliorer. Ce dernier lui propose alors de lui apprendre quelques conseils, Les Règles Rodrick, et l’invite également à participer aux répétitions de son groupe de rock : les Kuch Kraceuz. Mais ces fameux conseils ne semblent pas totalement fonctionner sur Greg. Rodrick, lui, s'intéresse surtout au concours de talent qui devrait permettre à son groupe de se faire connaître. Même si Le Journal d'un Dégonflé : Rodrick Fait Sa Loi ne dispose pas de plusieurs sous-intrigues qui rendraient son visionnage plus solide contrairement à son adaptation live Journal d'un Dégonflé 2 : La Menace "Grand Frère", il demeure néanmoins tout à fait convenable bien que loin du sentiment de satiété que les spectateurs ont pu éprouver dans Le Journal d'un Dégonflé. Les différentes péripéties sont assez bien rythmées dans l'ensemble et l'opus bénéficie de beaucoup de charme lorsqu'il tente de faire appel aux émotions. Si les différentes scènes où les deux frères se font du chantage mutuel sont un peu surfaites, les moments de colère, de partage ou de tristesse sont, en effet, plutôt bien dépeints et donnent à l'ensemble une dimension assez stable pour que le film se suffise à lui-même. Certaines séquences du (Le) Journal d'un Dégonflé : Rodrick Fait Sa Loi sont ainsi assez marquantes, notamment lorsque Greg fait un rickroll sur Never Gonna Give You Up de Rick Astley qui parlera aux amateurs de mèmes, mais aussi la scène de la course-poursuite dans la maison de retraite, plutôt comique, ou encore le concert de fin.

Les personnages dans l'ensemble ont gardé les même caractéristiques que dans le premier film. Greg Heffley reste un personnage plutôt ordinaire, mais à qui les pré-adolescents s'identifient assez facilement malgré son manque de profondeur et son obsédante quête de popularité. Rodrick est à première vue un personnage plutôt paresseux qui ne fait pas grand chose de sa vie à part dormir et jouer de la batterie dans son groupe de rock. Il se révèle néanmoins au fil du long-métrage plutôt débrouillard et manipulateur, ce qui rend son parcours intéressant. La mère de famille est un personnage bien campé ; elle tente par ses propres moyens de rapprocher ses fils, que ce soit en leur proposant une façon assez originale de gagner de l'argent de poche avec ses « maman dollars », ou lorsqu'elle les envoie visiter leur grand-père. Elle a dans ce deuxième film un petit grain de folie qui transparaît bien à l'écran. Le personnage du père n'est lui pas aussi mémorable que celui de la mère, cette dernière étant plus souvent celle qui prend les décisions. Manny, le petit frère, ne dispose pas de beaucoup de temps d'écran mais son design reste tolérable malgré sa singularité. Enfin, le grand-père Heffley est un personnage qui demeure fort sympathique : perspicace même s'il n'en a pas l'air au premier abord, appréciant ses petit-fils, ses interventions sont plutôt rafraichissantes. Il est de plus doublé en VO par le regretté Ed Asner (Là-Haut, Bienvenue chez Doug) dans l'un de ses derniers rôles en tant que doubleur et à qui le film rend hommage.

Si Le Journal d'un Dégonflé a été dirigé par Swinton Scott, cette suite se retrouve entre les mains de Luke Cormican, connu notamment pour avoir réalisé des épisodes de Teen Titans Go! et pour avoir été au sein de l'équipe artistique de deux séries d'animation Disney : Brandy & M. Moustache et Les Remplaçants. Le film est produit par Walt Disney Pictures bien que le logo affiché au début ne soit pas celui des 100 ans de la compagnie qu'arborent d'autres longs-métrages sortis en 2022 comme Avalonia, l'Étrange Voyage ou encore le concert Encanto en Live. Enfin, l'animation est une nouvelle fois le fruit de Bardel Entertainment, ce studio d'animation canadien qui signe ici sa troisième participation à l'animation d'un long-métrage destinée à la plateforme Disney+, les deux précédents étant le premier volet ainsi que L'Âge de Glace : Les Aventures de Buck Wild. Ils ont également participé à l'animation de pléthore de productions Disney comme Anastasia, la première saison de Bob's Burgers, Titan A.E. (bien que le studio n'y soit pas crédité) ou encore les séries Solar Opposites, Le Monde de Maggie et la quatrième saison de Jake et les Pirates du Pays Imaginaire. L'animation proposée ici est très fidèle aux dessins de Jeff Kinney, ce qui rend un bel hommage à son style plutôt minimaliste avec ses formes simples dans le chara design des personnages. Cependant, l'adaptation en 3D est parfois déstabilisante chez certains personnages secondaires qui affichent alors des visages peu expressifs et des formes qui leur donnent l'apparence de marionnettes. Ce passage à la 3D reste néanmoins intéressant pour les fans de la série de livres de Kinney qui sont familiers du style.

Pour la partition musicale, c'est John Paesano (Spider-Man, Marvel's Spider-Man : Miles Morales, Treize à la Douzaine, La Nuit au Musée : Le Retour de Kahmunrah) qui rempile pour ce second volet. Le thème musical colle plutôt bien avec l'ambiance du film et reste tout à fait convenable au vu de l'ambition du long-métrage. Le Journal d'un Dégonflé : Rodrick Fait Sa Loi est également doté d'une chanson originale, Can You Smell Us Now ?, qui est également utilisée dans le dix-septième tome du Journal d'un Dégonflé : Rock Attitude. Cette chanson rock interprétée par les Kuch Kraceuz est une franche réussite et termine en beauté l'opus sur une note amusante.

À sa sortie, les critiques sont plutôt mitigées. Le long-métrage manque du peps et du charme des livres de Kinney tandis que son animation est jugée par trop déstabilisante. Néanmoins, notamment à grâce à sa durée (15 minutes de plus que le premier volet qui faisait lui moins d'une heure), les fans trouvent la suite bien mieux que son aîné malgré ses quelques défauts. Le Journal d'un Dégonflé a, en effet, pu être une déception chez certains fans qui s'attendaient au moins à une qualité équivalente à celle des films live qui étaient bien plus généreux dans leurs intrigues et disposaient, en outre, d'un casting assez sympathique. Cependant, cela n'empêche pas Jeff Kinney de confirmer la mise en chantier de l'adaptation du troisième tome de sa série de livres : Trop c'est Trop. Après la diffusion des deux premières adaptations du dégonflé en animation 3D, son univers est, en effet, pour lui, assez bien établi pour créer une franchise somme toute sympathique, bien qu'elle ne soit pas aussi qualitative que la plupart des productions animées de la firme aux grandes oreilles.

Malgré ses quelques défauts qui se révèlent moins contraignants avec le temps, Le Journal d'un Dégonflé : Rodrick Fait Sa Loi reste un divertissement acceptable qui dispose d'assez de charme pour plaire à son public familial, dépeignant avec sincérité les relations tumultueuses entre deux frères. Il ne manque au final pas grand chose pour que la franchise soit mémorable comme, par exemple, un scénario bien plus solide. Il en reste au final un film assez robuste pour se suffire à lui-même, ce qui est déjà, en soi, un net progrès.

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