Vador : Abattu
Star Wars

Star Wars : Vador : Abattu
La couverture
Éditeur :
Panini Comics
Date de publication France :
Le 07 septembre 2016
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Jason Aaron (Scénariste : Star Wars: Vader Down #1, Star Wars #13 & #14)
Kieron Gillen (Scénariste : Dark Vador #13 à 15)
Mike Deodato Jr. (Dessinateur : Star Wars: Vader Down #1, Star Wars #13 & #14)
Salvador Larroca (Dessinateur : Dark Vador #13 à 15)
Nombre de pages :
144

Le sommaire

• Vador : Abattu (I) : Star Wars: Vader Down #1 (18/11/2015)
• Vador : Abattu (II) : Dark Vador #13 (25/11/2015)
• Vador : Abattu (III) : Star Wars #13 (02/12/2015)
• Vador : Abattu (IV) : Dark Vador #14 (23/12/2015)
• Vador : Abattu (V) : Star Wars #14 (06/01/2016)
• Vador : Abattu (VI) : Dark Vador #15 (06/01/2016)

La critique

rédigée par
Publiée le 10 avril 2020

Vador : Abattu est le premier crossover de l’Univers Étendu Officiel Star Wars depuis la reprise des comics de la franchise par Marvel. Il mêle ainsi la série Star Wars et la série Dark Vador en privilégiant de manière trop marquée l’action au détriment du développement de véritables enjeux ou de la caractérisation de ses personnages. Un rendez-vous manqué !

Le crossover met donc à l’œuvre les dessinateurs et scénaristes des deux séries. Jason Aaron écrit l’issue unique Star Wars: Vader Down #1 en plus des deux numéros du crossover parus dans la série Star Wars (les issues III et V). Né en 1973 dans l’Alabama, l’Américain rejoint Marvel Comics en 2002 suite à un concours de talent pour lequel il imagine une histoire de Wolverine. Le mutant le suit depuis lors, malgré une incursion de l’auteur dans le monde des comics indépendants avec The Other Side. Il écrit également pour les séries Mighty Thor, Doctor Strange ainsi que les numéros #1 à #37 de Star Wars.
Kieron Gillen se charge quant à lui du scénario des trois issues de la série Dark Vador (les issues II, IV et VI). Né en 1975, le Britannique débute en tant que journaliste spécialisé dans le jeu vidéo et la musique avant de créer Phonogram, une série de comics mêlant musique et fantaisie. Il entame ensuite une collaboration avec Marvel, notamment dans Thor (Volume 3), Uncanny X-Men (Volume 1), Uncanny X-Men (Volume 2) ou Iron Man (Volume 5). Il rejoint alors l’univers Star Wars avec la série Dark Vador sur 25 issues puis la très réussie Docteur Aphra, à partir du personnage qu’il a créé. Après Vador : Abattu, il participe au crossover La Citadelle Hurlante puis rédige les numéros 38 à 67 de la série Star Wars dont Les Cendres de Jedha et Mutinerie sur Mon Cala.

Côté dessin, Mike Deodato Jr. signe les planches des 1er, 3e et 5e numéros de Vador : Abattu. Né en 1963 dans l’État du Paraïba au Brésil, il entame sa carrière dans les années 90 et travaille notamment pour DC Comics, Dark Horse et Marvel pour finir par avoir une collaboration de plus en plus régulière avec la Maison des Idées dans les années 2000 (Thunderbolts, Avengers, Original Sin). Outre ce crossover, la seule autre incursion du Brésilien dans une galaxie lointaine, très lointaine reste à ce jour une histoire de 16 pages de l’Univers Légendes centrée sur Boba Fett, Dépouillé, Mais Jamais Désarmé, parue en 2001 et présente dans Boba Fett - Intégrale III chez Delcourt.
Salvador Larroca assure quant à lui le dessin des 2e, 4e et 6e numéros de ce crossover. Né en 1964 à Valence en Espagne, il débute dans l’univers des comics en 1993 au sein de la filiale britannique de Marvel. Il rejoint ensuite les États-Unis et dessine sur les titres Ghost Rider et Fantastic Four avant de devenir un spécialiste des mutants avec notamment Uncanny X-Men, X-Treme X-Men ou encore Ultimate X-Men. Au-delà de son travail sur Dark Vador, il dessine les numéros 26 à 55 de Star Wars, dont les recueils La Guerre Secrète de Yoda, Des Rebelles Naufragés, Les Cendres de Jedha et Mutinerie sur Mon Cala.

Le crossover prend donc la suite des deux premiers tomes de chaque série, Star Wars - 1 : Skywalker Passe à l’Attaque et Star Wars - 2 : Épreuve de Force sur Nar Shaddaa d’un côté, Dark Vador - 1 : Vador et Dark Vador - 2 : Ombres et Mensonges de l’autre ; l’ensemble se déroulant après les événements de Star Wars : Un Nouvel Espoir alors que Dark Vador recherche activement Luke Skywalker, qu’il sait désormais être son fils, et que ce dernier cherche à se former en tant que Jedi tout en participant activement à la Rébellion contre l’Empire.
Tout ce petit monde, parmi lequel figurent également les acolytes (le Docteur Aphra, ses droïdes 0-0-0 et BT-1 et le Wookie Krrsantan le Noir pour Vador ; Leia, Han, Chewbacca, C-3PO et R2-D2 pour Luke), se retrouve alors sur Vrogan Vas. L’aspirant Jedi y recherche en effet un temple tandis que le Seigneur Sith part y trouver les rebelles et son fils après avoir reçu une information qui s’avérera malveillante. L’idée de faire se croiser les héros et leur plus grand antagoniste est judicieuse, bien que périlleuse pour respecter une certaine cohérence avec la continuité instaurée par la saga cinématographique. Toutefois, elle relève du déjà-vu car une telle rencontre a d’ores et déjà été orchestrée dès Star Wars #1 !

Si les événements narrés épousent donc la continuité des séries, le néophyte peut tout à fait appréhender la lecture de Vador : Abattu sans avoir peur d’être laissé de côté. Le scénario se suffit il est vrai à lui tout seul tandis que le caractère des personnages introduits dans les comics peut rapidement être appréhendé. Les six issues du crossover forment ainsi un arc narratif indépendant, ce qui peut lui être reproché tant il est finalement dispensable dans le récit général des deux séries. Les personnages n’évoluent par ailleurs pas d’un iota et n’ont pas le temps d’être véritablement développés, là où Dark Vador avait habitué à en révéler beaucoup sur la psychologie de celui qui répondait jadis au nom d’Anakin Skywalker.
Le lecteur apprend rapidement la signification du titre du crossover, qui en constitue le concept. Vador est ici “abattu”, ou “down” en version originale. Il se retrouve en effet dans une position bien exceptionnelle où il est à la place de la proie plutôt qu’à celle du chasseur, qui lui sied habituellement à merveille. Néanmoins, les rôles s’inversent bien rapidement et Vador redevient tout-puissant, seul contre tous dans une chasse à l’homme inégalitaire en nombre mais qui s’avère être presque trop facile pour le Sith. Si le suspense quant à sa survie est par essence limité, chacun connaissant son rôle dans Star Wars : L’Empire Contre-Attaque, celui-ci ne semble jamais réellement en danger et la promesse faite au lecteur s’effondre aussi vite que les membres de l’Alliance face au Sith.

D’abord plutôt simple, l’intrigue trouve un semblant de complexité dans le dernier acte du récit, alors que se révèle le complot attendu depuis le début et fomenté par l’ambitieux Karbin : ce dernier a en effet transmis l’information de la localisation de Luke Skywalker afin de piéger Vador sur Vrogan Vas et de le remplacer auprès de l’Empereur.
Mon Calamari ayant adopté un corps cybernétique inspiré de celui du Général Grievous apparu dans Star Wars : La Revanche des Sith, Karbin se sert comme lui de ses bras mécaniques pour manier plusieurs sabres-laser à la fois. Hélas, cette capacité n’a pas le temps d’être suffisamment exploitée tandis qu’il en va de même pour l’exécution du complot, qui retombe vite comme un soufflé. La comparaison avec la mise en œuvre lente et progressive des intrigues dans la série Dark Vador n’est alors pas à l’avantage du crossover, qui les expédie en privilégiant l’action.

Tout n’est cependant pas à jeter, Vador : Abattu comportant des scènes d’action haletantes et réservant des affrontements agréables à suivre. Il est par exemple amusant de voir le combat de Wookies entre Chewbacca et l’impitoyable Krrsantan le Noir ou celui entre les duos de droïdes formés par C-3PO et R2-D2 d’un côté et 0-0-0 et BT-1 de l’autre. Leur ressemblance est en effet aussi frappante que leur éloignement sur l’échiquier du bien et du mal. Le comics propose par ailleurs un humour qui est souvent réussi, notamment par l’intermédiaire des droïdes ou de Han Solo, à la manière des longs-métrages. Une très bonne idée telle que celle des ruches de vers-guêpes vient toutefois être gâchée par un gag peu subtil, vu et revu.
Le lecteur ne peut également pas s’empêcher de ressentir des frissons lorsque Leia retrouve en face à face celui dont elle ignore alors encore qu’il est son père. La tension est palpable, avec en son cœur la destruction encore fraîche d’Alderaan. La rencontre n’apporte cependant pas grand chose et il est difficile d’en identifier l’utilité scénaristique, outre celle de proposer un cliffhanger alléchant.

La relation entre Han Solo et le Docteur Aphra est quant à elle intéressante, le contrebandier comme l’archéologue ayant fréquenté les mêmes planètes reculées de la galaxie et partagé le même genre de connaissances douteuses. Conçu par Kieron Gillen dans Dark Vador avant de figurer dans sa propre série créée en 2016, le personnage d’Aphra aurait en effet pu posséder un parcours proche de celui du plus célèbre vaurien. Leurs choix ont différé et les ont menés dans les deux camps opposés, mais il semble que leur situation aurait pu être renversée s’ils avaient chacun vécu le parcours de vie de l’autre. Le lecteur est ainsi curieux d’assister à leur rencontre, tout comme Aphra elle-même lorsqu’elle s’apprête à voir le fameux Han Solo.
Le destin de l’archéologue dans Vador : Abattu est sans doute le seul de ce crossover qui trouve une véritable continuité dans la suite des deux séries, contrairement aux autres personnages dont la situation n’évolue que trop peu avec les événements. Il peut alors être regretté que la rencontre entre Aphra et les rebelles ne se soit pas déroulée dans la série Star Wars avec davantage de développements et sans la présence de Vador, qui paraît superflue et chronophage au sein du récit. Ceci n’aurait cependant pas été gage de qualité, cette série présentant en effet des défauts tandis que son crossover avec Docteur Aphra, La Citadelle Hurlante, s’avère décevant.

Si le partage du scénario entre les deux auteurs est transparent, il n’en est pas de même s’agissant des dessins, assurés tantôt par Salvador Larroca et tantôt par Mike Deodato Jr.. Ayant déjà fait preuve d’une réussite inégale dans ses illustrations des deux premiers tomes de Dark Vador, Larroca déçoit une nouvelle fois ici avec des visages représentés maladroitement. Outre ces lacunes dans les expressions faciales des personnages et une mention - négative - spéciale attribuée à la chevelure de Luke, le dessinateur est heureusement plus en réussite pour la représentation de certains décors.
Le dessin de Mike Deodato Jr. constitue en revanche la très belle surprise de l’ouvrage. Sans se perdre comme son homologue dans la volonté de produire un rendu réaliste, le Brésilien conçoit des planches aux rendus pastels magnifiques. Sous son crayon, les personnages connus n’ont en revanche pas exactement le visage de l’acteur qui les joue mais sont totalement expressifs et crédibles. Le dessinateur se fait par ailleurs manifestement plaisir en réalisant des planches magnifiques des décors de Vrogan Vas ou de l’immensité de l’espace rempli de vaisseaux. Plusieurs doubles-pages sont tout bonnement à tomber, donnant l’envie au lecteur de s’y attarder pour en apprécier les détails comme la globalité.

Certes, sa lecture ne constitue pas un moment désagréable, mais Vador : Abattu déçoit en ne parvenant pas à proposer une intrigue véritablement intéressante pour le premier crossover du nouvel Univers Étendu. Illustré inégalement, de manière très originale et souvent splendide par Deodato Jr. tandis que les planches de Larroca sont bien moins réussies, le récit n’apporte que trop peu à l’histoire de ses séries d’origine. Une fois passé le plaisir de retrouver ses personnages favoris, le lecteur peut alors se questionner sur la pertinence de faire à nouveau se croiser Vador et les plus célèbres rebelles dans un comics.

Poursuivre la visite

1985 • 2020

Les Réseaux Sociaux

www.chroniquedisney.fr
Chronique Disney est un site amateur, non officiel, sans lien avec The Walt Disney Company, ni publicité,
utilisant des visuels appartenant à The Walt Disney Company ou des tiers par simple tolérance éditoriale, jamais commerciale.