Randy Newman
Date de naissance :
Le 28 novembre 1943
Lieu de Naissance :
Los Angeles, en Californie, aux États-Unis
Nationalité :
Américaine
Profession :
Compositeur
Auteur
Interprète

Le portrait

rédigé par Thomas Darras
Publié le 20 septembre 2020

Compositeur emblématique des films Pixar, Randy Newman commence son aventure avec The Walt Disney Company assez tardivement, la cinquantaine consommée. Ce musicien qui passe sa vie entre la Californie et la Louisiane s’est en effet d’abord fait connaître dans les années 1970 en interprétant ses propres chansons au ton parfois humoristique ou même satirique avant d’offrir son talent au studio de Luxo Jr.

Né le 28 Novembre 1943 à Los Angeles, Randy Newman grandit dans une famille de musiciens. Trois de ses oncles sont, en effet, des compositeurs de musiques de films reconnus à Hollywood. Alfred Newman est d'ailleurs le compositeur de la 20th Century Fox Fanfare ! Lionel Newman remporte quant à lui un Oscar en 1969 pour Hello Dolly!. Enfin, Emil Newman est connu pour son travail sur le classique de 1941, Tu Seras mon Mari. Randy Newman passe lui une partie de son enfance à La Nouvelle-Orléans mais revient à Los Angeles avec ses parents au tout début de son adolescence. Initié très tôt à la musique, il débute sa carrière d’auteur-compositeur dès l’âge de 17 ans où il écrit pour d’autres artistes tout en suivant en parallèle des études de musique à l’Université de Californie à Los Angeles. 

Newman abandonne cependant l’université à quelques mois de son diplôme lorsque Lenny Waronker, son ami d’enfance devenu producteur, lui décroche un contrat au sein du label Reprise Records. Il débute alors à la fin des années 60 une carrière solo et sort pas moins de six albums entre 1968 et 1979 qui connaîtront un succès plus que relatif. Ses disques ont, il est vrai, du mal à se vendre et ses chansons au ton satirique sont parfois mal comprises. En témoigne par exemple l’album Good Old Boys, album-concept autour du Sud américain et le morceau Rednecks sorti en 1974. Cette chanson, pleine d’ironie et sortie dans un pays encore hanté par la ségrégation bien que celle-ci ait été abolie en 1965, traite à la fois du racisme encore trop présent dans les ex-États confédérés du sud et l’hypocrisie suffisante des États du Nord et du Midwest à ce sujet alors même que le racisme était toujours bien présent dans des villes comme New York, Boston ou encore Chicago. Si le but de ce morceau était bien d’approcher ces thématiques avec humour, l’œuvre est accueillie avec furie mais a eu le mérite de faire parler de Randy Newman, ce qui lui permet pour une fois d’approcher les sommets du Billboard 200 à la 36e place. Ce genre de déconvenue se reproduit également le cas avec la chanson Short People de l’album Little Criminals sorti en 1977 qui, malgré un bon accueil critique, est à nouveau mal interprétée par un certain nombre de gens. Cela permet en revanche au single d’atteindre la deuxième place du Billboard !

Mais c’est surtout à travers l’interprétation d’autres artistes de ses chansons que Randy Newman connaît le succès. Le groupe Three Dog Night reprend par exemple avec succès le titre Mama Told Me Not to Come, ce qui leur permet d’atteindre la première place des charts. D’autres artistes comme Judy Collins, Peggy Lee ou Harry Nilsson reprennent également ses chansons avec succès et font de lui un auteur reconnu dans la profession. Peu de gens le savent, mais il est également l’auteur, compositeur et interprète original du titre bien connu You Can Leave Your Hat On en 1972 qui fut popularisé plus tard en 1986 par Joe Cocker. Randy Newman confie d’ailleurs que le sens de la chanson était à l’origine l’histoire d’un homme tentant d’intimider de manière subtile une jeune femme alors que Joe Cocker puis Tom Jones en ont fait un morceau à propos d’une femme offrant simplement un striptease à son homme. Comme il l’avoue lui même, Randy Newman prouve ici encore une fois qu’il n’a jamais eu cet instinct visant à faire des chansons lucratives. Ses morceaux ont en effet très souvent un message bien différent de celui que le public perçoit en premier, ce qui a donc beaucoup contrarié le succès de sa carrière solo. 

Après l’album Trouble in Paradise sorti en 1983 et défendu par le titre I Love L.A., Randy Newman développe son activité de compositeur pour le cinéma. En parallèle de sa carrière solo, il est ainsi entre autre à l’origine des bandes originales des films Ragtime (1981), Parenthood (1989), Avalon (1990), L'Éveil (1990), Maverick (1994) ou encore Le Journal (1994). Il s’essaye également à la comédie musicale avec le projet Faust qui se verra brièvement monté sur scène. Mais le tournant de sa carrière de compositeur arrive au milieu des années 90 lorsqu’il est contacté un peu par hasard par les Pixar Animations Studios pour composer la musique de leur premier long métrage d’animation en 3D. C’est en effet lui qui est choisi pour accompagner l’histoire de Toy Story, film Pixar qui sort en 1995 sous la signature de Disney, financeur et distributeur de l'opus. L’entente est très bonne avec John Lasseter, le réalisateur, qui avouera plus tard que Randy Newman est son compositeur préféré. Le but de ce premier film des studios est toutefois clairement de s’éloigner des comédies musicales des Walt Disney Animations Studios en évitant de faire chanter les personnages. La musique devant rester un élément important pour faire ressortir les émotions des personnages, Randy Newman, dont c’est la première expérience pour un film d’animation, compose alors ballades et orchestrations assez éloignées du style de Broadway qu’il avoue ne pas toujours apprécier ni comprendre. Il puise plutôt dans le rock’n’roll, le jazz, l’americana ou la country pour construire ses chansons au phrasé unique et en profite aussi pour démontrer ses qualités d’orchestrateur sur les musiques instrumentales.

Ainsi commence une longue histoire d’amour entre Randy Newman et la compagnie de Mickey (malgré une petite brouille avec Lee Unkrich, réalisateur de Toy Story 3) puisqu’il compose la musique de James et la Pêche Géante, passé inaperçu en France, mais surtout de huit autres productions Pixar : 1001 Pattes (a bug’s life), Toy Story 2, Monstres & Cie, Cars - Quatres Roues où il ne compose que la musique instrumentale, Toy Story 3, Monstres Academy, Cars 3 où il s'occupe là aussi de la partie instrumentale et Toy Story 4

Émergent alors des mélodies devenues incontournables comme Je Suis Ton Ami, Étrange Bazar, The Time Of Your Life, Si Je Ne T’Avais Pas, Monsters, Inc., Quand Elle m’Aimait, We Belong Together ou encore J’Peux Pas Te Laisser. C’est également lui qui est choisi pour le grand retour des studios d’en face, les Walt Disney Animations Studios, au film d’animation en 2D et à la comédie musicale puisqu’il est responsable de la bande originale du magnifique film La Princesse et la Grenouille. Newman a en effet l’occasion ici d’exploiter toute sa connaissance de la musique de La Nouvelle-Orléans avec des compositions aux accents Dixieland, toutes plus réussies les unes que les autres comme La Nouvelle-Orléans, Au Bout du Rêve ou Humains Pour la Vie

Tous ces travaux lui valent de nombreuses reconnaissances puisqu’il est notamment nommé à de nombreuses reprises aux Oscars du cinéma et aux Grammy Awards. Il rafle par deux fois l’Oscar de la meilleure chanson en 2002 et 2011 pour Si Je Ne T’Avais Pas et We Belong Together et remporte également sept Grammy Awards (dont cinq pour des contenus Disney/Pixar) et trois Emmy Awards (dont un pour It’s a Jungle Out There, générique de la série Monk produite par ABC Studios). Mais cela ne semble pas être assez pour Randy Newman. Son premier Oscar en 2002 tombe en effet après quinze nominations sans succès ce dont il s’amuse avec ironie lors de son discours. Lui qui se voyait remporter le prix avec Quand Elle m’Aimait et l’interprétation magistrale de Sarah McLachlan, remporte finalement son premier Oscar avec Si Je Ne T’Avais Pas et l’adaptation approximative de Billy Crystal et John Goodman, acteurs mais pas chanteurs. Il commence alors son discours avec cette inoubliable phrase, “I don’t want your pity” (traduction, “Je ne veux pas de votre pitié”) et rappelle avec humour le nombre de fois où il a vu avec amertume le prix lui échapper. Mais c’est surtout l’émotion et le soulagement qui le gagnent quand il voit que toute la salle et l’orchestre se lèvent pour le féliciter en cette soirée de mars 2002, lui qui aime tant jouer avec d’autres musiciens. Il est aussi inscrit au Songwriters Hall of Fame depuis 2002 et devient Disney Legend en 2007, rejoignant alors les grands compositeurs de la maison Disney que sont entre autre les frères Sherman, George Bruns ou encore Alan Menken

En parallèle de ce travail pour le cinéma, Randy Newman poursuit discrètement sa carrière solo. Il continue de sortir quelques albums originaux et se distingue notamment avec une collection d’albums nommée Songbook où il revisite seul avec son piano toutes ses chansons, concept qu’il emmène régulièrement en tournée à travers le monde. Il se fait remarquer une nouvelle fois en 2016 avec le titre Putin où il se moque du leader russe Vladimir Poutine. Un brin provocateur, ce morceau lui vaut tout de même un Grammy Award, ce qui le fait brièvement revenir sur le devant de la scène. Il démontre surtout son goût pour la politique, lui qui n’en est pas à son premier essai sur le sujet. S'il ne s’exprime que très peu publiquement sur sa vie personnelle et sa vision du monde, il est aisé de voir à travers ses chansons un homme certes plein d’humour mais soulignant les pires aspects de la personnalité humaine via la satire. Très attaché à son pays, il n’hésite cependant pas à dénoncer dans ses chansons le racisme, qu’il considère toujours comme le principal problème des États-Unis, ainsi que l’omniprésence de la religion, ce qui lui valu d’être qualifié d’athée ou même de communiste par certains. Il va sans dire qu’il n’apprécie guère le président américain Donald Trump pour qui il écrit une chanson qualifiée par lui-même de trop vulgaire pour être diffusée. Newman penche plutôt du côté des démocrates libéraux et soutient d’ailleurs Barack Obama en 2012 lors de sa réélection avec la chanson I’m Dreaming, satire d’une Amérique qui rêve de retrouver un président blanc. Les années 2000 et 2010 sont aussi l’occasion pour lui de voir son cousin Thomas Newman, de douze ans son cadet, travailler avec Disney puisqu’il signe entre autre la musique du (Le) Monde de Némo, WALL•E et Dans l'Ombre de Mary - La Promesse de Walt Disney

Auteur et compositeur au style si singulier, Randy Newman a marqué l’histoire des studios Pixar avec sa voix et ses mélodies uniques. Sa musique, profondément ancrée dans la tradition des États-Unis, confirme une nouvelle fois toute la qualité qu’exige The Walt Disney Company pour accompagner ses classiques.

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