Spike l'Abeille
(Barrington / Buzz-Buzz)

Date de création :
Le 27 août 1948
Nom Original :
Spike the Bee
Autre(s) Nom(s) :
Barrington the Bee
Buzz-Buzz the Bee
Créateur(s) :
Jack King
Jack Hannah
Apparition :
Cinéma
Télévision
Jeux Vidéo
BD
Parcs
Voix Originale(s) :
Bill Thompson

Le portrait

Publié le 20 janvier 2019

Les plus grands adversaires de Donald Duck sont souvent les plus petits en taille. Bien sûr, tout le monde connaît Tic &Tac mais il peut être aussi cité Pépé le Grillon et surtout Spike l'Abeille. Il est d'ailleurs peu su que l'insecte a eu une carrière plus importante que d'autres antagonistes de renom qu'affronte le canard comme Humphrey l'Ours ou Louie le Lion.

Une série d'experts s'est penchée sur la véritable naissance du personnage de l'abeille Spike. Une première version avec un design différent remonte, en effet, au début des années 40. Le personnage était alors désigné en interne sous le nom de Barrington. Plus tard, dans la décennie, il va avoir droit à un changement d'apparence comme de patronyme. Il sera désormais nommé Spike mais aussi, de temps en temps, Buzz-Buzz. Mais est-ce là le même personnage ou s'agit-il juste de deux (voire de trois) abeilles différentes ? Cette question est d'autant plus légitime que, dans aucun des courts-métrages de la première apparence comme de la seconde, son nom est prononcé. Chez Chronique Disney, il a été difficile de trancher. Il a ainsi été décidé de dater la naissance de Spike à partir du premier cartoon de son apparence définitive mais sans pour autant omettre son origine possiblement antérieure. L'historique de sa première apparence est donc aussi abordée.


Jack King

Le réalisateur responsable des deux premières aventures de l'abeille, sous sa première apparence, est Jack King.
Né le 11 avril 1895 en Alabama, ses premiers pas dans l’animation remontent à 1920 quand il rentre dans les studios J.R Bray Studios. Fasciné par le cinéma parlant, il rejoint Hollywood et se fait embaucher le 17 juin 1929 au sein des studios Disney en tant qu’animateur sur la nouvelle série des Silly Symphonies où il participe, entre autres, à El Terrible Toreador ou aux (Les) Trois Petits Cochons. En 1933, il démissionne pour aller chez Leon Schlesinger Productions en charge des Looney Tunes et des Merrie Melodies pour Warner Bros. Il y devient réalisateur sur des cartoons en noir-et-blanc. En 1936, Walt Disney le rappelle et lui promet de le mettre à la réalisation de cartoons en couleur. Il devient alors le responsable de la série Donald Duck pour lequel il réalise une cinquantaine de cartoons, considérés par de nombreux spécialistes comme l’âge d’or de la carrière de Donald. Il prend sa retraite en 1948 avant de mourir 10 ans plus tard, le 4 octobre 1958 à Los Angeles.

La première apparition de l'abeille peut donc remonter en réalité au 20 septembre 1940, dans le cartoon de Donald, Nettoyeurs de Carreaux. Elle a, ici, une apparence d'une tête noire avec un petit nez tandis qu'elle possède un torse à fourrure et des bras et jambes striés de couleur jaune et noir. Dans le cartoon, Donald a la bonne idée de l'embêter. Alors qu'elle se pose sur une fleur d'un balcon pour butiner, le palmipède ne trouve, il est vrai, rien de mieux que de la noyer avec l'eau de son éponge. Furieuse, elle va vouloir se venger de son agresseur en l'attaquant dans l'idée de piquer celui qui aurait mieux fait de la laisser tranquille. En se défendant, le canard s'emmêle avec les cordes retenant sa planche dans le vide formant ainsi une parfaite cible pour l'abeille qui va se faire un plaisir de viser juste.


Nettoyeurs de Carreaux (1940)

Elle fera une deuxième apparition sous la même forme dans le cartoon du 26 novembre 1943, À l'Attaque !, toujours avec Donald. Ici, l'abeille ne fait que passer. Donald, alors volontaire pour la défense aérienne des côtes de son pays durant la Seconde Guerre Mondiale, prend le bourdonnement de l'abeille pour un son d'approche d'appareils ennemis. Le canard demande alors à ses neveux, Riri, Fifi et Loulou, qui le secondent de l'aider à bouger le canon afin de cibler l'avion qui semble en approche. Les canetons s'exécutent mais remarquent bien vite que l'engin pointe directement sur l'appareil d'écoute de Donald : et pour cause, l'abeille se trouve dans son haut parleur. L'un d'eux essaye bien de prévenir leur oncle mais, comme à son habitude, il ne veut rien entendre et demande de tirer... sans se rendre compte que ce sera forcément sur lui !


À l'Attaque ! (1943)

Au delà de ce cartoon ayant pour thématique la guerre, l'abeille jouera un autre rôle durant la Seconde Guerre Mondiale : elle servira ainsi de mascotte pour différentes insignes de guerre pour l'armée américaine. Un jour de 1942, le Lieutenant E. S. Caldwell écrit, en effet, à Walt Disney à Hollywood afin de lui demander une emblème pour ses nouveaux bateaux « moustiques » à torpilles. Quelques jours plus tard, par retour de courrier, vient la fameuse insigne. Il s’agit d’un moustique qui tient une torpille dans ses nombreuses pattes et qui la dirige hors de l’eau. L’insigne devient si populaire que chaque flotte de ce fameux bateau l’arborera fièrement. Le bouche-à-oreille fait le reste et l'info se diffuse comme une traînée de poudre à la fois dans l’Army ou la Navy. Les bureaux de Disney plient alors sous les demandes d’insignes pour les avions, les tanks et autres matériels militaires. Pour y répondre, Walt Disney met en place une équipe de cinq personnes dédiées à leur seule production sous la responsabilité d'Hank Porter. Pas moins de 1200 insignes seront ainsi dessinées par les studios Disney dont plusieurs avec une abeille pour effigie !

Après la guerre, l'abeille n'apparaîtra plus jamais sur cette forme. À une exception près toutefois ! Elle reprend sa première apparence dans le jeu vidéo sorti en 2013, DuckTales Remastered, sur PC, PlayStation 3, Wii U, Xbox 360, iOS et Android. Dans l'opus, au cours d'une aventure dans une forêt tropicale, Picsou doit l'affronter tout comme divers autres animaux...


DuckTales Remastered (2013)

À la fin des années 40, Jack Hannah, le réalisateur responsable des cartoons de Donald, a l’idée de reprendre ce vieux personnage ou du moins d'utiliser à nouveau une abeille comme adversaire du canard. Embauché aux studios Disney en 1933 en tant qu'intervalliste d'animation sur les séries Mickey Mouse, Silly Symphonies et Donald Duck, il réalise sa première animation pour Gulliver Mickey en 1934. En 1939, il est promu scénariste et travaille en étroite collaboration avec Carl Barks. C'est en 1943 qu'il devient le réalisateur attitré de Donald Duck. Il va ainsi introduire de nombreux acolytes auprès du canard, rendant ses cartoons tout simplement mémorables. Dans les années cinquante, il se charge de quatorze émissions pour la télévision mettant ainsi en vedette Donald pour le show Disneyland. Il quittera le studio en 1959. Jack Hannah est assurément le réalisateur qui offre au célèbre canard de Disney son plus grand nombre de cartoons incontournables. Pas moins de 65 court-métrages s'affichent, au total, à son compteur ; huit étant nommés aux Oscars et notamment, Donald et les Fourmis (1948), Donald et son Arbre de Noël (1949) et Chasse Gardée (1955).


Jack Hannah

Après les cartoons de Pépé le Grillon et de Donald Chez les Ecureuils, Jack Hannah continue donc de trouver des adversaires à Donald plus petits que lui. Il décide de reprendre le personnage de l'abeille même s'il modifie son apparence en la rendant définitive. La tête se fait plus cartoonesque avec un visage jaune et un crane marron tandis que son nez devient plus gros et de couleur orange. Ses jambes et ses bras sont désormais unicolores en prenant aussi la couleur orange. Le réalisateur justifie son choix porté sur ce petit personnage par ses capacités cartoonesques. Tantôt attachante, tantôt menaçante, émettant un son reconnaissable entre mille, dénuée de parole, l'abeille apparaît, en effet, vite comme un personnage de pantomime idéal. Elle malmène, il est vrai, Donald avec autant de délice que de détermination. L'abeille n'est, par contre, jamais réellement nommée dans les cartoons. Si les artistes l'ont appelée Barrington dans sa première version, lors de l'apparence choisie par Jack Hannah, le patronyme utilisé par les animateurs varie entre Spike et Buzz-Buzz.


Donald Décorateur (1948)

Donald Décorateur, qui sort le 27 août 1948, correspond donc à la première rencontre entre Spike, dans sa version définitive, et Donald. L’abeille entend butiner les fleurs du nouveau papier peint du canard. Ce dernier va alors commencer à s’amuser avec elle en lui faisant des misères. Il pense à l'évidence que ses actes seront sans conséquence. Naturellement, il se trompe lourdement. Spike va, en effet, vite oeuvrer à se venger au point d’en faire une fixation tant qu’il n’aura pas réussi à planter son dard dans le fessier de Donald. Le canard va bien sûr tout faire pour l’en empêcher mais n’y échappera finalement pas, via une scène culte où il se retrouve tout bonnement collé sous une tapisserie au plafond. La conclusion du cartoon est ainsi savoureuse à souhait, Spike triomphant dans un final très drôle.


Pluto et le Bourdon (1949)

Spike revient l'année suivante mais bizarrement, il change d'adversaire passant de Donald à Pluto pour la première et dernière fois dans Pluto et le Bourdon, sorti le 24 juin 1949. Le chien de Mickey est jaloux de l'abeille car elle a trouvé un moyen de dévaliser le distributeur de chewing-gums dont il convoitait tout le stock. Il décide alors de lui reprendre. Sauf que Spike se rend compte que Pluto a dévalisé (et détruit au passage) sa ruche. Fou de colère, il compte bien se venger. Il en découle une belle bataille où le pauvre chien ne peut pas faire grand chose surtout quand l'abeille arrive à lui attacher les pattes avec du chewing-gum. Au passage, il est amusant de voir, dans le cartoon, Spike utiliser ses antennes comme des émetteurs de télégraphe ; le bruitage amplifiant d'ailleurs la pertinence de l'effet recherché.

Le Miel de Donald (1949)
Slide, Donald, Slide (1949)

Spike va ensuite à nouveau retrouver son adversaire de toujours. Dans Le Miel de Donald, sorti le 5 août 1949, l'abeille vient, en effet, butiner dans la serre de Donald. Mais son labeur va se trouver vite contrarié par le canard qui ne trouve rien de mieux que de s’amuser à la martyriser gentiment avant de chercher à carrément s’accaparer son stock de miel. Le 25 novembre 1949, dans Slide, Donald, Slide, Donald, gêné par le bourdonnement de Spike ne parvient pas à suivre le match de baseball à la radio... Ici, l’abeille est un mélomane aux talents de chef d’orchestre qui veut écouter de la musique classique. Les deux compères vont donc s’affronter pour savoir qui aura le droit d’utiliser la radio. Dans Donald à la Plage, sorti le 13 octobre 1950, le canard va embêter l’abeille presque sans le savoir. Sur une plage bondée de vacanciers, il lui est en fait difficile de trouver une place tellement les gens sont les uns sur les autres. Cela n'empêche pas Spike de vouloir se venger, presque de façon sadique en perçant le bateau pneumatique de Donald et le laissant à la merci des requins.


Donald à la Plage (1950)

Le 14 décembre 1951, Donald et la Sentinelle constitue un court-métrage à part dans la carrière de l'insecte. Alors que les artistes Disney la désignait jusque-là sous le nom de Spike, elle devient ici Buzz-Buzz. De plus, son apparence est sensiblement différente. Un peu plus volumineuse avec une plus grosse tignasse, elle se différencie clairement du reste de la colonie, dont la ressemblance avec Spike est, en revanche, totale. De là à penser que Buzz-Buzz et Spike sont des personnages différents, il n'y a qu'un pas que les artistes des studios Disney n'ont eux-mêmes pas fait tellement leurs designs se ressemblent ! En attendant, le personnage de l'abeille sous l'apparence de Buzz-Buzz reviendra une deuxième et dernière fois, à la télévision cette fois-ci, dans l'émission d'anthologie, Disneyland, dans l'épisode Donald's Award diffusé le 27 mars 1957.

Donald et la Sentinelle (1951)
Donald's Award (1957)

Le dernier cartoon où Spike tient le premier rôle est Soyons Associés qui sort le 25 avril 1952. Par rapport aux autres dessins animés tournant autour du personnage de lui, ce dernier s’avère assez différent. Déjà, c’est un Spike âgé qui raconte l’histoire. Il parle alors de sa relation avec Donald en narrant comment ils sont passés des plus grands amis du monde à de vrais ennemis. Voir les deux personnages s’entraider plutôt que d’essayer de se mettre des bâtons dans les roues est d’ailleurs plutôt touchant. Mais cette amitié ne va pas durer car le canard ne supporte pas l’histoire d’amour que vit Spike avec une demoiselle abeille obligeant l’insecte à devoir trancher entre l’amour et l’amitié. Il choisit donc l’amour ! Autre fait notable, en plus de la petite amie abeille qui n'a pas de nom, c'est la seule fois que le personnage de Spike parle même si c'est uniquement dans les scènes où il est vieux ; l'acteur Bill Thompson se chargeant de lui prêter sa voix le temps de cette unique prestation. L'artiste est particulièrement connu chez Disney pour avoir interprété de nombreux personnages dont le Lapin Blanc et le Dodo dans Alice au Pays des Merveilles ou Monsieur Mouche dans Peter Pan.


Soyons Associés (1952)

Spike apparaîtra enfin une dernière fois au cinéma, mais uniquement via un simple caméo. C'est aussi la seule fois qu'il est vu dans un film en CinemaScope. Dans Donald et les Abeilles, sorti le 2 septembre 1955, Donald affronte en effet l'ours Humphrey qui veut lui voler son miel. L'abeille intervient deux fois : la première sur l'écran titre du cartoon, la seconde dans un bocal que tend le Ranger J.Audubon Woodlore à Donald.


Donald et les Abeilles (1955)

Le reste de la carrière de Spike se fait ensuite bien plus anecdotique et uniquement à la télévision. Il apparaît ainsi trois autres fois en animation dans l'émission d'anthologie. La première, dans l'épisode Donald, Vedette de Télévision, diffusé le 11 mars 1960 au sein de l'émission Walt Disney Presents : il sort de sa loge de cinéma pour aller tourner un nouveau cartoon avec la co-star, Donald Duck. La seconde, dans l'épisode The Mad Hermit of Chimney Butte, diffusé le 1er avril 1960 toujours au sein de l'émission Walt Disney Presents : il mène la vie dure à Donald alors que celui-ci veut se reposer dans sa maison de campagne. La dernière, dans l'épisode The Ranger's Guide To Nature, diffusé le 13 novembre 1966 dans l'émission Walt Disney's Wonderful World of Color : le Ranger J.Audubon Woodlore donne des leçons sur la nature à Riri, Fifi et Loulou et Spike sert à illustrer le passage sur les abeilles.

Donald, Vedette de Télévision (1960)
The Mad Hermit of Chimney Butte (1960)
The Ranger's Guide to Nature (1966)

L'abeille reviendra en animation à la télévision mais bien des années plus tard. La première fois, elle peut-être vue dans la série La Maison de Mickey, notamment dans l'épisode Minnie's Bee Story diffusé le 7 novembre 2009. Chose étonnante, ici, elle ne s'appelle pas Spike mais Buzz-Buzz en anglais. En français, le nom a été traduit en Bizz-Bizz. Le personnage apparaît ensuite dans la série Disney Channel, Mickey, Mouse, notamment dans l'épisode, Bee Inspired, de la Saison 4, diffusé le 11 août 2017. L'année suivant, elle est vue rapidement dans l'épisode Mount Rushmore (Or Less) de la série Legend of The Three Caballeros.

La Maison de Mickey (2009)
Mickey Mouse (2017)
Legend of The Three Caballeros (2018)

En dehors de l'animation, le personnage de Spike n'a pas eu une grande carrière. En comics, il est juste apparu dans deux adaptations de ses cartoons, d'une page chacune, durant l'année 1948. Il faudra ensuite attendre l'an 2000 pour le voir dans un comics plutôt étonnant : The Secret Origin of The Duck Avenger dessiné par Steven Butler. Dans cette histoire, il fait, il est vrai, alliance avec PK, alias Powerduck (l'apparence moderne de Fantomiald), pour combattre les Evroniens. Une autre utilisation intéressante du personnage a lieu lors du festival Epcot International Flower & Garden Festival de 2018 où est proposée l'activité Spike's Pollen Nation Exploration. Il s'agit de retrouver la petite abeille qui est cachée près d'une plante pollinisatrice à douze endroits différents du Parc, principalement autour du World Showcase.

The Secret Origin of The Duck Avenger
(2000)
Spike's Pollen Nation Exploration
(2018)

Spike n'est pas un personnage si anecdotique qu'il en a l'air. Après tout, il est apparu dans dix cartoons différents quand il est compté toutes ses apparences. C'est justement son origine assez floue qui en fait un personnage intéressant historiquement, sans parler de ses affrontements avec Donald toujours très drôles !

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