Titre original :
Coco
Production :
Pixar Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 22 novembre 2017
Genre :
Animation 3D
IMAX
3-D
Réalisation :
Lee Unkrich
Adrian Molina
Musique :
Michael Giacchino
Kristen Anderson-Lopez
Robert Lopez
Germaine Franco
Adrian Molina
Durée :
100 minutes

Le synopsis

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est totalement bannie dans la famille de Miguel, un jeune garçon dont le rêve ultime est pourtant de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Décidé à réhabiliter cet art auprès des siens et à prouver son talent, Miguel se retrouve, par un étrange concours de circonstances, propulsé dans un étonnant monde parallèle : le Pays des Morts...

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 09 novembre 2017

Les meilleures expériences cinématographiques sont celles qui prennent par surprise le spectateur, le renvoient vers son propre vécu et le bouleversent. Coco est ce genre de long-métrage. Se hissant parmi les meilleurs films des Pixar Animation Studios, il présente beaucoup de points communs avec Ratatouille. Comme lui, en effet, il dépeint une culture, ici mexicaine, avec respect et justesse tout en proposant des personnages attachants, vivant une aventure humaine extraordinaire et évoluant sur une musique envoûtante. Mais la grande réussite de Coco n'est pas là : elle se révèle en réalité dans sa capacité à faire monter l'émotion à un point rarement atteint dans les films des studios de Luxo Jr., pourtant passés maîtres dans l'art de toucher leur auditoire. Le final, véritable feu d'artifice de tendresse, donne ainsi envie à chacun d'embrasser sa famille et de se souvenir, avec affection, de ses proches disparus.

Ce n'est pas la première fois que l'Amérique Latine, et en particulier le Mexique, inspire des films d'animation chez The Walt Disney Company. Les plus emblématiques sont naturellement les deux opus des Walt Disney Animation Studios, Saludos Amigos (1943) et Les Trois Caballeros (1945) avec, en particulier, le personnage du coq mexicain qu'est Panchito. Ces deux films sont d'ailleurs inspirés d'un voyage en Amérique Latine effectué par Walt Disney lui-même, son épouse et seize de ses collaborateurs en 1941 ; un périple retracé dans le documentaire de 2009, Walt & El Grupo. Durant ce voyage, le papa de Mickey avait, en réalité, servi d'ambassadeur des États-Unis en cette période de guerre tout en cherchant à s'imprégner, pour son art de conteur, des couleurs et des mœurs locales. D'autres œuvres suivirent, il est vrai, grâce à cette expédition dont les courts-métrages Pluto et l'Armadillo (1943), Le Pélican et la Bécasse (1944) ou L'Œuf du Condor Géant (1944). Les studios Pixar, quant à eux, se sont aussi déjà intéressés à l'Amérique du Sud en centrant notamment l'action principale du film Là-Haut dans une forêt tropicale du continent.

L'idée de Coco provient du réalisateur Lee Unkrich, qui, à la sortie de Toy Story 3 en propose les contours à John Lasseter.
Diplômé de l'école de cinéma de l' USC (University of Southern California) en 1991, il entame sa carrière dans le cinéma et la télévision en prises de vue réelles, travaillant notamment sur la série Les Dessous de Palm Beach. Arrivé en 1994 chez Pixar, il devient monteur sur Toy Story en 1995, puis sur 1001 Pattes en 1998, sur lequel il assure également certaines voix additionnelles. Co-réalisateur, monteur et à nouveau voix additionnelles sur Toy Story 2 en 1999, il co-signe Monstres & Cie en 2001 puis, deux ans plus tard, co-réalise avec Andrew Stanton, Le Monde de Nemo, certifié à l'époque, plus grand succès de l'histoire de l'animation quelques semaines seulement après sa sortie. L'année 2010 représente, pour Lee Unkrich, un tournant important dans sa carrière, puisqu'il est nommé, seul, à la tête de la réalisation de Toy Story 3, le troisième volet des aventures des célèbres jouets animés. Encensé par la critique et le public, l'opus est, encore à ce jour, le plus grand succès des studios Pixar avec 1,067 milliards de dollars engrangés au box office mondial.
En 2016, il est annoncé que Lee Unkrich sera secondé sur Coco par un co-réalisateur, Adrian Molina, également scénariste du film.
Adrian Molina, de descendance mexicaine, est, pour sa part, né le 23 août 1985 en Californie. Il passe ainsi toute son enfance à Yuba City située au nord-est de San Francisco puis rentre chez Pixar en 2007 où il débute sa carrière en tant qu'animateur 2D sur Ratatouille. Il travaille ensuite en qualité de storyboarder sur Toy Story 3 puis se voit chargé de quelques éléments de scénario sur Monstres Academy et Le Voyage d'Arlo. Sur Coco, il est promu scénariste avant de se voir confier, en plus, la fonction de co-réalisateur.

Coco est donc une lettre d'amour au Mexique et à sa culture. Le thème principal du film est, en effet, le Día de Muertos (ou Día de los Muertos selon les usages ou contrées), le jour des morts. Il s'agit, en fait, du mélange d'une tradition aztèque, la célébration de la déesse souterraine, Mictecacihuatl, avec celle de la Toussaint, une fête chrétienne apportée par les conquistadors espagnols. Cette célébration se distingue des autres fêtes tournant autour de la Mort - et notamment chez les Chrétiens - par son caractère festif avec, par exemple, la réalisation d'autels privés dédiés aux défunts et couverts d'offrandes d'objets, de fleurs et de nourriture. Une autre figure de cette fête est la Catrina, un personnage très populaire représentant un squelette féminin vêtu de riches habits et portant un chapeau. Ainsi, ses défilés voient beaucoup de gens se déguiser ou porter des masques de squelettes aussi colorés que joyeux.
Mais les clins d'œil à la culture mexicaine dans Coco ne se limitent pas à cette seule fête. De nombreux autres détails viennent, il est vrai, agrémenter le film à commencer par le Xoloitzcuintli, le chien sans poil du Mexique mais aussi l'influence de la musique ou même le comportement typique des mamá hispaniques qui couvrent de baisers le moindre petit enfant. Se remarquent également les Alebrijes qui ont pu être vus récemment dans la série Disney Television Animation, Elena d'Avalor. Il s'agit, en effet, d'art et de sculptures en bois représentant des animaux ou des créatures imaginaires, réalisés en premier lieu par l'artiste Pedro Linares.

La production du film ne se passe pourtant pas totalement dans la sérénité. En 2013, l'opus dont le titre est à l'époque, Día de los Muertos, commence, il est vrai, à faire l'objet de demandes de dépôt de marques par The Walt Disney Company... Sauf que cela provoque une levée de bouclier au Mexique et au sein de la communauté hispaniques aux États-Unis qui n'apprécient pas que le nom de leur fête populaire soit déposée par une entreprise à des fins commerciales. Un artiste local, Lalo Alcaraz, réalise même une affiche dénommée Muerto Mouse où il s'amuse à dessiner un Mickey façon Godzilla qui attaque la population signant là une fausse publicité pour un film censé sortir pour le Jour des Morts. Devant la vague de protestations, Disney fait vite marche arrière et annonce qu'un nouveau titre sera trouvé pour l'opus. Finalement, Coco est choisi et s'avère tout simplement parfait même s'il ne prend tout son sens qu'à la fin du film. Par contre, ironie de l'histoire, et preuve que Pixar est peu rancunier ou fin stratège, l'artiste Lalo Alcaraz est embauché en 2015 pour servir de consultant sur la culture mexicaine et s'assurer que les propos tenus sont conformes aux traditions sans être caricaturaux.

Coco s'appuie en réalité sur un scénario assez classique, dans le sens où le spectateur sait où il va aller et n'est pas forcément surpris par les rebondissements présents tout du long. Pour autant, il ne s'agit pas là d'une critique dans la mesure où le récit sait parfaitement amener puis gérer les différents évènements en dosant à merveille les actes constitutifs du film. Il débute ainsi crescendo en prenant le temps d'installer son histoire et ses personnages, dévoilant ses cartes au fur et à mesure, et permettant à toutes ses thématiques de se mettre en place. La trame est dès lors classique mais particulièrement efficace. Le but de Coco n'est à l'évidence absolument pas de surprendre son auditoire mais bien de l'emmener en voyage, d'abord vers un lieu dépaysant et incroyable, puis au plus profond de son être dans une odyssée vers ses propres souvenirs.

L'opus commence alors doucement comme un voyage initiatique pour le petit Miguel qui doit trouver le courage d'accomplir ses rêves. Il se rebelle contre sa famille, cordonnier de mère en fille et en gendre, auprès de laquelle la musique a été bannie depuis plusieurs générations. Même si cette thématique est classique et peut sembler déjà vue, elle est écrite ici avec justesse. Quand Miguel rejette cette famille qui veut l'empêcher de vivre sa passion, le spectateur comprend parfaitement ce qu'il ressent. Il est révolté devant un ostracisme qu'il ne comprend pas. La musique est en lui, et il est impossible de tirer un trait dessus. Cette farouche envie de suivre sa voie et son destin le rend particulièrement attachant. En cela, Miguel devient le messager des propres émotions du public qui n'a, dès lors, aucun mal à s'identifier dans ce garçon plein de rêves. Les spectateurs vont grandir en même temps que lui tout au long du récit pour ouvrir leur cœur à la fin et être prêts à recevoir le plus beau des messages qui soit.

Car la véritable force de Coco est l'incroyable émotion qu'il dégage. La famille est le centre du film : non seulement celle qui est vivante, à côté de Miguel tous les jours, mais aussi ses ancêtres qui veillent sur lui au Pays des Morts. Miguel va ainsi découvrir sa véritable richesse : celle de l'amour qu'il éprouve pour ses proches et l'importance de continuer de se souvenir des personnes qui l'ont aimés et qui ne sont plus. Coco montre toute sa puissance quand ce petit garçon, et à travers lui le public grâce au lien qui s'est créé au fur et à mesure du film, se rend compte que son plus grand trésor est l'amour inconditionnel et absolu de sa famille. Là où le film surprend, c'est dans sa capacité à rendre le thème du désir de faire de la musique, secondaire, en tournant son propos principal sur l'amour familial. La morale peut ainsi sembler simpliste sur le papier mais à l'écran, tout est amené avec subtilité, justesse et, surtout, une portée aussi universelle que personnelle. Le message conté via cette fête mexicaine offre alors aux artistes de Pixar l'incroyable pouvoir de déclencher auprès du public des émotions qui s'affranchissent des frontières : nul ne peut s'empêcher de penser à sa propre famille, à la chance de la savoir à ses côtés tout en chérissant le souvenir des êtres chers qui sont partis. Car la beauté du message distillé dans le film se trouve bien là. Même morts, les gens demeurent en vie tant que leurs souvenirs restent vivace dans le cœurs de ceux qui les ont aimés. L'important est de ne jamais les oublier car ce serait pour eux une deuxième mort ! Ce beau message apparaît fort simple mais il bouleverse littéralement le spectateur, en même temps que Miguel : difficile dans ces conditions de contenir ses émotions tellement le propos touche au plus profond de son âme. En fonction du vécu de chacun, il sera donc plus ou moins question de verser ou non des larmes, à torrent pour certains.
Coco
est clairement l'un des films les plus émouvants de Pixar et de Disney réunis.

L'autre grande réussite de Coco est assurément de parvenir à développer son propos à travers des sous-textes assez délicats au premier abord car il s'agit, en effet, de parler de la mort bien-sûr mais aussi plus subtilement de la maladie d'Alzheimer. Pour certains parents, il est parfois difficile voire craint d’aborder le thème de la mort avec leurs enfants et ils s'interrogent donc sur l’opportunité de les emmener voir Coco ou pas. La réponse à donner cette interrogation somme toute bien légitime en étant parents, tient en deux arguments. Le premier est que la mort a déjà été abordée de nombreuses fois dans les films Disney et de manière beaucoup plus brutale et cruelle que dans Coco. Bambi, Le Roi Lion ou Les Nouveaux Héros en sont de bons exemples. Le second est que l’univers de Coco est fun et coloré. Son thème n’est pas la mort en tant que telle mais bien l’histoire d’un jeune garçon en quête de ses racines et de ses rêves. La famille, l'amour et les souvenirs sont bien plus au cœur du film que des idées sombres tandis que l'apport de la culture mexicaine montre que la mort n'est pas la fin de tout et que les êtres chers veillent et guident ceux qui restent. Le thème de la maladie d'Alzheimer est ainsi par exemple abordé à travers un personnage dont le souvenir de ses proches s'étiolent...

Si le propos est magnifique, il en est de même du visuel. Cela devient certes une habitude de dire qu'un film Pixar fait des merveilles techniques mais, ici encore, c'est réellement le cas. Les artistes du studio se sont littéralement surpassés. Les décors sont d'une splendeur absolue que cela soit dans le monde réel, dépeignant parfaitement l'atmosphère mexicaine à travers la ville fictive de Santa Cecilia, ou au Pays des Morts, coloré et bariolé. Le film est dès lors d'une richesse étonnante offrant un dépaysement assuré. En fait, comme Miguel, le public est bouche bée devant les merveilles de l'au-delà. Les couleurs, les bâtiments mélangeant l'art pré-colombien avec l'art mexicain, sans parler de toutes les créatures fantastiques qui peuplent ces lieux rendent difficile de savoir où donner de la tête. C'est non seulement beau mais en plus c'est foisonnant de détails et il faudrait faire un arrêt sur image à chaque plan pour pouvoir admirer la texture et l'inventivité des endroits visités.

Coté bande-son, même si au final la musique n'est pas placée au centre du film, elle en reste un élément essentiel. La partition instrumentale de Michael Giacchino est, déjà en soi, tout bonnement superbe. Le compositeur sait, en effet, faire sienne la saveur mexicaine pour soutenir un propos qui visiblement l'a inspiré. Et cela s'entend : il n'avait pas été aussi doué pour Disney depuis son travail sur À la Poursuite de Demain en 2015.
Coco, qui n'est pas une comédie musicale au sens strict du terme, bénéficie par ailleurs de nombreuses chansons qui méritent attention. La première, la principale et cœur du film, est la sublime Ne m'Oublie pas qui peut être entendue sur différents tons pas moins de quatre fois dans l'opus. Ecrite par le couple Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, déjà oscarisés pour les chansons de La Reine des Neiges, elle représente la véritable âme du film. Les autres chansons sont, quant à elles, composées par Germaine Franco, une artiste latino-américaine, et écrites par le co-réalisateur Adrian Molina. Plus ou moins longues, quatre autres sortent du lot : Tout le Monde Connaît Juanita une ritournelle douce interprétée par Héctor ; Un Poco Loco une chanson vraiment entrainante servie par Miguel ; La Llorona, une interprétation amusante de Mamá Imelda et Corazón pour le beau final. Il peut être aussi cité, mais de façon plus anecdotique, De Bons Conseils ou Le Monde es mi Familia qui agrémentent le récit de belle façon. Enfin, il convient de féliciter la magnifique V.F. et en particulier l'adaptation française des chansons. Chose rare, par exemple, la traduction de Remember Me en Ne m'Oublie pas donne plus encore de force au propos du film.

Les personnages de Coco sont, pour leur part, vraiment attachants avec, en premier lieu, évidemment, le jeune Miguel. Il porte clairement le film sur ses épaules car il est à la fois son héros et le relai des spectateurs. Il dégage, en effet, une incroyable empathie permettant au public de se projeter dans l'action grâce à lui. À chaque étape de son voyage initiatique, le spectateur peut trouver un évènement de sa propre vie qui le rattache à lui, grandissant à travers lui jusqu'à la conclusion qui le bouleversera. Miguel est doublé à merveille en français par Andrea Santamaria.
Le jeune garçon est accompagné de son chien Dante complètement fou fou avec sa langue pendante. Ce personnage de pantomime apporte un peu d'humour au film et devrait particulièrement plaire aux enfants.
Héctor est, quant à lui, un squelette que rencontre un peu par hasard Miguel au cours de son périple. Il va ainsi aider le jeune garçon à quitter vivant le Pays des Morts avant le lever du soleil afin qu'il n'y reste pas coincé. En français, c'est Ary Abittan qui le double avec talent en lui apportant beaucoup de chaleur.
Ernesto de la Cruz est, de son côté, pas moins que l'idole de Miguel, celui qui lui a donné l'envie de devenir musicien grâce à ses disques dont les paroles l'ont toujours inspiré durant sa jeune vie. Héros national, même après sa mort, Miguel veut pourtant le rencontrer car il persuadé que le grand chanteur détient la clé de son retour au pays des vivants.
La famille de Miguel est également très présente dans l'opus que cela soit dans le monde des vivants avec ses parents, sa grand-mère et son arrière grand-mère que dans le Pays des Morts avec Mamá Imelda, Tía Rosita ou Papá Julio. Elle rayonne de bout en bout et sonne d'une justesse souvent bluffante.

Coco a droit à une sortie en avant-première mondiale au Mexique, le 27 octobre, quelques jours avant le Día de Muertos. Le film est alors encensé par la critique et le public mexicains saluant son respect de la culture et du pays. Ils sont loin et définitivement oubliés les griefs portés à son sujet au tout début du projet. Aux États-Unis et en France, l'universalité et l'émotion du film sont plébicités. Au delà la qualité intrinsèque du film, et bien malgré lui, Coco ne peut s'empêcher de porter un message politique que l'équipe de réalisation n'avait pas, à l'origine, prévu. Quand la production du long-métrage a, en effet, été lancée en 2010, la situation entre les deux pays voisins que sont les États-Unis et le Mexique était tout autre qu'au moment de sa sortie en 2017. L'ironie veut ainsi que les artistes de Pixar aient créé la plus belle lettre d'amour envoyée par les USA au Mexique alors même que leur Président a pris pour cheval de bataille la construction d'un mur de séparation entre les deux. Face à cette ignominie politique, Coco répond le plus justement du monde en rappelant une dimension supplémentaire : l'amour et la famille n'ont pas de frontières et il vaudra toujours mieux construire des ponts de fleurs que des murs de pierre.

Coco est une expérience cinématographique rare. Le tourbillon d'émotions, bouleversantes et universelles, qu'il propose touchera chacun des spectateurs, leur donnant une furieuse envie de couvrir de baiser les gens qu'ils aiment et de louer la mémoire de leurs défunts.
Pixar
signe avec Coco assurément l'un de ses plus beaux films : de ceux-là même qui font fondre le cœur.

L'édition vidéo

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