Titre original :
Onward
Production :
Pixar Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 06 mars 2020
Genre :
Animation 3D
IMAX
3-D
Réalisation :
Dan Scanlon
Musique :
Jeff Danna
Mychael Danna
Durée :
103 minutes

Le synopsis

Dans la banlieue d'un univers imaginaire, deux frères elfes, Ian et Barley, se lancent dans une quête extraordinaire pour découvrir s'il reste encore un peu de magie dans le monde...

La critique

rédigée par
Publiée le 25 février 2020

Marquant le retour des films originaux Pixar après deux suites consécutives, En Avant offre une belle histoire fraternelle terriblement touchante qui sans être révolutionnaire s'avère bien écrite, aussi drôle qu'émouvante, dépeignant un univers tant fantaisiste que coloré, le tout porté par des personnages attachants. Il est ainsi temps de prendre sa baguette de sorcier et de partir en quête de la magie perdue en compagnie de Ian et Barley...

La décennie 2010 a été une période de dix années chaotiques pour les studios Pixar, aussi bien du point de vue créatif que managérial.
Après des années 2000 où les studios de Luxo Jr. ont enchaîné les pépites et les chefs d'œuvre les uns après les autres, cette nouvelle décennie les a vus, il est vrai, devenir un studio comme un autre. D'abord, les spectateurs ont constaté que les artistes de Pixar étaient en panne d'inspiration. Sur onze films sortis, sept ont en effet été des suites. Alors certes, Toy Story 3 et Toy Story 4 se voient couronnés de l'Oscar du Meilleur Film d'Animation, mais ils côtoient dans la décennie Cars 2, peut-être le seul mauvais film du catalogue du studio à la lampe. Les films originaux n'ont, quant à eux, pas non plus tous convaincu : Rebelle a été accueilli tièdement par la critique mais s'est tout de même vu couronné d'un Oscar ; en revanche Le Voyage d'Arlo signe le premier échec financier et public de Pixar. Au registre des bonnes nouvelles, le studio de Luxo Jr peut tout de même revendiquer deux bijoux venus sauver la décennie : Vice-Versa et Coco, tous deux Oscar du Meilleur Film d'Animation mais surtout encensés par la critique et les spectateurs.

En interne aussi, la décennie 2010 a été synonyme de grands bouleversements. L'affaire Harvey Weinstein secoue ainsi le tout Hollywood et rattrape John Lasseter, le fondateur du studio et réalisateur iconique du premier Toy Story. Accusé d'avoir des manières déplacés vis-à-vis de ses collaboratrices, il est dans un premier temps contraint de prendre du champ pendant six mois dès novembre 2017 avant que Disney n'annonce le 6 juin 2018 qu'il quittera son poste avant la fin de l'année 2018 quand son contrat parviendra à son terme. À la suite de ce départ forcé, Pete Docter et Jennifer Lee se voient promus officiellement à la tête de Pixar Animation Studios pour le premier et des Walt Disney Animation Studios pour la seconde, amenant forcément un changement de management.
Après beaucoup trop de suites, le public attend donc de voir Pixar redevenir l'usine à rêve qu'il était et proposer de nouveaux univers. Les responsables des studios l'ont bien compris et l'annoncent : les films originaux redeviendront désormais plus nombreux. 2020 en est d'ailleurs un bel exemple puisque les deux films proposés, En Avant en mars et Soul en juin, sont des projets totalement inédits.

En Avant est donc à la base une idée originale de Dan Scanlon.
Né en 1976, ce dernier fait ses premières armes dans l'animation de longs-métrages qui sortent directement en vidéo en tant qu'animateur sur Joseph, le Roi des Rêves chez DreamWorks Animation puis en qualité de storyboarder sur La Petite Sirène 2 : Retour à l'Océan et 101 Dalmatiens 2 : Sur la Trace des Héros chez DisneyToon Studios. Il entre chez Pixar en septembre 2001, un mois avant la sortie de Monstres & Cie. Il travaille alors sur le scénario et les storyboards de Cars - Quatre Roues puis se voit promu réalisateur sur le cartoon Martin et la Lumière Fantôme. Pixar lui confie ensuite le scénario et la réalisation du long-métrage Monstres Academy. Il intègre parallèlement le Braintrust Pixar, un processus qui consiste à faire se réunir tous les réalisateurs du studio afin de parler des films en cours de développement, et suit de loin la plupart des films sortis. Il devient également producteur exécutif sur le cartoon, dérivé de Monstres Academy, QG de Soirée.

Comme beaucoup de films Pixar, En Avant tire son origine d'une histoire éminemment personnelle. L'idée provient en effet de la propre vie du réalisateur. Son père est ainsi mort alors qu'il n'avait qu'un an et son grand frère trois. Ils ne l'ont donc plus ou moins jamais connu et l'ont toujours vu comme une figure presque légendaire. Un jour, adolescents, son frère et lui se voient offrir par des proches un enregistrement de leur père où ils ont pu entendre deux mots : "Bonjour" et "Au revoir". Cette écoute, pourtant courte, les bouleverse et reste ancrée toute leur vie en eux. Entendre leur père des années après sa mort avait évidemment quelque chose de magique, presque irréel. L'histoire d'En Avant forme ainsi un double hommage que l'artiste a voulu mener. Il tient d'abord à remercier son aîné de s'être occupé de lui toute sa vie. Ce dernier va d'ailleurs dans le film retrouver des moments vécus avec son cadet lui ayant servi d'inspirations ; Dan Scanlon ayant puisé dans sa propre vie pour rendre le long-métrage authentique. En Avant est aussi pour le réalisateur une façon d'exorciser ce qu'il a vécu et surtout de mettre en image l'envie qu'il avait secrètement eu de faire revenir son père, même si cela ne devait l'être que pour une seule journée.

Le cœur d'En Avant est donc la superbe relation des deux frères Ian et Barley. Chacun d'eux affiche une personnalité diamétralement opposée. Le plus jeune, Ian, est plutôt du genre timide, manquant profondément d'assurance mais ayant la tête sur les épaules. Son frère aîné, Barley, est au contraire sûr de lui, n'a peur de rien et passe son temps dans son monde, prenant la vie avec désinvolture. L'aîné a toutefois beaucoup de respect pour son petit frère et veut tout faire pour l'aider et lui apprendre les choses de la vie. Le cadet, inversement, ne prend pas très au sérieux son frangin, pensant qu'il lui attire plus d'ennuis qu'autre chose. Les aventures qu'ils vont vivre pendant 24 heures vont leur permettre de renforcer le lien qui les unit, et surtout, de mieux se connaître l'un l'autre. Le long-métrage arrive ainsi à proposer une relation qui sonne vraie, magnifiquement nourrie de la propre expérience du réalisateur. Les dialogues sonnent particulièrement juste, les réparties toujours plutôt bien senties tandis que l'émotion s'installe crescendo au fur et à mesure que le récit avance. Les deux frères s'ouvrent petit à petit l'un à l'autre et se confient leurs propres craintes, regrets et envies. Forcément, En Avant parlera plus en fonction du propre vécu de chaque spectateur et du fait d'avoir ou non des frères ou sœurs. Par contre, la fin du film est certaine d'émouvoir son auditoire, surtout que la conclusion est au final assez inattendue dans la mesure où elle n'est pas celle que le spectateur aurait pu penser voir arriver logiquement au début du récit.

L'autre thématique d'En Avant est bien sûr celle du deuil et la gestion de l'absence d'un père. Là aussi, le film réussit à aborder le sujet de manière authentique grâce à des souvenirs que le réalisateur a distillé tout au long. La cassette audio que Ian écoute au début du récit rappelle, par exemple, celle reçue par Dan Scanlon et son frère ; le personnage pensant réussir à trouver dans l'enregistrement des conseils et du réconfort. Mais il trouvera surtout de la mélancolie, lui qui avait tellement de choses à lui dire puisqu'au final il ne connaît presque rien de son père. Il est donc à l'affût de la moindre anecdote qui pourrait le rendre plus palpable mais elles se font bien trop rares. Aussi, quand il lui est donné la possibilité de rencontrer son père pour une journée, il ne se fait pas prier. Il en découle alors une aventure extraordinaire où il espère réussir à dire tout ce qu'il a sur le cœur et évidemment rattraper le temps perdu. D'ailleurs, l'astuce consistant à ne faire revenir dans un premier temps qu'une moitié de corps, les jambes, est excellente car elle fait ressentir aux spectateurs l'envie d'en savoir plus. Elle crée un manque mais aussi un but : faire apparaître le buste et la tête afin de pouvoir - enfin - communiquer. Là encore, l'émotion est à son comble surtout dans le dernier tiers du film quand le compte à rebours arrive à son terme.

L'idée de faire revenir le père pour une journée épouse naturellement un côté magique et surnaturel. Dan Scanlon décide pour cela de créer un univers d'heroic fantasy un peu particulier, où la magie pourrait exister mais a été oubliée et où il faut partir à l'aventure pour la retrouver. Il imagine ainsi un monde peuplé de créatures extraordinaires, des elfes, des fées, des centaures, des satyres, des cyclopes, des licornes, des gnomes, des lutins menant une vie ordinaire. Et plus surprenant encore, là où le spectateur s'attend à un environnement médiéval fait de châteaux, de magiciens, de chevaliers et d'endroits merveilleux, En Avant se positionne à contre-courant et décide de transposer tout ce petit monde dans l'univers moderne contemporain avec des inventions humaines. En réalité, la démarche ressemble beaucoup à celle de la série Disney des années 90 Dinosaures, créée par le fils de Jim Henson, où des dinosaures vivaient dans un monde humanisé comme s'ils avaient évolué sur une Terre où une météorite ne serait jamais tombée. Dans En Avant, il est ainsi particulièrement amusant de voir des sirènes dans une piscine gonflable, un centaure dans une voiture trop petite, des fées conduire une moto ou alors tout ce petit monde prendre le bus ou regarder la télévision. La magie a ainsi disparu au fil des siècles à cause de la science qui est venue simplifier la vie de ces créatures là où la magie demandait plus d'efforts et où seul un faible nombre d'élus était capable de la pratiquer.

Pour mettre en image cet univers à mi chemin entre l'heroic fantasy et la réalité, Dan Scanlon a choisi de le rendre principalement familier pour le spectateur tout en lui apportant un petit quelque chose de fantastique qui le sorte de son quotidien. Le film utilise ici la règle du 70/30 : 70% d'une scène est ancré dans la vie de tous les jours et 30% affiche un élément imaginaire. Évidemment quand un personnage est à l'écran, dans la mesure où il s'agit de créatures fantastiques, le quota est vite atteint et il est difficile de remplir l'écran de davantage de bizarreries. La règle s'apprécie alors mieux quand le plan ne comprend que des décors : les artistes d'En Avant peuvent alors laisser libre cours à leur imagination en insérant, par exemple, des maisons en forme de champignon. Pour l'environnement, les décorateurs de l'opus se sont inspirés d'une ville de la banlieue de Los Angeles donnant une certaine ambiance californienne à l'ensemble. Au final, l'effet est vraiment réussi tant le public retrouve des éléments connus mais s'amuse à constater comment ils ont été détournés ou adaptés pour les personnages mythologiques. Cela peut passer par l'utilisation des objets, les voitures notamment, ou alors dans les comportements des créatures. Les licornes errantes farfouillent dans les poubelles comme le feraient des chats ou des chiens ou encore le petit dragon avec son collier sert d'animal de compagnie. Le décalage entre ce qui est attendu et ce qui est montré à l'écran est dès lors particulièrement amusant.

Pour retrouver la magie perdue qui leur permettra de faire apparaître le reste du corps de leur père, Ian et Barley partent donc dans une quête faite d'aventures et de mystères. Elle a d'ailleurs pour point de départ la passion de Barley pour les jeux de rôle. Le grand frère est en effet persuadé qu'il y a un fond de vérité dans ces légendes et qu'elles ont juste été oubliées avec l'avènement des technologies modernes. En Avant est ainsi un bel hommage aux rôlistes, ces joueurs un peu geeks aimant passer des heures sur des jeux de plateaux comme Donjons et Dragons. Dan Scanlon avoue qu'il connaissait très peu cet univers-là et a donc demandé à tous les artistes de chez Pixar, fervents joueurs, de venir l'aider en expliquant le concept et proposant des idées pour le film. Le long-métrage permet ainsi de développer une aventure sans temps morts où les héros doivent affronter diverses épreuves pour atteindre le but qu'ils se sont fixés. Alors certes, les péripéties vécues n'ont rien de vraiment inédit ou original, au point qu'En Avant ne peut pas vraiment être classé parmi le panthéon des films Pixar. Pour autant, l'ennui n'a jamais sa place et le récit propose assez de surprises pour faire passer un excellent moment aux spectateurs.

La grande force d'En Avant se trouve en revanche dans la nature et l'habile dosage de son humour. Le film prend en effet son temps durant tout le premier acte pour mettre en place son univers et son émotion sans forcément forcer sur la drôlerie. Mais à partir du moment où la quête est lancée, les situations cocasses s'enchaînent et les réparties fusent. Dès que les deux frères arrivent à l'auberge de la Manticore, le rythme s'accélère ainsi doucement jusqu'au grand final. Plusieurs scènes sont vraiment drôles : la rencontre avec la Manticore, celle où Barley est rétréci, la course-poursuite avec les motards, le contrôle par les forces de police... Même quand les moments sont poignants, comme celui du pont, ou intenses, comme le final, les artistes Pixar parviennent à glisser des détails qui feront sourire mais aussi s'esclaffer le public. Cet humour intelligemment dosé, allié à un univers emmitouflant, une émotion authentique et une aventure palpitante fait qu'En Avant est un film très agréable à suivre, à la manière d'un 1001 Pattes (a bug's life) qui, s'il n'est pas resté dans l'inconscient collectif en tant que meilleur film du studio, est bon à revoir régulièrement.

En Avant se voit d'ailleurs lui aussi porté par des personnages attachants et parfaitement définis.
Ian Lightfoot est donc un elfe qui vient d'avoir seize ans, le plus jeune de la famille composée de son frère aîné et de sa mère. D'une timidité maladive, il n'arrive même pas à inviter des camarades de classe à venir à son anniversaire. Il rêve en secret que quelqu'un lui donne le courage pour apprendre toutes les choses de la vie. Si sa mère l'aime beaucoup et le couve un peu trop, son père décédé alors qu'il était tout jeune lui manque énormément. Ce sera d'ailleurs un cadeau de son paternel prévu des mois avant sa mort qui lui permet de se rendre compte qu'il a des dons de magicien. Il va alors tenter de le faire apparaître pour une journée. Le personnage est particulièrement touchant de par sa fragilité et son manque de confiance en soi et doit beaucoup à sa voix aussi bien en anglais (Tom Holland, le Spider-Man des Avengers) qu'en français (Thomas Solivérès qui a été vu récemment dans le rôle d'Edmond Rostand dans l'excellent Edmond d'Alexis Michalik).

Barley Lightfoot est le frère aîné de la famille. Passionné de jeux de rôle, il se laisse un peu vivre et sa mère aimerait bien qu'il quitte la maison et qu'il se prenne enfin en main. N'ayant peur de rien, il est un débrouillard valdinguant dans sa camionnette brinquebalante qu'il a surnommée Guinevere. À l'inverse de son jeune frère, il croit profondément à la magie même s'il va vite se rendre compte, avec le cadeau de son père, qu'il n'a aucun don pour elle. Mais il est persuadé qu'ils doivent partir dans une quête afin de faire revenir leur père. La relation entre les deux frères fonctionne à merveille, les deux étant l'opposé l'un de l'autre. Barley est ainsi absolument convaincu de tout faire pour aider son petit frère qui, lui, le trouve un peu trop farfelu. La voix du personnage est tenue à merveille en anglais par Chris Pratt (le fameux Star-Lord dans Les Gardiens de la Galaxie) et en français par Pio Marmaï (vu notamment dans le film Santa & Cie d'Alain Chabat).

Dans le reste du casting, il sera noté la mère des deux garçons, Laurel Lightfoot, interprétée en anglais par Julia Louis-Dreyfus qui avait déjà été la voix de la Princesse Atta dans 1001 Pattes (a bug's life). Très protectrice, elle part à leur recherche dès qu'ils ont besoin d'aide et compte bien les sortir du guêpier dans lequel ils vont forcément tomber.
Corey la Manticore est, elle, un personnage truculent : doublée par Octavia Spencer (Les Figures de l'Ombre), elle est en effet une créature antique âgée d'un millier d'années, croisement entre un lion, une chauve-souris et un scorpion, qui, il y a des siècles, guidait les aventuriers dans leurs différentes quêtes. Mais voilà, les affres de la modernité lui ont fait oublier son véritable but dans l'existence tandis que les frères Lightfoot, en venant lui demander de l'aide, rallument la fougue endormie au fond d'elle qui ne demandait qu'à être ravivée.
Parmi les autres personnages, il sera également apprécié les amusantes fées motardes, le policier centaure ou encore le père Lightfoot sans buste.

D'un point de vue technique, En Avant, comme tous les films Pixar est parfait. Les décors, en particulier, sont de toute beauté avec une palette de couleurs variées. La seule chose qui pourrait lui être reprochée est peut-être qu'il n'a rien de vraiment révolutionnaire dans les visuels qu'il propose. Certes, les textures sont de plus en plus belles et l'animation exemplaire, mais Pixar ne semble pas avoir voulu offrir sur ce long-métrage une technique innovante ou des images sortant de l'ordinaire. Ils laissent sûrement ce champ-là au prochain Soul de Pete Docter dont la sortie est prévue en juin 2020.
Côté musique, Dan Scanlon fait appel aux compositeurs Jeff et Mychael Danna. Les deux frères ont déjà travaillé pour Pixar sur le film Le Voyage d'Arlo tandis que Mychael Danna seul a composé la bande originale du court-métrage Sanjay et sa Super Équipe. Ici, les deux artistes livrent une composition efficace qui sait alterner entre la musique épique et les notes plus émouvantes.
Côté anecdote, Dan Scanlon avoue que le choix du titre s'est fait un peu par hasard. Longuement désigné comme The Untitled Pixar Film That Takes you to a Suburban Fantasy World, il a fallu à la dernière minute trouver un titre, si possible court. Finalement, les artistes de Pixar ont opté pour le passe-partout Onward, traduit littéralement en français par En Avant.

Alors que les bandes annonces et les premières images ne vendaient pas un projet très prometteur, En Avant s'avère au final être un film fun et frais, divertissant et coloré. Certes, il ne révolutionne pas la filmographie Pixar mais il offre une aventure aussi émouvante que drôle et rythmée. Son propos sur le deuil et son traitement de la relation fraternelle y sonnent par ailleurs particulièrement juste.

En Avant... Pour la magie et l'émotion !

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