Buffy Contre les Vampires
Saison 1

Buffy Contre les Vampires - Saison 1
L'écran titre
Titre original :
Buffy the Vampire Slayer - Season 1
Production :
20th Century Fox Television
Date de diffusion USA :
10 mars 1997 - 2 juin 1997
Genre :
Fantastique
Création :
Joss Whedon
Musique :
Walter Murphy
Nerf Herder (Générique)
Durée :
516 minutes
Buffy Contre les Vampires - Autre(s) saison(s) :
Saison 01
Saison 02
Saison 03
Saison 04
Saison 05
Saison 06
Saison 07
Disponibilité(s) en France :

Liste et résumés des épisodes

1. Welcome to the Hellmouth
Bienvenue à Sunnydale - Partie 1
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 1
Date de diffusion USA : 10 mars 1997
Réalisé par : Charles Martin Smith
Durée : 43 minutes
Buffy démarre une nouvelle vie à Sunnydale où se réveille le Maître, un ancestral vampire.
2. The Harvest
Bienvenue à Sunnydale - Partie 2
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 2
Date de diffusion USA : 10 mars 1997
Réalisé par : John T. Kretchmer
Durée : 43 minutes
« La Moisson » doit redonner force au Maître qui veut ouvrir la Bouche de l'Enfer.
3. Witch
Sortilèges
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 3
Date de diffusion USA : 17 mars 1997
Réalisé par : Stephen Cragg
Durée : 43 minutes
Les membres de l'équipe des pom-pom girls sont une à une victimes d'un mauvais sort…
4. Teacher's Pet
Le Chouchou du Prof
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 4
Date de diffusion USA : 24 mars 1997
Réalisé par : Bruce Seth Green
Durée : 43 minutes
Alex ne sait plus où donner de la tête quand la nouvelle prof de biologie lui fait de l'œil...
5. Never Kill a Boy on the First Date
Un Premier Rendez-Vous Manqué
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 5
Date de diffusion USA : 31 mars 1997
Réalisé par : David Semel
Durée : 43 minutes
Giles confie une importante mission à Buffy le soir de son premier rendez-vous galant…
6. The Pack
Les Hyènes
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 6
Date de diffusion USA : 7 avril 1997
Réalisé par : Bruce Seth Green
Durée : 43 minutes
Alex et un groupe d’étudiants se montrent agressifs suite à une sortie au zoo…
7. Angel
Alias Angelus
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 7
Date de diffusion USA : 14 avril 1997
Réalisé par : Scott Brazil
Durée : 43 minutes
Buffy se rapproche sérieusement d'Angel jusqu'à ce qu'elle découvre sa vraie nature…
8. I, Robot... You, Jane
Moloch
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 8
Date de diffusion USA : 28 avril 1997
Réalisé par : Stephen Posey
Durée : 43 minutes
Willow scanne un livre maudit dont le démon prisonnier est relaché sur internet…
9. The Puppet Show
La Marionnette
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 9
Date de diffusion USA : 5 mai 1997
Réalisé par : Ellen S. Pressman
Durée : 43 minutes
Un meurtre qui semble l’œuvre d’un humain a lieu lors du concours de talents de l’école…
10. Nightmares
Billy
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 10
Date de diffusion USA : 12 mai 1997
Réalisé par : Bruce Seth Green
Durée : 43 minutes
Un enfant dans le coma matérialise les cauchemars des habitants de Sunnydale…
11. Out of Mind, Out of Sight
Portée Disparue
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 11
Date de diffusion USA : 19 mai 1997
Réalisé par : Reza Badiyi
Durée : 43 minutes
Une force invisible s’en prend à l’entourage de Cordelia, la nouvelle reine de Mai…
12. Prophecy Girl
Le Manuscrit
Genre : Episode télé
Série : Buffy Contre les Vampires
Saison 1 Épisode 12
Date de diffusion USA : 2 juin 1997
Réalisé par : Joss Whedon
Durée : 43 minutes
Giles décrypte enfin la prophétie : Buffy sera tuée par le maître lors de son avènement…

La critique

Publiée le 06 septembre 2020

Il fait nuit noire sur Sunnydale. Un garçon entreprenant entraîne une jeune fille dans le lycée lors d’un rendez-vous nocturne. Cette dernière semble avoir peur. L’ambiance se veut plus angoissante que romantique. S’inquiète-t-elle de ce qui va lui arriver ? Non ! La demoiselle se retourne, le visage transformé, l’œil jaune, la canine acérée, pour contre toute attente… sauter à la gorge de son prétendant. Bienvenue en enfer !

« À chaque génération il y a une Élue. Seule, elle devra affronter les vampires, les démons et les forces du Mal. Elle s'appelle Buffy… ».

Ces quelques paroles, cette rare introduction pré-générique servie lors d'une petite poignée d’épisodes seulement, résonnent pourtant et encore dans l’esprit des tout premiers fans de la série. Non, du phénomène planétaire. Non, de l’œuvre culte qu’est Buffy Contre les Vampires, créée par un certain Joss Whedon. Pourtant ce ne sont pas là les premiers pas de la plus célèbre et la plus unique des tueuses de vampires. Il faut remonter, en effet, à bien avant 1997 et voir au-delà du petit écran pour assister à sa (maladroite) naissance...

Au début des années 90, Joss Whedon - âgé d’une vingtaine d’années (il est né en 1964) - quitte son New York natal et l’université Wesleyenne du Connecticut pour la télévision de Los Angeles, afin de suivre les traces de son père et de son grand-père tous deux scénaristes. Vouant une admiration sans faille aux œuvres occultes et d’horreur, il éprouve cependant de la compassion pour la pauvre jeune fille blonde qui se fait toujours tuer. Il décide donc de changer la donne et de la venger. Il pense ainsi à une héroïne aussi forte qu'un homme et dotée de pouvoirs exceptionnels issue d'une longue lignée de femmes ayant pour but d’exterminer le mal, qui se retournerait subitement durant une course-poursuite, qui semblait pourtant perdue d’avance, pour éliminer son adversaire. Il rédige alors son premier script mêlant horreur, comédie et féminisme : Buffy the Vampire Slayer (variante de sa première version : Rhonda la serveuse aux pouvoirs surnaturels).
Remarqué par la productrice de théâtre puis de télévision Gail Berman (future directrice de Fox Broadcasting Company de 2000 à 2005) qui voit en l'écrit le potentiel d'une très bonne série, 20th Century Studios en achète finalement les droits. Mais... pour en faire dans l'urgence un long-métrage estival ! Malheureusement pour Whedon, la réalisatrice Fran Rubel Kuzui ne partage pas son point de vue et fait de son projet une comédie pour ados parodique de nanars horrifiques, occultant tout élément sombre de l’histoire de même que la vision féministe de l'auteur, qui finit par abandonner la production. En 1992, Buffy, Tueuse de Vampires, ayant pour premier visage celui de Kristy Swanson dans la ville de Los Angeles, est un échec cuisant, aussi bien critique et commercial. Si la pauvre Buffy - Bichette la Terreur en français tout de même ! - survit au massacre, elle semble pouvoir définitivement reposer en paix.

Le futur papa des Marvel's Agengers (2012) et Avengers : L’Ère d'Ultron (2015) du Marvel Cinematic Universe passe à autre chose. Whedon participe en effet à l'écriture du film d'animation Toy Story (1995) des studios Pixar - pour lequel il partage une nomination à l'Oscar du Meilleur Scénario Original - et signe Alien, la Résurrection (1997). Pendant ce temps, Berman et Kuzui perçoivent que l'anecdotique Buffy a peut-être plus à offrir qu'elles ne l'avaient imaginé. Le timing est de plus parfait et en totale adéquation avec le récent mouvement « Girl Power » fièrement prôné par les Spice Girls et une nouvelle génération de chanteuses américaines, ainsi que la série Xena, la Guerrière (1995/2001). Le monde de la télévision est enfin prêt à voir une jeune femme prendre le pouvoir. Contractuellement liées à Whedon, elles sont alors dans l'obligation de le contacter. De manière plutôt défaitiste, le pensant désormais uniquement intéressé par le cinéma, lui qui coécrit d’ailleurs Atlantide, l’Empire Perdu (2001) pour les Studios Disney.
Mais à leur grande surprise, il n'a jamais oublié son premier amour qu'il s'enthousiasme de ressusciter dans un format plus long, propice à davantage d'exploration et de profondeur. Si de nombreux labels trouvent l'idée quelque peu saugrenue, 20th Century Studios à travers 20th Century Fox Television se montre une nouvelle fois intéressé. Sans pour autant vouloir en assurer la diffusion, cédée à la chaîne montante The WB du groupe Warner Bros., à la recherche de programmes pour gonfler son audimat et combler une case vide. La première saison de Buffy Contre les Vampires vit alors une diffusion somme toute particulière. Après un épisode test d'une vingtaine de minutes tourné avec presque l'ensemble du casting final (comme quoi, il est dès le départ bien choisi), la série se voit rapidement lancée en milieu de saison pour combler le créneau bientôt laissé vacant par l’arrêt de Savannah en février 1997. Seulement douze épisodes sont alors commandés pour une diffusion entre mars et juin. Pour une seconde chance, ce n'est déjà pas si mal...

Buffy sort donc de sa tombe cathodique et doit trouver une nouvelle interprète. Katie Holmes et Selma Blair sont un temps envisagées, mais Sarah Michelle Gellar (née à New York en 1977) bataille dur pour hériter du rôle de Buffy Summers (qui porte volontairement le même nom de famille que Scott, le Cyclope des X-Men). Remarquée par la production après avoir remporté un Emmy Award en 1995 pour le soap opera La Force du Destin d'ABC, l'ancienne ambassadrice de Burger King à l'âge de quatre ans est contactée pour le rôle de... Cordelia Chase, la pimbêche du lycée. Las d'avoir déjà interprété ce genre de personnage deux ans durant et elle aussi exclue par ses anciens camarades pendant sa scolarité (car souvent absente pour cause de tournage), elle met en avant sa ceinture noire de taekwondo lors de ses nombreuses auditions pour accéder au rôle-titre dont elle se sent bien plus proche. Celui de Cordelia revient donc à Charisma Carpenter (née en 1970 à Las Vegas), serveuse aux quelques apparitions télévisées qui avait auditionné pour le rôle de Buffy.
Son nouvel Observateur - à la fois guide et protecteur de l’Élue - est attribué à l'acteur et chanteur britannique Anthony Stewart Head (né en 1964 à Londres et connu aux États-Unis pour les publicités Nescafé) après avoir délivré une prestation bien plus nuancée et bien moins guindée que ses concurrents du bibliothécaire (dans le civil) Rupert Giles dont il partage la nationalité. Nicholas Brendon (né en 1971 à Los Angeles), fait lui rire les directeurs de casting dans la peau d'Alexander Harris malgré son statut d'acteur débutant qui envisageait une carrière sportive avant de se tourner vers la comédie pour soigner son bégaiement. Seule nouvelle venue, Alyson Hannigan (née en 1974 à Washington), qui commence également dans la publicité avant de tourner au cinéma dans J'ai Épousé une Extra-Terrestre (avec déjà Seth Green), remplace à la demande de la chaîne l'actrice Riff Regan, le premier visage de Willow Rosenberg dans le pilote.

Le casting, tout simplement parfait, constitue un véritable atout pour Buffy Contre les Vampires. Rendant justice à leurs avatars si bien écrits, dont certains font fortement écho à ceux du long-métrage, l'alchimie et l'attachement vis-à-vis du public est immédiat. La benjamine de la bande et pourtant la plus expérimentée - même les cheveux châtains (une coquetterie qui sera corrigée) - incarne avec dévotion et justesse l'héroïne de Joss Whedon qu'il veut à la fois jolie et forte, confiante et empathique, qui n’aspire qu'à retrouver une vie normale avant d'être forcée à rendosser ses responsabilités. Le tout avec un soupçon de superficialité (elle reconnaît les vampires à leur garde-robe dépassée et provoque des sueurs froides à Giles quand lui prend l'initiative d'ouvrir un livre) qui la rend drôle, sympathique et surtout humaine. Buffy aurait pu être la meilleure amie de Cordelia si elle n'avait pas tenté de la tuer par accident, protagoniste encore discrète cette saison que les spectateurs prennent déjà plaisir à détester.
Tout comme le duo composé d'Alex (Xander en anglais) et Willow, amis de longue date et quelques peu décalés. Banal et on ne peut plus normal, il est le miroir à travers lequel le public découvre ce nouvel univers. Ces deux autres personnages qui décèlent rapidement la double vie de la nouvelle venue seront malgré eux de très bons alliés de la Tueuse qui agit normalement seule. Alex est ainsi un jeune garçon malicieux, maladroit et très à l'aise (gentiment lourdaud parfois), mais toujours volontaire pour cacher un sentiment d'inutilité qui lui jouera bien des tours. Tandis que Willow est une jeune fille discrète, douce et peu sûre d'elle (délicieusement nunuche souvent), mais petit génie de l'informatique qui a plus d'un tour dans son sac. De son côté, Giles fait figure d’autorité tout en faisant les frais de sa différence d’âge avec ses petits protégés. Érudit mais à la marge du monde moderne, ses mimiques et son humour anglais pince-sans-rire qui dénotent font toujours mouche.

Si Buffy Contre les Vampires apprendra toutefois à son audience de toujours se méfier des apparences, cet adage vaut également pour ses premiers épisodes. Alors que le potentiel narratif transparaît dès les premiers instants, le double épisode initial loin d'être mauvais - ainsi que les suivants au premier abord légers - ne reflètent en rien la très grande qualité qui sera apportée à la série. Pour des raisons évidentes de budget, Whedon oublie, en effet, la grande scène introductive des déboires de Buffy à Los Angeles. Le film n'est pas officiellement canon mais les grandes bases sont toutefois reprises ici : Buffy s'installe avec sa mère dans la « paisible » ville de Sunnydale après avoir découvert son rôle d'Élue et exterminé une horde de vampires (à la différence qu'ici, elle a mis le feu au gymnase de son ancien lycée). De même, Whedon souhaitait qu'un premier générique soit monté avec l'une des premières victimes en tête d'affiche pour immédiatement montrer aux téléspectateurs que personne n'est à l'abri. Mais trop coûteux d'en réaliser un second dès le troisième épisode.
De manière générale, les premiers plans sont assez maladroits, beaucoup de dialogues pompeux sont nécessaires pour aider le public à découvrir et comprendre la vocation et les motivations de Buffy (qui ne vit pas cela en parallèle comme dans toute narration classique car le choix est fait qu'elle soit déjà en activité), les costumes démodés sont le reflet d'une période que tout fashionista souhaiterait effacer, le méchant de l'histoire n'est pour le moment pas réellement menaçant et l'ensemble manque quelque peu de rythme. Hormis son côté fantastique, la série débute donc comme un épisode classique de programme pour adolescents en quête d'un lycée et d'une vie fantasmée bien plus cool que sont les leurs, comme a déjà pu leur présenter Beverly Hills 90210 (dont Buffy et et ses petits camarades partagent l'établissement scolaire d'ailleurs !). Sympa, mais déjà vu et pas bien folichon de prime abord. Pourtant, le charme opère...

L’ambiance est solennelle et pesante. L'humour est omniprésent et bien senti, s'amusant volontairement de l'absurdité de certaines situations où de l’aspect caricatural tout autant voulu de certains personnages. Recette facile mais toujours efficace, la promesse d'une romance naissante entre la jeune demoiselle et le beau brun ténébreux tout autant mystérieux suscite déjà l’intérêt. Même les scènes d’action désuètes aujourd’hui se regardent avec un certain amusement bienveillant. Cette première saison a en fait la chance de posséder le charme de l’ancien. Et puis bon sang, quel avenir et quel fardeau va devoir porter sur ses frêles épaules la si gentille Buffy qui n'aspirait qu'à une vie normale ? Car le titre de Buffy Contre les Vampires est également trompeur. Ne se limitant pas aux légendaires créatures nocturnes allergiques au soleil, à l'argent, à l'ail, aux croix et à l'eau bénite, c'est un véritable bestiaire qui attend la Tueuse. Sorcière, mante religieuse, démon et autre marionnette psychopathe sont également au rendez-vous.
Ces épisodes indépendants de la trame vampirique mais qui en profitent pour aborder parfois de vraies questions de société ne doivent cependant pas être sous-estimés. Loin d'être inutiles et insignifiants, ils sont le reflet et de véritables métaphores de la vie adolescente. Dans Sortilèges, c'est sur un fond de lutte de pouvoir au sein de l'équipe de pom-pom girls, que Buffy aspire à s'intégrer parmi ses camarades et oublier quelques temps son devoir qui la condamne à une vie de solitude, tandis que sa camarade Amy (Elisabeth Anne Allen) souffre de la pression familiale et d’une anorexie sobrement suggérée. Dans Les Hyènes, ce sont les mauvais rapports et les mauvaises influences qui sont abordés quand une malédiction permet à Alex d’acquérir la confiance qui lui manque pour se démarquer. Dans Moloch, Willow, déjà en avance sur son temps (ce sont les débuts d'internet) s'amourache d'un dangereux prétendant virtuel.

Certains téléspectateurs pressés peuvent penser que ces péripéties annexes ralentissent et engourdissent la trame principale. Mais c’est surtout l’occasion de mettre l’accent et de se concentrer sur l'humain plutôt que le méchant de la semaine. L'une des autres grandes forces de Buffy Contre les Vampires est en effet de prioriser l’émotion sur l’action. Chaque protagoniste bénéficie ainsi d’un temps précieux, de SON petit moment de gloire, qui permet de le mettre en avant ou de le creuser davantage, la série sachant faire évoluer ses personnages jusqu'à maturité. Willow en sera d'ailleurs le meilleur exemple. Ainsi, de nombreuses thématiques sont soulevées (qui ne sont rien à côté de celles qui seront posées par la suite) comme le malaise adolescent, la place de chacun, celle de la Femme, l’intégration, la différence, les responsabilités non désirées qui arrivent bien trop tôt, l’amitié… Les monstres parfois anecdotiques il est vrai, sont en réalité une excuse pour mettre en image des interrogations bien réelles et universelles.
Billy par exemple est l'occasion de faire vivre de manière concrète les pires cauchemars des habitants de Sunnydale (en corrélation avec la violence faite aux enfants). Si ceux d'Alex et Willow sont traités de manière comique, Buffy par exemple entend les pires mots de la part d'un père absent qu'elle ne voit que trop rarement, quand Giles se voit échouer dans son rôle de mentor et ne peut empêcher la transformation de sa protégée en vampire. Mais la palme revient sans conteste à Cordelia, qui se voit affublée d'horribles cheveux et vêtements ! Cette dernière quelque peu délaissée cette saison est cependant l'un des sujets de l'avant-dernier épisode Portée Disparue. Faussement adulée et finalement terriblement seule, elle finit par se rapprocher malgré elle de Buffy (qui revit à travers cette star du lycée sa gloire passée), quand une élève devient tout simplement et littéralement invisible à force d'être ignorée de tous (Clea DuVall, The Faculty).

L’amour sous toutes ses formes y tient une grande place également. Familial, à travers la relation exclusive mais conflictuelle de Buffy avec sa mère. Maman aussi inquiète que dévouée, Kristine Sutherland (Chérie, J'ai Rétréci les Gosses) incarne en effet ici une Joyce Summers qu'il est impossible de ne pas aimer. Toujours de bons conseils (d'un point de vue parental bien évidemment) mais n'ayant aucune connaissance des activités extrascolaires de sa fille, elle ne se rend pas compte de leur double signification et leur portée. De substitution, à travers Giles qui fait office de figure paternelle, protectrice certes, mais merveilleusement complice. Avec un grand « A » bien évidemment. Qu’il soit unilatéral, à travers le triangle formé de l’affection secrète que porte Willow pour Alex et l'amour transi que porte ce dernier pour Buffy. Qu’il soit passionnel et inconditionnel enfin, comme les prémices de l’histoire interdite et maudite qui unit Buffy à Angel. Et ce n’est que le début.
En effet, Alias Angelus, constitue un véritable pivot dramatique dans la saison. Et de la série en général. La légèreté des débuts s'agrémente d'un aspect plus sombre et mélancolique, avec cette future histoire aussi romantique que tourmentée entre la chasseuse de vampires et celui doté d'une âme (qui ne devait apparaître que dans le double premier épisode, pour finalement obtenir sa propre série). Angel va jusqu’à tuer celle qui l'a engendré, Darla (Julie Benz : Dexter, Desperate Housewives, No Ordinary Family), pour protéger l’Élue. En marge de ce petit groupe soudé, ne manquait que le ténébreux Angel, campé par David Boreanaz (né en 1969 à Buffalo), découvert par son agent en promenant son chien. Buffy Contre les Vampires touche ainsi la corde et les cœurs sensibles avec cette passion dévorante qui fit rêver des millions de téléspectatrices, sans pour autant dérouter les férus de fantastique allergiques aux mélodrames. Tous ces éléments aussi parlants les uns que les autres font que le succès et l'attachement du jeune public ne sont pas si surprenants.

Le lycée - lieu de consécration ou véritable enfer sur Terre - est ainsi l'endroit parfait pour laisser libre cours aux idées de Joss Whedon et de son équipe. Les grandes questions existentielles et les actes non réfléchis sont en effet affaires courantes avant l'âge adulte, une période de la vie synonyme d’insouciance et de mépris du danger. Et cela tombe bien, Sunnydale repose également sur la Bouche de l'Enfer ! S'il signe l'écriture des deux premiers épisodes et du tout dernier - pour lequel il fait ses débuts de réalisateur - le créateur, producteur et show runner fonde dès 1997 sa société Mutant Enemy qui regroupe une équipe d'auteurs fidèles (Whedon écrira 26 épisodes, Marti Noxon et Jane Espenson 23, David Fury et Doug Petrie 17). Qualifiés et reconnus, certains travailleront par la suite sur Lost, les Disparus et 24 Heures Chrono. Whedon délègue certes énormément l'écriture mais il est tout de même présent chaque jour de tournage (jusqu’à la fin de la cinquième saison) et valide toute idée scénaristique qui n'est pas la sienne avant développement.
Tout n'est pourtant pas si simple. Le budget est particulièrement serré. Seulement huit jours de préparation et tout autant pour le tournage - beaucoup de nuit bien évidemment - par épisode sont prévus. Il s'effectue dans des hangars situés à Santa Monica (les égouts dont les vampires se servent en journée sont modulables à souhait pour limiter les frais) et sur les parkings des studios (où est reconstruit le cimetière), pendant que les extérieurs sont tournés dans la ville et le lycée de Torrance. Ce qui pâtit le plus des restrictions budgétaires, ce sont bien sûr les rêves de grandeur de Whedon pour les scènes d'action, réduites pour le moment à l'utilisation de saltos, roues et autres prouesses acrobatiques peu coûteuses et agrémentées de bruitages un peu too much dont seules les années 90 ont le secret. Mais rien de bien grave, la surenchère ne constitue pas l'âme de Buffy Contre les Vampires. Les effets spéciaux numériques sont utilisés avec parcimonie, majoritairement lors de la désintégration poussiéreuse encore sommaire des vampires ou de l’apparition de sortilèges.

Concernant les effets classiques, un grand soin est déjà apporté au maquillage composé de prothèses, lentilles et autres accessoires en tout genre pour donner vie aux monstres. Avec plus ou moins de réussite tout de même, au grand dam de la mante religieuse géante et de l'ambitieux monstre des Enfers de fin de saison. Les vampires tenant une place de premier choix dans le programme, ils sont logiquement chouchoutés et n’ont rien à envier à leurs homologues du grand écran. Il est délibérément prévu qu'ils aient un faciès normal pour se mêler à la foule, mais révèlent une allure plus monstrueuse lors des combats à grand coups de traditionnels morphings. Il était en effet juste impensable que Buffy puisse exterminer des monstres dotés d’une apparence humaine à la télévision. La censure n’est jamais loin ! Une attention toute particulière est portée au Maître (Mark Metcalf), LE vilain de ce premier arc. Réputé pour être le plus ancien et puissant des vampires connus, une apparence toute particulière lui est donnée avec un visage se rapprochant de celui d'une chauve-souris et du célèbre Nosferatu.
Dommage que cette attention cosmétique soit plus importante que la place qui lui est donnée dans le récit. Censé être la menace ultime qui doit ouvrir la Bouche de l'Enfer, il se révèle être un antagoniste finalement peu complexe et avare en révélations, limité dans ses actes et dans son espace de par son récent réveil et l'attente du jour J. Apparaissant uniquement et anecdotiquement dans une poignée d'épisodes seulement, cette petite saison lui accorde peu de place. Malgré cela, la menace n'est cependant jamais loin. Véritable fil rouge jusqu'au fameux « season finale » (le dernier épisode de la saison), cette inconstante présence permet de tenir en haleine le public, à qui il est promis un dénouement des plus palpitants. Une recette qui marche et deviendra le canevas de la saga Buffy Contre les Vampires. Il faut en effet attendre l'ultime épisode pour rendre justice à la menace que représente le Maître. Pour Sunnydale... et pour Buffy.

Il convient donc de patienter jusqu'au tout dernier épisode nommé Le Manuscrit (son titre américain Prophecy Girl étant beaucoup plus exact) pour rendre le premier méchant digne de son rang. Demi-saison test, cette conclusion est par contre des plus efficaces, maintenant tout du long le spectateur sous tension. Giles en informe Angel : Buffy va affronter le Maître et mourir. Elle entend dans l'ombre la révélation et c'est là l'occasion pour Sarah Michelle Gellar de montrer toute l'étendue de son talent (déjà entr'aperçu durant de courts instants lors de la saison) qui fait de Buffy, l’héroïne humaine et complexe pour qui le public se passionnera inconditionnellement. L'occasion également de retrouver l'ensemble du casting pour ce final, dont le personnage de Jenny Calendar (Robia LaMorte), le professeur d'informatique du lycée qui aida Giles à se sortir de ses affres cybernétiques et qui reviendra plus longuement dans la prochaine saison dans un rôle conséquent et passionnant.
Résignée et apprêtée de sa robe de bal blanche et son blouson de cuir noir qui rappellent malicieusement la tenue du final de Buffy, Tueuse de Vampire (à ce propos, la réalisatrice Kuzui et son mari restent de leur côté producteurs exécutifs de la série via Kuzui Enterprises sans jamais prendre part à la production, complétée par la société Sandollar Productions cofondée par la chanteuse et actrice Dolly Parton), Buffy affronte ENFIN le Maître ! Si la prophétie se réalise quelque temps (et aura des répercussions dans la saison deux), c'est finalement Alex, qui se sent banal et le moins utile, qui a probablement le plus grand rôle à jouer... Plus forte et déterminée que jamais, l’Élue se relève, désormais prête à relever tous les défis et affronter avec réussite (bien évidement) sa destinée, sur le thème retentissant du générique de Buffy Contre les Vampires qui laissera place à une version acoustique plus douce et quelque peu mélancolique une fois le mal évincé et le retour promis d'une vie normale. Aussi normale qu'elle puisse l'être à Sunnydale !

Il est en effet impossible de penser à Buffy Contre les Vampires sans son inoubliable générique. Un son nerveux et déjanté qui dénote des génériques gentillets habituels et donne immédiatement le ton, signé du groupe californien à la fois pop, rock, punk et nerd Nerf Herder (baptisé ainsi en référence à une réplique cinglante de la princesse Leia envers Han Solo dans Star Wars : L'Empire Contre-Attaque). C'est d’ailleurs Alyson Hannigan qui conseille le morceau à Whedon en recherche d'un thème. Les groupes musicaux sont également à l'honneur durant les épisodes. Apparaissant régulièrement sur la scène du Bronze - la seule boite de nuit de la ville et lieu de rendez-vous nocturne en dehors du cimetière - c'est l’opportunité d'offrir un peu de visibilité à de jeunes artistes tout en alimentant la bande son des épisodes. Le Bronze accueillera tout de même K's Choice ainsi qu'Aimee Mann (connue aux États-Unis et nommée à l'Oscar de la Meilleure Chanson Originale pour Magnolia) et le succès du show entraînera la sortie de plusieurs albums musicaux.
Concernant la partition originale, celle de cette première saison est confiée au compositeur et producteur Walter Murphy (né en 1952 à New York). Découvert à la fin des années 70 pour sa reprise disco de la Symphonie n°5 de Beethoven (!), il s’intéresse également au monde du cinéma et de la télévision. Il signe notamment les musiques des (Les) Griffin et d'American Dad! (dont son fameux thème Good Morning USA) également chez 20th Century Fox Television, puis est co-nommé à l'Oscar de la Meilleure Chanson Originale pour le film Ted. Composée elle aussi très rapidement (une semaine de délai par épisode), son travail classique, oubliable et quelque peu vieillissant ne vaut pas celui que fournira par la suite Christophe Beck (Percy Jackson : Le Voleur de Foudre, La Reine des Neiges, La Reine des Neiges II, Ant-Man, Ant-Man et la Guêpe), qui donnera dès la saison deux un véritable thème à Buffy et Angel, ainsi que toutes ses lettres de noblesse à la série.

Comme prévu, le premier double épisode de Buffy Contre les Vampires est diffusé le 10 mars 1997 sur The WB devant 4,8 millions de téléspectateurs. Une première tout à fait honnête pour une petite chaîne. Mais les chiffres baissent par la suite pour atteindre le plus bas (de toute la saga) durant les épisodes huit et neuf. Fort heureusement le season finale regroupe 4 millions de curieux, permettant de réaliser en moyenne une audience de 3,7 millions de fidèles lors de cette première diffusion. Un score toutefois satisfaisant pour la chaîne qui commande une deuxième saison de vingt-deux épisodes. En France, ce premier arc débarque le 3 avril 1998 sur la chaîne Série Club, avant de faire les beaux jours - plutôt les belles soirées d'été - de la chaîne M6 dès le 3 juillet de la même année et d'intégrer La Trilogie du Samedi (rendez-vous en prime time incontournable des adolescents qui n’avaient pas encore l’âge de sortir le soir, ou des adultes qui se privaient de le faire pour ne pas manquer l'épisode tant attendu de leur show préféré).
Son ratage cinématographique et cette demi saison télévisée de remplacement qui ne déplace pas les foules lors de sa première diffusion américaine ne pouvaient encore laisser penser que Buffy Contre les Vampires toucherait en plein cœur des millions d'adolescents, devenant rapidement LA référence, LA série culte de toute une génération (et qui inspirera bon nombre d'autres programmes tels que Charmed, Smallville, Veronica Mars, True Blood ou encore Vampire Diaries). Whedon est de son côté ravi de cette version bien plus fidèle et bien plus sombre de sa Buffy, à mi-chemin entre X-Files : Aux Frontières du Réel et Angela, 15 Ans (qu'il affectionne particulièrement). Chaque épisode prend en effet des allures d’enquête fantastique - qui mèneront les fans à rebaptiser affectueusement Buffy, Alex, Willow, Cordelia et Giles le « Scooby-Gang » (en référence aux enquêteurs de la célèbre série animée Scoubidou) - alliant parfaitement comédie, drame, action et romance comme dans toutes les grandes œuvres. Une formule tout simplement parfaite !

Juste après ce premier clap de fin, Sarah Michelle Gellar profite de sa pause pour... travailler. Encore méconnue du grand public, elle tourne en toute discrétion le slasher movie Souviens-Toi l’Été Dernier (genre qui bénéficie d'un regain d’intérêt grâce au succès de Scream l'année précédente, qu'elle voit d'ailleurs au cinéma avec Alyson Hannigan et Charisma Carpenter) et trouve le temps de faire une apparition dans Scream 2 dans un rôle tout spécialement écrit pour elle. Deux autres projets pour lesquels elle joue ironiquement les bruyantes « scream queens ». Puis le succès surprise et foudroyant de la rediffusion des épisodes de Buffy Contre les Vampires durant l’été (qui permet à de nombreux Américains de la découvrir) lui parvient aux oreilles... Le retour sur les plateaux pour la deuxième saison est donc plus qu'attendu et s'annonce de bon augure. Mais tout comme l'état d'esprit de son personnage, la jeune actrice est encore loin d'imaginer qu'elle va incarner l'Héroïne de cette fin de XXème/début de XXIème siècle et devenir l’icône de toute une génération.

« La vie est courte. Vis le moment présent parce que demain tu seras peut-être morte ! »

Cette philosophie de tueuse annoncée dès le premier épisode - aussi courte et efficace que basique et véridique - ne se veut pas prémonitoire et ne vaut fort heureusement pas pour la série ! Buffy survivra au départ de Joss Whedon, à un changement de chaîne, à sept saisons télévisées, à la suite de ses aventures sous forme de comics… et à la mort elle-même. Mais tout ceci est une autre histoire. Œuvre pleine de surprises et de rebondissements, faussement futile et naïve, à la fois simple et ambitieuse, les choses sérieuses peuvent commencer... Pour le meilleur et pour le pire.

Saison introductive et d’échauffement qui cherche à trouver ses marques, ce premier pan de Buffy Contre les Vampires n’est en rien le reflet de la future orientation de la série : plus complexe, adulte, sombre et tragique qu'elle ne parait. Bénéficiant à la fois d'une légèreté appréciable pour cette entrée en matière et de beaucoup d'ironie (jamais autant de lycéens n’auront fréquenté - même par procuration - une bibliothèque, le QG du groupe), ce premier arc s’apprécie déjà pour ses grandes qualités. D'autant plus pour ses petits défauts qui lui donnent un charme certain. Et définitivement pour l'implication sans faille de Joss Whedon, son casting des plus réussis, ainsi que la personnification parfaite et toute en subtilité de Sarah Michelle Gellar.

Passionnante et passionnée, SA Buffy est faite pour durer.

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