Titre original :
Ron's Gone Wrong
Production :
20th Century Animation
Locksmith Animation
TSG Entertainment
Date de sortie USA :
Le 22 octobre 2021
Distribution :
20th Century Studios
Genre :
Animation 3D
Réalisation :
Sarah Smith
Jean-Philippe Vine
Musique :
Henry Jackman
Durée :
106 minutes
Disponibilité(s) en France :
Autre(s) disponibilité(s) aux États-Unis :

Le synopsis

Dans un futur proche, la majorité des adolescents ont un B*Bot. Cette machine est dotée d’une intelligence artificielle analysant les intérêts de l’utilisateur et lui permet de se faire de nouveaux amis grâce à un algorithme créé par la société Bubble. Barney Pudowski est pourtant un jeune adolescent qui n’a malheureusement pas de B*Bot : il a d'ailleurs bien du mal à se faire des amis au collège. Le jour de son anniversaire, son père lui offre ladite machine. Pas de chance, elle semble défectueuse…  

La critique

rédigée par
Publiée le 14 novembre 2021

Après la sortie du film Les Incognitos et la fermeture des Blue Sky Studios le 10 avril 2021, Hollywood se retrouve avec un studio en moins dans le paysage de l’animation. The Walt Disney Company, quant à elle, s'est privée de potentiels projets qui auraient sans doute apporté un peu plus de diversité à son catalogue. Ron Débloque sorti par 20th Century Animation est malgré lui le témoin de ce qu'aurait pu consistuer cet apport : un film certes imparfait mais rempli de qualités.

Jean-Philippe Vine (alias J.P. Vine) est l’un des réalisateurs de Ron Débloque. Connu pour avoir travaillé chez Pixar en tant que storyboardeur pour Vice-Versa, Le Voyage d’Arlo ou encore Cars 3, il a également participé chez Aardman Studios sur Wallace et Gromit : Le Mystère Du Lapin-Garou, la série Shaun Le Mouton ainsi que le long-métrage Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais En Tout. Sur Ron Débloque, il s'adjoint un coréalisateur en la personne d'Octavio E. Rodriguez, déjà vu sur de nombreuses productions chez Disney : Les Indestructibles 2, Coco, Monstres Academy, American Dragon : Jake Long, Star Wars : The Clone Wars. Il travaille également sur Spider-Man : Into the Spider-Verse 2.

Sarah Smith est, pour sa part, une productrice et scénariste anglaise. Elle commence ainsi sa carrière en tant que productrice de nombreuses séries britanniques comme Fist Of Fun, Nighty Night et Le Club Des Gentlemen et remporte alors de nombreuses récompenses pour son travail : un BAFTA et un Sony Award dans la catégorie meilleure comédie ainsi qu’une Rose D’Or à Montreux. Elle est recrutée par Aardman Studios en 2006 chez qui elle dirige et co-écrit le film Mission : Noël - Les Aventures de La Famille Noël ; l'opus se voyant nommé en 2011 pour un BAFTA, un Critics Choice Awards et un Golden Globe dans la catégorie Meilleur Film d’Animation. Il remporte par ailleurs un Regional Critics Award et devient le film d’animation comptabilisant le plus d'entrées au box-office anglais en 2011 mais aussi celui décrochant le plus de critiques positives. Par la suite productrice exécutive du film Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais En Tout,  Sarah Smith fonde avec sa collaboratrice Julie Lockhart un tout nouveau studio d’animation, Locksmith Animation, qui annonce 12 octobre 2017 son tout premier projet de long-métrage d’animation : Ron Débloque. Originellement proposé à Paramount Pictures, l'opus est plus tard confié à 20th Century Fox avant son acquisition par The Walt Disney Company. Il s’agit ainsi du seul film distribué par le studio, Locksmith Animation ayant par la suite signé un nouveau contrat avec Warner Bros.

Barney Pudowski est un collégien plutôt marginal qui a beaucoup de mal à se faire des amis. Tout le monde dans son collège a ainsi un B*Bot, un robot ovale au design personnalisable qui possède grosso modo les mêmes usages que les téléphones portables et les réseaux sociaux en général. La fameuse machine se révèle en plus être un outil important pour s’intégrer dans la société ; les B*Bot étant munis d’un algorithme qui permet à chaque utilisateur de se faire des amis en fonction de son profil. Le père de Barney décide donc de combler ce manque et lui en offre un pour son anniversaire. Malheureusement, le B*Bot  en question est défectueux : il n’arrive pas à se connecter au nuage, manque énormément de mises à jour et prend pratiquement tout au pied de la lettre. Barney va donc essayer de faire de son B*Bot, dénommé Ron, son meilleur ami malgré ses nombreux ratés.

Ron Débloque semble dès ses premières minutes se présenter comme un énième film sur la génération d’adolescents vivant entourés de nouvelles technologies, dénonçant alors ses dérives. Pourtant, s'il a l'air d'être convenu dans ses intrigues, il demeure bien exécuté et les messages que les spectateurs en tirent sont honnêtes et pertinents. Cela tient sans doute de l’angle pris par le film cherchant à axer son histoire sur la construction d’une amitié. Le côté naïf de Ron est ainsi une belle opportunité pour Barney de prendre conscience de certaines choses à ce sujet ; ce duo partageant alors quelques similarités avec Hiro et Baymax du film Les Nouveaux Héros. Barney est ainsi un personnage terriblement attachant : sa relation naissante avec le robot défectueux permettant d'en apprendre toujours plus sur lui. Si Ron a droit à des moments très drôles lorsqu’il doit trouver à Barney des amis, il vit aussi des scènes émouvantes et attachantes, notamment entre les deux protagonistes.

Les personnages secondaires sont, pour leur part, un peu plus nuancés qu’ils n’y paraissent au premier abord. Savannah est dans le lot une jeune influenceuse populaire qui conçoit toutes ses relations autour des fameux réseaux sociaux et de ce qu’elle partage sur le net. Imbue d’elle-même et narcissique, elle gagne fort heureusement en humilité à la suite de quelques incidents. Rich, quant à lui, est l’archétype du tyran qui se moque souvent de Barney, accompagné de ses deux acolytes. À l’aide de son B*Bot, il envoie ainsi des vidéos où il fait toutes sortes de farces afin d’accumuler des vues, quitte à pousser le bouchon trop loin.

Barney vit avec son père Graham et sa grand-mère Donka. Le premier est un acharné de boulot qui fait tout ce qu’il peut pour rendre son fils heureux, quitte à le voir moins souvent tandis que la seconde est un personnage plutôt fantasque qui fait souvent sourire les spectateurs par son excentricité et son attachement à son petit-fils et tout autant ses origines bulgares. La représentation est ici subtile et tout à fait bien amenée.

Enfin, Marc est le créateur des B*Bots et du fameux algorithme qui permet aux robots de trouver des amis à leur utilisateur. Pétri d’ambition et de bonne volonté, ce jeune homme a justement créé les B*Bots pour que les gens puissent se connecter de plus en plus entre eux. Lorsqu’il découvre qu’un robot défectueux est entre les mains d’un adolescent, il désire ardemment en savoir plus sur ces dysfonctionnements. L’antagoniste de Ron Débloque se trouve alors être l’associé de Marc, Andrew, un homme dont le seul intérêt est le profit. Un B*Bot défectueux étant très dangereux pour la compagnie Bubble, il va cherche à s’en débarrasser par tous les moyens, quitte à dépasser les bornes de l’éthique. Malgré un dessein et des moyens indéniablement en raccord avec le message que souhaite faire passer le long-métrage, il est tout de même dommage de constater à quel point le méchant de l’histoire est campé de façon caricaturale. Tout à fait générique, Andrew est ainsi loin d’être mémorable.

L’animation de Ron Débloque est tout à fait convenable malgré les difficultés liées au travail à distance dû à la pandémie de COVID-19. Le design du B*Bot, d’un blanc épuré, fonctionne bien et malgré son visage pixélisé, offre à Ron plusieurs mimiques intéressantes. D’ailleurs, ces fameux B*Bots peuvent changer d’apparence selon le souhait de leur utilisateur ; il est donc possible d’apercevoir dans le long-métrage des B*Bots tout à fait amusants. La conception des personnages humains est elle bien plus conventionnelle pour de l’animation 3D. Se retrouve tout de même une certaine ressemblance avec le character design de personnages des studios Aardman ;  surtout dans l’apparence des oreilles ou encore la forme rectangulaire des doigts. Locksmith Animation a manifestement su trouver dans sa collaboration avec la société d’effets visuels DNEG une patte graphique subtile et attrayante.

La bande-originale de Ron Débloque est sortie sous forme dématérialisée le 15 octobre 2021 et physiquement le 22 octobre 2021 sous le label Hollywood Records. Composée par Henry Jackman (Winnie l’Ourson, Les Mondes de Ralph, Captain America : Le Soldat de l’Hiver, Les Nouveaux Héros, Captain America : Civil War, Ralph 2.0), la partition du film demeure sympathique à écouter. Constitué principalement de sons électroniques faisant référence au thème principal, l'ensemble sait aussi se montrer grandiloquent quand il le faut même si, il convient de le souligner, tout ici manque d’originalité. Deux chansons originales, agrémentant l'opus, sont néanmoins plutôt réussies. La première est un morceau pop trés frais intitulé Sunshine, interprété par Liam Payne. La seconde, New Friends, chantée par Dave Bayley et également composée par Jackman, clôt pour sa part à merveille le film sur une note émouvante.

La voxographie de Ron Débloque présente en version originale un casting hétéroclite composé de nouveaux et de vétérans dans le doublage. Zach Galifianakis (Monsieur Link, Un Raccourci dans le Temps, Mission-G) signe ainsi un excellent travail dans le rôle de Ron, naïf, tandis que se remarquent aussi Jack Dylan Grazer (Luca) vocalisant Barney, Kylie Cantrall (Gabby Duran, Baby-Sitter d'Extraterrestres) Savannah, Ed Helmes (The Office, narrateur de Penguins) le père de Barney ou encore Justice Smith (La Face Cachée de Margo, Pokémon : Détective Pikachu) Marc, le créateur des B*Bots. Si toute l'équipe a dû réaliser le doublage à distance en raison de la pandémie de COVID-19, le résultat n’en demeure pas moins impeccable.

Ron Débloque était originalement prévu pour sortir le 6 novembre 2020. Mais le film a été maintes et maintes fois repoussé du fait du contexte sanitaire. C’est finalement le 9 octobre 2021 qu'il a droit à sa première lors du Festival du Film de Londres avant d'envahir 15 octobre 2021 les salles obscures britanniques, le 22 octobre 2021 les américaines et enfin à partir du 20 octobre 2021 les françaises. L'opus signe alors partout un petit succès malgré l'embouteillage des sorties de films à travers la planète. Les critiques sont quant à elles globalement bonnes, l'estimant divertissant malgré son manque d'originalité.

Ron Débloque ne réinvente certes pas le genre mais apporte une réflexion pertinente et essentielle sur l’amitié et l'utlisation des réseaux sociaux et écrans. Il ne lui manque finalement pas grand-chose pour qu’il devienne incontournable dans le catalogue Disney. Un film à ne pas négliger, en somme.

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