Next Avengers

Next Avengers
L'affiche du film
Titre original :
Next Avengers : Heroes of Tomorrow
Production :
Marvel
Date de sortie USA :
Le 2 septembre 2008 (Vidéo)
Distribution :
Lions Gate Films
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Jay Oliva
Gary Hartle
Musique :
Guy Michelmore
Durée :
78 minutes
Disponibilité(s) en France :
Autre(s) disponibilité(s) aux États-Unis :

Le synopsis

Douze ans après la défaite des Vengeurs face au terrible Ultron, une nouvelle génération de héros se dresse contre l’oppresseur.

La critique

rédigée par
Publiée le 10 octobre 2019

Cinquième titre de la série Marvel Animated Features, Next Avengers en est l’œuvre la plus originale en créant pour l’occasion plusieurs personnages jamais vus dans les comics.

Au milieu des années 2000, souffrant de la comparaison avec les films d’animation de DC Comics, Marvel décide de relancer sa production de longs-métrages d’animation. De cette collaboration fructueuse avec Lionsgate Entertainment sortiront directement en vidéo huit films, dont un regroupant deux moyens-métrages. Ces huit titres forment la collection Marvel Animated Features dont les sorties s’échelonnent de 2006 à 2011 (Les Vengeurs Ultimate en 2006, Les Vengeurs Ultimate 2 en 2006, Iron Man en 2007, Docteur Strange en 2007, Next Avengers en 2008, Hulk vs Thor et Hulk vs Wolverine en 2009, Planète Hulk en 2010, Thor - Légendes d’Asgard en 2011). L’univers Marvel étant très riche après ses nombreuses décennies d'activité, plusieurs chronologies et dimensions cohabitent. Tous ces univers méritant un système de classification pour que le lecteur et le spectateur s’y retrouvent, ils arborent donc chacun un nom de code alphanumérique sous la forme Terre-00000. L’histoire dite classique des comics se déroule ainsi sur la Terre-616, les aventures du Marvel Cinematic Universe sur la Terre-199999 tandis que Next Avengers quant à elle se situe sur la Terre-555326.

Dans un futur post-apocalyptique dominé par le robot Ultron, quatre adolescents dotés de pouvoirs sont élevés et entraînés par un Tony Stark grisonnant au sein d’une base secrète.
Créé par le scénariste Stan Lee, dessiné par Don Heck et Jack Kirby, le tout sous la houlette de Larry Lieber, l’homme de fer apparaît pour la première fois dans le 39ème numéro du comic book Tales of Suspense en mars 1963 avant d’obtenir en 1968 son propre titre avec The Invincible Iron Man. Membre fondateur et incontournable des Vengeurs autant dans les comics qu’au sein du Marvel Cinematic Universe, Iron Man endosse ici un rôle plus paternaliste envers les quatre jeunes héros. Partagé entre son désir de combattre Ultron pour venger ses amis et sa promesse de protéger leurs enfants, il doit finalement concilier les deux lorsque sa base est découverte.

Parmi ces enfants à protéger se trouve James Rogers, fils de Captain America et de la Veuve Noire.
Sa mère noircit les pages du numéro 52 de Tales of Suspense en avril 1964 pour sa première apparition. Natasha Romanoff, de son vrai nom, commence ainsi sa carrière comme ennemie d’Iron Man avant de quitter le côté obscur soviétique (presque obligatoire en pleine guerre froide) et de rejoindre les Vengeurs. Créée par Stan Lee, Don Rico et Don Heck, Black Widow est une combattante hors pair, experte dans tout ce qui peut neutraliser un adversaire (karaté, boxe, savate, kung-fu…) ; elle est également une tireuse d’élite renommée. Mais sa qualité première reste son aptitude pour l’espionnage, domaine où aucun autre personnage Marvel ne peut l’égaler. Au cinéma elle apparaît au sein du MCU à neuf reprises depuis 2010 et le film Iron Man 2, avant d’avoir enfin droit à son propre film Black Widow en 2020. 
Son père, Steve Rogers, est pour sa part, créé par le scénariste Joe Simon et le dessinateur Jack Kirby et débute sa carrière dans le premier numéro du comic book Captain America Comics en décembre 1940. Frêle jeune homme se portant volontaire pour une expérience militaire, il devient un combattant de renom avec l’aide du sérum de super-soldat mais surtout grâce à une volonté de fer et un sens du devoir sans faille. Sur grand écran dans le cadre du MCU, Chris Evans l’interprète à dix reprises depuis Captain America - First Avenger.
James Rogers est donc un adolescent de douze ans au potentiel exceptionnel, doté de l’agilité de sa mère et de la force de son père. Il est entraîné par Tony Stark pour être le leader de cette nouvelle équipe. N’ayant pas de souvenirs de ses parents, il est en proie aux doutes et semble faire une sorte de crise d’adolescence, dont il présente en tout cas plusieurs symptômes : cloîtré dans sa chambre, il refuse de s’entraîner et se rebelle contre l’autorité. Ce n’est qu’après avoir mis tout le monde en danger, en déclenchant bien malgré lui les hostilités avec Ultron, qu’il commence à se remettre en question et à assumer son rôle de leader.

Il est aidé pour cela par Torunn, fille du dieu Thor et de Sif la guerrière asgardienne.
Le dieu du tonnerre créé par le trio Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby fait ses débuts en août 1962 dans le comic book Journey Into Mistery #83. Bien qu’il fasse partie des plus anciens héros de Marvel, il faut patienter en France jusqu’en août 1971 et une publication dans le magazine Eclipso pour le voir enfin pointer le bout de son marteau. Dès le début, le succès du personnage est tel que le Comic Book américain change de nom après 125 numéros pour devenir The Mighty Thor. Côté salles obscures, l’asgardien préféré du public du MCU compte huit apparitions depuis Thor en 2011, magistralement interprété par Chris Hemsworth. Sa mère Sif est, quant à elle, une guerrière asgardienne créée par le scénariste Stan Lee et le dessinateur Jack Kirby. Elle fait ses débuts auprès de Thor dans le numéro 102 du comic book Journey Into Mystery en mars 1964.
Torunn, leur fille, est donc une adolescente de douze ans parfaitement consciente de ses origines asgardiennes. Son père n'étant pas sur Terre lors du combat final des Vengeurs contre Ultron, elle ne sait pas ce qu'il est advenu de lui et le prie régulièrement. Fière de ses origines, elle est dotée d’un redoutable sens de l’honneur et d’une bravoure presque à toute épreuve : lorsqu’elle perd ses premiers combats face aux troupes d’Ultron, le doute l’envahit en effet. Torunn se rend ainsi compte qu’elle ne peut pas vaincre ce tyran seule et doit se tourner vers ses frères d’adoption.

Vient ensuite le personnage le plus original de l’équipe : Azari, fils du roi du Wakanda T’Challa.
Issu de l’esprit du prolifique Stan Lee et de la plume de Jack Kirby, Black Panther, ou la Panthère Noire dans la langue de Molière, apparaît pour la première fois dans le numéro 52 du comic book Fantastic Four en juillet 1966. Il est le premier héros noir de l’histoire des comics. Au sein du MCU, il est interprété par Chadwick Boseman à quatre reprises (Captain America : Civil War en 2016, Black Panther en 2018, Avengers : Infinity War en 2018, Avengers : Endgame en 2019). Au cours de son histoire, il fait donc partie des Vengeurs tandis que côté sentimental il épouse Tornade, membre importante des X-Men même si, ici, rien ne laisse entendre qu’elle est la mère d’Azari, le spectateur familier de l’univers Marvel ne pouvant donc que spéculer sur l’origine maternelle de ce protagoniste.
Doué d’une agilité et d’une félinité indéniables, Azari est également capable d’émettre des décharges électriques plus ou moins intenses. Aucune précision au cours de l’histoire ne confirme ou n’infirme pourtant leur origine mécanique ou biologique. Moins casse-cou que les autres adolescents, il est sans conteste le plus sage et le plus patient de l’équipe. Cet état d’esprit lui vient sans doute de ses origines royales dont il a pleinement conscience. Tout comme ses camarades, son personnage évolue au cours de son aventure. Prudent au début de l’histoire, il finit par combattre courageusement un puissant robot Vengeur à l’effigie de son père.

Dans toute équipe qui se respecte, il faut un trublion. Ce rôle est dévolu au plus jeune du lot, Henry Pym Jr. Farceur et accumulant les gaffes, il est le fils de Giant-Man et de La Guêpe.
Créé par Stan Lee (scénariste) et Jack Kirby (dessinateur), Henry « Hank » Pym père apparaît pour la première fois en janvier 1962 dans le numéro 27 du comic book Tales to Astonish. Il commence son expérience héroïque sous les traits d’Ant-Man avant de grandir et d’endosser le costume de Giant-Man. Dans le cadre du MCU, Michael Douglas incarne un Hank Pym vieillissant, qui laisse son costume à Scott Lang, interprété par Paul Rudd avec un ton léger à quatre reprises (Ant-Man en 2015, Captain America : Civil War en 2016, Ant-Man et La Guêpe en 2018, Avengers : Endgame en 2019). Coté maternel, il s’agit de Janet Van Dyne. Créée par le même illustre duo que son époux, elle apparaît pour sa part dans le numéro 44 du comic book Tales to Astonish en juin 1963. Capable de réduire également sa taille jusqu’à deux centimètres et de posséder une paire d’ailes à chaque transformation, ce qui lui octroie le nom de La Guêpe, elle peut également projeter des rafales bio-électriques. Au cinéma, elle apparaît à trois reprises sous les traits d’Evangeline Lilly.
Pym Jr est donc le petit dernier de l’équipe, celui qui cherche sans cesse à jouer et semble ne pas prendre grand chose au sérieux. Il mûrit tout au long du film face aux terribles événements qui se produisent et devant lesquels il ne peut, dans un premier temps, que fuir. Il fait ainsi preuve d’un grand courage lorsqu’il est chargé de mettre Banner en colère pour obtenir l’aide de Hulk.

Dans ce futur post-apocalyptique, tous les enfants des Vengeurs ne sont toutefois pas sauvés par Iron Man. L’un d'entre eux, Francis Barton, le fils d’Hawkeye, a survécu grâce à son père.
Clint Barton de son vrai nom, Hawkeye est lui aussi créé par Stan Lee, Don Heck se chargeant de lui octroyer un visage. Sa première aventure se déroule ainsi dans le comic book Tales of Suspense en septembre 1964 dans le numéro 57. Archer à la vision exceptionnelle, il n’a néanmoins aucun pouvoir particulier. À l’instar de la Veuve Noire, il démarre comme adversaire d’Iron Man avant de rejoindre les Vengeurs. Dans l’histoire principale des comics (Terre-616), il se marie avec Barbara Morse dite l’Oiseau Moqueur, également héroïne de cet univers. L’acteur Jeremy Renner lui prête ses traits pour cinq films au sein du MCU, avant d’avoir droit à sa propre série sur la plateforme Disney+ en 2021. Dans Next Avengers, aucune allusion n’est faite quant à l’origine maternelle de Francis Barton. Ce jeune personnage vit depuis toujours à Ultra City et s'est placé à la tête des charognards, un groupe de rebelles créé par son père suite à la défaite contre Ultron. Car oui, Hawkeye qui, sans vouloir lui faire offense, est peut-être le moins puissant des Vengeurs de cette Terre-555326, a survécu ! Le spectateur ne sait pas comment il s’y est pris, si ce n’est qu'il s'est caché dans les catacombes avec de nombreux survivants - dont son fils - pour pouvoir les protéger. Finalement tué par ce dictateur robotique quelques années avant le début de ce film, il a pu former sa progéniture au combat.
Élevé dans l’idée qu'il est le dernier enfant des Vengeurs, Francis Barton fait preuve d’un caractère de véritable leader pour protéger les charognards, son groupe de rebelles. Cette âme de chef n'est pas sans créer quelques tensions avec James Rogers, la présence de deux coqs dans une même basse-cour nécessitant toujours un temps d’adaptation pour que le travail d’une équipe devienne efficient. 

Au cours de leurs aventures, et ayant besoin d’une arme de destruction massive pour combattre le terrible Ultron, la jeune équipe peut compter sur Hulk. Enfin presque car celui-ci, terré depuis des années dans le désert sous son apparence humaine, ne souhaite pas reprendre le combat pour ne pas laisser la bête reprendre le contrôle.
Créé en 1962 par l’inévitable duo formé de Stan Lee (scénariste) et Jack Kirby (dessinateur), Hulk a directement droit à son propre comics The Incredible Hulk. Dr Bruce Banner de son vrai nom, lorsqu’il n’est pas Hulk, il est accidentellement exposé à une forte dose de rayons Gamma lors d’une expérience qui tourne mal. Dès lors, à chaque fois qu'il est poussé à bout, le scientifique se transforme en colosse vert de plusieurs mètres de haut, à la puissance et la résistance exceptionnelles. Il devient alors le Titan vert. Version moderne de Dr. Jekill et Mr. Hyde, sa rage et sa force lui permettent de rejoindre tour à tour les Vengeurs et les Défenseurs, malgré les dommages collatéraux inhérents au faible intellect dont est pourvu le géant. Sur grand écran, le personnage de Bruce Banner apparaît à 7 reprises dont 6 au sein du MCU. Eric Bana lui prête d'abord ses traits en 2003 pour l’oeuvre de Ang Lee (Hulk), puis lui succède Edward Norton en 2008 sous les ordres de Louis Leterrier (L’Incroyable Hulk). Enfin, depuis 2012 c’est Mark Ruffalo qui craque ses chemises, d’abord dans Marvel’s Avengers (2012), puis Avengers : L'Ère d’Ultron (2015), Thor : Ragnarok (2017), Avengers : Infinity War (2018) et Avengers : Endgame (2019).

Responsable de la mort de presque tous les Vengeurs, Ultron est un adversaire redoutable.
Issu de l’esprit de Roy Thomas et de la plume de John Buscema, ce super-vilain fait de câbles et d’acier apparaît pour la première fois dans le numéro 54 du comic book Avengers en 1968. Créé dans l’univers classique par Hank Pym, Ultron finit par se retourner contre les humains. Aucune indication n’est toutefois donnée dans Next Avengers sur son ou ses créateurs. Il est ici extrêmement puissant et développe une armée depuis douze ans pour conquérir le reste du monde. Bien qu’étant à la base une intelligence artificielle, il possède quelques attitudes typiquement humaines comme la mégalomanie notamment. Au sein de son quartier général trônent en effet les tenues et équipements de tous les héros qu'il a vaincu, l’occasion pour le spectateur de s’employer à tous les reconnaître en appuyant sur la touche pause.

Déjà co-réalisateur dans la même collection pour les titres Iron Man et Docteur Strange, Jay Olivia offre ici une cure de jouvence à l'équipe des Vengeurs. Il fournit au spectateur un travail convaincant en terme de réalisation. Les coups de crayons sont notamment très agréables bien que classiques. Le rythme est soutenu et les différents plans-séquences parviennent presque à faire oublier le scénario inachevé de Christopher Yost. Coté musique, le chef d’orchestre est, comme pour toute la collection Marvel Animated Features, Guy Michelmore. D’ailleurs, plusieurs thèmes sont naturellement ressemblants voire identiques aux autres films de cette collection. Ces similitudes ne sont pas dues à une panne d’inspiration, mais à une volonté de cohérence de l'ensemble.

Next Avengers narre donc les aventures des enfants des Vengeurs une douzaine d’années après la mort de ces derniers. Oui mais voilà, peu d’explications sont données sur leur déroute face à Ultron, aussi terrible et puissant soit-il. Le spectateur découvre que Thor est reparti sur Asgard après la mort d’Odin : il n’est donc à aucun moment revenu prêter main forte à ses camarades ? Ce choix scénaristique pour le moins étonnant aurait, à l'évidence, mérité quelques explications supplémentaires. Mais ce n’est pas le seul point pouvant laisser perplexe le spectateur. La victoire finale (est-ce une surprise que cela finisse bien ?) peut en effet prêter à sourire avec un Deus ex machina tellement simple qu'il est possible de se demander pourquoi les Vengeurs originaux n’y ont pas pensé eux-mêmes ? Les raisons doivent exister mais sont complètement absentes du film. Autre faiblesse du scénario, le fait que son cheminement soit trop évident. Les enfants se retrouvent tous dans un face-à-face avec le robot représentant l’un de leurs parents, chose attendue depuis le début du film. Combattre l’image du père, ou de la mère, est un thème fort courant dans les films mettant en scène des adolescents. Mais cette oeuvre ne les met pas seulement à l’écran, elle est surtout faite pour eux.

S’adressant à un jeune public et en soi plombé pour cela, Next Avengers s’en sort tout de même bien pour peu que le spectateur évite de trop en attendre. Pour les fans plus âgés et curieux, il se regarde en effet principalement pour la découverte d’un nouvel univers et s’apprécie surtout grâce à ses différentes références.

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