Kingdom Hearts
Re:coded

Titre original :
Kingdom Hearts Re:coded
Date de sortie Japon :
Le 7 octobre 2010
Pegi :
Déconseillé aux moins de 12 ans
Langue :
Anglais sous-titré français
Type de jeu :
Aventure
Multijoueur :
Oui
Développeur :
Square Enix
h.a.n.d.
Éditeur :
Disney Interactive Studios
Musique :
Yoko Shimomura
Jeux testé sur :
Nintendo DS

Liste des niveaux

Liste des mondes visités :
Les Îles du Destin
La Ville de Traverse
Le Pays des Merveilles
Le Colisée de L'Olympe
Agrabah
La Forteresse Oubliée – Patie I
La Forteresse Oubliée – Partie II
Le Manoir Oblivion

La critique

rédigée par
Publiée le 27 mars 2022

Après la sortie de Kingdom Hearts II fin 2005, Tetsuya Nomura, le grand chef d'orchestre de la saga, continue de peaufiner l'univers de Sora et de ses amis tout en gâtant les fans. Dès 2007, l'artiste et ses équipes proposent en effet Kingdom Hearts II Final Mix, une version augmentée du carton vidéoludique sur PS2, ainsi que Kingdom Hearts Re: Chain of Memories, un remake du jeu à base de cartes mal-aimé sorti trois ans auparavant sur Game Boy Advance. Les joueurs doivent toutefois attendre 2008 pour retrouver une aventure complètement inédite, grâce à Kingdom Hearts coded. Jeu épisodique tout à fait curieux proposé d'abord en exclusivité sur les téléphones des joueurs japonais, le titre a ensuite rapidement droit à un remake sur Nintendo DS sous le titre Kingdom Hearts Re:coded, qui vise surtout le marché international. Souvent perçue par les fans comme ennuyeuse et résolument inutile dans l'intrigue globale de la saga, cette nouvelle aventure possède tout de même quelques qualités, à commencer par une diversité jubilatoire dans son gameplay.

Peu de temps après la sortie de Kingdom Hearts II, Disney approche Tetsuya Nomura avec l'idée de produire rapidement une suite à la saga. Nomura, déjà engagé avec son équipe dans la production de Final Fantasy Versus XIII – dont le développement s'avérera pour le moins chaotique les années suivantes –, n'a toutefois guère de temps à consacrer à un nouveau jeu d'envergure sur consoles de salon, aussi refroidit-il bien vite l'ardeur des joueurs désireux de voir se poursuivre les aventures de Sora. Le 20 septembre 2007, toutefois, lors du Tokyo Game Show, Square Enix annonce l'arrivée prochaine de trois nouveaux jeux pour consoles portables et téléphones : Kingdom Hearts 358/2 Days, Kingdom Hearts Birth By Sleep et, évidemment, Kingdom Hearts coded.

Quelques jours plus tard, Tetsuya Nomura accorde avec le co-réalisateur Hajime Tabata une entrevue d'envergure au magazine nippon Famitsu, dans laquelle il présente plus en détail les trois jeux. Sitôt publiée, l'interview traverse l'océan pour se retrouver entre les mains de fans désireux de partager immédiatement les nouvelles concernant la saga avec leurs communautés. L'interview traduite en anglais est donc publiée très rapidement sur les plus gros sites de fans de l'époque ; qu'il s'agisse d'un égarement lors de la traduction des propos des réalisateurs ou d'une volonté de glisser une petite blague, toujours est-il que les lecteurs y découvrent alors que, selon Hajime Tabata, « Nomura était ivre à minuit quand il a commencé à expliquer son idée […] » ! Depuis, la légende d'un Nomura complètement saoul expliquant à un Tabata médusé les rouages de son nouveau jeu s'est répandue comme une traînée de poudre et reste tenace bien des années après. La réalité, toutefois, est beaucoup plus sage ; aucune mention d'un quelconque état d'ébriété n'est faite dans l'interview, Tabata mentionnant seulement que son comparse lui a expliqué son concept à minuit, à l'aide d'annotations sur un tableau blanc. Ce qu'il ressort en tout cas de cette intense soirée de réflexion – sans saké –, c'est que Nomura envisage son projet comme une expérience engageante pour les fans, qu'il décrit comme un terrain de jeu, Tabata ayant même glissé une analogie à un Parc à Thème Disney.

À la mi-novembre 2008, le téléphone Docomo Prime Series-P-01A fabriqué par Panasonic et distribué par l'opérateur NTT Docomo débarque sur le marché nippon : sur ce petit bijou de technologie, les joueurs découvrent deux courts épisodes proposant un aperçu des premières fonctionnalités de Kingdom Hearts coded et des graphismes de l'opus. En décembre de la même année, Square Enix et Disney Mobile Japan dévoilent Kingdom Hearts Mobile, une application sociale dans laquelle les utilisateurs peuvent jouer à des mini-jeux et personnaliser leurs avatars, au moyen d'accessoires et de vêtements venus tout droit des sagas Kingdom Hearts et Final Fantasy. L'application a également cela d'intéressant qu'elle est compatible avec Kingdom Hearts coded, donnant donc aux joueurs la possibilité d'obtenir davantage de vêtements après la complétion des différents chapitres du jeu. Quelques mois plus tard, le 3 juin 2009, les joueurs peuvent enfin télécharger le premier épisode de Kingdom Hearts coded et démarrer leur toute nouvelle aventure. Au total, huit épisodes sont proposés, au rythme d'un par mois. L'ultime épisode, consacré au Manoir Oblivion, est quant à lui rendu disponible le 28 janvier 2010.

En raison des limitations techniques des appareils mobiles vendus en dehors du Japon, Kingdom Hearts coded reste donc une exclusivité nippone aujourd'hui disparue, sauf pour les quelques Japonais possédant encore un téléphone de l'époque et ayant téléchargé le jeu avant le 30 avril 2013 ! Pour les fans en dehors du Japon, l'expérience Kingdom Hearts coded s'est donc résumée à lire l'histoire des épisodes sur des sites de fans et à regarder des vidéos de Japonais s'essayer au jeu tout en filmant leur téléphone. Tout change lors de l'E3 2010, quand Square Enix annonce deux nouveaux opus : Kingdom Hearts 3D : Dream Drop Distance sur Nintendo 3DS et Kingdom Hearts Re:coded, un remake du jeu mobile ! Envisagé un temps sur Nintendo Wii dans un format épisodique comme son modèle, le jeu sort finalement en intégralité sur Nintendo DS le 7 octobre 2010 au Japon, et courant janvier de l'année suivante dans le reste du monde. Si Nomura avait au départ demandé un simple portage du jeu sans aucun ajout véritable, les possibilités techniques de la Nintendo DS ont finalement convaincu le réalisateur d'effectuer un remake intégral en 3D avec, au passage, l'ajout de nouvelles fonctionnalités empruntées aux jeux précédemment sortis sur consoles portables. Le studio h.a.n.d., qui a officié un an plus tôt sur Kingdom Hearts 358/2 Days, se charge donc de réaliser Kingdom Hearts Re:coded.

L'intrigue de Kingdom Hearts Re:coded prend racine presque immédiatement après la fin de Kingdom Hearts II. Alors qu'il consulte ses journaux, où il a méticuleusement consigné toutes les aventures qu'il a partagées avec Sora, Donald et Dingo, Jiminy Cricket découvre un curieux message : « Leurs tourments s'apaiseront lorsque vous reviendrez ». Ni une, ni deux, le grillon s'empresse donc d'aller consulter le Roi Mickey au Château Disney pour tenter de tirer ce mystère au clair. La plus héroïque des Souris décide évidemment qu'il faut agir sans plus tarder. Mais comment faire, puisque le journal est vierge de toute entrée depuis qu'il a été effacé au début de Kingdom Hearts : Chain of Memories ? Mickey en est persuadé, les données contenues dans le journal peuvent malgré tout être extraites au moyen d'un super-ordinateur, sous la supervision de Tic et Tac. Malheureusement, la conversion ne se déroule pas sans incident, et les données téléchargées dans l'ordinateur sont rongées par des bogues rendant le message impossible à analyser. Pour explorer les différents mondes faits de données et exportés depuis le journal, Mickey fait appel à un Sora virtuel : Digital-Sora. Après avoir retravaillé ses données pour lui conférer le pouvoir de manier la Keyblade, Tic et Tac laissent donc ce nouvel avatar de Sora à la mémoire vierge entre les mains de Mickey, qui agira comme un guide pour le jeune aventurier virtuel.

Sur les Îles du Destin où débute son aventure, Sora découvre comment exterminer les bogues, qui prennent l'apparence de gros blocs éparpillés dans les mondes, ainsi que l'existence de Cyber-Fissures ; en s'engouffrant dans ces points particulièrement instables, le héros atteint des zones informatisées qu'il faut à tout prix nettoyer, au risque de voir les problèmes se multiplier et les mondes être dangereusement altérés. Lancé à la poursuite d'une mystérieuse figure encapuchée, Sora poursuit son voyage, d'abord dans la Ville de Traverse, puis dans trois mondes Disney : Le Pays des Merveilles (Alice au Pays des Merveilles), Le Colisée de L'Olympe (Hercule) et Agrabah (Aladdin). Après avoir éradiqué les anomalies informatiques, le porteur de la keyblade atteint la Forteresse Oubliée, avant de voir son périple s'achever au Manoir Oblivion.
Tout comme c'était déjà le cas dans Kingdom Hearts : Chain of Memories et, dans une moindre mesure, avec Kingdom Hearts 358/2 Days, le joueur a fatalement un sentiment de déjà-vu lorsqu'il arpente une fois encore certains des mondes aperçus dans Kingdom Hearts premier du nom. Il faut toutefois reconnaître que le titre fait quelques efforts pour offrir un peu de nouveauté aux joueurs, en proposant notamment des zones inédites. Dans le Pays des Merveilles par exemple, le joueur peut arpenter une roseraie qui a de quoi donner le tournis avec ses arches magiques qui téléportent Sora à divers endroits de la carte. Certains éléments de gameplay sont également introduits pour rompre la monotonie, comme des phases d'infiltration, des combats au tour par tour ou des phases de course contre la montre. Dans l'ensemble, et en dehors de la Forteresse Oubliée dont la carte est amputée d'une grande partie de ses zones, les (trop peu nombreux) mondes sont reproduits de façon fidèle, accompagnés comme d'habitude des merveilleuses compositions de Yoko Shimomura.

Le scénario de Kingdom Hearts Re:coded, un peu surréaliste il faut l'avouer, et cela même selon les standards de la saga, n'est donc pas des plus enchanteurs. En prenant comme personnage principal une copie numérique de Sora, le jeu « efface » même en partie le lien que les joueurs partagent avec le héros, qui n'est plus qu'un canevas vierge. La personnalité du jeune garçon n'a pourtant pas changé d'un poil ; il est toujours cet adolescent insouciant et indéfectiblement optimiste, capable de se faire des amis partout où il passe. Mais il lui manque le poids des aventures passées, les moments de bonheur partagés et les drames traversés en compagnie des joueurs pour parvenir à susciter un véritable attachement émotionnel pendant une large partie du jeu. En clair, il lui manque un cœur. Et justement, c'est là – bien ironiquement – l'un des thèmes principaux du jeu.

D'un point de vue philosophique, Kingdom Hearts Re:coded brille en effet déjà davantage, tout en s'intégrant parfaitement dans la saga. Déjà avec Néo Riku et Naminé dans Kingdom Hearts : Chain of Memories, à travers les membres de l'Organisation XIII ou le personnage-titre de Tron dans Kingdom Hearts II et, bien plus tard avec Woody et Buzz l’Éclair dans Kingdom Hearts III, Nomura n'a eu de cesse de poser cette question philosophique : des personnages virtuels, des marionnettes, des Simili ou des jouets ont-ils un cœur, ou au moins la possibilité d'en obtenir un ? Leur existence est-elle seulement légitime ? À ce titre, la dernière heure de jeu, qui se déroule dans le Manoir Oblivion, donne un vrai souffle au récit qui traînait en longueur avant cela, et ce, malgré la durée de vie faiblarde du scénario principal. Enfin confronté à la mystérieuse silhouette qu'il a suivie durant tout le jeu, Sora n'a plus d'autre choix que de s'enfoncer dans le manoir où il est désespérément seul, en proie à sa douleur. À la fin d'un affrontement lourdement symbolique et après des retrouvailles inattendues, Nomura achève son jeu en liant d'habile manière Kingdom Hearts Re:coded aux deux opus précédents sortis sur consoles portables. Dans la grande tradition de la saga, l'épisode secret, lui, donne un premier aperçu du jeu suivant, Kingdom Hearts 3D : Dream Drop Distance, tout en révélant des informations nouvelles sur la menace qui se dressera bientôt sur la route des héros...

Davantage que dans son scénario, Kingdom Hearts Re:coded excelle véritablement dans son gameplay, en empruntant pour cela quelques-uns des meilleurs éléments des jeux précédents. En effet, et puisque le studio h.a.n.d. s'est chargé de développer Kingdom Hearts 358/2 Days pour la Nintendo DS avant de s'attaquer à Kingdom Hearts Re:coded, Tetsuya Nomura a jugé opportun de réimaginer l'une des spécificités du titre précédent : les panneaux. Pour Kingdom Hearts Re:coded, c'est désormais dans la Matrix État que le joueur gère le développement de Sora, une interface qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le mythique sphérier de Final Fantasy X. Sur un circuit imprimé, le joueur peut déposer des fiches qui confèrent différents bénéfices : gagner un niveau, augmenter une caractéristique ou accroître une résistance à un élément. Une fois placée, une fiche ne peut plus être retirée de la Matrix État, mais elle peut cependant être remplacée par une autre. Il faut également noter que lorsque deux unités centrales sont reliées, toutes les fiches placées entre elles voient leur valeur doubler ; de quoi instaurer un léger côté stratégique durant la progression qui est loin d'être déplaisant. En avançant dans le jeu, Sora débloque de nouvelles zones sur le circuit imprimé et, nouveauté plus qu'appréciable, il a accès à toute une série de « cheat codes », qui permettent une personnalisation du jeu jamais vue auparavant. Le joueur peut ainsi sacrifier sa quantité de points de vie en échange d'une meilleure chance de trouver des objets sur les ennemis ou changer la difficulté du jeu à tout moment. En remplissant sa carte, Sora débloque également de nouvelles compétences, comme la roulade, le vol plané ou le classique Pétale Garde, ainsi que de nouveaux emplacements d'accessoires.

Kingdom Hearts Re:coded lorgne également du côté de Kingdom Hearts Birth By Sleep dans son système Action Matrix, qui partage de nombreuses similitudes avec le Jeu de Commandes de son aîné. Pour obtenir des coups spéciaux et des sorts plus puissants, le joueur doit ainsi combiner des attaques entre elles et les équiper pour les faire progresser en niveau. Pour ne pas abuser des meilleures capacités, comme l'attaque dévastatrice Jugement par exemple, une jauge de Mémoire est mise en place ; gare à ne pas dépasser les 100% de Mémoire utilisée !
La mécanique de l'Horloge est un autre système qui semble s'inspirer de la Jauge de Commandes de Kingdom Hearts Birth By Sleep. À chaque commande ou attaque utilisée avec succès, la jauge de l'Horloge se remplit en même temps que le niveau de Surcadence. Chaque Keyblade possède ainsi 4 niveaux d'Horloge ; à chaque changement de niveau, Sora a accès à un pouvoir passif temporaire, comme la possibilité de brûler les ennemis en parant un coup ou l'obtention d'une armure réduisant les dégâts de face. Au niveau de Surcadence maximal, une attaque dévastatrice est accessible.
Il faut aussi noter la présence du Menu Avatar, qui permet aux joueurs de se créer un avatar et de le personnaliser avec une multitude d'accessoires, dans la lignée de ce que proposait l'application japonaise Kingdom Hearts Mobile avant sa fermeture en 2013. En se connectant avec d'autres utilisateurs du jeu, il est possible d'obtenir de nouveaux objets et de se constituer un donjon de 100 étages où les récompenses et les défis affluent.

Enfin, comment ne pas parler des très nombreuses idées de gameplay présentes dans le titre, et qui font écho à la volonté de Nomura et Tabata de développer un jeu semblable à un petit parc d'attractions ? Outre les défis à relever durant l'exploration des Cyber-Fissures éparpillées dans les mondes, l'opus propose un large panel de styles de jeu. Pour rejoindre le boss de fin d'un niveau par exemple, Sora passe par une serrure et se retrouve projeté soit dans un niveau de plateforme en sidescrolling, soit dans un Shoot 'em up sur rails, en abandonnant donc momentanément les classiques phases d'exploration ! Le Colisée de L'Olympe est très certainement le monde le plus atypique de Kingdom Hearts Re:coded, voire même de la saga tout entière. Une fois arrivé dans le monde d'Hercule, Sora se déplace dans un labyrinthe s'étalant sur plusieurs étages où les ennemis pullulent. Le titre adopte alors un mode de jeu cher aux fans des grands classiques RPG tels les Final Fantasy : les combats au tour par tour ! Aux côtés d'Hercule et de Cloud – si le joueur parvient à localiser ce dernier –, Sora peut combattre et utiliser des permis collectés dans le dédale pour donner à son équipe des avantages non négligeables, comme des soins à chaque tour, un bonus d'attaque et de défense, voire même ranimer un personnage qui vient de succomber. Les options sont certes limitées, mais cette revisite du Colisée de l'Olympe, un monde vu et revu à travers la saga depuis ses débuts en 2002, a le mérite d'être originale et tout à fait régressive pour les joueurs amoureux du tour par tour.

Techniquement, le jeu ne souffre d'aucun défaut majeur, en dehors des sempiternels problèmes d'une caméra rudimentaire. Le jeu peut même se targuer d'être plutôt joli, et toujours parfaitement soutenu par les musiques devenues iconiques de Yoko Shimomura. Pour l'occasion, la compositrice de génie livre même quelques morceaux inédits aux accents délicieusement électroniques, dont le très réussi Wonder of Electron, que le joueur peut entendre lorsqu'il se rend dans les Cyber-Fissures.
Durant sa première semaine d'exploitation, Kingdom Hearts Re:coded s'écoule à un peu moins de 100 000 exemplaires au Japon, des chiffres bien inférieurs à ceux de ses prédécesseurs. Ces résultats sont toutefois à relativiser : le titre est alors en compétition face aux jeux Pokémon Version Noire et Pokémon Version Blanche sortis trois semaines auparavant. Kingdom Hearts Re:coded, avec son statut de remake d'un jeu mobile passé relativement inaperçu, atterrit tout de même à la seconde place des jeux vendus sur Nintendo DS sur la période. La critique accueille le titre plutôt tièdement, ventant ses qualités techniques mais le qualifiant dans le même temps de jeu dispensable, un titre dans lequel il ne se passe pour ainsi dire « rien ». Difficile alors de véritablement donner tort à ces critiques mordantes, tant il est vrai que le scénario du jeu n'a finalement pour lui que quelques belles réflexions philosophiques et une scène finale chargée d'émotion.

En 2014, Kingdom Hearts Re:coded est, en même temps que Kingdom Hearts II Final Mix et Kingom Hearts Birth By Sleep Final Mix, proposé sur PlayStation 3, dans la collection Kingdom Hearts HD 2.5 Remix. Malheureusement pour les fans, l'arrivée du titre sur la console de Sony ne permet pas de s'essayer au jeu, puisque seules les cinématiques remastérisées, rassemblées en un film de trois heures, trouvent une place dans la compilation. Kingdom Hearts HD 2.5 Remix sort par la suite sur PlayStation 4, Xbox One, PC et Nintendo Switch entre 2017 et 2022, rendant donc le scénario parfaitement accessible à tous les amoureux de la licence Kingdom Hearts, au détriment de tout ce qui faisait le sel du jeu original : son gameplay. Il faut malgré tout noter l'apparition de quelques scènes inédites dans cette version filmique, dont la plus surprenante est celle qui montre Maléfique évoquer le Livre des Prophéties, un détail absent du jeu original. Ce n'est certes pas grand chose, mais la nouvelle scène participe tout de même à rendre l'apparition de la cruelle fée et de Pat Hibulaire dans le cybermonde un peu moins incongrue. En 2019, presque dix ans après sa sortie sur Nintendo DS, le jeu a droit à sa propre adaptation en roman : Kingdom Hearts Re:coded : The Novel, écrite par Tomoco Kanemaki et illustrée par Shiro Amano.

Malgré un gameplay d'excellente facture et de bonnes phases de combat, Kingdom Hearts Re:coded n'est jamais parvenu à justifier son existence auprès des fans de Sora et de ses amis. Vrai mouton noir de la saga, Kingdom Hearts Re:coded vaut tout de même que les joueurs lui accordent sa chance, ne serait-ce que pour les intéressantes réflexions philosophiques qui y sont abordées et sa variété de styles de jeu.

Les Plus
• Le jeu est joli
• Une belle personnalisation de l'expérience
• Une grande variété de gameplay
• La Matrix État et l'Action Matrix bien pensées
Les Moins
• Une histoire trop anecdotique
• Une énième revisite des mondes de Kingdom Hearts
• Une durée de vie plutôt courte

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