Destino est une collaboration entre Walt Disney et Salvador Dalí pour
créer un court-métrage d'animation. Si sa production commence en 1946 et elle se
termine quelques 60 ans plus tard, en 2003 exactement.
Sa conception remonte, en fait, en 1941, l'année pendant laquelle les
artistes Disney, formant El Grupo, se
rendent en Amérique du Sud pour mieux s’imprégner du continent et imaginer des
œuvres avec la matière alors récoltée. Ainsi, à l'origine, ils envisagent de
réunir toutes les idées retenues dans une trilogie dont chacun des opus serait
constitué de quatre cartoons reliés entre eux par des séquences "live" délivrant
des informations sur les pays visités. Le premier film à voir le jour de la
sorte est Saludos
Amigos. Le second s’éloigne lui du concept de base qui a fini par lasser
Walt Disney. Jugeant le format retenu trop étriqué, le Maître accorde, en effet,
plus de libertés à ses animateurs, les invitant à le surprendre. La démarche
prend des airs d’aubaine et permet l’aboutissement d’un nouveau chef d'œuvre : Les Trois
Caballeros. Le troisième film de la « série » est, lui, imaginé, un temps,
sous le titre de Carnival : il doit reprendre le format du premier opus,
contenant pas moins de quatre séquences axées, respectivement, sur Cuba, la
Colombie, le Mexique et le Brésil ; Destino devant en être le passage sur
le Mexique.

Dora Luz fait, d'ailleurs, tout aussi théoriquement, partie de l'aventure !
Dans Les Trois
Caballeros, cette chanteuse mexicaine a, en effet, enthousiasmé le public en
interprétant You Belong to My Heart tout comme elle l'avait fait avec les
artistes de Disney au simple stade du tournage. Il a donc été décidé de la
solliciter de nouveau pour une apparition dans Carnival. Norman Ferguson,
un des réalisateurs des deux premiers films latino-américains, sélectionne ainsi
pour elle une chanson d'Armando Domínguez tandis que Ray Gilbert se charge d'en
adapter les paroles en anglais. Elle enregistre donc le titre en février 1945
lors de sa venue en Californie pour la première des
(Les) Trois Caballeros. Pourtant, le pitch du troisième long-métrage
estampillé "Amérique du Sud" n'est toujours pas prêt ! La seule chose vaguement
arrêtée est qu'il doit être un mélange de prises de vues réelles et d'animation
comme avait pu l'être la séquence You Belong to My Heart. La production
n'étant pas prête pour les séquences "live", la chanteuse se limite par
conséquent à l'enregistrement de l'unique chanson. Elle n'en fera pas plus :
quelques temps plus tard, le projet Carnival est purement et simplement
annulé, Destino compris.
Le destin vient toutefois mettre à nouveau son grain de sel ; la rencontre
entre deux grands artistes redonnant vie au projet. Walt Disney croise, en
effet, officiellement Salvador Dalí lors d'une soirée organisée par Jack Warner
à l'époque où le peintre travaillait sur les séances des rêves pour La Maison
du Docteur Edwards (1945) d'Alfred Hitchcock. Ce n'est pourtant pas une
vraie première à en croire une correspondance de Salvador Dali. Les deux hommes
se seraient ainsi déjà rencontrés dans le passé, plus brièvement. Dans les
années 30, le peintre écrit à ce sujet dans une lettre à un ami : "Je suis allé
à Hollywood et j'ai rencontré les trois plus grands surréalistes américains :
Les Marx Brothers, Cecil B.DeMille et Walt Disney". Si leurs manières, leurs
méthodes et leurs moyens d'expressions diffèrent absolument, les deux artistes
partagent à l'évidence un sens inné de la mise en scène. Il n'en faut pas plus
pour qu'ils se lient aussitôt d'amitié...

Salvador Felipe Jacinto Dali est né à Figueras (Espagne) en 1904. De 1921 à
1925, il fait ses études à l’Académie San Fernando de Madrid où il rencontre
deux amis de renom : le poète Federico García Lorca et le cinéaste Luis Buñuel.
Il expose pour la première fois ses œuvres en 1925 à la galerie Dalmau de
Barcelone, un lieu où ses travaux seront remarqués par Picasso et Miro. Lors
d’un second voyage à Paris en 1929, à l’occasion du tournage du film de Buñuel «
Un chien andalou » (dont Dali est le coscénariste), Miro l’introduit dans le
cercle des surréalistes. Il y rencontre André Breton et Gala (alors l'épouse de
Paul Eluard) qui deviendra sa femme et égérie. Il adhère finalement au mouvement
du surréalisme en 1929. Dali s’intéresse vite aux théories psychanalytiques de
Freud et met au point sa méthode « paranoïaque-critique ». Il peint, dans cette
période, des espaces oniriques et fantasmatiques peuplés d’éléments symboliques
et délurés dont les plus marquants restent des montres molles, des béquilles,
des animaux fantastiques et des personnages distordus. Exclu du groupe des
surréalistes en 1934, Dali participe pourtant toujours aux manifestations et
expositions du genre. En 1939, il quitte Paris pour New York où il reste pendant
les années de guerre en Europe. Il s'intègre parfaitement à la haute société
new-yorkaise pour laquelle il travaille d'ailleurs, peignant de nombreux
portraits de riches américains. Il participe également à la vie théâtrale de Big
Apple en exécutant de grandes peintures murales, réalise ses premiers bijoux et
s'intéresse même au cinéma. En 1948, il rentre chez lui, en Espagne, à Port
Lligat, où il fixe sa résidence principale jusqu'à la mort de Gala en 1982. Les
thèmes récurrents, dans son œuvre peinte comme gravée, sont la femme, le sexe,
la religion et les batailles. Salvador Dali se donnera en spectacle tout au long
de son existence, mélangeant l’art et la vie. Tout est pour lui l'occasion de se
mettre en scène. Il s'éteint le 23 janvier 1989.

Salvador Dalí commence à travailler aux studios Disney au début de février
1946. Il consacre ainsi deux mois aux dessins de story-board et aux peintures
préliminaires pour le film : à l'encre, au crayon, à l'aquarelle et à l'huile. A
l'origine, Walt Disney imagine, en effet, Destino comme un mélange de
prises de vues réelles et d'animation complétées par des effets spéciaux dans le
style de
Fantasia ou des (Les) Trois Caballeros.
Plusieurs scénarios ont d'ailleurs été écrits pour le court-métrage où un jeune
homme et une jeune femme luttent contre les obstacles à leur amour. D'une
version à l'autre, l'animation passe ainsi d'intégrale à un mélange avec du
"live". Pourtant, malgré son génie, Salvador Dalí a beaucoup de mal à intégrer
ce qu'implique le strict genre du "film d'animation". Il crée, par exemple, de
nombreuses scènes clés mais n'imagine pas de liens entre elles, oubliant
l'impérieux besoin de continuité de l'œuvre. Prenant conscience autant du
malaise se faisant jour que de la nécessité à canaliser les envies de son
alter-égo surréaliste, Walt Disney lui assigne alors un de ses artistes, John
Hench.
Ce dernier est né le 29 juin 1908 à Cedar Rapids dans l'Iowa aux États-Unis.
Il étudie dans de nombreuses écoles d'art ou de design à travers les USA dont la
California School of Fine Arts de San Francisco. Il entre ensuite aux studios
Disney dès 1939 comme dessinateur de story-boards. Il y fait rapidement carrière
et travaille pour presque tous les services du département animation des Walt
Disney Productions, notamment les décors, le lay-out, la direction artistique ou
les effets spéciaux. Walt Disney considère sans mal John Hench comme l'un de ses
artistes les plus talentueux. Il lui propose fort logiquement d'assister ou
d'encadrer (même s'il convient de préciser que ces termes sont impropres au
regard de la qualité des deux artistes) Salvador Dalí sur Destino. Après cela,
il continue sa carrière chez Mickey. Au début des années 1950, il intègre, par
exemple, le département des films en prise de vues réelles et participe au tout
premier documentaire, en format long-métrage, de l'histoire des studios Disney : Le Désert Vivant
(1953). La même année, il est choisi comme peintre officiel de Mickey Mouse à
l'occasion de son 25e anniversaire. En 1954, il est le développeur du système
hydraulique de la pieuvre géante du film Vingt
Mille Lieues sous les Mers (1954) pour lequel il obtient l'Oscar des
Meilleurs Effets Spéciaux. Cette jolie prouesse digérée, il investit en
1955, et toujours logiquement, les équipes de WED Entreprises pour y devenir
imagineer. John Hench travaillera quotidiennement dans son bureau situé au siège
de Walt Disney Imagineering à Glendale jusqu'à quelques semaines avant sa mort.
Il décède le 5 février 2004 à Burbank d'une crise cardiaque à l'âge de 95 ans.
Son badge et un trophée de 65 ans de service sont, depuis, exposés dans le hall
du bâtiment à côté de souvenirs offerts par ses collègues.

Huit mois après le début de la collaboration Disney/Dali, le projet
Destino est stoppé. Aucune raison officielle à cela. L'une, officieuse, sera
avancée par certains analystes : elle se résume à la pression du distributeur de
l'époque qui ne veut plus entendre parler de films d'anthologies. Cette
justification ne tient pas pourtant pas la route à l'épreuve du temps. Pas moins
de trois films composites sont, en effet, sortis après l'arrêt du projet
Destino : Coquin de Printemps,
Mélodie Cocktail et
Le Crapaud et
le Maître d'École ! L'autre raison, qui est somme toute bien plus crédible,
est que la vision de Salvador Dalí était par trop éloignée de celle de Walt
Disney. Ce dernier a, il est vrai, toujours voulu garder une maitrise totale sur
ses films dont il remaniait le matériau d'origine selon ses désirs. Or,
Destino se transformait de plus en plus en une œuvre dalienne plus que
disneyenne. La collaboration artistique des deux hommes se retrouve alors
fatalement dans l'impasse. Enfin, une dernière raison prend racine sur le
registre financier. Le budget de Destino, devant les exigences de Dali,
explose littéralement alors même que les studios Disney, en proie aux
conséquences commerciales de la 2e Guerre Mondiale qui les privent du marché
européen, n'ont plus un sou en caisse... La raison finit donc par l'emporter.
Par consentement mutuel, le projet est stoppé et les travaux sur le
court-métrage remisés sans aucune autre forme de procès. Cette situation
n'entreverra cependant jamais l'amitié que se portaient mutuellement Walt Disney
et Salvador Dali qui passeront de nombreuses fois leurs vacances ensemble...
Tout le travail de Salvador Dalí sur Destino prend donc la poussière
aux côtés des autres projets inachevés des studios Disney. Au début des années
70, Dave Smith a la salutaire idée de créer les Walt Disney Archives. Une de ses
premières taches consiste alors à retrouver puis protéger les œuvres du peintre.
Sans précisément le vouloir, il entretien le mythe qui se forme autour de
Destino. Au fur et à mesure du temps, le travail collaboratif entre les deux
génies est, en effet, devenu une source de légende, bien au delà des seuls fans
d'animation. Le public doit encore patienter jusqu'au début des années 2000 pour
voir le projet de nouveau remis sur les rails par un autre membre éminent de la
famille Disney : Roy E.Disney.

Fils de Roy Oliver Disney et neveu de Walt Disney, né le 10 janvier 1930, ce
dernier intègre à l'âge de 24 ans la firme de son oncle. Il se fait vite
remarquer par la qualité de la narration du court-métrage animalier Mystères
des Profondeurs sorti en 1959 et nominé aux Oscars. Il continue à collaborer
comme écrivain, directeur et producteur jusqu'en 1967 quand il est logiquement
élu au Directoire de la Walt Disney Company. Il refuse, en revanche, d'en
devenir un haut responsable en 1977 arguant d'une différence de points de vue
concernant les décisions de ses collègues du moment. Il déclarera plus tard : "J'ai
juste senti que, créativement, la société n'allait plus nulle part". Ce sens
du coup d'éclat et de la fine analyse le caractérise d'ailleurs. Il conserve, en
effet, habilement son poste au Directoire de la société dont il démissionne avec
grand fracas en 1984. Son geste fort marque alors le début d'une heureuse série
de modifications dans l'organigramme de la compagnie de Mickey, jusqu'au poste
de Président Directeur Général assumé, sans grand succès il est vrai, par Ronald
William Miller (le mari de Diane Marie Disney, fille de Walt Disney). A
l'occasion de cette "O.P.A. de l'intérieur", Michael Eisner et Frank Wells
prennent les rênes de la belle endormie que le premier, finalement seul maitre à
bord, réveillera au point d'en faire une reine de beauté, et accessoirement un
véritable empire. Roy E.Disney, satisfait
du tournant stratégique pris, revient finalement dans la firme en qualité de
Vice-président du Directoire et Responsable du Département Animation. Il a pour
objectif de revitaliser la tradition de Disney dans les longs-métrages animés.
Sous son impulsion, à la fin des années 80, le studio de Mickey obtient
plusieurs succès grâce à la liberté artistique redonnée à ses artistes "maison".
Durant la décennie suivante, un grand nombre de ses productions, commercialement
rentables, sont aussi acclamées par les critiques. Cette période est considérée
aujourd'hui comme une "renaissance" pour Disney et pour l'animation en général.
Il profite de ses succès pour monter un projet qui lui tient à cœur : Fantasia
2000.

Roy E.Disney reprend l'idée de terminer
Destino alors qu'il tourne les introductions en prises de vues réelles de Fantasia
2000. Dans une de ses séquences, Bette Midler évoque, en effet, les divers
films Disney qui n'ont jamais été achevés, parmi lesquels le court-métrage de
Salvador Dali. Il apprend d'ailleurs au détour d'une conversation avec l'un des
avocats de son groupe que le contrat liant Dalí à Disney, signé en 1945, stipule
expressément que les œuvres du peintre ne deviendraient la propriété de la
compagnie que lorsque le court-métrage serait terminé ! Plus qu'une question
d'argent, c'est une question de patrimoine qui se pose désormais.
Roy E.Disney entreprend donc de terminer
ce qui prend, à l'ère d'internet, une proportion mythique à travers le monde.
Reconstituer Destino s'avère toutefois bien plus délicat qu'il n'y
parait à la première approche. Il faut, en effet, réaliser un film le plus
fidèle possible à la vision personnelle (et parfois contradictoire) de Walt
Disney et Salvador Dali, eux-mêmes. Fort heureusement, un allié de poids est
prêt à apporter son aide : John Hench est toujours de ce monde ! Quelques
soixante ans plus tard, il se remet donc à totale disposition sur le projet de
renom, analysant le journal que tenait la femme de Salvador Dali pour trier et
faire correspondre ses documents et story-boards non perdus. La réalisation du
court-métrage est parallèlement confiée au studio de Disney situé à Montreuil en
France ; Destino constituant l'un de ses derniers travaux avant sa
fermeture à l'automne 2003. La réalisation revient ainsi à Dominique Monfery, un
animateur français.
Dominique Monfery est passé par les arts appliqués de Roubaix puis aux
Gobelins pendant deux ans. Il commence à travailler à France Animation comme
layoutman sur des séries plus ou moins fameuses du petit écran telles Les
Mondes Engloutis, Rahan ou encore les Polluards. Il intègre
par la suite le studio Disney de Montreuil, tenu alors par les célèbres Frères
Brizzy qui travaillaient, déjà, avant cela, pour Disney télévision, sur
plusieurs collections avant de voir leur structure passer sous le giron de la
division long-métrage. D'assistant animateur, Dominique Monfery passe à
animateur, puis à chef animateur sur
Dingo et Max, pour redevenir animateur
sur
Le Bossu de Notre-Dame, l'opus qui
représente le premier vrai morceau de bravoure de l'entité parisienne. Il
supervise ensuite des animations sur Hercule,
prenant en charge les personnages du Cyclope et des Titans, puis de la panthère
au début de Tarzan. Enfin, il manage
l'équipe française sur Kuzco,
L'Empereur Mégalo.

Destino utilise toutes les techniques actuelles pour apporter le rendu
nécessaire à la vision de Salvador Dalí. A cette fin, l'animation par ordinateur
est mise à contribution, essentiellement pour la création certains décors,
histoire de leur donner la profondeur nécessaire voulue par le Maître. L'exemple
de rendu le plus frappant reste la séquence où la jeune femme monte sur la tour
de Babel : les mouvements de caméra nécessaires y sont, en effet,
remarquablement assurés par la 3D. L'animation des personnages est également
retravaillée pour que les sujets prennent des airs de peinture. Les traits noirs
sont ainsi enlevés par un système de jeux d'ombres pour leur donner une
apparence proche du style du peintre espagnol. Enfin, moins d'images sont
utilisées entre chaque mouvement pour restituer une progression saccadée,
toujours dans l'idée de coller au style dalien. Au final, le résultat est
bluffant et se situe à mille lieux de la signature Disney.
Finalisé sous la forme d'un court-métrage de 6 minutes, Destino est
présenté dans différents festivals et notamment le Festival International du
Film d'Animation d'Annecy en 2003 dont il ressort primé. Il est également
distribué en circuit limité aux Etats-Unis, à Los Angles et New York à la fin de
l'année 2003. Nominé pour l'Oscar du Meilleur Court-Métrage, il ne remporte
cependant pas la statuette. En France, sa plus grande sortie reste sa projection
lors de l'exposition Il Etait une Fois Walt
Disney, aux Sources de l'Art des Studios Disney qui s'est tenue aux Galeries
Nationales du Grand Palais à Paris du 16 septembre 2006 au 15 janvier 2007.

Mais le parcours semé d'embuches de Destino ne s'arrête pas là. Après
la sortie de Fantasia 2000,
Roy E.Disney reprend, en effet, le rêve de
son oncle Walt et projette, lui aussi, de continuer l'aventure de la "Grande
Musique Animée". Un nouveau long-métrage est ainsi envisagé sous le titre
provisoire de Fantasia 2006, avec pour nom de code Fantasia 3. Il
présente la particularité, par rapport à ses illustres prédécesseurs, de
consacrer, non pas des morceaux entiers de musique classique, mais plutôt la
diversité des musiques du monde. Plusieurs parties (Destino, Lorenzo,
Un par Un et La Petite Fille aux Allumettes)
sont ainsi déjà bien avancées quand les échecs successifs des films d'animation
2D du studio plombent le projet, finalement abandonné. Les courts-métrages qui
devait le composer sont alors, présentés au public, séparément, dans des
circuits plus ou moins nobles. Destino, Lorenzo,
Un par Un et La Petite Fille aux Allumettes
sont, il est vrai, à l'affiche de quelques festivals confidentiels ou rattachés
à des œuvres sans prétention, dont certaines se limitent même à une simple
sortie en vidéo. Ces opus sont à l'évidence bien mal exposés au regard de leurs
grandes qualités intrinsèques.
La genèse même de Destino fait de ce court-métrage une expérience hors
du commun. Chef d'œuvre, fruit d'une rencontre entre deux génies et terminé
quelques soixante ans plus tard, son histoire est à l'image de son rendu :
surréaliste. Il repousse les limites de l'animation, les faisant basculer du
simple divertissement à l'art pur...