Star Wars : The Mandalorian
Saison 1

Star Wars : The Mandalorian - Saison 1
L'affiche
Titre original :
Star Wars : The Mandalorian
Production :
Lucasfilm Ltd.
Date de mise en ligne USA :
Le 12 novembre 2019 (Disney+)
Genre :
Science-fiction
Création :
Jon Favreau
Musique :
Ludwig Göransson
Durée :
320 minutes
Star Wars : The Mandalorian - Autre(s) saison(s) :
Saison 01
Saison 02
Disponibilité(s) en France :

Liste et résumés des épisodes

1. Chapter 1
Chapitre 1
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 1
Date de diffusion USA : Le 12 novembre 2019
Réalisé par : Dave Filoni
Durée : 40 minutes
Un chasseur de primes Mandalorien traque une cible pour un client généreux...
2. Chapter 2 : The Child
Chapitre 2 : L'Enfant
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 2
Date de diffusion USA : Le 15 novembre 2019
Réalisé par : Rick Famuyiwa
Durée : 33 minutes
Cible récupéré, le Mandalorien doit désormais lutter contre des pilleurs de vaisseaux...
3. Chapter 3 : The Sin
Chapitre 3 : Le Péché
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 3
Date de diffusion USA : Le 22 novembre 2019
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 37 minutes
Le Mandalorien trahit la Guilde des Chasseurs de Primes...
4. Chapter 4 : Sanctuary
Chapitre 4 : Le Santuaire
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 4
Date de diffusion USA : Le 29 novembre 2019
Réalisé par : Bryce Dallas Howard
Durée : 38 minutes
Le Mandalorien fait équipe avec une ex-soldat afin de protéger un village de pillards...
5. Chapter 5 : The Gunslinger
Chapitre 5 : Mercenaire
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 5
Date de diffusion USA : Le 6 décembre 2019
Réalisé par : Dave Filoni
Durée : 38 minutes
Le Mandalorien aide, sur Tatooine, un chasseur de primes débutant...
6. Chapter 6 : The Prisoner
Chapitre 6 : Le Prisonnier
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 6
Date de diffusion USA : Le 13 décembre 2019
Réalisé par : Rick Famuyiwa
Durée : 44 minutes
Le Mandalorien rejoint une équipe de mercenaires afin de délivrer un prisonnier.
7. Chapter 7 : The Reckoning
Chapitre 7 : La Confrontation
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 7
Date de diffusion USA : Le 18 décembre 2019
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 41 minutes
Un vieux rival lance une invitation au Mandalorien pour faire la paix...
8. Chapter 8 : Redemption
Chapitre 8 : Rédemption
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 8
Date de diffusion USA : Le 27 décembre 2019
Réalisé par : Taika Waititi
Durée : 49 minutes
Le Mandalorien se retrouve face à face avec un ennemi inattendu...

La critique

rédigée par
Publiée le 26 janvier 2020

Star Wars : The Mandalorian marque une première dans l'histoire de la saga Star Wars : celle d'être la première série à prises de vues réelles de la franchise. Et pour une entrée en matière, force est de constater qu'elle est particulièrement réussie.

Star Wars avait déjà connu des aventures en prises de vues réelles à la télévision, mais sous forme de téléfilms. Le premier d'entre eux remonte à 1978, année où 20th Century Fox Television produit Au Temps de la Guerre des Étoiles, un téléfilm spécial qu’elle diffuse lors du week-end de Thanksgiving. Même s'il signe à l'époque une belle audience et crée l'événement, il constitue une catastrophe narrative et qualitative à tel point que George Lucas, en personne, en a interdit toute rediffusion. Ce dernier attend alors la sortie de Star Wars : Le Retour du Jedi pour décider de continuer à faire vivre sa saga en dehors du grand écran. Il met ainsi en chantier un projet - en en contrôlant cette fois-ci lui-même l'aspect artistique - qui se focalise sur les charmants Ewoks et propose dessus deux téléfilms Star Wars : Les Aventures des Ewoks - La Caravane du Courage en 1985 et Star Wars : Les Aventures des Ewoks - La Bataille pour Endor en 1986. Bien accueilli par le public et les critiques, le premier se voit récompensé aux Emmy Awards et accède à une sortie au cinéma à l'international. Pour autant, à leur suite, Lucasfilm, Ltd. abandonne son idée de faire fructifier sa saga galactique à la télévision via des productions en prises de vue réelles. Le studio préfère, en effet, travailler sur une autre franchise, Indiana Jones, avec la série Les Aventures du Jeune Indiana Jones diffusée à partir de 1992.

Il faut donc attendre 2005 avec l'imminence de la sortie du dernier épisode de la prélogie pour qu'une annonce d'une série télévisée Star Wars en prises de vues réelles soit faite. À l'occasion de la convention Star Wars Celebration III, George Lucas révèle, en effet, qu'il travaille conjointement sur un projet avec pour producteur Rick McCallum, déjà au même poste sur la prélogie. Les premiers échos parlent alors d'une série ambitieuse, qui prendrait pour titre Star Wars : Underworld, et qui se déroulerait entre les films Star Wars : La Revanche des Sith et Star Wars : Le Retour du Jedi. Son sujet devait en outre se baser sur la pègre et les bas fonds de Star Wars avec un ton résolument plus adulte. De plus, il n'était pas interdit que certains personnages connus comme Dark Vador, L'Empereur ou Boba Fett y fassent une apparition. George Lucas ne manque donc pas d'ambition pour Star Wars : Underworld et accumule pendant des années des scénarios, une cinquantaine environ, pour les différents épisodes, dans le but de disposer d'un ensemble réfléchi et construit en respectant une réelle unité, sur plusieurs années. Il veut que tout soit globalement ficelé avant de lancer les premiers tournages. Malheureusement, il se heurte à un mur : celui du financement, surtout que les budgets laissaient entrevoir un coût de 50 millions de dollars par épisode, soit la moitié de l'Épisode III, ce qui est naturellement impensable. George Lucas se rend à l'évidence : il doit attendre que les effets spéciaux deviennent moins chers à fabriquer pour pouvoir réaliser sa série. En 2010, il est ainsi annoncé que le projet Star Wars : Underworld est mis sur pause et que les idées prévues pour celle-ci sont rangées.

Le 30 octobre 2012, à la surprise générale, George Lucas annonce avoir vendu son entreprise ainsi que la totalité des droits sur ses films, dont Star Wars et Indiana Jones, à The Walt Disney Company. Très vite, des films dont une nouvelle trilogie et des séries animées, notamment Star Wars : Rebels, sont mis en chantier. Disney, toujours prompt à rentabiliser ses investissements en permettant à ses franchises d'utiliser toutes les branches de l'entreprise pour prospérer, va analyser minutieusement tout ce qui se trouve dans les cartons de Lucasfilm pour imaginer de nouveaux projets. La chaîne de télévision ABC, appartenant à Disney, se montre d'ailleurs très intéressée par une potentielle série à prises de vues réelles comme Marvel en a proposées, par exemple avec Les Agents du S.H.I.E.L.D.. En attendant, certaines idées de Star Wars : Underworld refont surface puisqu'elles servent plus ou moins d'inspiration aux films spin-off comme Rogue One : A Star Wars Story, Solo : A Star Wars Story ou un potentiel opus sur Boba Fett en cours de gestation. Mais l'échec au box office du film sur la jeunesse de Han Solo stoppe net le développement de longs-métrages indépendants tandis que Bog Iger, en personne, annonce, à la suite des mauvais retours de la postlogie, le ralentissement de la mise en production de films Star Wars au cinéma après la sortie de Star Wars : L'Ascension de Skywalker. L'avenir de Star Wars change donc de braquet afin de conquérir de nouveaux horizons. La franchise quitte un temps le grand écran pour s'installer sur Disney+, la nouvelle plateforme de streaming que la compagnie de Mickey est en train de lancer.

L'ouverture le 12 novembre 2019 de Disney+, une plateforme de service de vidéo à la demande par abonnement créée par The Walt Disney Company, est ainsi un tournant aussi stratégique qu'historique pour le studio aux grandes oreilles. Actant le nouveau comportement des (télé)spectateurs qui délaissent la télévision linéaire pour un nouveau type de consommation de flux audiovisuels, Disney+ a, en effet, besoin de contenus originaux et exclusifs pour espérer attirer puis fidéliser des abonnés. Les séries à prises de vues réelles sont assurément l'un des moyens les plus à même d'offrir au public des raisons de payer le service. Poursuivant cet objectif, la plateforme puise évidemment dans des franchises en proposant des spin-off, des reboots ou des suites ; surtout que Disney a l'intention d'utiliser à fond son catalogue de franchises sans oublier de surfer sur le désir de nostalgie de son public familial. Toutes les filiales sont ainsi mises à contribution pour proposer des contenus variés. Et c'est là que l'idée des séries à prises de vues réelles de Star Wars refait surface. La première série sera d'ailleurs une sorte de mix entre l'idée de la pègre de Star Wars : Underworld et le film avorté sur Boba Fett. Titrée Star Wars : The Mandalorian, elle est très vite choisie pour devenir le produit d'appel de Disney+ lors de son ouverture.

Le créateur de Star Wars : The Mandalorian n'est autre que Jon Favreau.
Né à New York en 1966, il débute sa carrière au cinéma en tant qu’acteur en ayant à son actif de nombreux films, avec des rôles plus ou moins importants. Pour Disney, il double en version originale le personnage Crumford Lorak dans la série animée Les Aventures de Buzz l'Éclair et Hurley dans Mission-G. Il se familiarise aussi avec l’univers des super-héros, en interprétant l’associé de Matt Murdock, Foggy Nelson, dans le film Daredevil puis participe au film Touchstone Pictures Des Gens Comme Nous en interprétant le rôle de Jim. Passant à la réalisation en 2001 avec le long-métrage Made, il ne tourne plus beaucoup par la suite, signant seulement deux films avant 2008. Iron Man pour Marvel Studios le révèle alors vraiment au grand public ! Il y tient d’ailleurs un rôle, celui du chauffeur Happy Hogan ; fonction qu’il reprend dans Iron Man 2, et Iron Man 3, même s’il laisse pour ce dernier la place de réalisateur à Shane Black. Il continuera également à jouer le rôle de Happy dans d'autres films du MCU dont Spider-Man : Homecoming et sa suite Spider-Man : Far From Home mais aussi Avengers : Infinity War et Avengers : Endgame. En 2016, il réalise Le Livre de la Jungle, un remake du classique animé de Disney, qui est salué par la critique et le public pour son incroyable rendu visuel dû à des effets spéciaux bluffants. Il réutilise la même technique en 2019 avec son remake animé photoréaliste du (Le) Roi Lion qui explose le box-office mondial avec plus de 1.6 milliard de dollars.

L'idée de faire une série Star Wars est venue à Jon Favreau dès 2012 et l'annonce du rachat de Lucasfilm par Disney. Fan de la première heure, il a vu là une belle opportunité de travailler sur la franchise mais il voulait peaufiner son scénario avant de proposer quoi que ce soit à Kathleen Kennedy, la responsable de Lucasfilm. Après avoir écrit quatre épisodes, il rencontre la patronne à l'été 2017 alors qu'il est en cours de finalisation des plans du (Le) Roi Lion. Cette dernière le met en relation avec Dave Filoni, le responsable des séries animées chez Lucasfilm, ayant travaillé sur Star Wars : The Clone Wars et à l'origine de Star Wars : Rebels et Star Wars : Resistance, ceci afin de l'aider à finaliser le scénario. Finalement, Bob Iger, le président de The Walt Disney Company officialise la mise en chantier de la série durant le mois de novembre 2017. Occupé par Le Roi Lion, Jon Favreau n'a cependant pas le temps de réaliser un épisode. Il confie alors la caméra à un florilège de réalisateurs : Dave Filoni en réalise deux ainsi que Rick Famuyiwa et Deborah Chow. Bryce Dallas Howard, la fille de Ron Howard, le réalisateur de Solo : A Star Wars Story, mais aussi actrice notamment dans Peter et Elliott le Dragon, mettra en image, pour sa part, le quatrième épisode. Enfin, Taika Waititi, le réalisateur de Thor : Ragnarok pour Marvel Studios mais aussi de Jojo Rabbit chez Fox Searchlight Pictures, se charge de l'incroyable dernier épisode.

La série Star Wars : The Mandalorian, comme son titre l'indique, revient sur un élément iconique de la mythologie Star Wars. Les Mandaloriens sont en effet une organisation nomade de mercenaires regroupant de nombreuses espèces, toutes liées par une culture commune. Elles fonctionnent sur un système de clan, obéissant à un chef suprême, connu sous le nom de Mandalore, pouvant se traduire par "seul maître" et qui est aussi le nom de la planète d'origine des mercenaires. Ce dernier est supposé être le plus fort des Mandaloriens. La caractéristique des Mandaloriens est qu'ils sont vêtus d'une armure, faite intégralement ou partiellement de beskar, un métal extrêmement robuste, composée aussi d'un casque et, pour certains, de réacteurs dorsaux. L'armure mandalorienne a été popularisée grâce au personnage de Boba Fett, le dangereux chasseur de prime apparu dans Star Wars : L'Empire Contre-Attaque. La culture et l'histoire des Mandaloriens a, elle, été creusée dans les séries Star Wars : The Clone Wars et Star Wars : Rebels. D'ailleurs, ces deux séries seront nécessaires pour bien comprendre toutes les références de Star Wars : The Mandalorian, notamment le dernier plan de la saison. Cette dernière scène amène d'ailleurs beaucoup de questionnements suite aux derniers événements de Star Wars : Rebels dont les réponses seront sûrement apportées dans la deuxième saison. La série à prises de vues réelles apporte, elle aussi, sa pierre à l'édifice dans l'approfondissement de la culture et des mœurs de ces combattants si particuliers. Elle affirme, notamment, qu'un guerrier mandalorien n'a pas le droit de montrer son visage, et donc d'enlever son casque devant un être vivant. Cette règle est étonnante et semble nouvelle puisque d'autres anciens personnages mandaloriens, dont Sabine Wren, l'une des héroïnes de Star Wars : Rebels, l'enlèvent régulièrement.

Star Wars : The Mandalorian prend aussi un peu le contre-pied des séries actuelles. Le rythme est particulièrement lent, très contemplatif, avec une durée d'épisode assez décousue. En réalité, la série ne rentre pas dans un moule mais profite du format totalement libre de la plateforme de streaming pour raconter son histoire dans le format voulu par l'équipe de production sans chercher à rentrer dans un canevas prédéfini. Les épisodes n'ont pas à tenir absolument sur 45 minutes, ils peuvent être un peu plus longs ou un peu plus courts en fonction du sujet. Autre étonnement, Star Wars : The Mandalorian pose tranquillement les bases, prend le temps qu'il faut pour installer son ambiance et ses personnages. Les dialogues sont peu nombreux, car les personnages sont peu bavards, mais ils sont, pour autant, parfaitement bien écrits et précis pour arriver à donner l'épaisseur suffisante aux protagonistes.

La première saison de Star Wars : The Mandalorian ressemble beaucoup à celles de Star Wars : The Clone Wars et Star Wars : Rebels dans le sens où elle sert d'introduction à l'histoire. Le récit des huit épisodes que constitue cette saison est assez simple. Le Mandalorien, en tant que chasseur de primes, réussit une mission où il doit récupérer vivant une cible non identifiée. Quand il se rend compte qu'il s'agit d'un enfant, d'une espèce inconnue, il décide de trahir le code de la Guilde et de défendre le petit contre ceux qui lui veulent du mal : un groupe composé d'anciens impériaux qui a engagé une armée de chasseurs de primes pour retrouver la trace de cet enfant. La saison est ainsi découpée en trois parties : les trois premiers épisodes racontent la rencontre entre le Mandalorien et l'enfant puis le sauvetage de ce dernier ; les trois épisodes suivants sont des fillers se passant à chaque fois dans une planète différente où le duo essaye de se cacher et de fuir ceux qui sont à leurs trousses ; enfin, les deux derniers épisodes servent de conclusion où plusieurs éléments mis en place dans les six autres épisodes se rejoignent pour former une conclusion haletante et offrir une belle perspective pour la deuxième saison.

En se déroulant cinq ans après Star Wars : Le Retour du Jedi, Star Wars : The Mandalorian se place à la fois aux alentours de la trilogie originale afin d'être dans des éléments visuels familiers mais aussi après la chute de l'Empire, permettant d'aborder une période peu explorée. La série prend ainsi le parti de jouer à fond la carte du fan service. Il propose de nombreux éléments tirés des trois premiers épisodes cinématographiques de la saga que ce soit des planètes, à l'image de la fameuse Tatooine et de sa cantina si reconnaissable ; des espèces extra-terrestres comme les Jawa, les Ugnaugh, les Twi'lek ou les Devaronian ; les droïdes et les vaisseaux. D'autres petits clins d'œil encore plus poussés peuvent être remarqués via des éléments venant des détails du téléfilm tant décrié Au Temps de la Guerre des Étoiles. Par exemple, l'arme du Mandalorien ressemble beaucoup à celle de Boba Fett dans le passage animé ou encore le spectateur s'amusera à entendre une référence au Jour de la Vie, la fête familiale qui fait revenir Chewbacca chez sa famille dans le téléfilm de 1978.

D'un point de vue technique, Star Wars : The Mandalorian possède un budget confortable de 15 millions de dollars par épisode. De ce fait, visuellement, la série est un vrai régal qui ne démérite absolument pas par rapport aux films. Alors certes, les choix d'avoir placé l'action dans des lieux désertiques ou reculés font que la technologie est souvent peu présente, et donc, mécaniquement permet de dépenser moins. Pour autant, s'agissant des décors, des costumes, des maquillages, des effets spéciaux, tout est fait avec soin, sérieux et surtout beaucoup de fidélité par rapport à l'univers Star Wars. Pour donner vie aux différentes créatures, Star Wars : The Mandalorian préfère d'ailleurs faire appel à des marionnettes plutôt qu'à des animations en CGI, donnant un côté plus palpable et réel. D'un point de vue réalisation, la série est donc incroyablement qualitative. Les ambiances varient d'un épisode à l'autre avec une mise en image soignée et léchée. Ainsi, les deux premiers épisodes mais aussi le cinquième font très western, le quatrième lorgne vers le film de guerre, le sixième imite les huis clos spaciaux de style Alien, le Huitième Passager, quant aux troisième, septième et huitième, ils penchent plus vers la guérilla urbaine. Il sera aussi salué la musique de Ludwig Göransson, particulièrement envoûtante. Et la minutie va même jusqu'à peaufiner les génériques de fin qui proposent des dessins d'ambiances splendides reprenant certaines des scènes emblématiques de chaque épisode.

Star Wars : The Mandalorian partait d'un postulat de départ compliqué : comment rendre un personnage attachant alors qu'il porte un masque en permanence, et que pas une seule surface de sa peau ne ressort de son armure ? Contre toute attente, la série y arrive particulièrement bien. C'est d'ailleurs l'une des clés de sa réussite : parvenir à créer de l'empathie pour le personnage principal malgré le handicap de son manque d'expressivité. En réalité, ses points faibles, comme le peu de dialogue qu'il prononce, alliés à ses actions et à sa morale, font que le spectateur est tout de suite sous le charme de ce solitaire qui fait passer ce qui lui semble juste au premier plan avant toute chose, y compris son propre honneur ou sa propre parole. Mando, comme le chasseur de primes se surnomme, affiche une classe et un charisme incroyable. Pedro Pascal (connu pour être Oberyn Martell dans la série Game of Thrones) interprète de façon magistrale ce personnage hors norme, et la prouesse est encore plus remarquable quand il est su qu'il arrive à ce résultat juste avec sa voix et sa gestuelle.

Si la série est portée principalement par Mando et un autre personnage qui sera présenté un peu plus bas, d'autres protagonistes gravitent autour d'eux et viennent croiser le parcours du chasseur de primes, transformé en protecteur, au fur et à mesure des épisodes. L'un des premiers est Kuiil, un Ugnaught qui a passé sa vie à servir autrui. Gagnant sa liberté, il s'est retiré sur une planète lointaine en tant que fermier. C'est là qu'il croise le Mandalorien et qu'ils deviennent amis. Le personnage est réalisé en motion-capture tandis que la voix est tenue en anglais par Nick Nolte (Le Clochard de Beverly Hills). Le personnage est, lui aussi, particulièrement attachant, et sa façon de parler terminant ses déclarations solennelles par "Ainsi ai-je parlé !" risque de devenir un gimmick de geek tellement l'expression et le ton sont si particuliers.

Gina Carano (Deadpool) joue, quant à elle, Carasynthia « Cara » Dune. Humaine d'origine d'Alderaan, elle a été une ancienne membre des troupes de chocs de la Rébellion, combattant l'Empire. Après l'avènement de la Nouvelle République, elle est devenue une mercenaire offrant ses services aux populations ayant besoin de son aide. C'est lors de l'une de ses missions qu'elle croise le Mandalorien. Ils décident de faire équipe pour aider un village attaqué par des bandits et y apprennent à s'estimer l'un l'autre. Là encore, le personnage est très sympathique même si elle n'est vue que dans trois épisodes. Pour autant, grâce à elle, la série arrive à donner un protagoniste féminin fort qui sort des sentiers battus.

Parmi les autres personnages secondaires, il sera noté le droïde chasseur de primes IG-11 dont la voix est tenue par Taika Waititi. Ce modèle ressemble beaucoup à IG-88 apparu dans Star Wars : L'Empire Contre-Attaque et devenu un favori des fans grâce à l'Univers Étendu Légendes.
Greef Karga (interprété par Carl Weathers) est, quant à lui, le chef de la Guilde, particulièrement mystérieux, qui donne ses directives à Mando. Enfin, les chefs impériaux sont joués par Werner Herzog et Giancarlo Esposito ; ce dernier tenant le rôle de l'inquiétant Moff Gideon dont les rares apparitions montrent une autorité naturelle et une dangerosité palpable.

Bien sûr, il est impossible de parler de Star Wars : The Mandalorian sans aborder l'autre personnage emblématique de la série, certains diront même la vedette : l'enfant. Le secret a été bien gardé pour que la surprise des spectateurs soit totale. Disney avait même décidé de ne pas préparer de marchandisage autour de ce personnage afin d'éviter les fuites, préférant perdre le profit qu'auraient pu apporter les achats de Noël et repousser la sortie des jouets et autres peluches au printemps suivant. Il faut dire que l'idée du personnage est tout simplement excellente et frise le génie. Ce petit être, âgé de cinquante ans, de la même espèce que Yoda, est tellement mignon que le public ne pouvait que craquer face à lui. Construit à partir d'une marionnette et non en animation, ses mouvements sont gauches et pourtant incroyablement crédibles tandis que ses grands yeux expressifs finissent d'attendrir les plus réfractaires. Imaginé par Jon Favreau lui-même, l'enfant possède à la fois les caractéristiques d'un personnage devenu iconique, Yoda, tout en ayant une touche de nouveauté. En effet, jusqu'à présent, aucun petit de cette espèce extra-terrestre n'avait été présenté dans l'univers Star Wars. Le duo qu'il forme avec le Mandalorien est ainsi devenu la force de la série et son cœur émotionnel. Et le phénomène a très vite quitté la sphère du public visionnant la série. Alors que Star Wars : The Mandalorian n'était disponible le 12 novembre 2019, lors de l'ouverture de Disney+, que dans quelques territoires (les États-Unis, le Canada et le Pays-bas), l'existence du personnage s'est très vite fait divulgâcher. Il est devenu un phénomène viral sur les réseaux sociaux, tout le monde le surnommant "Baby Yoda". L'enfant est ainsi utilisé comme sujet de nombreux mèmes où toutes ses positions sont scrutées et détournées pour définir des événements de la vie de tous les jours, preuve de son incroyable popularité.

Star Wars : The Mandalorian est saluée par la critique, qui mis à part le cinquième épisode et dans une moindre mesure le sixième, obtient des avis dithyrambiques. Le public est tout aussi conquis et la série ramène vers la saga les déçus de la postlogie. Utilisé pour être le fer de lance des débuts de Disney+, la tactique s'avère particulièrement payante. La série devient, en effet, très vite l'une des plus populaires des plateformes de streaming, battant notamment Stranger Things de Netflix qui était restée 21 semaines au top de ce classement. Il faut dire que l'idée de sortir un épisode par semaine permet à Star Wars : The Mandalorian de se faire connaître et d'être au centre des discussions internet pendant près de deux mois. La stratégie se situe ainsi totalement à l'inverse de Netflix qui offre tous les épisodes d'une saison en même temps, permettant le binge-watching, c'est-à-dire le visionnage boulimique, dans le but d'être à jour afin de ne pas se faire gâcher le plaisir par une révélation inopportune. Et cela marche ! Alors que The Walt Disney Company prévoyait un niveau d'abonnement à 20 millions de clients d'ici la fin d'année 2019, Disney+ approche les 24 millions d'abonnées dès la fin du mois de novembre 2019, montrant l'attrait et le succès de la nouvelle plateforme, grandement dus à la popularité de la série Star Wars, le programme le plus regardé du service SVoD.

Star Wars : The Mandalorian avait de grandes ambitions : faire rentrer la saga Star Wars dans le monde des séries à prises de vues réelles et permettre à Disney+ d'ouvrir en grand pompe. Ces deux objectifs sont remportés haut la main. Et cerise sur le gâteau, la série est une incroyable réussite artistique ! Portée par des personnages plus que charismatiques et une ambiance mêlant western, traque et space opera,  la saison 1 de Star Wars : The Mandalorian ose prendre le temps de poser son sujet et permet ainsi aux spectateurs de s'immerger dans son univers aussi particulier qu'adoré. Et aussitôt, l'attente pour une saison 2 se fait pressante...

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