Star Wars : Obi-Wan Kenobi

Titre original :
Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Production :
Lucasfilm Ltd.
Date de mise en ligne USA :
27 mai 2022 - 22 juin 2022 (Disney+)
Genre :
Science-fiction
Création :
Deborah Chow
Musique :
Natalie Holt
Durée :
255 minutes
Disponibilité(s) en France :

Liste et résumés des épisodes

1. Part I
Partie I
Genre : Épisode
Série : Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Saison 1 Épisode 1
Date de diffusion USA : Le 27 mai 2022
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 52 minutes
L'ancien Jedi Obi-Wan Kenobi vit en ermite sur Tatooine où il surveille de loin le jeune Luke Skywalker...
2. Part II
Partie II
Genre : Épisode
Série : Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Saison 1 Épisode 2
Date de diffusion USA : Le 27 mai 2022
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 38 minutes
Obi-Wan Kenobi part secourir la Princesse Leia Organa qui vient de se faire enlever...
3. Part III
Partie III
Genre : Épisode
Série : Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Saison 1 Épisode 3
Date de diffusion USA : Le 1er juin 2022
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 44 minutes
Obi-Wan et Leia arrivent sur la planète Mapuzo et cherchent un moyen d'échapper à l'Empire...
4. Part IV
Partie IV
Genre : Épisode
Série : Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Saison 1 Épisode 4
Date de diffusion USA : Le 8 juin 2022
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 35 minutes
Obi-Wan et Tala partent délivrer Leia, prisonnière sur la forteresse des Inquisiteurs...
5. Part V
Partie V
Genre : Épisode
Série : Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Saison 1 Épisode 5
Date de diffusion USA : Le 15 juin 2022
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 39 minutes
L'Inquisitrice Reva et Dark Vador prennent d’assaut la base rebelle où se cache Obi-Wan Kenobi...
6. Part VI
Partie VI
Genre : Épisode
Série : Star Wars : Obi-Wan Kenobi
Saison 1 Épisode 6
Date de diffusion USA : Le 22 juin 2022
Réalisé par : Deborah Chow
Durée : 47 minutes
Obi-Wan Kenobi affronte de nouveau Dark Vador tandis que Reva s'en prend au jeune Luke Skywalker...

La critique

rédigée par
Publiée le 17 septembre 2022

Avertissement : une fois n'est pas coutume sur Chronique Disney, cette critique va se permettre de divulgâcher des pans entiers de l'intrigue et des révélations amenées au cours de la saison, ceci afin de pouvoir analyser en profondeur toutes ses thématiques. Il est donc vivement conseillé d'avoir vu la série avant de lire les lignes qui suivent...

Prévu à l'origine pour être un long-métrage, Star Wars : Obi-Wan Kenobi est une mini-série qui plonge dans les aspérités de la psyché du Maître Jedi suite à la chute de l'Ordre. Porté par les belles prestations des acteurs Ewan McGregor et Hayden Christensen dans les rôles respectifs d'Obi-Wan Kenobi et de Dark Vador, elle offre des personnages travaillés et attachants dont certaines bonnes surprises, à l'image de la pétillante jeune Leia. Sans être totalement transcendante, la série sait globalement se rendre sympathique avec quelques belles fulgurances dans certaines scènes emblématiques. Elle arrive également à creuser ses personnages en offrant des parallèles pertinents avec les différentes trilogies. Pour autant, elle manque peut-être d'une certaine ambition, aussi bien narrative que visuelle, ce qui l'empêche d'être plus qu'un simple complément aux films de cinéma avec lesquels elle fait admirablement le pont.

Obi-Wan Kenobi est un personnage central de la Saga Star Wars. Interprété par Alec Guinness dans la première trilogie, il est alors un vieux Jedi qui met le jeune Luke Skywalker sur le chemin de la Force avant d'être tué par son ancien Padawan devenu Dark Vador. Après sa mort, il revient régulièrement conseiller le jeune Luke sous la forme d'un fantôme de la Force. Lors de la prélogie, le personnage d'Obi-Wan Kenobi prend une place plus importante dans le récit. Interprété par Ewan McGregor, il débute en étant le Padawan du Maître Jedi Qui-Gon Jinn. À la mort soudaine de celui-ci, il lui promet de former le jeudi Anakin Skywalker pour qu'il devienne le Jedi qui apportera l'équilibre dans la Force. Le désormais Chevalier Jedi tient sa promesse mais le jeune Skywalker s'avère peu docile. La Guerre des Clones éclate et conduit à la chute de la République, l'avènement de l'Empire et la mise en place du règne malfaisant de Palpatine, aka Dark Sidious, le Maître Sith ennemi des Jedi. Ce dernier arrive à corrompre le Jedi Anakin Skywalker qui devient son disciple en prenant le nom de Dark Vador. Grâce à un plan fomenté depuis des années, le futur Empereur extermine également la plupart des Jedi lors de la Purge lancée via l'Ordre 66. Obi-Wan Kenobi fait alors partie des Jedi qui échappent au massacre. Après avoir combattu et vaincu son ancien disciple, il part se cacher sur Tatooine dans l'idée de surveiller le fils d'Anakin, Luke, dont la naissance a été dissimulée à son père en l'envoyant chez son oncle Owen Lars. Sa sœur jumelle, Leia, a pour sa part été adoptée par le Sénateur d'Alderaan Bail Organa et sa femme la Reine Breha.

Obi-Wan Kenobi apparaît ensuite dans les séries animées Star Wars : Clone Wars de 2003 à 2005 et Star Wars : The Clone Wars de 2008 à 2020 ainsi que le film pilote Star Wars : The Clone Wars en 2008. À chaque fois, en anglais, le personnage est doublé en anglais par James Arnold Taylor. Il a droit à un caméo dans le pilote de la série Star Wars : Rebels, Prémices d'une Rébellion, toujours avec la voix de James Arnold Taylor. Un épisode entier, Au Cœur du Désert, lui est ensuite dédié durant la Saison 3 où il affronte une nouvelle fois Maul, l'assassin de son Maître Qui-Gon Jinn, et cette fois-ci, le tue définitivement. Ici, il prend son apparence de la trilogie tandis que Stephen Stanton le double uniquement durant cet épisode. Enfin, le personnage d'Obi-Wan Kenobi apparaît une nouvelle fois en flash-back dans le pilote de la série Star Wars : The Bad Batch.
Le Jedi est aussi beaucoup utilisé dans l'Univers Étendu, aussi bien en comics qu'en roman. Dans l'Univers Légendes, il peut par exemple être cité la série de romans jeunesses Les Apprentis Jedi de Dave Wolverton et de Jude Watson racontant son passé de Padawan ; le roman adulte Planète Rebelle de Greg Bear narrant une mission en tant que Chevalier Jedi accompagné de son Padawan Anakin Skywalker ; et surtout le roman adulte Kenobi de John Jackson Miller qui raconte les premiers jours de son exil sur Tatooine pour surveiller Luke alors bébé. Côté Univers Canon, les œuvres les plus emblématiques sont peut-être le roman adulte Maître & Apprenti de Claudia Gray qui raconte une mission de paix confiée par l'Ordre Jedi à Qui-Gon Jinn et son Padawan Obi-Wan Kenobi ; ou encore le comics Obi-Wan & Anakin : Réceptifs et Hermétiques où cette fois-ci c'est Obi-Wan Kenobi qui part en mission avec son Padawan Anakin Skywalker.

Les origines de la série Star Wars : Obi-Wan Kenobi remontent en réalité à 2013, juste après que The Walt Disney Company, sous l'impulsion de son PDG Bob Iger, a racheté Lucasfilm, Ltd. auprès de George Lucas et décidé de relancer la franchise Star Wars. En plus de la postlogie, Disney veut en effet lancer plusieurs films hors-série basés sur un évènement ou un personnage précis. Naîtront ainsi Rogue One : A Star Wars Story et Solo : A Star Wars Story. Parmi les idées de films indépendants, un long-métrage sur Obi-Wan Kenobi est alors envisagé avec dans l'idée que l'acteur Ewan McGregor reprenne son rôle ; il est d'ailleurs approché à ce sujet dès 2015. La réalisation est alors confiée à Stephen Daldry, connu pour avoir mis en scène le film Billy Elliot en 2000 tandis que le script est écrit par Hossein Amini et Stuart Beattie. Le long-métrage était donc prévu pour être le premier volet d'une trilogie, et celle-ci devait montrer l'évolution du Maître Jedi Obi-Wan Kenobi de Star Wars : La Revanche des Sith vers le vieil ermite Ben Kenobi de Star Wars : Un Nouvel Espoir. Mais l'échec au box-office du film sur la jeunesse de Han Solo stoppe net le développement de longs-métrages indépendants tandis que Bob Iger en personne annonce, à la suite des mauvais retours de la postlogie, le ralentissement de la mise en production de films Star Wars au cinéma après la sortie de Star Wars : L'Ascension de Skywalker.

Néanmoins, le script n'est pas jeté à la poubelle mais plutôt recyclé durant l'été 2019 pour en faire une mini-série de six épisodes pour Disney+. Si Stuart Beattie quitte le projet, Hossein Amini transforme le scenario de deux heures de film en quatre heures de série en approfondissant notamment la personnalité des personnages, rajoutant de la politique et du background historique là où il n'avait été capable de le faire dans le long-métrage à cause de l'obligation d'avoir une certaine dose d'action. Le scénariste s'inspire alors des influences de George Lucas comme Le Héros aux Mille et un Visages de Joseph Campbell tout en reprenant le ton, mais pas le récit, du roman Légendes de John Jackson Miller sur le personnage. Pour autant, la présidente de Lucasfilm, Ltd., Kathleen Kennedy, n'est pas satisfaite du script. Elle trouve, en effet, qu'il ressemble trop à celui de Star Wars : The Mandalorian où le héros doit sauver puis prendre soin d'un enfant ; ici un Kenobi qui protège un jeune Luke Skywalker de diverses menaces. Le scénariste Joby Harold arrive alors en avril 2020 et reprend le script de Amini. Si le récit se situe toujours environ huit ans après Star Wars : La Revanche des Sith, l'ambiance subit de grands changements. Tout d'abord, il s'éloigne de Tatooine et met beaucoup en retrait le personnage de Luke qui ne fait quasiment qu'un caméo. Par contre, deux autres personnages iconiques sont rajoutés alors qu'ils n'étaient pas prévus au départ. Star Wars : Obi-Wan Kenobi devient également bien plus lié à la prélogie que ne l'était le projet au départ. La série rend ainsi un bel hommage aux films Star Wars des années 1990 et 2000 comme aucune autre œuvre à prises de vues réelles de l'époque Disney ne l'avait fait jusqu'à présent. Au-delà de la prélogie, elle apporte aussi un éclairage différent sur la première trilogie mais également, d'une certaine façon, sur la postlogie.

La réalisation de la série est confiée, quant à elle, à Deborah Chow. Née à Toronto, l'artiste est d'origine chinoise de par son père qui a émigré de l'Australie vers le Canada avec sa femme. L'homme transmet à sa fille sa passion pour le cinéma et la réalisation. Elle commence sa carrière en tant que réalisatrice en écrivant et en mettant en scène les courts-métrages Daypass (2002) et The Hill (2004) qui remportent tous deux des prix dans divers festivals de films internationaux, le tout en étudiant le cinéma à l'université. Elle se fait ensuite connaître en 2010 grâce à son premier long-métrage, The High Cost of Living. Elle se tourne alors vers la télévision en réalisant de nombreux épisodes de séries comme Copper, Murdoch Mysteries, Reign, Beauty and the Beast ou Mr. Robot ainsi que le téléfilm Les Enfants du Péché pour Lifetime. Elle commence à travailler pour Star Wars sur la série Star Wars : The MandalorianJon Favreau la choisit pour mettre en images les épisodes Le Péché et La Confrontation de la Saison 1. Appréciant son travail sur la première série à prises de vues réelles de la saga, Kathleen Kennedy lui confie alors la réalisation intégrale de Star Wars : Obi-Wan Kenobi après que le projet est passé d'un long-métrage à celui d'une série.

Comme son titre l'indique, Star Wars : Obi-Wan Kenobi se concentre donc sur le personnage du vieux Maître Jedi et fouille comme jamais dans sa personnalité. À travers lui, la série montre comment les Jedi survivants à l'Ordre 66 ont géré l'avènement de l'Empire. Ils ont dû se cacher car la traque s'est poursuivie même après la purge initiale. Le sujet avait d'ailleurs déjà été abordé en comics, notamment dans l'Univers Légendes, mais aussi en roman, que ce soit en Légendes ou en Canon, comme par exemple dans Ahsoka et même en série animée dans Star Wars : Rebels avec le personnage de Caleb Dume alias Kanan Jarrus. Ici, la série insiste sur les failles psychologiques que traverse Obi-Wan Kenobi. Sa mission est de protéger Luke Skywalker mais la chute des Jedi a entamé sa confiance en l'avenir, en la lumière et surtout... en la Force. Il préfère alors se fermer à elle, persuadé que c'est la meilleure marche à suivre pour se protéger. Il est devenu un ermite, coupé de tous sur une planète reculée, où il travaille dur pour gagner sa pitance chaque journée. Il continue de garder un œil sur Luke mais de loin, surtout qu'Owen Lars refuse qu'il s'approche de son neveu. Il a tellement perdu la foi qu'il convainc les quelques Jedi qui croisent sa route de se cacher et de vivre une vie normale, leur refusant son aide. La personnalité de Kenobi est ici intéressante car elle ressemble à celle dont Luke fera lui-même preuve dans la postlogie, notamment dans le film Star Wars : Les Derniers Jedi dans un beau parallèle maître / élève. La série va donc s'attacher à montrer l'évolution d'Obi-Wan Kenobi et la façon dont il va reprendre petit à petit confiance, se reconnecter à la Force et devenir le vieux sage qui sera en mesure de guider Luke sur la voie de la Force. Ewan McGregor reprend ainsi son rôle et apporte, encore une fois, beaucoup au personnage. Il suffit d'ailleurs de profiter de ses non-dits, de ses regards, et des gros plans sur son visage où rien qu'avec ses expressions, l'acteur fait passer une palette incroyable d'émotions.

La vraie bonne idée de Star Wars : Obi-Wan Kenobi est son déclencheur. Il fallait trouver un prétexte pour que le Jedi quitte sa cachette afin que cela ne soit pas, encore une fois, une sempiternelle aventure sur une planète désertique. La raison se devait néanmoins d'être suffisante pour qu'Obi-Wan délaisse un temps sa mission de protéger le jeune espoir qu'était Luke Skywalker. Personne n'y avait pensé avant la sortie de la série mais l'idée qu'il soit obligé de sauver l'autre espoir, c'est-à-dire la jumelle de Luke, la Princesse Leia Organa, est tout simplement excellente. D'abord, cela apporte une certaine originalité à l'histoire et pour le coup, Kathleen Kennedy a eu raison de demander ce changement. Ensuite, cela permet aussi de visiter la planète Alderaan, de revoir le personnage du Sénateur Bail Organa toujours joué par Jimmy Smits et de découvrir de façon plus poussée le personnage de la Reine Breha Organa interprétée par Simone Kessell. Tous ces passages sur la planète d'adoption de Leia rappellent d'ailleurs beaucoup l'ambiance du roman de Claudia Gray Leia : Princesse d'Alderaan. Le rôle de la jeune Leia est tenu ici par l'actrice Vivien Lyra Blair, totalement attachante. Elle arrive parfaitement à faire transparaître le caractère volontaire de la Princesse ainsi que son franc-parler tout en ayant des réactions que le spectateur attend d'une jeune fille de son âge. La relation avec Obi-Wan Kenobi fonctionne aussi à merveille et certaines scènes sont particulièrement touchantes, notamment lorsqu'il lui parle de ses parents et des traits de caractères qu'elle a hérité d'eux. Et par rapport aux films, la présence de la petit Leia permet de comprendre comment elle connaît Ben / Obi-Wan Kenobi dans Star Wars : Un Nouvel Espoir mais aussi pourquoi elle décide de donner à son enfant le prénom de Ben en hommage au vieux Jedi.

L'autre excellente idée de la série est d'avoir également fait revenir Dark Vador pour qu'il affronte non pas une fois mais deux son ancien maître. Celui qui fut Anakin Skywalker en veut encore à ancien mentor qui l'avait laissé pour mort près de la lave de Mustafar. S'étant coupé de la Force, Obi-Wan Kenobi ne sait pas que son ancien Padawan est encore en vie. La série va ainsi explorer la relation avec les deux anciens amis, et proposer aussi un beau flashback d'un jour d’entraînement entre le professeur et l'élève alors que la Guerre des Clones n'a pas encore commencé et qu'Anakin était toujours un apprenti Jedi. Hayden Christensen reprend merveilleusement son rôle et permet d'apporter à Dark Vador une colère, un désir de vengeance, une obsession mais également, de façon étrange, une certaine mélancolie et une envie d'absoudre la culpabilité qui étreint son ancien Maître. Le personnage est particulièrement intéressant car au-delà de la violence, de la rage et de la haine qui l'habitent, le Seigneur Sith effleure aussi l'ancien Anakin qui veut retrouver Obi-Wan pour le tuer et se venger mais également pour trouver des réponses sur lui-même. Les deux combats sont ainsi fabuleux. Le premier dans les flammes où Obi-Wan perd, presque brûlé, est une image inversée de celui de Star Wars : La Revanche des Sith où Dark Vador obtient enfin la revanche qu'il attendait. Le second duel permet au Maître de reprendre l'avantage sur son ancien élève en restant ainsi cohérent avec le dialogue entre les deux personnages dans Star Wars : Un Nouvel Espoir. L'affrontement est particulièrement violent avec des images vraiment iconiques comme celle du masque fêlé en deux qui permet d'entrevoir le visage ravagé d'Anakin et son regard plein de haine vis-à-vis de son ancien maître mais aussi des yeux un peu perdus laissant poindre une certaine faiblesse. Il propose aussi des dialogues très forts où Dark Vador dit à Obi-Wan qu'il n'est pas responsable de la mort d'Anakin Skywalker. Dans une belle preuve d’honnêteté, en prononçant cette phrase, il soulage non seulement la conscience d'Obi-Wan dont le basculement d'Anakin vers le Côté Obscur était, pour lui, un échec personnel mais s'avoue aussi à lui-même qu'il est le seul responsable du monstre qu'il est devenu. Le plus touchant dans cette scène est peut-être la peine et la pitié sincère que ressent Obi-Wan à son égard. Ce qui reste d'Anakin disparaît et Dark Vador reprend le contrôle. Il est alors fou de rage d'avoir laissé transparaître une faiblesse, lui qui est toujours en recherche de puissance afin de prouver perpétuellement sa grande valeur de guerrier.

Un personnage un peu plus décevant est peut-être celui de Reva, la Troisième Sœur des Inquisitrices. Ancienne novice Jedi qui échappe au massacre du Temple lors de l'Ordre 66, elle a pour obsession de retrouver Obi-Wan Kenobi. Durant la plupart des épisodes, elle est l'antagoniste principale avide d'ambition voulant se faire remarquer de Dark Vador afin de grimper dans la hiérarchie au sein des Inquisiteurs. Introduits dans la série Star Wars : Rebels, il s'agit d'un groupe d'utilisateurs du Côté Obscur, mais non Sith, qui ont pour mission de traquer les derniers Jedi survivants. Le souci avec le personnage de Reva est qu'il aurait mérité d'avoir une écriture bien plus travaillée. Elle est l'élément perturbateur qui va déclencher toutes les péripéties et les rencontres de la série. Son origine, cachée au début, est pourtant assez évidente grâce au flash-back qui est proposé dès l'entame de la série. De même, le spectateur comprend très vite quelles vont être ses motivations tout au long des épisodes. Ce faisant, il n'est jamais surpris ou ému par le personnage. Ses desseins sont pourtant plutôt bien trouvés et son parcours relativement cohérent. Dans un beau parallèle avec Vador, elle puise dans sa haine, l'énergie pour accomplir son désir de vengeance. La question est de savoir vers qui est destinée sa rancœur. La série y répond par trop maladroitement à cause de facilités scénaristiques et d'ellipses non expliquées. Il faut dire que Reva semble connaître un peu trop de choses facilement, ou en tout cas, d'avoir deviné de nombreux tenants et aboutissants : le fait qu'Anakin Skywalker et Dark Vador soient la seule et même personne par exemple ; savoir que pour piéger Obi-Wan Kenobi, il fallait kidnapper la fille du Sénateur Organa qui était par le passé le proche ami du Maître Jedi ; et surtout que Reva revienne sur Tatooine pour tuer Luke en devinant que le jeune garçon avait un lien avec Anakin à partir d'un message particulièrement inaudible. La fin du personnage est logique dans l'idée de rédemption qu'offre régulièrement la saga Star Wars mais elle aurait peut-être mérité une conclusion plus spectaculaire. Le fait de la laisser vivre, si logique d'un point de vue marketing, pose une grosse épine dans le pied d'un point de vue scénaristique. Enfin, au niveau de sa personnalité, Reva manque aussi d'aspérité et tend parfois à être une coquille vide. Heureusement, certaines scènes avec elle sont réussies, notamment son dialogue avec Obi-Wan Kenobi juste avant l’assaut de la base rebelle. Malgré tous ces bémols, l'actrice qui tient le rôle, Moses Ingram, ne démérite pas et se révèle plutôt convaincante. Il faut, par contre, dénoncer haut et fort le traitement inadmissible qu'elle a subi sur les réseaux sociaux via un torrent de haine, malheureusement pas nouveau dans la communauté Star Wars ces dernières années. La toxicité était telle qu'Ewan McGregor a dû faire un message de mise au point à destination des fans.

Au-delà de ces quatre personnages, d'autres méritent aussi l'attention. Le retour des personnages d'Owen et Beru Lars est plus que bienvenu. Les acteurs Joel Edgerton et Bonnie Piesse reprennent en effet les rôles qu'ils avaient tenu lors de la prélogie pour le plus grand plaisir des fans. Le personnage d'Owen est particulièrement intéressant de par l'amour qu'il porte à son neveu mais également de par l'opinion qu'il a d'Obi-Wan Kenobi, le jugeant responsable de ce qui est arrivé au père de Luke. Il permet aussi de donner à Luke une figure paternelle aimante à l'image de celle de Bail Organa pour Leia et en opposition totale avec leur père biologique Anakin Skywalker.
L'autre personnage intéressant est connu lui des fans des séries animées. Le Grand Inquisiteur, méchant de la Saison 1 de Star Wars : Rebels, signe ici sa première apparition en prises de vues réelles. Joué par Rupert Friend, le personnage possède toutefois une apparence vraiment décevante. L’adepte du Côté Obscur est un Pau'an de la planète Utapau dont l'espèce a pu être vue pour la première fois en live action dans le film Star Wars : La Revanche des Sith. Malheureusement, ici le maquillage est particulièrement raté, ne permettant pas de reconnaître le personnage. Le Grand Inquisiteur possède dans Star Wars : Obi-Wan Kenobi une tête un peu trop ronde et humaine là où la série animée et le film de cinéma donnaient aux Pau'an un crane bien plus allongé.
Parmi les nouveaux personnages, il sera apprécié Tala, une ancienne impériale qui aide Obi-Wan dans sa quête. Joué par Indira Varma (Game of Thrones), le personnage est attachant et son destin touchant. Il sera également remarqué Haja Estree, un escroc au grand cœur, dont le rôle est tenu par Kumail Nanjiani (Les Éternels).

Enfin, dernier clin d’œil intéressant : lors du troisième épisode alors qu'il est dans une cachette de Jedi, Obi-Wan Kenobi apprend que le Jedi Quinlan Vos est vivant et a survécu à la purge. Ce dernier est un chevalier Jedi hors norme, un proche-humain Kiffar, une espèce qui se distingue avec son fameux tatouage jaune au milieu du visage. L'origine de Quinlan Vos remonte en fait au film Star Wars : La Menace Fantôme où un personnage a servi d'inspiration à ses créateurs. Dix ans plus tard, en raison de sa popularité spontanée, Lucasfilm, Ltd. décide de procéder à une recanonisation rétroactive de ce caméo en affirmant qu'il s'agit bien de Vos. Le Jedi est en réalité créé en 2000 par l'auteur John Ostrander et l'artiste Jan Duursema au sein de Mémoire Obscure (Star Wars : Republic #19), bien que le personnage fasse avant cela un petit caméo dans le cinquième issue de Émissaires à Malastare (Star Wars : Republic #18). Désormais populaire, il connaît ensuite une grande carrière dans les comics Légendes Star Wars de Dark Horse. Fort de son aura, le personnage apparaît dans un épisode de la Saison 3 de Star Wars : The Clone Wars et devait également disposer d'un arc de huit épisodes dans une future saison que l'annulation de la série à la suite du rachat de Lucasfilm, Ltd. par The Walt Disney Company a annihilée ; le scénario de ces épisodes servant finalement de base pour l'excellent roman Sombre Apprenti, qui fait partie de l'Univers Canon et permet d'approfondir psychologiquement le personnage en le voyant s'associer avec l'ancienne Sith, Asajj Ventress.

Côté technique, Star Wars : Obi-Wan Kenobi est relativement convaincant... pour une série. D'un point de vue visuel, elle semble toutefois manquer de budget et donc d'ambition. Les effets spéciaux sont corrects mais l'ensemble souffre cruellement d'une identité propre. L'utilisation de la technique du Volume, qui permet de filmer des décors virtuels semblant plus vrais que nature, est ici paresseuse. Les décors ne sont jamais très inventifs là où Star Wars : The Mandalorian proposait lui des séquences et des plans bien plus grandioses. Le problème vient peut-être aussi de la réalisation qui manque vraiment d'ampleur. La réalisatrice a décidément du mal à rendre ses scènes d'action comme ses plans larges impressionnants. Elle est heureusement plus convaincante lors des deux combats aux sabres lasers de Dark Vador contre Obi-Wan Kenobi. En réalité, la série n'est jamais aussi belle et prenante que lors de ses moments calmes, en gros plans, lorsqu'elle laisse parler ses personnages. Il se dégage alors durant ces moments une vraie émotion qu'elle a du mal à reproduire le reste du temps. D'un point de vue musical, c'est le même souci. La partition de Natalie Holt est assez basique avec aucun thème qui ne reste en tête. Pire, la plupart du temps, le spectateur n'a pas l'impression d'écouter une bande originale Star Wars ; la musique étant souvent très plate et sans saveur. À une exception près : lors du deuxième combat entre Obi-Wan Kenobi et Dark Vador. Au cours de ce passage, la compositrice trouve enfin l'inspiration et permet de transcender la scène grâce à une mélodie à la fois mélancolique et épique.

L'autre souci de Star Wars : Obi-Wan Kenobi est peut-être à chercher dans son découpage et son montage. Malgré ses personnages et leurs belles interactions, la série n'arrive jamais à être totalement passionnante. Déjà, les épisodes ne sont pas tous fatalement indispensables ; le quatrième, par exemple, où Leia est enlevée pour être secourue presque trop facilement, est peut-être de trop. L'ensemble manque aussi de fluidité et le format série, surtout avec un mode de diffusion hebdomadaire pour chaque nouvel épisode à l'exception des deux premiers, donne un aspect décousu au récit qui mériterait d'être plus ramassé pour lui donner du rythme. L'histoire aurait à l'évidence eu plus d'impact en étant un long-métrage plutôt qu'en se voyant découpée en plusieurs épisodes, surtout avec le cahier des charges voulant un cliffhanger à chaque fin. Autant cela fonctionnait parfaitement avec Star Wars : The Mandalorian, autant ici, le procédé semble maladroit pour provoquer le buzz d'ici l'épisode suivant, voire parfois contre-productif à l'image de la (fausse) mort du Grand Inquisiteur qui contredit un temps Star Wars : Rebels et qui a pour conséquence de faire craindre aux fans un retcon inutile et frustrant (ce qui ne sera finalement et heureusement pas le cas). Cela va également nuire quelque peu à la popularité de la série sur les réseaux sociaux, même si cela ne lui empêchera pas de devenir, aux dires de Disney, la production de Disney+ avec le meilleur lancement en termes de visionnage. Malgré ses défauts, elle est tout de même bien accueillie par la critique et, certes un peu plus fraîchement, par le public. Son appréciation semble tout de même plus grande au sein des fans ayant grandi avec la prélogie, ceux-ci ayant retrouvé des éléments qui leur avaient plu à l'époque. Ils saluent particulièrement le fait que Disney et Lucasfilm, Ltd. reviennent enfin sur cette période, là où ils s'étaient plutôt jusqu'à présent inspirés uniquement de la trilogie originelle.

Star Wars : Obi-Wan Kenobi est une série portée par des acteurs de grand talent campant des personnages particulièrement attachants et torturés. Il lui manque pourtant un souffle épique, une ambition visuelle et un découpage narratif qui auraient pu rendre le projet encore plus exaltant. Les épisode se suivent avec plaisir mais sans grand enthousiasme.

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