Raiponce : La Revanche de Cassandra
L'écran titre
Titre original :
Rapunzel's Tangled Adventure : Cassandra's Revenge
Production :
Disney Television Animation
Date de diffusion USA :
Le 26 janvier 2020
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Caulfield
Shane Zalvin
Musique :
Alan Menken
Glenn Slater
Durée :
44 minutes

Le synopsis

Raiponce organise une fête surprise pour l'anniversaire d'Eugène quand Cassandra fait irruption et la menace...

La critique

rédigée par
Publiée le 14 mai 2020

Raiponce : La Revanche de Cassandra est le huitième téléfilm dérivé de Raiponce - La Série produit tout spécialement pour le réseau de télévision Disney Channel. Il sert également de milieu de saison pour la troisième et dernière saison de Raiponce - La Série.

Après le rachat de Pixar, l'arrivée de John Lasseter à la tête des Walt Disney Animation Studios donne le coup d'envoi à une stratégie éditoriale pour redonner au label historique de Mickey sa splendeur d’antan. L'important pour le créateur de Toy Story est d’abord de hiérarchiser les priorités. La première consiste à remettre sur les rails des projets mal engagés. Il commence sur Bienvenue chez les Robinson en le remaniant dans la mesure du possible vu son état d'avancement. Il recadre ensuite complètement Volt, Star Malgré Lui pour le rendre plus disneyen. La seconde étape est de faire revivre l'animation Disney en s’appuyant sur les fondamentaux qui parlent au public. Il relance ainsi l'animation 2D avec La Princesse et la Grenouille - succès d’estime - puis crée un film de princesse en animation assistée par ordinateur (Raiponce), démontrant ainsi que cette technique d’animation est tout à fait apte à soutenir des histoires à la Disney, intemporelles et dignes de celles ayant marqué les années 90.

Raiponce devient alors un vrai phénomène comme les Walt Disney Animation Studios n'en avaient plus connu depuis plus de dix ans : les critiques sont sur lui plus que positives et le public est conquis. Malgré 260 millions de dollars de budget, le film est un succès commercial engrangeant 591 millions de dollars de recettes à travers le monde dont 200 millions rien qu'aux États-Unis. En France, l'opus signe un joli score avec plus de 4 millions d'entrées.
Pour surfer sur son succès, Disney propose en 2012 un court-métrage, Le Mariage de Raiponce, diffusé en première partie de la ressortie 3-D de La Belle et la Bête pour les États-Unis et de celle du (Le) Roi Lion pour la France. Bien que certains bruits parlaient de la possibilité d'une suite au cinéma, l'idée n'a, en réalité, jamais été sérieusement envisagée par les réalisateurs du premier opus qui partent rapidement sur d'autres projets : Zootopie pour Byron Howard et Gigantic pour Nathan Greno, avant que ce film ne soit finalement repoussé sine die.

Les studios Disney n'abandonnent tout de même pas leur idée de capitaliser sur la franchise Raiponce qui vit toujours aussi bien en produits dérivés ou dans les Parcs à thème. Ils vont ainsi reprendre une option mise de côté depuis une dizaine d'années, faute de films suffisamment populaires : une déclinaison sur le marché de la télévision. Depuis Kuzco, l'Empereur Mégalo et la série de 2006, Kuzco, Un Empereur à l'École, aucun opus récent des Walt Disney Animation Studios ne s'est vu, en effet, adapté sur le petit écran. Le succès de La Garde du Roi Lion redonne de son intérêt à la démarche qui se voit appliquée à Raiponce, donnant lieu à la création d'une série télévisée dérivée. Disney Television Animation produit ainsi la logiquement nommée Raiponce - La Série et, afin de l'installer comme il se doit, lui adjoint un téléfilm pilote d'une heure, Raiponce : Moi, J'ai Un Rêve. Il s'agit d'un procédé classique que la filiale télévisée utilise régulièrement pour ses séries événement, comme cela a été le cas avec Princesse Sofia : Il Était une Fois une Princesse en 2012 pour lancer la série Princesse Sofia ou alors La Garde du Roi Lion : Un Nouveau Cri qui entamait les aventures de Kion et ses amis.

La meilleure idée de Raiponce - La Série est clairement son visuel. Il est évident que la télévision n'aurait pas eu le budget nécessaire pour proposer une qualité d'image aussi belle que celle du film. Pour pallier ce problème, le responsable du projet, Chris Sonnenburg, a donc l'excellente idée de prendre un virage radical. Au lieu de recourir à de la 3D bas de gamme, comme cela peut être le cas sur Princesse Sofia ou Elena d'Avalor, il préfère, en effet, partir sur un aspect 2D. Attention tout de même, il n'est pas question ici de dessins sur papier mais bien d'une animation 3D aux rendus aplatis, utilisant la technique qui a déjà fait ses preuves sur les séries La Garde du Roi Lion ou Mickey Mouse. Pour légitimer plus encore ce choix, Chris Sonnenburg reprend le style très présent dans le long-métrage originel signé de Claire Keane, la fille de Glen Keane, à l'origine des dessins que Raiponce dessinait sur les murs intérieurs de sa tour. Ainsi, à l'image du carnet personnel présent dans le téléfilm, l'histoire est racontée par Raiponce comme si elle dessinait elle-même ses aventures. L'astuce narrative est intéressante car elle est vraiment crédible par rapport au personnage. En outre, le visuel obtenu est d'une beauté renversante même s'il demande un petit temps d'adaptation par rapport à la stylisation différente du film. Le rendu est, à l'évidence, l'un des grands points forts de la série et des téléfilms qui en découlent.

Après le téléfilm d'entame de la troisième saison, Le Retour de Raiponce, qui avait conclu de façon un peu abrupte le cliffhanger de la saison précédente, Raiponce - La Série va construire petit à petit les éléments qui vont mettre en place l'affrontement annoncé dès Raiponce et la Pierre de Lune. Durant dix épisodes, diffusés avec une programmation chaotique (huit épisodes en octobre 2019 en à peine une semaine puis deux en janvier 2020 de façon hebdomadaire), la série propose ainsi de montrer comment les deux anciennes amies vivent depuis leur dernier affrontement : Raiponce s'occupant des conséquences de ce qui est arrivé au Royaume de Corona après l'attaque des Séparatistes de Saporia ; Cassandra, pour sa part, apprend à contrôler ses nouveaux pouvoirs tandis que la Fille Enchantée vient la hanter.

Comme son titre l'indique, Raiponce : La Revanche de Cassandra narre donc l'affrontement tant attendu entre Raiponce et son amie. La promesse faite est parfaitement tenue et les deux jeunes filles montrent toutes les deux l'étendue de leurs puissances respectives. Le combat final est ainsi parfaitement haletant, surtout qu'il est amené de façon graduelle, d'abord par une première attaque dans le Royaume de Corona puis par la contre-attaque de la princesse aux cheveux d'or quand elle se rend dans la tour noire qu'a créée Cassandra avec ses nouveaux pouvoirs. La bonne idée également est de mettre le personnage de Varian dans la balance. Celui qui s'est retourné un temps contre Raiponce est le plus à même de saisir ce que ressent l'ancienne amie de la princesse. Il essaye alors de lui faire comprendre qu'elle fait fausse route, que la colère n'est pas bonne conseillère et la vengeance, pas la solution. Un constat s'impose alors tout de go : si le téléfilm précédent était fort mal découpé et bancal, celui-ci est parfaitement dosé et bien écrit.

En dehors de l'histoire principale, Raiponce : La Revanche de Cassandra offre aussi des moments plus légers. Il y a, par exemple, une sous-intrigue par rapport à Eugène et son anniversaire, le vrai. Avec le retour de son père biologique, la date et l'année de naissance du jeune homme sont en effet désormais connues de tous. De même, l'ancien brigand et la princesse essayent également tous deux de se demander en mariage et naturellement, vu les événements, les fiançailles devront attendre ! La petite déception avec Eugène, et c'est une remarque qui peut être faite sur toute la série et pas uniquement sur ce téléfilm, est que le personnage a toujours l'air effacé par rapport à sa belle. Autant dans le film, l'ex-Flynn et Raiponce avaient des personnalités complémentaires mais toutes les deux affirmées ; ici, Eugène est un amoureux transi et compréhensif servant plus de comique que de protecteur. Son aimée n'a absolument pas besoin que quelqu'un vieille sur elle et Eugène est souvent là plus en soutien moral qu'autre chose. Ce que Raiponce a gagné en assurance dans la série, Eugène le perd donc en personnalité, donnant plutôt dans la maladresse, et ce faisant, devenant un peu transparent. C'est ici sûrement un des plus gros bémols à formuler contre le téléfilm, et contre la série de façon globale, au demeurant toutefois très réussis par ailleurs.

Preuve de la qualité mise dans sa production, Raiponce : La Revanche de Cassandra fait revenir, en plus du casting original, le compositeur du film Alan Menken et le parolier Glenn Slater. Ils proposent ici deux créations originales. La première, The Girl Who Has Everything, est une chanson qu'entonne Raiponce au début de l'aventure où elle se rend compte qu'elle est heureuse et qu'elle possède tout ce dont elle a toujours rêvé. La chanson se voit également reprise un peu plus tard quand la belle récupère la bague qu'elle veut offrir à Eugène pour sa demande en mariage. La deuxième ritournelle est Nothing Left to Lose au cours de laquelle Varian essaye de convaincre Cassandra qu'elle doit abandonner sa rage alors que cette dernière a tellement de rancœur au fond d'elle qu'elle n'est pas en mesure d'écouter qui que ce soit.

Raiponce : La Revanche de Cassandra est un téléfilm qui tient toutes ses promesses et propose un affrontement intense entre Raiponce et Cassandra. Il offre également une dernière scène qui lance la dernière ligne droite avant la conclusion de la série.

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