Quel Toupet
L'écran titre
Titre original :
Lucky Toupee
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 19 août 2019 (El Capitan Theatre)
Le 24 janvier 2020 (Disney+)
Genre :
Animation 3D
Réalisation :
Nikki Mull
Musique :
Nathan Curtis
Durée :
2 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Des leprechauns font du trafic de perruques en allant dérober les cheveux de leurs futurs clients...

La critique

rédigée par
Publiée le 17 juin 2020

Quel Toupet est un court-métrage des Walt Disney Animation Studios tiré de son programme intitulé Short Circuit.

La collection nommée Short Circuit est une proposition offerte aux animateurs des studios de Mickey afin d'imaginer des cartoons, plutôt courts (autour de 3 minutes), innovants aussi bien dans le fond que dans la forme, que cela soit d'un point de vue visuel ou technologique. Le but est clairement de permettre à une majorité d'artistes de pouvoir laisser parler leur imagination et leur créativité tout en proposant un contenu original. Diffusés dans un premier temps au cinéma El Capitan Theatre durant quelques jours (Flaques d'Eau, Programme d'Échange, Downtown, Jing Hua, Songs to Sing in the Dark, Juste une Pensée, Va Chercher ! et Zenith le 12 août 2019 puis Goutte de Pluie, Cycles, Ju-Jitsu, Un Éléphant à la Maison, Un Éclair dans la Bouteille, La Course et Quel Toupet le 19 août 2019), les cartoons sont ensuite tous proposés au grand public sur la plateforme Disney+ le 24 janvier 2020 à l'exception notable de Songs to Sing in the Dark.

Quel Toupet se voit réalisé par Nikki Mull. Après des études dans le cinéma avec une spécialisation dans les effets spéciaux, l'artiste intègre en 2013 les Walt Disney Animation Studios en qualité de chargée de développement visuel. Son rôle consiste ainsi à prendre en charge et superviser la peinture de texture, la création de matériel numérique, le toilettage des décors et des personnages. Elle travaille alors sur de nombreux projets dont La Reine des Neiges, La Reine des Neiges : Une Fête Givrée, Les Nouveaux Héros, Vaiana, la Légende du Bout du Monde et La Reine des Neiges II. Elle est ensuite promue en tant que chargée de développement visuel des personnages sur le film Raya et le Dernier Dragon. Avant cela, Quel Toupet marque la première fois où elle assume un poste de réalisatrice.

Nikki Mull s'inspire pour son premier cartoon autant de son mari qui a la malchance de perdre ses cheveux que de vieux films où les effets spéciaux arrivaient à montrer les leprechauns de façon convaincante en utilisant le changement d'échelle pour juxtaposer un plan avec un lutin et un autre avec un humain. Le court-métrage semble ainsi particulièrement s'inspirer du film Disney à prises de vues réelles, Darby O'Gill et les Farfadets. Pour insister sur cette filiation, l'action se passe d'ailleurs au début du XXe siècle tandis que le cartoon propose un format d'image en 4/3, comme c'était le cas des vieux films au début du cinéma ou encore plus récemment à la télévision. De tous les courts-métrages de la première vague de la collection Short Circuit, Quel Toupet est un ainsi le seul à recourir à ce format. Cela lui donne une aura particulière rehaussée par une utilisation optimale de la lumière ainsi que de superbes décors, surtout à l'intérieur de la fabrique à perruques des leprechauns.

Si visuellement le cartoon est inventif, narrativement il est malheureusement moins convaincant. Durant à peine deux minutes, il possède une histoire trop complexe pour avoir le temps de poser sereinement ses bases. Ainsi, il faut le voir plus d'une fois pour comprendre la problématique car elle ne saute pas aux yeux au premier visionnage. Alors certes, une fois compris, le propos devient évident mais une scène de va-et-vient supplémentaire pour montrer que les leprechauns prennent les cheveux de leurs clients pour leur confectionner une perruque n'aurait pas été superflue. Pis encore, l'ensemble est compliqué par une histoire d'amour qui vient se rajouter par dessus l'idée de base. Le personnage principal appréhende en effet son prochain rendez-vous depuis qu'il n'a subitement plus de cheveux. Là encore, le temps est beaucoup trop court pour rendre son personnage attachant et creuser son histoire. Tout est rapidement expliqué via des cartes postales sur le mur. Finalement, le spectateur n'a rien sur lequel s'accrocher : un héros honteux et des leprechauns escrocs. La chute offre certes une belle morale, mais ne va là aussi pas assez loin. Le fait de voir la jeune fille avec une moitié de cheveux, c'est-à-dire elle aussi victime des lutins, est vraiment bizarre car la perte de cheveux chez les femmes renvoie à l'idée de maladie et non de calvitie comme chez les hommes. De plus, ici, le rendu est peu crédible. Il aurait été sans doute bien plus puissant si elle avait été carrément chauve...

Quel Toupet est beau visuellement mais assez décevant dans son récit. Trop ambitieux pour sa longueur, il n'arrive pas à dégager un attachement à ses personnages ni à développer un propos percutant.

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