La Princesse et la Grenouille
L'affiche du film
Titre original :
The Princess and the Frog
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 25 novembre 2009 (New York, Los Angeles)
Le 11 décembre 2009 (sortie générale)
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Ron Clements
John Musker
Musique :
Randy Newman
Durée :
100 minutes

Le synopsis

Dans les années 20, la réputation de la Nouvelle-Orléans, située sur les bords du Mississippi chantant, n'est plus à faire. Entre jazz, romance et gout de la fête, elle offre, en effet, à ses habitants tous les ingrédients d'une vie trépidante. Rien d'étonnant dès lors à voir débarquer dans ses rues, un séduisant et jeune prince, Naveen, qui, gâté, irresponsable et paresseux, n'a de cesse d'utiliser son charme pour obtenir tout ce qu'il désire. Il tombe pourtant cette fois-ci sur un os, en la personne du malfaisant Dr Facilier qui, déçu de n'être pas parvenu à le plumer, se venge en le transformant en grenouille.

Non loin de là, la belle Tiana se passionne pour la restauration en poursuivant le doux rêve de prendre la tête d'un établissement renommé et de combler, par la même, son père. Ses projets sont pourtant vite contrecarrés par le destin qui met malicieusement Naveen sur son chemin : il parvient, en effet, à la convaincre de lui accorder un baiser pour qu'il redevienne Prince, comme tous les contes enchantés le prévoient...

La critique

rédigée par
★★★★

Depuis bien des années, les spectateurs attendent, sans d’ailleurs toujours se l’avouer, que Disney renoue aves ses fondamentaux, sachant que dans l’esprit du public, ces derniers vont obligatoirement par trois : l’animation 2D, le film de princesse et le conte de fée tout en s’accompagnant, ici ou là, d’artifices de promotion telle une date de sortie pour les Fêtes, histoire de prendre le label éphémère de « Disney de Noël ».

Ainsi, depuis 2004 et le laborieux La Ferme se Rebelle, l’animation 2D n’avait plus droit de citer chez les Grands Classiques Disney. 1998 sonnait, elle, la fin du film de princesse à en croire le marketing du studio qui, depuis, présente, il est vrai, Mulan comme une princesse (ce qu’elle n’est pas légitimement !) ; 1995 avec Pocahontas, Une Légende Indienne se devant, dès lors, d’être considére comme la véritable année de l’arrêt de la fabrication de princesses estampillées Disney. Trois ans plus tôt, Aladdin a marqué lui la fin de l’exploitation du filon des contes de fées. Prés de 20 ans se sont donc écoulés avant que le studio de Mickey ne se décide enfin à présenter, de nouveau, au public ce qui le porte pourtant depuis sa naissance, avec le fondamental Blanche Neige et les Sept Nains.

La Princesse et la Grenouille porte donc sur ses épaules la plus belle des promesses : celle de redonner au public « son » dessin animé Disney pure souche. L'attente, interminable n’est plus qu’un lointain souvenir. Le résultat obtenu est visiblement à la hauteur de l’espoir suscité ! Le 49ème long-métrage des Walt Disney Animation Studios offre, en effet, tout ce qui fait la réputation des films du label du grand Walt. Avec sa galerie de personnages attachants, sa musique exceptionnelle, ses décors fabuleux, son histoire drôle et émouvante à plusieurs niveaux de lecture sans oublier son ton respectueux de ses ainés mais résolument moderne, La Princesse et la Grenouille s’offre une place de choix dans le catalogue de Mickey. A peine né, ce Grand Classique Disney s’inscrit assurément déjà parmi les plus marquants !

L'Animation Disney a été durant les années 2000 dans une très mauvaise passe. Les financiers de la Walt Disney Company, ont en effet pris le pouvoir sur l’artistique, encouragés dans cette démarche par un Michael Eisner, alors PDG et décidément ombre de lui-même. Ils parviennent ainsi à faire accepter l’incroyable. Persuadés que l'animation 2D est un art dépassé, ils obtiennent l'abandon de la technique au profit de la seule 3D ; un peu comme si Toyota cessait aujourd’hui de produire des voitures thermiques classiques et ne sortaient plus que des véhicules hybrides sur le modèle de la Prius ! N’imaginant pas le caractère d’accident industriel qui se préparait, en tournant ainsi le dos à son histoire et à son savoir-faire, Disney enterre donc l'animation 2D presque deux ans avant que la sortie de la dernière production dans cette technique ne soit programmée. D’ailleurs – joli pied de nez ! -, quelques mois après cette annonce, Lilo & Stitch devient le plus gros succès des années 2000 des Walt Disney Animation Studios avec, en outre, un personnage devenu depuis un incontournable dans la galaxie Disney et notamment dans ses parcs à thèmes. Avec le recul, il n'est désormais plus possible de s'étonner des échecs des productions suivantes tant les dirigeants Disney ne croyaient manifestement déjà plus en leurs destinées. Leur peu d'enthousiasme explique parfaitement les échecs financiers et/ou artistiques des productions suivantes : La Planète au Trésor, Frère des Ours et La Ferme se Rebelle. Pire, ils s'accommodaient bien mieux de leurs piètres performances, histoire sans doute de se convaincre un peu plus de la pertinence de leur stratégie de repli. Parallèlement, les animateurs péchaient eux d'un manque de motivation, évidemment excusable compte tenu de l'épée de Damoclès qui pendait au dessus de leur tête...

Mais c'est sans compter sur l'action de Roy Disney, qui, une fois encore, va sauver le royaume de son oncle, Walt Disney. Grâce à sa campagne, "Save Disney", il va en effet déstabiliser la Direction de l’époque et contraint, en 2005, Michel Eisner de précipiter son départ en obtenant un vote de défiance lors de l'Assemblée Générale des Actionnaires. Bob Iger, alors numéro 2, le remplace en qualité de PDG. Sa première décision consiste bien vite à renouer avec Pixar dont il organise le rachat dès 2006. Il place également John Lasseter à la tête de la division Animation de la nouvelle entité Disney-Pixar. Ce dernier remet en ordre de marche le processus de fabrication 2D en lançant d'abord en 2007 un programme de cartoons (Comment Brancher son Home Cinéma). John Lasseter est, en réalité, persuadé que la faute des échecs successifs des productions Disney n'est pas due à la technique d'animation mais bien à la perte d’ambition au niveau des histoires et des personnages créés.

Le remuant nouveau chef des studios ne s’arrête pas au seul discours, il passe aux actes en annonçant de quoi hérisser le poil des financiers de sa compagnie et, accessoirement, de Wall Street (ceux-là même qui, stigmatisant Là-Haut, prédisaient que l’histoire d’un vieil homme ne marcherait jamais auprès du public des films d’animation…) : la mise en chantier d’un film 2D, de conte de fées et de princesse, qui plus est, avec des airs de comédies musicales !

Pour cela, il  fait appel à deux grands réalisateurs des studios Disney : Ron Clements et John Musker, heureux papas de Basil, Détective Privé (1986), La Petite Sirène (1989), Aladdin (1992), Hercule (1997) et La Planète au Trésor (2002). Il les sort d’ailleurs de leur « retraite anticipée » puisqu’à la suite de l'échec de La Planète au Trésor et de la volonté des dirigeants de Disney d'arrêter l'animation 2D, ils avaient, en effet, pris du champ vis-à-vis de Mickey et de ses amis de l’époque….
John Musker est né à Chicago le 8 novembre 1953. Après une formation d'animateur de deux ans chez CalArts, il est engagé chez les studios Disney en 1977. Pour son premier travail, il est assistant sur Le Petit Âne de Bethléem, un moyen-métrage d'animation réalisé par Don Bluth. Il devient ensuite animateur pour Rox et Rouky, l'occasion pour lui de rencontrer Ron Clements. Sur Taram et le Chaudron Magique, il devient storyboardeur. Il est promu avec son collègue Ron Clements, réalisateur dès Basil, Détective Privé. Et ce n'est pas moins de six films qu'ils réaliseront ensemble.
Ron Clements, lui, est né le 25 avril 1953 à Sioux City dans l'Iowa. Après avoir travaillé quelques mois comme animateur à Hanna-Barbera Productions (aujourd'hui Cartoon Network Studios), il rentre chez Disney en 1976. Il fait son apprentissage aux côtés de Frank Thomas pendant deux ans. Il grimpe progressivement dans la hiérarchie du studio : animateur de personnages dans Les Aventures de Bernard et Bianca et Peter et Elliott le Dragon (1977), superviseur de l'animation dans Rox et Rouky (1981), coscénariste dans Taram et le Chaudron Magique (1985), il passe finalement à la mise en scène dans Basil, Détective Privé en 1986.

Pour renouer avec la tradition initiée par Blanche Neige et les Sept Nains, les réalisateurs ne s’y trompent pas et décident, une fois de plus, d'adapter un conte des frères Grimm, Le Prince Grenouille.
Les frères Jacob et Wilhelm GRIMM sont nés à Hanau, en Allemagne, respectivement le 4 janvier 1785 et le 24 février 1786. Si le premier écrit plutôt des œuvres scientifiques, le second lui se tourne vers la critique littéraire. Parallèlement, ils s'intéressent, tous deux, aux contes populaires de leur pays. Ils entreprennent ainsi de les réunir et font, à ce titre, un travail impressionnant de recherche. Ils les publient, enfin, entre 1812 et 1829, sous le titre de Kinder-und Hausmärchen, (Contes pour les enfants et les parents). Deux volumes sont nécessaires ; une nouvelle édition paraît en 1857. Complétée d'histoires inédites, elle prend le titre, universellement connu depuis, des Contes de Grimm et contient la fameuse aventure du (Le) Prince Grenouille.

Le conte des frères Grimm ne sert pourtant que de point de départ à La Princesse et la Grenouille : le film est, en effet, très éloigné du livre. La première nouveauté est bien sûr d'établir l'action à La Nouvelle Orléans dans les années 20. C'est ainsi la toute première fois qu'un conte de fée Disney se déroule sur le sol américain.
La Nouvelle-Orléans est la plus grande ville de l'État de Louisiane, aux États-Unis. Elle fut fondée par les Français sous la direction de Jean-Baptiste Le Moyne, Sieur de Bienville, en 1718. Le nom de la ville fait honneur au régent, Philippe, duc d'Orléans. Au départ simple comptoir de la Compagnie du Mississippi, elle devint la capitale de la Louisiane française en 1722. Les plans de La Nouvelle-Orléans furent dessinés par Adrien de Pauger et Le Blond de la Tour sur le modèle traditionnel des villes nouvelles, c'est-à-dire un damier symétrique. En 1762, la colonie est cédée à l'Empire espagnol par un accord secret : le traité de Fontainebleau, qui fut confirmé par le traité de Paris, même si aucun gouverneur espagnol n’en vint prendre le contrôle avant 1766. La ville revint ensuite sous domination française en 1800 pour trois petites années puisque Napoléon Bonaparte vend, en 1803, la Louisiane aux États-Unis pour la belle somme (pour l’époque !) de 80 millions de francs.

La beauté de La Princesse et la Grenouille vient d’abord de la magnificence de ses décors comme de la multitude de ses ambiances. Que cela soit le côté propre et bien tenu du Garden District (le quartier riche de La Nouvelle Orléans avec ses imposantes propriétés) ou le contraste des quartiers pauvres (qu'habitent principalement les afro-américains) en passant par le festif et pittoresque quartier français (avec ses fameux bâtiments à étages dotés de balcons ouvragés aux rambardes de fer forgé, souvent ornés de plantes grimpantes), sans oublier bien-sûr le bayou avec sa végétation luxuriante ; le spectateur en prend toujours plein la vue et ne sait plus où donner de la tête. Regarder La Princesse et la Grenouille assure un dépaysement incroyable. C'est une farandole de couleurs et d'ambiances qui explosent à l’écran. Le badaud qu’est le public passe ainsi d'une rue gentiment animée à une cour inquiétante et oppressante, avec d’autant plus d’aisance que la réalisation suit un montage astucieux qui permet de quitter un endroit pour un autre avec une fluidité déconcertante tant l’atmosphère s’en trouve changée…

La qualité des décors apporte à l’évidence beaucoup au film, mais sa vraie grande richesse est à rechercher du côté du travail effectué sur son écriture. L’ennui n’a, en effet, pas sa place dans le récit. L'action est, il est vrai, rondement menée et aucun temps mort ne vient gâcher l’histoire. Ce tour de force est d’autant plus remarquable qu’il s’agit là du plus long film d'animation 2D de l'histoire des studios (excepté Fantasia). Jusqu’alors, les longs-métrages duraient en moyenne 80 minutes, La Princesse et la Grenouille affichant lui 100 minutes au chronomètre. Et pourtant, chaque scène est indispensable et offre de purs moments de bonheur. Les réalisateurs sont parvenus, là, à rendre un bel hommage aux anciens classiques des studios sans jamais rien dénaturer dans leur récit. Au contraire, ils donnent un ton résolument moderne à l’ensemble que même les classiques des années 90 n'ont pas osé. Ainsi, les ambiances de Bambi, La Belle et le Clochard côtoient celles de La Petite Sirène ou d’Aladdin tout en ne s’interdisant pas de flirter du côté de l’atmosphère si particulière des Pixar. Car, sous l’impulsion de John Lasseter, une chose est désormais permise aux Grands Classiques Disney : La Princesse et la Grenouille dispose, en effet, d’un double niveau de lecture. Le film est bien sûr rempli de gags que les enfants plébiscitent sans jamais évidemment tomber dans le graveleux. Les chutes, les bosses et autres catastrophes sont donc aux programmes tandis que les adultes se délecteront de quelques blagues aux sous-entendus sexuels pas piqués des hannetons. La morale – Disney oblige - n'est pas trop appuyée et a surtout la bonne idée de tordre le coup à un précepte américain qui veut que seul le travail amène à  la réussite qui passe dès lors uniquement par les choses matérielles. La crise économique, financière et écologique est visiblement passée par là ! D’ailleurs le spectateur ne retiendra, sans doute, pour seule morale, que l’amour, sous toutes ses formes, est l’unique chose qui vaille la peine en ce bas monde : une des scènes finales d'une beauté et d'une puissance rares est, à ce titre, un véritable festival d'émotions et d'espoirs.

Au sein de décors somptueux, pris dans un récit aux rythmes et rebondissements bien sentis, les personnages de La Princesse et la Grenouille ne sont pas en reste sur le critère de la qualité. Il sont, en effet, nombreux, principaux ou secondaires, et tous terriblement attachants dans leur registre attitré.
Tiana crée l’évènement dans l'histoire des studios de Mickey. C'est, en effet, la toute première héroïne noire ! Les princesses ont, il est vrai, toujours été historiquement blanches chez Disney et il aura fallu attendre les années 90 pour les voir moins pâlottes, en s’ouvrant à des héroïnes venues d’ethnies différentes telles Jasmine, Pocahontas ou Mulan. Il n’empêche : elles restaient somme toute dans un standard qui ne dit pas son nom ! Les héros noirs n’ont, quant à eux, pas eu à attendre si longtemps (quoique ?) pour briller chez Disney : John Henry a, en effet, fait les beaux jours d’un court-métrage en 2000. Mais, bien sûr, rien ne vaut l’exposition d’un long-métrage pour apprécier l’hommage rendu ! Une si longue attente pour arriver en haut de l’affiche fait qu’il est permis de pardonner à Tiana son peu d’entrain à exister au tout début du film dans le cœur du public. Il est, en effet, bien difficile dans les premières minutes de s’attacher à elle tant son acharnement au travail et à la poursuite de son rêve (qui prend des airs de revanche) lui ôte toutes joie de vivre. Fort heureusement, son aventure lui permet d’ouvrir les yeux et dès lors, de se présenter sous un nouveau jour auquel aucun spectateur ne peut raisonnablement résister. Tiana est doublée en en version originale par Anika Noni Rose tandis que le public français apprécie lui une prestation de China Moses tout à fait honorable.
Contrairement à sa belle, Naveen n'est pas le premier prince noir de la galaxie Disney. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la règle qui valaient pour les princesses semblent donc toujours de mise pour leurs alter-égos masculins : tout juste a-t-il, en effet, le teint mat, d'inspiration méditerranéenne. Si Tiana met quelques minutes à se faire aimer du public, Naveen, lui, n’a aucun mal, dès ses premières apparitions, à emporter l'adhésion des spectateurs. Superficiel à souhait, il ne pense qu'à son bon plaisir : il aime ainsi avoir les autres à ses petits soins et par-dessus tout courir la gueuse et faire la fête, jazz oblige ! Sa joie de vivre est instantanément communicative tout comme sa philosophie à la Baloo, version 2010, évidemment plaisante : il profite donc de la vie car elle est beaucoup trop courte ! Sa rencontre avec Tiana va lui ouvrir de nouveaux horizons et lui donner une épaisseur nouvelle : apprenant à son contact, la valeur du travail, il décroche en même temps la timbale, celle du véritable amour. A la fois charmant et charismatique, il est l'un des rares princes chez Disney à avoir de l’envergure, là où bien souvent ils se contentent de jouer les pots-de-fleurs (et pas simplement sur les chars des parades des parcs à thèmes !).
Louis intègre pour sa part le bestiaire Disney avec beaucoup d’atouts. Cet alligator, qui ne rêve que de jouer du jazz parmi les plus grands orchestres humains (et constitue en soi un petit clin d’œil à Rémy qui rêvait lui d’intégrer un grand restaurant !) est un gros lourdaud douillé dont l’ampleur du capital sympathie est bluffant : il emporte l’adhésion des spectateurs sans effort et chacune de ses apparitions ravit l’auditoire.
A côté de cette grosse bête au grand cœur et à la popularité instantanée, il en est une autre, nettement plus petite, qui constitue assurément la vraie bonne surprise du casting. Le personnage de Ray va bien vite se retrouver sur la plus haute marche du podium dans le cœur du public. Incroyablement drôle, avec un accent cajun à coupé aux couteaux (grâce à d’exceptionnels numéros de doublage effectués par Jim Cummings en anglais et Anthony Kavanagh en français), il sait aussi être émouvant, quand il le faut et peut se voir décerner sans mal le titre de personnage le plus romantique de la galaxie Disney ! Ray fait un carton !
Le Dr Facilier intègre lui le club des Disney’s Vilain. Il n’aura, sans doute, aucun mal à y obtenir une place de choix. Tout simplement excellent dans son registre, il apparait aussi effrayant que ténébreux. Maniant la magie vaudou, chacune de ses apparitions crève, en effet, l'écran tant son personnage porte en lui le Mal. Ses mauvaises intentions sont claires : si sa seule présence inquiète, son ombre fait elle-aussi son effet, coté frissons.
Comme tout Grand Classique Disney qui se respecte, autour des personnages principaux évoluent également des seconds rôles qui sont tout, sauf quantité négligeable.
Mention spéciale doit ainsi être donnée à Charlotte, une jeune fille de bonne famille, gâtée et capricieuse tout en restant adorable notamment quand il s’agit de jouer de ses atouts de séduction. Rien d’étonnant d’ailleurs à voir son père Big Daddy ne rien pouvoir lui refuser...
Vieille et excentrique, Mama Odie est, elle, une sorcière vaudou du bayou. Personnage maintes fois vu chez Disney, elle prend des airs de sage et aide les jeunes héros à retrouver le droit chemin. Sa voix française est assurée par Liane Foly qui surprend par ses capacités de jeu et de doublage.
A coté de ces deux seconds rôles "prémiums", La Princesse et la Grenouille regorge bien sûr d’un certain nombre de personnages tertiaires comme les parents de Tiana ou les braconniers, dont la tenue et la présence sont à bien des égards tout à fait réussies.

Situant son action à la Nouvelle Orléans, le 49e Grand Classique Disney dispose de pains bénis pour sa bande originale. Impossible, en effet, de ne pas être inspiré quand la Cité du Jazz sert de décors à son récit !
Le jazz est né aux États-Unis au début du XXe siècle, d'un mélange de musiques élaborées par les Noirs américains. Ses ancêtres sont les « work songs », des chants de travail des esclaves africains, et les négrospirituals et gospel, chantés dans les églises lors des cérémonies religieuses.
La légende veut que c’est à la Nouvelle-Orléans que nait le jazz, avec les formations orchestrales des « brass bands », mélanges de marches militaires revisitées par les noirs américains et les créoles, privilégiant l'expression collective. Le premier enregistrement de jazz remonte à mars 1917 par l'Original Dixieland Jass Band. Autoproclamé inventeur du jazz, Jelly Roll Morton est, en effet, un passeur entre ragtime et jazz, même si Kid Ory, Sydney Bechet et surtout Louis Armstrong s'imposent concomitamment comme les grands solistes des formations de la Nouvelle-Orléans, ce dernier ouvrant avec ses solos la porte à l'ère du Swing.
Soucieux d’obtenir une bande musicale en accord parfait avec le lieu de leur récit, Ron Clements et John Musker ont tout de suite l'idée de faire appel au compositeur Randy Newman. Il s'inspire logiquement du jazz de La Nouvelle Orléans et compose pas moins de neuf chansons pour La Princesse et la Grenouille, sans compter le titre du générique de fin. Autant de chansons pour un même long-métrage ne s’est pas vu chez Disney depuis Hercule ! D’ailleurs, le nombre n’empêche pas la qualité. Et au contraire même ! Empli de mélodies magnifiques, rythmées et entrainantes, le livret comporte, en effet de véritables pépites comme les chansons de Louis (When We're Human), de Ray (Gonna Take You There) et de Mama Odie (Dig a Little Deeper). Certaines autres sont romantiques à souhait (Ma Belle Evangeline), jazzy comme jamais (Down in New Orleans, Almost There) ou inquiétantes à frémir (Friends on the Other Side). Tous les chansons méritent ainsi le détour au contraire des passages instrumentaux, par trop passe partout et sans réelles consistances ou imagination, sauf à devoir épouser l’action, oubliant de chercher à rester en tête…

Tiana n’a pas simplement la particularité d’être une princesse noire. Elle a aussi celle de venir au secours des studios Disney. Car dans leur histoire, à chaque fois que l'animation Disney avait besoin de se renouveler, c’est une princesse qui a ouvert le bal et inauguré, avec son film, un nouvel âge d'or disneyen. Le premier fut en 1937 avec Blanche Neige et les Sept Nains, le second en 1950 avec Cendrillon et le troisième en 1989 avec La Petite Sirène. Il est clair que La Princesse et la Grenouille ouvre les portes d'un quatrième âge d'or. Le film a tout pour devenir instantanément un grand et éternel classique, de ceux qui sont les préférés des spectateurs : drôle, émouvant, empli de chansons superbes, de personnages attachants (autant les principaux que les secondaires ou tertiaires), et de décors somptueux. La Princesse et la Grenouille propose un tourbillon de couleurs, de rires, de larmes, de joies et d'espoirs.

Flirtant avec le sublime, La Princesse et la Grenouille rend addictif : toute la famille est comblée et n’a de cesse que de vouloir le revoir ! Du GRAND et ETERNEL Disney !

A noter :
La Princesse et la Grenouille fut nominé pour l'Oscar du Meilleur Film d'Animation et l'Oscar de la Meilleure Chanson (Almost There,Down in New Orleans) mais aussi pour le Golden Globes du Meilleur Film d'Animation.

Les personnages

2009
Cinéma

L'édition vidéo

Jaquette La Princesse et la Grenouille
Jaquette La Princesse et la Grenouille
Editions DVD Video
Zone 1 Simple 2010
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