L'Âge d'Or de Mickey Mouse - Tome 06
1944 - 1946 : Kid Mickey

L'Âge d'Or de Mickey Mouse - Tome 06 (1944 - 1946)
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 20 mars 2013
Genre :
Daily Strips
Auteur(s) :
Floyd Gottfredson
Nombre de pages :
128

Le sommaire

Le monde de Mickey :
• Mystères et pistolets

Les histoires :
• Le Monde de Demain (1944)
• La Maison des Mystères (1944 - 1945)
• Planches Quotidiennes (1945)
• Kid Mickey (1945)
• Planches Quotidiennes (1945 - 1946)
• L'Arrière-Grand-Oncle d'Amérique (1946)
• Mickey Bricole (1946)
• Charme Méconnu ! (1946)
• Une Semaine en Avion (1946)
• Mystère et Voisinage (1946)
• Terreur par Erreur (1946)
• Mickey "à la Pêche" (1946)
• Les Bienfaits du Plein Air (1946)

Les collaborateurs de Floyd Gottfredson :
• Bill Wash

La critique

rédigée par
★★★

Le sixième tome de l'intégrale de Floyd Gottfredson voit la guerre s'éloigner peu à peu. Même si dans les faits, elle est loin d'être terminée, elle n'apparaitra plus de façon aussi prononcée que lors du précédent tome. Le lecteur n’aura droit, en effet, qu’à de rares allusions dans quelques cases, ici ou là. C’est ainsi, plus le format des récits qui montre ô combien les temps sont difficiles ! Une nouvelle fois, les histoires compilées dans ce volume ne sont pas parmis les plus palpitantes de l'auteur.

L'Âge d'Or de Mickey Mouse - Tome 06 contient donc beaucoup de strips quotidiens auto-conclusifs ; les auteurs comme l'éditeur manifestant une forte envie de détendre l'atmosphère. La première série de planches quotidiennes a lieu du 29 janvier au 3 mars 1945. Légères dans leur ton, elles ont pour mission de remplacer l'histoire précédente, La Maison des Mystères, particulièrement intense en émotion. La seconde période est encore plus longue et s'étale du 18 juin 1945 au 23 février 1946. En ces temps difficiles, la distribution des journaux est, en effet, aléatoire et il n'est pas rare que les gens économisent sur ce genre d'achats. Suivre des aventures continues dans les bandes dessinées est devenu quasi impossible. Le King Features Syndicate (c’est l’agence de presse américaine, distributeur des strips pour la presse écrite) et les Studios Disney décident alors d'arrêter les longues aventures à suivre en privilégiant les gags en un strip ou des aventures sur une durée réduite. La plupart du temps, les bandes deviennent donc auto-conclusives. Après cette longue période de vaches maigres, débute une autre séquence (jusqu'en septembre 1947) où le lecteur a droit à des histoires racontées sur une, deux ou trois semaines dont les premières sont L'Arrière-Grand-Oncle d'Amérique, Mickey Bricole, Charme Méconnu !, Une Semaine en Avion, Mystère et Voisinage, Terreur par Erreur, Mickey "à la Pêche" et Les Bienfaits du Plein Air.

Finalement, ce ne sont que trois histoires longues qui sont proposées aux lecteurs de ce volume. La première d'entre-elles et assurément la meilleure des trois est Le Monde de Demain. Son scénario flirte allègrement du côté de la science-fiction en emmenant Mickey dans un futur imaginaire à l'aide d'une cape magique. Il y retrouve des engins volants et autres machines automatiques. Mais, aucune bonne histoire de Mickey n'est réussie sans son ennemi de toujours, Pat Hibulaire. Ici, il est à la tête d'une armée de robots avec la ferme intention de s'emparer de tous les pouvoirs tandis que, dans le même temps, un androïde aux traits de Mickey le remplace dans le monde contemporain ! Ces thèmes de sauts dans l'avenir sont alors très répandus puisque c'est à peu près à la même époque que l'auteur américain Issac Asimov écrit ces premières nouvelles autour des trois lois de la robotique. Quelques années plus tard, Osamu Tezuka reprend la thématique également pour son chef d'œuvre, Astro Boy. Mais, cette histoire a un autre attrait historique pour la bande dessinée de Mickey. Dans le strip du 4 août 1944, le lecteur le découvre, en effet, vêtu d'une chemise et d'un pantalon long. A partir de cette date, il ne portera plus sa fameuse culotte courte ! Autre détail, dans le même temps, la queue de Mickey disparaît, cachée qu’elle est désormais dans son nouveau pantalon. En fait, il s'agit là d'une demande de Walt Disney lui-même, qui souhaite faire gagner du temps - et donc de l'argent ! -dans la réalisation des courts-métrages. Alors que bon nombre d'animateurs sont partis à la guerre, le Maître a demandé d'effacer, durant un temps, la queue de la souris pour en faciliter le dessin. Afin d'être conforme avec le cinéma, il formule la même requête pour la bande dessinée. La queue fera sa réapparition le 11 février 1946, sans que l'absence n'ait été remarquée par les lecteurs.

Après la science-fiction, les auteurs vont aller puiser vers l'horreur et le suspense pour écrire La Maison des Mystères. Le lecteur y retrouve une ambiance inquiétante avec de la magie, des disparitions, une maison hantée, une femme fatale et un complot. S'inspirant du cinéma des polars des années 40 avec ses belles femmes aussi perfides que dangereuses, l'apparence de la méchante est l’archétype des jeunes adolescentes de l'époque avec leurs grandes socquettes caractéristiques. Dans son aspect, elle ressemble à s'y méprendre à la jeune fille, animée par Fred Moore, dans All the Cats Join In, séquence de La Boite à Musique.

Kid Mickey, qui donne son titre au recueil, est l'histoire la plus longue mais aussi également la moins intéressante. Floyd Gottfredson et Bill Walsh reviennent avec elle au western, un genre que Mickey a déjà mainte fois visité durant sa carrière papier. Pour changer de la redite et de la routine, le récit s’inscrit cette fois-ci plus vers la parodie que la véritable aventure de l'ouest avec cowboys et indiens. Mickey y est accompagné par Yoyo, un indien qui se situe à mille lieux des stéréotypes de l'époque : il est, en effet, plus proche de quelqu'un de cool, amateur de musique jive, en tout état de cause, bien loin de l'indien traditionnel, pure souche. Le reste de l'histoire voit Mickey prendre la place d'un malfrat afin d'aller sauver sa cousine...

Toutes les histoires de cette époque sont signées du scénariste Bill Walsh, une grande figure des studios Disney.
Né en 1914 à New York, il se lance dans l'écriture pour le théâtre, lors de ses études sportives à l'Université de Cincinnati. En 1934, il déménage en Californie et officie dans le bureau de publicité de Margaret Ettinger. Invité ensuite par Edgar Bergen, l'un de ses clients, à écrire des gags pour ses sketchs de ventriloque, il se prend au jeu et élargit son champ de rédaction en se mettant également au service de Charlie McCarthy et Mortimer Snerd. En 1943, il est engagé pour écrire des gags pour les comic strips des Mickey Mouse. Son style privilégie la fantaisie, la spontanéité et le conflit d'émotions. Par la suite, il scénarise les planches hebdomadaires de Mickey, Panchito et Bibi (Frère Lapin). En 1950, Walt Disney l'engage pour écrire et produire l'émission One Hour in Wonderland (1950), première émission télévisée de Disney servant à promouvoir le film Alice au Pays des Merveilles (1951). Il poursuit ensuite sur la production d'épisodes de séries télévisées comme The Disneyland Story, The Fourth Anniversary Show, Davy Crockett ou encore les serials du Mickey Mouse Club comme The Adventures of Spin & Marty, The Hardy Boys : The Mystery of the Applegate Treasure ou Annette, avant de passer aux longs-métrages. À partir de 1955, Bill Walsh participe à de très nombreux films pour les studios Disney, en tant que scénariste, co-producteur ou producteur : La Revanche de Pablito (1955), Sur la Piste de l'Oregon (1956), Quelle Vie de Chien ! (1959), Le Clown et l'Enfant (1960), Monte là-d'ssus (1961), Bon Voyage ! (1962), Après Lui, le Déluge (1963), The Misadventures of Merlin Jones (1964), Mary Poppins (1964), L'Espion aux Pattes de Velours (1965), Lieutenant Robinson Crusoé (1966), Le Fantôme de Barbe Noire (1968), Un Amour de Coccinelle (1969), Le Don Quichotte de l'Ouest (1971), L'Apprentie Sorcière (1971), Nanou, Fils de la Jungle (1973), Le Nouvel Amour de Coccinelle (1974) et Objectif Lotus (1975). Il décède en 1975 à Los Angeles.

Ce volume de l'intégrale de Floyd Gottfredson est manifestement encore un tome de transition. Si certaines de ses histoires sont de véritables pépites, la plupart sont plus anecdotiques. Il faut donc attendre le tome suivant pour voir l'arrivée d'un personnage qui va révolutionner le petit monde de Mickeyville...