Disney Loves Jazz - Soirée 2018
L'affiche
Date d'ouverture :
Le 29 septembre 2018
Type d'événement :
Soirée
Crédit Photos :
Disneyland Paris
Flavie Madeleine David
Lorzie Huitre
Virginie Geunot
Vivian Fiérain
 

Le synopsis

En ce début d’automne 2018, le Parc Walt Disney Studios est l’hôte d’une soirée visant à célébrer une musique si chère au cœur de Walt Disney : le jazz. Une invitation est alors lancée par les plus grandes stars nationales et internationales du genre lors d’un concert exceptionnel.

L'expérience

En cette belle soirée d’automne à Disneyland Paris, le Parc Walt Disney Studios est l’hôte d’un événement bien particulier. Une longue file d’attente se forme alors aux portes du Parc où le public se languit de pouvoir pénétrer en son sein afin de pouvoir profiter d’un programme alléchant. Après avoir présenté leurs billets au point de contrôle et récupéré leurs bracelets qui leur permettront d’accéder au grand concert de la soirée, les visiteurs entrent dans les lieux accueillis par une petite fanfare au niveau de Front Lot. Le jazz résonne alors déjà dans les oreilles des visiteurs, les plongeant instantanément dans l’ambiance de la soirée. Après avoir traversé Disney Studio 1, les visiteurs découvrent en effet un Parc loin d’être endormi malgré le soleil couchant. 

Certaines attractions sont ouvertes telles que The Twilight Zone Tower of Terror - Un Saut Dans la Quatrième Dimension, recouverte pour l’occasion de notes de musiques et autres projections autour de l’univers du jazz, Crush's Coaster, Tapis Volants - Flying Carpets Over Agrabah, Ratatouille : L'Aventure Totalement Toquée de Rémy, Toy Soldiers Parachute Drop ainsi que RC Racer, pour le plus grand plaisir des visiteurs qui ne manquent pas de se précipiter vers elles dès l’ouverture des portes, et ce, jusqu’à la toute fin de la soirée à 00h45. Deux bars sont également à disposition des invités au niveau de l’Animagique Theater et du Studio Theater afin de permettre à tous de s’immerger dans ce gigantesque club de jazz en plein air. Plusieurs points de restauration sont aussi disponibles et notamment le désormais incontournable Rendez-Vous Gourmand de Disneyland Paris à l’entrée de La Place de Rémy où se déroulent déjà les Concerts Jazz Manouche en compagnie du violoniste Mathias Levy, en alternance avec le Gustav Lundgren Trio, tous deux présents de 20h30 à 00h15. L'ambiance est bien différente au pied d’Art of Disney Animation puisque deux brass band nommés Ceux qui Marchent Debout et NOLA French Connection mettent le feu à Toon Studio dans une ambiance digne des ruelles de La Nouvelle-Orléans à l’occasion des Concerts Jazz Nouvelle-Orléans Funk. Des DJ set ont aussi lieu tout au long de la soirée sur la Place des Stars, en compagnie de DJ Suspect et DJ SOAP dans le cadre des Concerts Jazz Electro

Quelques invités très jazzy sont également de la partie pour le plus grand plaisir du public et de leurs appareils photographiques comme Tiana, Naveen, Louis et Dr Facilier à l’Animagique Theater, les très rares Oswald, Ortensia, Roger Rabbit et Eddie Vaillant sur Hollywood Boulevard, Edgar et Les Aristochats sur La Place de Rémy et enfin les incontournables Mickey et Minnie en tenue de soirée accompagnés de M. Indestructible et Frozone sur Toon Plaza. Dès 20h45, le public se dirige cependant en masse vers le fond du Parc où se joue habituellement le spectacle Moteurs... Action ! Stunt Show Spectacular. La Stunt Arena a en effet troqué ses cascades de voitures ce soir pour accueillir le grand concert de la soirée en compagnie de grands noms de la musique. Peu à peu, le public prend place et remplit très rapidement les gradins de la Stunt Arena, laissant peu de chances aux quelques retardataires qui espéraient obtenir un emplacement de choix.

La scène, posée au milieu du décor de l’habituel spectacle de cascades, accueille dès 21h30 The Amazing Keystone Orchestra ainsi que le maître de cérémonie, Sébastien, qui introduit le grand concert qui suit. Le show débute alors, simultanément filmé et projeté sur l’écran géant en fond de scène. Tout le décor autour se met aux couleurs du jazz grâce à des projections de lumière, l’orchestre commençant symboliquement avec le thème Steamboat Willie. Suite à ce premier morceau instrumental, Sébastien, le maître de cérémonie, s’avance pour introduire la première chanson de la soirée, une version réarrangée du titre Hakuna Matata du film Le Roi Lion interprétée par Hugh Coltman. Le public tape tout de suite dans les mains, lançant officiellement un concert sans interruption d’une heure et demie. La chanteuse américaine Robin McKelle arrive ensuite pour entonner Bibbidi-Bobbidi-Boo, chanson mythique de la Marraine, la bonne Fée de Cendrillon, dans une ambiance chic où les improvisations instrumentale et vocale prennent tout leur sens.

Après une présentation de la section trombones de l’orchestre, la charismatique China Moses, chanteuse de jazz franco-américaine, s’empare de la scène pour entonner When You Wish Upon a Star du film Pinocchio et plonger la Stunt Arena dans une ambiance étoilée. Puis Hugh Coltman refait son apparition sur la scène, main en poche, pour faire swinguer le public sur You’ve Got a Friend In Me du film Toy Story, pour le plus grand plaisir de la section de cuivres qui s’en donne à cœur joie. Le crooner Myles Sanko chante par la suite Beauty and the Beast avant de laisser sa place à China Moses qui surgit au pied des gradins et fait se lever le public sur le morceau Try Everything du film Zootopie qu’elle interprète en intégralité près du public. L’effervescence s’atténue ensuite lorsque The Amazing Keystone Orchestra initie un morceau instrumental sur le thème de A Dream Is A Wish Your Heart Makes, à l’origine interprété par la douce Cendrillon. Mais Robin McKelle revient ensuite sur le très énergique Supercalifragilisticexpialidocious où solos de cuivres s'enchaînent. Myles Sanko revient pour charmer sur scène avec le titre Someday My Prince Will Come avant que le maître de cérémonie n'enchaîne sur quelques boutades pour introduire à nouveau China Moses.

Cette dernière arrive essoufflée sur scène afin d’interpréter le très charnel Why Don’t You Do Right? du film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit, en avouant avoir toujours voulu être Jessica Rabbit, ce personnage ayant longtemps été son idéal féminin. Puis un nouvel artiste s'invite sur scène dans son smoking blanc, acclamé par la foule : Ben l’Oncle Soul, artiste révélé en 2010 avec le titre Soulman, vient interpréter Être Un Homme Comme Vous sous une pluie d’applaudissements ! Place à la douceur ensuite avec Robin McKelle, qui revient à nouveau sur le titre Stay Awake issu du film Mary Poppins avant de laisser place au Prince Ali, incarné par Hugh Coltman qui, après un numéro sensationnel, s'éclipse pour céder la scène à la superstar belge Selah Sue, venue interpréter un seul morceau, mais pas des moindres : So This Is Love du film Cendrillon. Après une présentation de la section rythmique de l’orchestre par Sébastien, le maître de cérémonie, Myles Sanko récidive pour le dernier morceau en solo de la soirée, Everybody Wants To Be A Cat du film Les Aristochats, jusque-là pas encore représenté.

Enfin, tous les artistes présents lors de la soirée - à l’exception de Selah Sue - reviennent saluer le public et chanter un dernier morceau, Under the Sea, pendant que le maître de cérémonie vient à la rencontre du public dans les gradins. Le concert se termine ainsi sous l’ovation de la foule qui acclame tous les artistes et l’orchestre, qui s’avancent sur le devant de la scène pour un dernier salut. Le public quitte la Stunt Arena la tête remplie de notes jazzy et peut revenir vagabonder dans le Parc pour en profiter jusqu’à une heure du matin...

La critique

rédigée par Thomas Darras
Publiée le 09 février 2021

C’est désormais une habitude à Disneyland Paris : le Parc Walt Disney Studios est régulièrement l’hôte de soirées événementielles durant lesquelles la musique résonne tout au long de la soirée. Après le succès des concerts privés en partenariat avec les radios RTL2 en 2012, Chérie FM en 2016 et surtout le triomphe de la première édition d’Electroland en 2017, Disneyland Paris se lance dans le projet de faire vivre cette noble musique qu’est le jazz à l’occasion d’une soirée exceptionnelle. Il faut dire que le jazz fait partie intégrante de l’histoire de The Walt Disney Company tant cette musique est présente dans les classiques d’animation. C’est d’ailleurs en France que Walt Disney entend cette musique pour la première fois en 1919 et les Parcs Disney à travers le monde ne l’oublient pas tant le jazz est présent quotidiennement dans les allées grâce aux différents groupes de musiciens. Une idée séduisante et admirable que de vouloir célébrer à Disneyland Paris ces grands morceaux teintés de swing que sont par exemple You’ve Got a Friend in Me, Everybody Wants To Be A Cat ou Être Un Homme Comme Vous, présents dans de nombreux grands classiques d’animation avec l’aide de stars de la musique. Mais si le charme de ce projet ne fait aucun doute, il se trouve que sa genèse ne se trouve pas complètement au sein des équipes du Resort parisien.

Ce concept de revisite de classiques musicaux Disney à la sauce jazz est en effet apparu sous la forme d’un album sorti en 2016, initié et produit par l’américain Jay Newland et sobrement intitulé Jazz Loves Disney. Ce producteur vient au milieu des années 2010 toquer à la porte de Disney pour réaliser une compilation des meilleurs titres issus du répertoire de la firme aux grandes oreilles enrobés de l’univers du jazz. Suite au succès de la franchise We Love Disney et ce notamment en France, le studio lance donc ce nouveau projet avec l’aide de son partenaire de ces dernières années, Universal Music Group. Le premier opus Jazz Loves Disney est donc enregistré entre Los Angeles, Londres et Paris avec l’apparition de très grands noms de la scène musicale internationale comme Jamie Cullum, Gregory Porter, Melody Gardot mais également quelques frenchies comme China Moses, Anne Sila ou encore le chanteur français d’adoption Hugh Coltman. Le disque sort à l’international et se trouve être immédiatement un succès. Une deuxième édition sort alors l’année suivante avec de nouveaux titres et de nouveaux noms comme Selah Sue ou Thomas Dutronc. En France et en Europe, le projet s’exporte rapidement sur scène avec un socle de chanteurs que sont China Moses, Hugh Coltman, Myles Sanko et Sarah McKenzie, le tout accompagné par The Amazing Keystone Big Band, un orchestre de jazz bien français déjà présent sur l’enregistrement du second opus. Des concerts sont notamment prévus en novembre 2017 à la Salle Pleyel de Paris en présence d’André Manoukian ainsi qu’à l’été 2018 au Festival Jazz à Vienne et enfin à la toute nouvelle Philharmonie de Paris en décembre 2018.

Qu’à cela ne tienne, Disneyland Paris avait déjà flairé le coup et réservé un créneau pour faire venir ce joli concept entre ses murs. La date du 29 septembre 2018 est donc choisie pour accueillir ce rendez-vous incontournable des amoureux du jazz. Oubliés les Week-End Blues ou New Orleans Celebration de Disney Village, les équipes du Parc passent ici à la vitesse supérieure. Car en plus du grand concert Jazz Loves Disney, la soirée Disney Loves Jazz offre aux visiteurs la possibilité d’accéder en exclusivité au Parc Walt Disney Studios et à ses attractions les plus populaires mais surtout de profiter de petits concerts au niveau notamment de La Place de Rémy pour une ambiance jazz manouche ou de La Nouvelle-Orléans devant Art of Disney Animation. Là aussi, la qualité est au rendez-vous avec l’excellent violoniste Mathias Lévy et son guitariste Sébastien Giniaux qui s’expriment devant quelques rares curieux venus écouter certaines pépites du répertoire de Django Reinhardt.

L’autre réussite de la soirée est la présence de la fanfare Ceux Qui Marchent Debout qui a mis le feu à Toon Studio avec une folle énergie ainsi qu’une bonne humeur des plus communicatives, suivie très honorablement par les non moins doués NOLA French Connection. Dommage que ces artistes ne soient finalement pas davantage mis en avant tout au long de la soirée et qu’ils se fondent aussi facilement dans le décor, comme à l’époque des streetmosphères. Les Personnages Disney présents pour les rencontres avec les visiteurs ont eux aussi été soigneusement sélectionnés, chacun ayant un lien fort avec le thème musical de la soirée, le jazz. À l’instar de Tiana, Naveen, Louis et Dr Facilier du film La Princesse et la Grenouille qui s'invitent à l’Animagique Theater, Edgar et Les Aristochats font leur apparition en tant que personnages issus du classique d’animation des plus jazzy. La présence de Roger Rabbit et Eddie Valiant, ainsi que celle d’Oswald et Ortensia, personnages très rares dans les Parcs voire inexistants, est également très appréciable. Autre élément important, la présence du (Le) Rendez-Vous Gourmand de Disneyland Paris - Millésime 2018 à l’entrée de La Place de Rémy ajoute une certaine plus-value à la soirée grâce aux thèmes culinaires variés choisis dans les châlets. 

Mais le moment tant attendu de tous est bien sûr le grand concert Jazz Loves Disney, format unique au monde dans les Parcs Disney, ayant lieu à partir de 21h30 sur la scène de la Stunt Arena pour les visiteurs ayant acheté un billet Premium. Sur une scène posée en plein milieu du plateau de Moteurs... Action ! Stunt Show Spectacular et éloignée de l’audience s’installe The Amazing Keystone Orchestra afin de lancer ce concert et transporter le public dans l’univers du jazz et ce malgré la distance, un élément que le maître de cérémonie s'empresse de mentionner dès le début du spectacle comme pour s’en acquitter. Mis à part ce bémol, l’hôte de la soirée, nommé Sébastien, est plutôt bon dans l’exercice, lui qui intervient entre chaque morceau pour introduire les chansons et les artistes et dont l’humour bien ficelé permet de réchauffer l'atmosphère. L’orchestre de la soirée est lui aussi excellent et a l’occasion de se mettre en valeur dès le début du concert lors d’un numéro instrumental avec le thème Steamboat Willie, merveilleusement bien interprété, puis plus tard sur A Dream Is A Wish Your Heart Makes.

Le premier morceau chanté de la soirée est porté par la voix de Hugh Coltman. Cet artiste britannique résident en France depuis de nombreuses années est un habitué du style tant son parcours est déjà riche au sein de la scène musicale française. Artiste éclectique et amoureux du live, il est aussi actif dans ses projets en solo qu’avec d’autres groupes et artistes comme The Hoax, Eric Legnini ou Kyle Eastwood. Amoureux de la musique de La Nouvelle-Orléans, il est l’un des piliers du projet Jazz Loves Disney et interprète dans la soirée le morceau Hakuna Matata à travers un arrangement aussi singulier que réussi mais également une excellente reprise de You’ve Got a Friend in Me où le swing du big band fonctionne particulièrement bien, et enfin sur le titre Prince Ali qui enthousiasme tout le public avec ses accents de musique cubaine. La chanteuse Robin McKelle, artiste américaine de jazz vocal, est également présente lors de cette soirée pour interpréter, en français, le titre Bibbidi-Bobbidi-Boo tiré du film Cendrillon et initialement interprété sur l’album par Stacey Kent, absente lors de cette réunion musicale. Cette version, très charmante et distinguée, introduit donc la présence de Robin McKelle qui revient lors de la soirée sur les titres Supercalifragilisticexpialidocious dans une version teintée de La Nouvelle-Orléans où elle peut exprimer tout son talent dans un sublime solo de scat, mais aussi dans une tendre version de Stay Awake.

Autre pilier de la soirée, China Moses s’avance à son tour sur la scène. Cette artiste incontournable de la scène jazz française, fille de la diva Dee-Dee Bridgewater et connue notamment pour ses collaborations avec le pianiste André Manoukian, n’est pas du tout étrangère à l’univers de Disney ; elle prête en effet sa voix à Tiana dans la version française de La Princesse et la Grenouille ! Avec enthousiasme, elle vient interpréter sur la scène de la Stunt Arena les titres When You Wish Upon a Star, version hommage à celle de Louis Armstrong, mais aussi Try Everything du film Zootopie où elle se positionne juste en bas du gradin afin d’enflammer le public jusque là un peu endormi, public qu’elle ensorcelle quelques temps après avec une version très sensuelle de Why Don’t You Do Right du film Qui Veut la Peau de Roger Rabbit. Myles Sanko, artiste de soul britannique, est aussi de la partie et est définitivement le crooner de la soirée avec le titre Beauty and the Beast, accompagné des cordes de l’orchestre qui viennent accentuer son propos, ainsi que sur les morceaux Someday My Prince Will Come et Everybody Wants To Be A Cat.

Ben l’Oncle Soul, le soulman à la française bien connu du public depuis 2010 et qui était l'un des artistes les plus attendus de la soirée, n’est présent que sur un seul morceau en solo - et pas des moindres ! - Être Un Homme Comme Vous, qui fait désormais partie de son répertoire tellement cette chanson lui colle à la peau et dont sa version pour l’album We Love Disney avait marqué les esprits en 2013. Il est cependant dommage de ne pas l’avoir vu davantage tout au long de ce spectacle même s’il est présent lors de la collégiale Under The Sea, qui conclut de manière parfaite ce concert. Une manque à l'appel dans ce finale grandiose, Selah Sue, la vedette belge de la neo soul qui fait seulement une courte apparition en solo avant de s’évaporer après une prestation aussi bonne que frustrante tant le public aurait voulu la voir davantage, avec son titre So This Is Love de Cendrillon, film décidément très représenté. Ce spectacle a donc l’atout d’être un vrai concert de jazz où tous les artistes, qu’ils soient chanteurs ou instrumentistes, ont tous l’occasion de s’exprimer pour le plus grand bonheur des spectateurs. Si certains morceaux sélectionnés pouvaient déjà être considérés dans leurs versions originales comme des pépites du swing, le parti pris de transformer et réarranger d’autres musiques qui n’en étaient pas en véritables morceaux de jazz est d’autant plus appréciable. Question linguistique, il est vrai que la langue anglaise est très majoritairement utilisée lors de l’interprétation des morceaux, mais il faut avouer que la langue de Shakespeare convient le mieux à l’esprit du jazz et à l’interprétation des artistes, tous aussi talentueux qu’exaltants malgré le manque de dialogue avec le public tout au long de la soirée.

Si la qualité artistique du concert ne fait pas de doutes, plusieurs critiques se posent tout de même quant à cette soirée. Tout d’abord, un obstacle peut en freiner quelques-uns : le prix ! En effet deux tarifications sont proposées, l’une à 49€ avec un accès au Parc Walt Disney Studios à 20h et aux animations annexes de la soirée et l’autre à 69€ avec ce même accès et la possibilité d’assister au grand concert Jazz Loves Disney. Paraissant excessif, l'analyse de ce tarif démontre pourtant le contraire. La quantité d’expériences proposées en termes de temps exclusif offert dans le Parc, de nombre d’attractions ouvertes, de rencontres avec les Personnages Disney, de concerts, sans compter le plateau artistique de classe internationale promis lors du show Jazz Loves Disney justifient en réalité totalement ce prix. Il paraît malgré tout moins logique de proposer un tarif, certes plus accessible, sans inclure la possibilité aux visiteurs d’assister à l’animation principale de la soirée, posant d’ailleurs un problème de lisibilité pour certains. Certains visiteurs pensant avoir accès au grand concert se retrouvent en effet alors bloqués aux portes de Moteurs... Action ! Stunt Show Spectacular. Ce problème sera d’ailleurs réglé lors de la deuxième édition puisqu’une tarification plus lisible sera proposée.

Le gros point faible de la soirée est en réalité tout autre. Il s’agit bien sûr du site choisi pour accueillir le grand concert. La Stunt Arena ne se prête en effet pas du tout à un concert de jazz, et ce, pour plusieurs raisons. D’un point de vue thématique d’abord, l’expérience est altérée par les décors de l’attraction visibles tout autour de la scène censée représenter un village du sud de la France, qui a bien du mal à trouver sa place dans le contexte de la soirée malgré les motifs et les jeux de lumière projetés tout au long du show. De plus, le positionnement à proprement parler de la scène, posée en plein milieu du décor à plusieurs dizaines de mètres des gradins et des spectateurs, est dommageable. En effet, cela laisse donc imaginer quelle pourrait être la qualité du point du vue pour un spectateur ayant dû se placer au dernier rang, tout en haut du gradin. Cet emplacement de la scène pose également un problème de volume sonore, qui était un peu faible pour pouvoir profiter pleinement de la musique. Enfin, l’immensité de l'endroit pour accueillir le concert est tout simplement une aberration en soi. Le jazz est, il est vrai, une musique intimiste, qui se pratique habituellement dans des clubs ou dans des salles à la capacité raisonnablement limitée. Même les plus grands festivals de jazz français tels que le Festival Django Reinhardt du Pays de Fontainebleau, Jazz à Vienne ou le Nice Jazz Festival arrivent à créer une ambiance cosy et une vraie proximité entre les artistes et le public, grâce souvent à un cadre soigneusement choisi et travaillé.

Le choix de cette immense arena de 3 200 places est donc fort dommageable, tant elle abîme l’expérience vécue par les spectateurs et les artistes qui s’excusent presque pour cette distance entre eux et l’audience, surtout quand d’autres lieux auraient tout à fait pu accueillir ce magnifique concert. Auraient pu accueillir le show Animagique Theater, où un travail élaboré sur le décor avait d’ailleurs été fait pour le spectacle Mickey et le Big Band de Noël dont l’action a lieu dans un club de jazz, ou encore une des grandes salles de convention du Disney’s Hotel New York, qui rentre parfaitement dans la thématique du jazz et dont la capacité peut dépasser les mille personnes. Aussi, l'une des installations de Venturi Site que sont la Disney Events Arena ou le Dôme Disney Village qui sont des lieux clos à la capacité importante, aurait pu être thémée afin d’accueillir au mieux ce concert. Cependant et à la décharge des équipes de Disneyland Paris, la solution de la Stunt Arena semble être la plus viable économiquement tant l’investissement est important pour produire et donc rentabiliser un événement aussi riche en qualité tout en proposant aux visiteurs de passer un moment dans le Parc. Dommage que l’expérience musicale globale en soit autant dégradée.

Ailleurs dans le monde, les Parcs Disney n’ont jamais vraiment proposé un événement à la hauteur de la soirée Disney Loves Jazz du Resort français. Non pas que le jazz ne soit pas célébré, au contraire. Certains se souviennent des concerts organisés par Walt Disney en personne au début des années 60 au sein du Disneyland Park de Californie avec notamment les groupes The Dukes of Dixieland ou Firehouse Five Plus Two. Depuis la disparition de l’oncle Walt, c’est entre autres le Scat Cat's Club au Disney's Port Orleans Resort - French Quarter de Floride qui célèbre le genre avec des concerts organisés régulièrement. À noter également le Disney Jazz Celebration Festival, événement où le jazz est aussi mis à l'honneur dans les Resorts américains depuis 2011 sous la forme d'un week-end proposant pléthore d'événements autour du genre musical, bien que ceux-ci ciblent davantage les professionnels et écoles de musique. Disney Loves Jazz s’avère donc être un concept unique au monde qui aura eu le mérite d’être pionnier en la matière.

Malgré de réelles faiblesses, la soirée Disney Loves Jazz est une réussite tant le thème est noble et la qualité des artistes au rendez-vous. Événement bien plus mature par son thème, elle vise ici un public clairement plus adulte, qu’il soit fan de l’univers Disney ou non, complètement dénué d’une Parade ou d’un spectacle pyrotechnique final. Disneyland Paris frappe alors un grand coup afin de permettre au plus grand nombre de découvrir une facette encore trop obscure de la musique des classiques Disney. Le succès de cette édition est d’ailleurs synonyme de retour car une deuxième saison se monte au printemps 2019.

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