Star Wars : Le Livre de Boba Fett

Titre original :
Star Wars : The Book Of Boba Fett
Production :
Lucasfilm Ltd.
Date de mise en ligne USA :
29 décembre 2021 - 9 février 2022 (Disney+)
Genre :
Science-fiction
Création :
Jon Favreau
Musique :
Ludwig Göransson
Joseph Shirley
Durée :
327 minutes
Disponibilité(s) en France :

Liste et résumés des épisodes

1. Chapter 1 : Stranger in a Strange Land
Chapitre 1 : Un Étranger en Terre Hostile
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 1
Date de diffusion USA : Le 29 décembre 2021
Réalisé par : Robert Rodriguez
Durée : 37 minutes
Boba Fett s'installe sur le trône de Jabba le Hutt...
2. Chapter 2 : The Tribes of Tatooine
Chapitre 2 : Les Tribus de Tatooine
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 2
Date de diffusion USA : Le 5 janvier 2022
Réalisé par : Steph Green
Durée : 51 minutes
Boba Fett recherche ceux qui ont essayé de l'assassiner...
3. Chapter 3 : The Streets of Mos Espa
Chapitre 3 : Les Rues de Mos Espa
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 3
Date de diffusion USA : Le 12 janvier 2022
Réalisé par : Robert Rodriguez
Durée : 37 minutes
Boba Fett est attaqué par Black Krrsantan...
4. Chapter 4 : The Gathering Storm
Chapitre 4 : La Tempête Approche
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 4
Date de diffusion USA : Le 19 janvier 2022
Réalisé par : Kevin Tancharoen
Durée : 47 minutes
Boba Fett réunit les chefs des différentes familles de Mos Espa...
5. Chapter 5 : The Return of Mandalorian
Chapitre 5 : Le Retour du Mandalorien
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 5
Date de diffusion USA : Le 26 janvier 2022
Réalisé par : Bryce Dallas Howard
Durée : 50 minutes
Din Djarin a retrouvé sa vie de chasseur de prime après avoir confié Grogu...
6. Chapter 6 : From the Desert Comes a Stranger
Chapitre 6 : L’Étranger Venu du Désert
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 6
Date de diffusion USA : Le 3 février 2022
Réalisé par : Dave Filoni
Durée : 46 minutes
Din Djarin cherche à revoir Grogu qui est en formation auprès de Luke Skywalker...
7. Chapter 7 : In The Name of Honor
Chapitre 7 : Au Nom de l’Honneur
Genre : Épisode
Série : Star Wars : The Mandalorian
Saison 1 Épisode 7
Date de diffusion USA : Le 9 février 2022
Réalisé par : Robert Rodriguez
Durée : 59 minutes
Boba Fett affronte le Syndicat des Pykes...

La critique

rédigée par
Publiée le 27 février 2022

Avertissement : une fois n'est pas coutume sur Chronique Disney, cette critique va se permettre de divulgâcher des pans entiers de l'intrigue et des révélations amenées au cours de la saison, ceci afin de pouvoir analyser en profondeur toutes ses thématiques. Il est donc vivement conseillé d'avoir vu la série avant de lire les lignes qui suivent...

Star Wars : Le Livre de Boba Fett est une série spin-off de Star Wars : The Mandalorian qui se concentre, comme son titre l'indique, sur le plus grand chasseur de primes de la saga Star Wars.

Boba Fett est, avec Dark Vador, l'Empereur Palpatine et Jabba le Hutt, l'un des méchants les plus populaires de la saga créée par George Lucas. Le personnage apparaît ainsi pour la première fois dans la séquence animée L'Histoire du Fidèle Wookiee, extrait du téléfilm Au Temps de la Guerre des Étoiles diffusé le 17 novembre 1978 sur CBS, où il est doublé par Don Francks. Il fait ensuite son entrée dans la saga cinématographique deux ans plus tard dans Star Wars : L'Empire Contre-Attaque, où le personnage est embauché par l'Empire pour traquer Han Solo. Une fois ce dernier prisonnier de la carbonite, le chasseur de primes peut alors le livrer à Jabba le Hutt qui l'avait missionné pour retrouver l'ancien contrebandier. Dans Star Wars : Le Retour du Jedi, Boba Fett fait partie des hommes de Jabba le Hutt et meurt a priori en tombant dans l'antre du Sarlacc. Dans les deux longs-métrages, le chasseur de primes est interprété par l'acteur Jeremy Bulloch tandis que Jason Wingreen fait sa voix dans le premier film. Dans le second, il est quasi muet puisqu'il ne prononce qu'une phrase de deux mots et pousse un cri en tombant. George Lucas fait revenir le personnage dans une nouvelle scène qu'il ajoute à l'Édition Spéciale de Star Wars : Un Nouvel Espoir sortie en salles en 1997. Il est alors joué par Mark Austin. Dans cette séquence, il accompagne Jabba le Hutt quand il vient demander à Han Solo de le rembourser alors que le contrebandier est sur le point de quitter Mos Eisley et la planète Tatooine.

Si Boba Fett est au final un personnage mineur dans la première trilogie, ayant juste cinq phrases de dialogue et à peine quelques minutes de présence à l'écran, il est a contrario incroyablement présent et populaire auprès des fans de Star Wars. Étonnamment, le mythe et l'aura du personnage se sont créés grâce à un jouet, celui de la figurine Kenner mise en vente un peu avant la sortie du second long-métrage de la trilogie. Le chasseur de primes est aussi beaucoup utilisé dans les comics où le lecteur apprend, dans plusieurs d'entre eux dont L'Empire des Ténèbres, qu'il a survécu au Sarlacc. Le comment est même décrit dans plusieurs ouvrages, notamment dans le premier roman L'Armure Mandalorienne de la trilogie La Guerre des Chasseurs de Primes. La popularité de Boba Fett se construit ensuite à travers de nombreux romans ou comics, adulte comme jeunesse, où il est soit le personnage principal, soit un simple intervenant secondaire. George Lucas décide finalement en 2002, dans le second opus de la prélogie, Star Wars : L'Attaque des Clones, de raconter son origine. Le fan apprend alors stupéfait qu'il est en réalité un clone, à la croissance non accélérée, du chasseur de primes Jango Fett. Ce dernier a ainsi servi de modèle aux Kaminoans pour fabriquer les clones de l'armée de la République. Il demande alors en échange de son ADN d'avoir un clone rien que pour lui, une sorte d'enfant adoptif. Mais le père de Boba Fett meurt précipitamment lors de la bataille de Géonosis et le garçon se retrouve orphelin. Lors de la série Star Wars : The Clone Wars, George Lucas en profite pour reprendre certaines idées abandonnées pour les films. Il raconte notamment ce qu'est devenu Boba Fett et montre ses balbutiements en qualité de chasseur de primes.

Les origines de la série Star Wars : Le Livre de Boba Fett remontent en réalité à 2013, juste après que The Walt Disney Company, sous l'impulsion de son PDG Bob Iger, a racheté Lucasfilm, Ltd. auprès de George Lucas et décidé de relancer la franchise Star Wars. En plus de la postlogie, Disney veut en effet lancer plusieurs films hors série basés sur un évènement ou un personnage précis. Naîtront ainsi Rogue One : A Star Wars Story et Solo : A Star Wars Story. Parmi les idées de films indépendants, un long-métrage sur Boba Fett est alors envisagé. Il devait se dérouler entre Star Wars : L'Empire Contre-Attaque et Star Wars : Le Retour du Jedi tout en étant centré sur l'univers des chasseurs de primes. En parallèle, début 2014, le scénariste et producteur Simon Kinberg approche le réalisateur Josh Trank dans le but de mettre en chantier ensemble un film Star Wars ; le projet présenté à Lucasfilm, Ltd. tournant autour de Boba Fett. Le label est emballé et embauche logiquement Trank en juin 2014 pour le réaliser. Il est ensuite prévu une annonce officielle auprès du public lors de la Star Wars Celebration d'Anaheim en avril 2015 mais... la prestation est annulée au dernier moment ! Lucasfilm, Ltd est en fait devenu sceptique sur les capacités du réalisateur après le tournage réputé exécrable du film Marvel / 20th Century Fox Les Fant4stiques devant sortir en août 2015. Bien avant, en mai 2015, Trank est débarqué du projet ; le film sur Boba Fett restant tout de même en chantier pendant un temps. Mais l'échec au box-office du film sur la jeunesse de Han Solo stoppe net le développement de longs-métrages indépendants tandis que Bob Iger en personne annonce, à la suite des mauvais retours de la postlogie, le ralentissement de la mise en production de films Star Wars au cinéma après la sortie de Star Wars : L'Ascension de Skywalker.

Le temps passe et grâce au succès du lancement de Star Wars : The Mandalorian sur Disney+, Bob Iger annonce que la première série à prises de vues réelles de Star Wars aura droit à plusieurs spin-offs où certains personnages secondaires deviendront les héros de leur propre série. Il faut dire que Star Wars : The Mandalorian a mis en avant une belle brochette de personnages, qu'ils soient nouveaux ou cultes. La série permet notamment à Boba Fett de faire son grand retour. Le personnage est ainsi révélé dans l'épisode 6 de la Saison 2, La Tragédie. et le rôle se voit tenu par Temuera Morrison, l'acteur qui avait déjà joué Jango Fett, le père du personnage, dans Star Wars : L'Attaque des Clones. En réalité, Boba Fett avait été déjà teasé dans une scène de l'épisode 5 de la Saison 1, Mercenaire, ainsi que dans le final de l'épisode 1 de la Saison 2, Le Marshal. Le chasseur de primes est ensuite présent dans les deux derniers épisodes de la Saison 2. Dans le final, lors d'une scène post-générique, le public est alors surpris de découvrir un teaser pour Star Wars : Le Livre de Boba Fett où le chasseur de primes, accompagné de Fennec Shand, vient prendre la place de Bib Fortuna, l'ancien majordome de Jabba le Hutt, en l'éliminant. La série est alors présentée comme indépendante, même si se déroulant dans la même époque que celle du Mandalorien et de Grogu. Dans les faits, après diffusion, elle est en réalité bien plus une saison 2.5 de Star Wars : The Mandalorian qu'une série totalement autonome.

Star Wars : Le Livre de Boba Fett débute donc le 29 décembre 2021 et s'étale sur sept épisodes. Jon Favreau est ici le show runner et le scénariste de la nouvelle série, rôles qu'il avait déjà assumés pour Star Wars : The Mandalorian. Son travail avait été alors salué par les fans et la critique, certains parlant de lui comme le sauveur de la saga. Pour Star Wars : Le Livre de Boba Fett, il est assisté sur l'écriture par Dave Filoni, le show runner de Star Wars : The Clone Wars et Star Wars : Rebels, qui continue ici de faire évoluer ses créations. Côté réalisation, Jon Favreau ne met en scène aucun épisode cette fois-ci ; Dave Filoni signant, quant à lui, le sixième. Le show runner fait par contre revenir Bryce Dallas Howard, qui avait brillé dans les deux précédentes saisons de Star Wars : The Mandalorian. Elle réalise ici le cinquième épisode. Jon Favreau fait aussi appel à deux nouvelles recrues. Steph Green, qui a travaillé sur les séries Luke Cage pour Marvel Television ou Scandal pour ABC Studios, se charge de l'épisode 2 tandis que Kevin Tancharoen, qui avait mis en scène de nombreuses séries Marvel Television comme Les Agents du S.H.I.E.L.D. ou Iron Fist, se voit lui confier l'épisode 4.

Néanmoins, le véritable deuxième homme de Star Wars : Le Livre de Boba Fett est Robert Rodriguez qui, en plus de réaliser trois épisodes de la série (le premier, le troisième et le dernier), est aussi producteur exécutif avec Jon Favreau, Dave Filoni et Kathleen Kennedy, la présidente de Lucasfilm, Ltd.
Né en 1968 au Texas, Rodriguez s’intéresse très tôt au cinéma et commence sa carrière par des films à petits budgets qui rencontrent malgré tout un certain succès. Mais c’est avec Une Nuit en Enfer (1996) que débute sa longue collaboration avec la filiale Disney Dimension Films. Il enchaîne ensuite avec l'opus de science-fiction pour adolescents The Faculty (1998), avant de se consacrer à la saga pour enfants Spy Kids (2001, 2002, 2003, puis 2011).
En 2001, il crée sa propre société de production, Troublemaker Studios, et revient à un cinéma plus adulte avec Il Était une Fois au Mexique : Desperado 2 (2003) et Sin City (2005), co-réalisé par Frank Miller. Il signe par la suite Planète Terreur (2007) dans le cadre du diptyque Grindhouse qu’il met en place avec son ami Quentin Tarantino (Pulp Fiction) pour rendre hommage aux vieux films d’exploitation. L’engouement du public est tel que Rodriguez reprend le héros fictif apparaissant dans la fausse bande-annonce qui accompagne les films pour en faire le long-métrage Machete (2010 et sa suite en 2013).
Son retour sur les écrans est attendu depuis l’échec critique et commercial de Sin City : J'ai Tué pour Elle (2014). Entre-temps, il réalise un film nommé 100 Years, qui ne sortira qu’un siècle plus tard… en 2115. Producteur, scénariste, compositeur, chef décorateur, directeur de la photographie, superviseur des effets spéciaux ou encore monteur - et tant d'autres métiers du cinéma dans lesquels Rodriguez s'essaie avec un style qui lui est propre même si sur Alita : Battle Angel en 2019, il se concentre, pour la deuxième fois de sa carrière, uniquement sur le poste de réalisateur. Il est appelé ensuite par son ami Jon Favreau afin de réaliser le sixième épisode de la Saison 2 de Star Wars : The Mandalorian, La Tragédie.

Star Wars : Le Livre de Boba Fett souffre malheureusement de nombreux points : un problème d'écriture et de découpage, un manque d'enjeu, une réalisation en dents de scie et surtout un contrepied de ce que le public et les fans attendent du personnage. Alors que le spectateur pouvait prétendre à un récit montant petit à petit en tension avec un enjeu clair, sa construction au contraire montre que la série n'a pas grand chose à dire, ou du moins très peu, sur le personnage qui lui donne son nom. Elle semble être en réalité deux séries en une où les deux récits se recoupent dans le final mélangeant les deux univers. La première, la plus longue, s’étale sur les quatre premiers épisodes et raconte l'histoire de Boba Fett après Star Wars : Le Retour du Jedi. Malheureusement, si le premier épisode Un Étranger en Terre Hostile arrive à teaser le contenu la série, il montre déjà toutes les lacunes à venir. L'entame cherche en effet à raconter deux histoires : un flashback d'abord afin de voir comment le chasseur de primes a échappé à l'antre du Sarlacc et ce qu'il est devenu jusqu'à sa rencontre avec Fennec Shan ; le temps présent ensuite où Boba Fett vient de devenir le Daimyo de Mos Espa. Le flashback est plutôt intéressant même s'il passe rapidement, et facilement, sur la sortie de l'estomac du Sarlacc. Le souci vient plutôt du temps présent où l'ensemble manque de consistance et de cohérence. L'ancien grand méchant semble étrangement rangé et calme, patient et magnanime. Surtout, il donne l'impression d'être d'une candeur confondante, pensant réussir à pacifier une ville, avec si peu de gardes du corps, s'appuyant uniquement sur sa réputation et son envie d'être juste et bon avec la population. La série veut ainsi adoucir et lisser un personnage vu comme méchant par le public, et qui ne voulait surtout pas de ce revirement psychologique. Pis encore, si le fond de ce premier épisode est décevant, la forme l'est tout autant. La réalisation est ici plutôt molle et mal ficelée. La seule scène d'action de l'épisode est en outre laborieuse ; Robert Rodriguez n'arrivant jamais à installer une tension palpable.

La déception à la suite de ce premier épisode est dommageable. Et c'est d'autant plus regrettable que Star Wars : Le Livre de Boba Fett partait pourtant d'une base de départ intéressante. Construire un personnage de Fett différent de ce que tout le monde attend était en effet plutôt osé et aurait pu apporter une vision originale au personnage si elle avait été bien amenée, un peu plus à l'image de ce qui a été fait pour Cruella d'Enfer dans le film de 2021. Dans les faits, le chasseur de primes a toujours été un être énigmatique. Il apparaît très peu dans la trilogie originale. Son aura auprès des fans vient plutôt du mystère qui l'entoure et qui a assuré sa popularité. L'Univers Étendu, aussi bien en comics qu'en romans, a alors construit un méchant sans compassion dont le but principal était de réussir les contrats pour lequel il était grassement payé. En accomplissant sa tâche avec froideur et précision, il était vu comme un être impitoyable. Dans la prélogie, George Lucas lève un peu le voile sur le personnage et lui donne un passé. La série Star Wars : The Clone Wars initiée par le créateur de Star Wars apporte elle une inflexion sur le fils de Jango Fett. Elle commence ainsi à faire transparaître une certaine droiture à Boba Fett, même si son jeune âge peut excuser ce "manque" de méchanceté. Pour autant, le vrai virage se produit dans la série Star Wars : The Mandalorian où l'ancien chasseur de primes montre un code d'honneur assez étonnant venant de sa part. Star Wars : Le Livre de Boba Fett continue sur cette lancée, et amplifie même cet état de fait. Autre détail d'importance : alors qu'il n'enlevait jamais son casque dans la trilogie, il est ici très souvent sans son heaume. La série tente alors d'expliquer que le changement de personnalité vient de ce qu'il a vécu suite à sa sortie du Sarlacc et de son adoption par une tribu de Tusken, les fameux hommes des sables du désert de Tatooine.

En cela, le deuxième épisode Les Tribus de Tatooine arrive parfaitement à mettre en avant l'aspect émotionnel et le parcours personnel de Boba Fett. D'ailleurs, il étonne en étant incroyablement plus qualitatif que le précédent. Peut-être car il n'est pas réalisé par Robert Rodriguez mais par Steph Green... Le réalisateur sait non seulement magnifier la forme avec un mouvement de caméra vraiment convaincant, que ce soit dans les scènes d'action à l'image de celle de l'attaque du train vraiment haletante ou dans des moments plus posés comme les séquences de vie et d'apprentissage de Fett avec la tribu des hommes des sables. Ainsi, jamais les Tusken n'ont jamais été aussi bien mis en avant, permettant d'en apprendre plus sur leurs us et coutumes, enlevant les aprioris que pouvait avoir le spectateur à leur encontre, pensant qu'ils étaient de simples barbares sanguinaires. Si les flashback représentent la majorité de l'épisode, le temps présent n'est pas non plus oublié et offre quelques belles surprises aux fans Star Wars. D'abord, ils ont le plaisir de voir deux Hutts, les jumeaux cousins de Jabba, venir défier Boba Fett et réclamer le territoire qui appartenait à leur famille. Mais la cerise sur le gâteau est sûrement l'apparition de Krrsantan le Noir, le Wookie chasseur de primes. Ce personnage a été créé dans les comics et fait donc ici sa première apparition en prises de vue réelles pour le plus grand plaisir des fans. Le Wookie est ainsi apparu la première fois dans Darth Vader (2015) #1 puis a été, par la suite, beaucoup utilisé dans les aventures du Docteur Aphra. Cette entrée en scène le rend, en tout cas, incroyablement charismatique.

Malheureusement, le soufflé retombe rapidement avec l'épisode 3, Les Rues de Mos Espa, une nouvelle fois réalisé par Robert Rodriguez. Ce dernier signe sûrement le plus mauvais épisode de la série et par ricochet de toutes les séries à prises de vues réelles de Star Wars à date. Ce ne sont d'ailleurs pas fatalement les idées ou le récit qui posent souci ici mais surtout la façon dont elles sont exécutées, mises en images ou tout simplement stylisées. Un exemple parmi tant d'autres est peut-être la suite du flashback. Boba Fett y découvre notamment que la tribu Tusken qui l'a recueilli s'est fait massacrer. Ce moment devrait être le basculement émotionnel du personnage et pourtant le réalisateur n'arrive pas à montrer le moindre désarroi chez l'ancien chasseur de primes alors que la scène aurait dû être déchirante. Un autre exemple est sûrement la bande de motards cyborgs. L'idée aurait pu être bonne mais l'apparence des personnages ne colle pas du tout à Tatooine. Ils auraient été bien plus crédibles sur Coruscant ! Là, ils donnent l'impression de s'être échappés du film Alita : Battle Angel du réalisateur, sans qu'il se soit posé la question de savoir si leur design était pertinent sur la planète des sables. Surtout que ces motards sont aussi présents un peu plus loin dans l'une des scènes de course-poursuite les plus ratées de tout Star Wars. Les bikers en vespa poursuivent en effet dans les rues de Mos Espa le secrétaire du maire qui s'est enfui en speeder. Sauf que la séquence est molle, poussive et mal filmée. Elle semble avoir été rajoutée pour mettre obligatoirement une scène d'action aussi inutile que futile. Si les éléments Star Wars sont enlevés, il reste simplement des adolescents en mobylettes qui pourchassent un secrétaire du patelin du coin dans sa vieille voiture. Rien de vraiment ahurissant... La séquence d'élevage du Rancor est tout aussi gênante quand Boba Fett essaye de faire ami-ami avec la grosse bête. Néanmoins, l'épisode possède quelques bonnes idées comme l'attaque dans son sommeil de Boba Fett par Krrsantan mais bien vite effacées par une conclusion décevante où le spectateur remarque que la présence des jumeaux Hutt n'était au final que de l’esbroufe.

Le quatrième épisode, La Tempête Approche, vient clôturer le premier arc de la série, celui comprenant le long flashback qui relie Star Wars : Le Retour du Jedi à Star Wars : The Mandalorian. Il se concentre principalement sur la rencontre entre Boba Fett et Fennec Shand ainsi que sur la récupération du vaisseau du chasseur de primes, le Slave I. Cette partie subit certes un récit mal équilibrée mais demeure plutôt intéressante. Il est juste dommage que le braquage dans le palais de Bib Fortuna soit un peu trop long, surtout la séquence dans la cuisine clairement inutile. Par contre, la scène où les deux chasseurs de primes retournent dans l'antre du Sarlacc est elle bien plus convaincante et haletante. La relation entre les deux est aussi travaillée et l'épisode arrive à légitimer le respect et la confiance mutuelle qui existent entre les deux. La deuxième moitié de l'épisode, qui se déroule dans le présent, offre aussi à boire et à manger. La scène avec Krrsantan le Noir dans la cantina est assez impactante. Elle permet de montrer la vraie violence du personnage en insistant sur l'antagonisme légendaire des Wookies contre les Trandoshans. Néanmoins, si les connaisseurs de Star Wars, ou au moins de Star Wars : The Clone Wars, comprendront parfaitement la réaction de Krrsantan, le spectateur lambda aura du mal à voir autre chose qu'une violence gratuite du Wookie ; aucune explication n'étant donnée par les autres protagonistes de la séquence. À côté, la scène avec les anciens lieutenants de Jabba le Hutt est, elle, plutôt décevante. Boba Fett leur propose de s'allier contre le Syndicat des Pykes qui écoule son épice sur Tatooine et corrompt toute la planète. Mais face à leur indocilité et leur refus, le chasseur de primes adopte une réaction bien trop naïve et pacifique, assez contradictoire avec l'idée que se fait le grand public du personnage, au risque de paraître ici un peu faible. Côté réalisation, Kevin Tancharoen livre un travail correct mais sans artifice. Le spectateur en ressort tout de même surpris : il reste trois épisodes et pourtant l'histoire semble avoir déjà été bien bouclée. Comme il semble impossible que la bataille finale s'étale sur les trois épisodes restants, le doute s'installe. Finalement, ce sont via les dernières notes de musiques qu'un indice est donné sur la suite qui arrive...

Star Wars : Le Livre de Boba Fett porte presque bien son nom. Car plus qu'un livre, la série est plutôt construite comme un comics qui porterait le simple nom de Star Wars. La bande dessinée passerait ainsi d'un arc sur un personnage à un autre avant de les réunir ensuite dans un crossover explosif. Eh bien, c'est exactement cela ! Sauf que le titre de la série est plutôt mal choisi puisque durant deux épisodes, Boba Fett va à peine faire de la figuration dans sa propre série, déstabilisant les spectateurs qui ont l'impression de regarder la Saison 3, ou du moins la Saison 2.5, de Star Wars : The Mandalorian et non celle du chasseur de primes de Géonosis. D'ailleurs, ceux qui ont fait l'impasse sur Star Wars : Le Livre de Boba Fett vont devoir absolument regarder ses trois derniers épisodes au risque de se retrouver perdus quand la vraie troisième saison de Star Wars : The Mandalorian débutera... Mais ce qui fait le plus mal au personnage de Boba Fett, et globalement à la série dans son ensemble, est que ses meilleurs épisodes voire ceux de toutes les séries à prises de vues réelles de Star Wars à date sont justement les épisodes 5 et 6 où Boba Fett... ne dit pas un mot ! Il y a tout de même là un énorme goût de gâchis s'agissant d'un personnage si iconique...

Sans surprise, Le Retour du Mandalorien marque l'apparition de Din Djarin. Mais alors que le spectateur s'attendait juste à un caméo surprise, c'est un épisode entier qui est proposé autour du Mandalorien. Cerise sur le gâteau, la réalisation est confiée à Bryce Dallas Howard, fille de Ron Howard et actrice dans Peter et Elliott le Dragon, qui livre ici un vrai travail d'orfèvre. Il suffit de voir les premières minutes pour s'en convaincre avec une ouverture incroyablement classieuse où Din Djarin combat dans un abattoir. La séquence est non seulement superbement filmée mais le personnage s'avère décidément charismatique. Juste après, la réalisatrice propose un plan d'ensemble sur l'anneau de Glavis, une ville artificielle construite autour d'un immense vaisseau en forme de cercle, aussi originale que superbe. L'épisode propose ensuite un long passage où le spectateur en apprend plus sur la mythologie mandalorienne et le Sabre Noir, tout en donnant une autre vision de ce qui s'est déroulé dans Star Wars : The Clone Wars ou Star Wars : Rebels. Elle propose surtout un flashback intense sur la destruction de la planète Mandalore qui fait froid dans le dos. Cette courte scène prend des faux airs de Terminator avec les droïdes de sécurité KX vus dans Rogue One : A Star Wars Story. Le combat pour savoir qui mérite de détenir le fameux Sabre Noir est tout aussi dantesque. Le reste de l'épisode est en revanche plus léger : il n'empêche, c'est un double plaisir non seulement de revoir Peli Motto, la mécanicienne de Mos Eisley, mais aussi de retrouver un vieux chasseur N-1 sorti tout droit de la prélogie. C'est simplement à la toute fin que le lien avec Boba Fett est fait. Pour autant, comme le dit le Mandalorien, il a une action à terminer avant de pouvoir combattre aux côtés du nouveau Daimyo de Mos Espa. La parenthèse dans le récit principal n'est donc pas encore refermée...

Le sixième épisode, L’Étranger Venu du Désert, est réalisé par Dave Filoni. Le vétéran de Lucasfilm, Ltd. en profite pour s'amuser comme jamais avec ses créations et celles de George Lucas. Il y a un tel fan service que l'épisode est proche de l'orgie. Et pourtant, l'artiste signe une véritable lettre d'amour aux fans de Star Wars tellement chaque détail ou chaque apparition est une pépite qui réchauffe le cœur du passionné. Première surprise, le spectateur ne s'attendait pas à voir Din Djarin rejoindre si tôt le camp d’entraînement du petit Grogu. Le Mandalorien a en fait un présent qu'il veut offrir au petit être vert. En réalité, il s'agit d'un simple prétexte pour le revoir. Mais une ancienne connaissance l'attend. Là, le fan est incroyablement surpris de retrouver le personnage d'Ahsoka Tano. Elle conseille alors à Din Djarin de ne pas laisser ses sentiments influencer le destin de l'enfant. Les plus attentifs remarqueront qu'un temple est en construction et qu'il ressemble beaucoup à l'Académie Jedi détruite par Kylo Ren dans Star Wars : Les Derniers Jedi. Encore plus incroyable, Luke Skywalker est aussi présent dans l'épisode et il est en train d’enseigner les préceptes de la Force à Grogu. Revoir ces deux personnages est un vrai plaisir surtout qu'il se lie une relation maître / élève qui rappelle beaucoup celle de Luke avec Yoda dans Star Wars : L'Empire Contre-Attaque grâce à des parallèles visuels bien amenés à l'image de la scène du sac à dos. L'épisode se termine en plus sur une merveilleuse séquence dans laquelle Luke demande à Grogu de faire un choix cornélien entre deux beaux cadeaux, représentant chacun un choix de vie. Toujours autour de Luke Skywalker, il sera aussi apprécié le petit dialogue entre le fils d'Anakin Skywalker et l'ancienne Padawan de ce dernier. Quand elle lui dit qu'elle lui rappelle son père, le fan de Star Wars ne peut qu'être ému et repenser avec tendresse à la relation d'Ahsoka et d'Anakin dans Star Wars : The Clone Wars. Le rajeunissement de Mark Hamill est, quant à lui, incroyablement bluffant ; il ne reste plus qu'à rendre le visage un brin plus expressif et cela sera parfait. Le reste de l'épisode se passe ensuite sur Tatooine. Din Djarin essaye de recruter le marshal Cobb Vanth, vu dans le premier épisode de la Saison 2 de Star Wars : The Mandalorian, afin de lutter contre les Pykes. Mais celui-ci se laisse le temps de la réflexion. Le syndicat trafiquant d'épice envoie alors un autre chasseur de primes, à leur solde cette fois-ci : le fameux Cad Bane. Là encore, Dave Filoni se fait plaisir et contente les fans en proposant une autre de ses créations animées transposée en prises de vues réelles. Avec une entrée en scène façon ambiance western, le personnage est décidément toujours autant fascinant. Il crève littéralement l'écran. Et ce qui ne gâte rien, Disney France a eu la bonne idée de reprendre le même doubleur que dans la série : Vincent Violette. Au final, si ce sixième épisode est un véritable régal, le spectateur ne peut que constater qu'il tourne une nouvelle fois autour du Mandalorien et que Boba Fett y fait de la simple figuration.

Le septième et dernier épisode, Au Nom de l’Honneur, conclut les deux arcs de la série, celui de Boba Fett et celui de Din Djarin. Pour le troisième épisode qu'il met en scène dans la série, Robert Rodriguez s'en sort mieux que lors de ses deux précédentes tentatives et arrive même à proposer quelques séquences iconiques. L'une d'elle est sûrement celle où le Mandalorien et le chasseur de primes combattent ensemble dans les airs grâce à leur jet-pack. Une autre est la séquence où Boba Fett chevauche le rancor comme si c'était une monture ; l'image fait alors penser à la première apparition du personnage dans le téléfilm Au Temps de la Guerre des Étoiles. L'affrontement entre le Daimyo et son ancien concurrent Cad Bane est aussi bien amené et rappelle leur affrontement, ou du moins leur antagonisme, dans Star Wars : The Clone Wars. Le combat du Mandalorien contre le rancor, qui s'est libéré de l'emprise de Boba Fett, est aussi très impressionnant avec notamment un hommage appuyé à King Kong. L'épisode a malgré tout quelques faiblesses, à commencer par l'incroyable naïveté de l'équipe de Boba Fett par rapport aux syndicats des Pykes mais aussi face aux patrons des différents territoires de Tatooine qui leur font croire qu'ils sont restés neutres. Certaines facilités sont aussi présentes comme les renforts du désert qui arrivent un peu trop au bon moment ou alors les Pykes qui semblent être aussi doués au tir que les Stormtroopers. Le final plutôt mouvementé propose une conclusion en queue de poisson pour le chasseur de primes. Une fois le problème du trafic d'épices des Pykes réglé, l'avenir de Boba Fett redevient flou. Le personnage semble se rendre compte (comme les scénaristes ?) que son parcours est dans une impasse. Finalement, le spectateur se demande si tout ce qui a été raconté dans la série n'était pas qu'une simple parenthèse. Si le siège de Mos Espa clôt l'arc de Boba Fett, il termine également celui de Din Djarin entamé dans l'épisode 5. Le public qui avait laissé Grogu devant un choix cornélien dans l'épisode précédent voit alors rapidement dans l'épisode final, et à son grand étonnement, quel chemin a décidé de prendre l'enfant. Ainsi, à l'inverse de Boba Fett, la série se termine alors pour le Mandalorien en ayant vraiment fait avancer son parcours. Nombreux pensaient plutôt voir ce qui a été proposé pour le personnage dans Star Wars : Le Livre de Boba Fett lors du début de la Saison 3 de Star Wars : The Mandalorian. En cela, ces derniers épisodes sont indispensables pour comprendre le parcours de Din Djarin.

Un fois les sept épisodes de Star Wars : Le Livre de Boba Fett visionnés, le bilan reste tout de même mitigé. Les principaux défauts sont le découpage et le montage de l'ensemble. La série n'a pas été capable de se concentrer sur Boba Fett et uniquement lui. Les scénaristes auraient dû revoir leur copie en proposant un format différent : par exemple une mini-série de cinq épisodes sur Boba Fett, le temps d'épaissir un peu l'ensemble, une autre sur Din Djarin et un téléfilm crossover pour conclure les deux récits. En rassemblant tout sous la même bannière, ils donnent l'impression d'avoir sacrifié l'écriture du personnage de Boba Fett au profit du Mandalorien, plus populaire auprès des nouveaux spectateurs, dans un format décousu. L'autre souci est la mauvaise exécution du virage psychologique du chasseur de primes. L'idée pouvait être intéressante de voir Boba Fett devenir moins manichéen au contact des Tuskens et de surprendre le spectateur en allant contre ses certitudes. Est-ce dû à la gestion bancale des flashback ? Peut-être aurait-il mieux valu un récit plus linéaire plutôt que ces allers-retours dans le temps ? Quoi qu'il en soit, le changement de personnalité du chasseur de primes manque de subtilité comme si, en étant le héros de sa propre série, il ne pouvait avoir des failles et des défauts. Cette prise de risque le rend étrangement lisse. Chose encore plus étonnante, le Mandalorien lui-même s'avère plus violent que Boba Fett alors que Din Djarin est censé avoir un code d'honneur plus droit. Ainsi, mettre les deux personnages presque au même niveau dans la série force la comparaison... malheureusement en défaveur de Boba Fett qui donne pourtant son nom au titre du programme. Le scénariste Jon Favreau, qui avait été encensé pour Star Wars : The Mandalorian, est vite redescendu de son piédestal auprès des fans. Le tribunal médiatique a tôt fait de crucifier les artistes aux moindres faux pas.

Star Wars : Le Livre de Boba Fett est au final une série en dents de scie qui propose de très bonnes choses, surtout celles tournant autour du Mandalorien, de bonnes idées mal exploitées notamment tout le flashback, un visuel avec des hauts, à l'image de l'épisode de Bryce Dallas Howard, mais aussi de nombreux bas principalement dus à la réalisation de Robert Rodriguez qui gratifie le public de deux très mauvais épisodes, et enfin un changement de personnalité du personnage principal mal amené et mal écrit qui déstabilise les fans. Pour autant, malgré les défauts de la série, il est indéniable que le plaisir de retrouver Star Wars toutes les semaines reste toujours intact. Quand, en plus, le récit arrive à se transcender, l'exaltation reprend le dessus et le bonheur devient intense. Il suffit de voir les réactions sur les réseaux sociaux suite à la sortie des épisodes 5 et 6 pour se rendre compte de l'émotion que continue d'apporter Star Wars à ses fans...

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