Titre original :
Moana
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 23 novembre 2016
Genre :
Animation 3D
Disney Digital 3-D
Réalisation :
Ron Clements
John Musker
Don Hall
Chris Williams
Musique :
Opetaia Foa'i
Mark Mancina
Lin-Manuel Miranda
Durée :
103 minutes

Le synopsis

Vaiana, la fille du chef de l'île de Motunui, se prépare à succéder à son père avec lequel elle ne partage pourtant pas la même vision. Pour elle, l'avenir se trouve en effet au delà de la barrière de corail. Tandis que l'océan l'appelle depuis qu'elle est toute petite, elle se voit bien vite contrainte, pour sauver son peuple, de se lancer dans une quête qui l'amènera au bout du monde. Elle part ainsi à la recherche du demi-dieu Maui qui est le seul à pouvoir véritablement l'aider...

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 11 novembre 2016

Avec Vaiana, la Légende du Bout du Monde, les Walt Disney Animation Studios continuent d'éblouir leur public. Le quatrième d'âge d'or commencé avec La Princesse et la Grenouille se poursuit donc avec ce superbe long-métrage. Tiana, qui avait ouvert la voie, trouve en effet en la personne de Vaiana, sa parfaite héritière. Coïncidence, les deux héroïnes ont les mêmes papas : John Musker et Ron Clements, déjà réalisateurs de films cultes comme La Petite Sirène, Aladdin ou Hercule. Ils livrent ici un long-métrage d'une beauté époustouflante, aux chansons entêtantes et à l'histoire orchestrant un merveilleux mélange de tradition et de modernité, dans son propos et son récit. Ils embarquent le spectateur pour un voyage aussi dépaysant que rafraîchissant.

Les Walt Disney Animation Studios ont décidément le vent en poupe. Non seulement, le studio a retrouvé la faveur des critiques mais également celle du public. En 2013, La Reine des Neiges a, il est vrai, provoqué un raz-de-marée au box-office et dans le cœur des spectateurs. En 2016, ce ne sont pas moins deux films originaux que proposent les studios de Mickey ce qui ne leur était pas arrivé depuis 2002 avec Lilo & Stitch et La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers. Ils ont ainsi commencé l'année avec Zootopie qui, non seulement a été encensé par la critique mais a également réussi à prendre le box-office par surprise grâce à un excellent bouche à oreille. Avec un résultat mondial à plus d'un milliard de dollars, le long-métrage est devenu le premier film portant une histoire originale à réaliser cet exploit en dehors d'Avatar. Ce n'est donc pas peu dire que Vaiana, la Légende du Bout du Monde est soumis à toutes les attentions, surtout que sa sortie semble plus attendue par le public que celle observée pour les aventures de Judy et Nick.

Deux grands réalisateurs mythiques des studios Disney sont donc ici à la manœuvre : Ron Clements et John Musker, heureux créateurs de Basil, Détective Privé (1986), La Petite Sirène (1989), Aladdin (1992), Hercule (1997), La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers (2002) et La Princesse et la Grenouille (2009). Vaiana, la Légende du Bout du Monde marque ainsi une grande première pour eux : il s'agit de leur toute première réalisation d'un film d'animation assistée par ordinateur.
John Musker est né à Chicago le 8 novembre 1953. Après une formation d'animateur de deux ans chez CalArts, il est engagé chez les studios Disney en 1977. Pour son premier travail, il est assistant sur Le Petit Âne de Bethléem, un moyen-métrage d'animation réalisé par Don Bluth. Il devient ensuite animateur pour Rox et Rouky, l'occasion pour lui de rencontrer Ron Clements. Sur Taram et le Chaudron Magique, il devient storyboardeur. Il est promu avec son collègue Ron Clements, réalisateur dès Basil, Détective Privé. Et ce n'est pas moins de sept films qu'ils réaliseront ensemble.
Ron Clements, lui, est né le 25 avril 1953 à Sioux City dans l'Iowa. Après avoir travaillé quelques mois comme animateur à Hanna-Barbera Productions (aujourd'hui Cartoon Network Studios), il rentre chez Disney en 1976. Il fait son apprentissage aux côtés de Frank Thomas pendant deux ans. Il grimpe progressivement dans la hiérarchie du studio : animateur de personnages dans Les Aventures de Bernard et Bianca et Peter et Elliott le Dragon (1977), superviseur de l'animation dans Rox et Rouky (1981), coscénariste dans Taram et le Chaudron Magique (1985), il passe finalement à la mise en scène dans Basil, Détective Privé en 1986.

Suite à l'échec de La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers, Ron Clements et John Musker partent en retraite anticipée. Mais l'arrivée de John Lasseter à la tête des Walt Disney Animation Studios en 2006 change la donne et les fait revenir à leur art ; ce dernier leur confiant la réalisation de La Princesse et la Grenouille censée marquer alors le grand retour de Disney à l'animation traditionnelle. Si le box-office est un peu décevant, les retours critiques sont plutôt satisfaisants et les deux réalisateurs se mettent à réfléchir à leur nouveau projet. Ils optent pour l'adaptation du quatrième roman de la saga Les Annales du Disque Monde de Terry Pratchett, Mortimer. Malheureusement, il a été impossible pour Disney d'obtenir les droits d'adaptation du livre. Le duo opte alors sur un projet totalement original afin de se prémunir de ce genre de désagrément. En 2011, ils proposent ainsi trois idées à John Lasseter dont Moana, le titre anglais de Vaiana, la Légende du Bout du Monde, finalement retenue. Le fait que le récit se passe en Océanie, un continent peu visité par les studios en dehors de l'atypique Lilo & Stitch a beaucoup joué en sa faveur. Son originalité invite au dépaysement, une démarche qui colle parfaitement au label Disney. Mieux encore, il permet de rendre hommage à une culture et un folklore d'une grande richesse et relativement peu connus dans le monde occidental.

Pour s'imprégner de la culture polynésienne, les deux réalisateurs accompagnés d'un petit groupe d'artistes des studios mènent un voyage d'études de deux semaines, respectant là un processus de préparation que les Walt Disney Animation Studios ont l'habitude de faire à chaque long-métrage. Ils prennent alors conscience que les îles du Pacifique, plus d'un millier, sont organisées en subdivision : la Polynésie, la Micronésie et la Mélanésie. Les habitants de ces territoires, jugent toutefois ce découpage très artificiel et considèrent que les îles de l'océan forment un ensemble indissociable. L'espace occupé par les seuls États-Unis pourrait d'ailleurs entrer dans la seule Micronésie montrant l'étendue de ce continent morcelé. Les insulaires estiment donc que la terre et la mer forment un tout et que l'océan, au lieu de les séparer de leurs voisins, les unit. Les artistes choisissent alors de visiter les Îles Fidji, Samoa et Tahiti puis la Nouvelle-Zélande et Hawaï. Ils y découvrent qu'il y a 3 000 ans, les plus grands marins du monde voyagèrent dans le vaste océan Pacifique, à la découverte des innombrables îles de l'Océanie. Ensuite, pendant un millénaire, ils cessèrent subitement de voyager avant de reprendre leurs explorations à l'aube de l'ère chrétienne. Et personne ne sait exactement pourquoi... C'est ce mystère qui va être le point de départ de l'histoire de Vaiana, la Légende du Bout du Monde.

Au fil de la production du film, les deux réalisateurs historiques reçoivent l'aide de deux co-réalisateurs, jeunes piliers du studios : Don Hall et Chris Williams.
Don Hall intègre les Walt Disney Animation Studios en 1995. Il commence par la case de scénariste stagiaire sur Tarzan et travaille ensuite comme storyboardeur sur plusieurs longs-métrages parmi lesquels Kuzco, l'Empereur Mégalo, Frère des Ours et Chicken Little. Il prend enfin du grade sur Bienvenue Chez les Robinson en qualité de responsable de l'histoire puis assume une fonction assez proche (superviseur de l'histoire) sur La Princesse et la Grenouille ; Winnie l'Ourson offrant à Don Hall son premier poste de coréalisateur. Félicité pour la qualité de son travail, il obtient un projet de plus grande envergure en prenant les rênes du projet des (Les) Nouveaux Héros.
Chris Williams commence sa carrière chez Mickey, dans les studios d'animation de Floride à Orlando, en travaillant sur Mulan en qualité de scénariste. Après avoir commencé une collaboration sur l'histoire de Frère des Ours, il part pour la Californie pour participer au projet de Kuzco, l'Empereur Mégalo puis Chicken Little et Bienvenue Chez les Robinson. Il débute ensuite dans la réalisation sur le court-métrage, Glago's Guest avant d'être nommé co-réalisateur de Volt, Star Malgré Lui. Par la suite, il travaille sur les scénarios de Raiponce, La Reine des Neiges mais aussi du moyen-métrage, Lutins d'Élite : Mission Noël avant de devenir co-réalisateur des (Les) Nouveaux Héros.

Vaiana, la Légende du Bout du Monde impressionne assurément le plus par sa restitution de la culture et du folklore polynésiens. Le récit prend, il est vrai, place à la fin du millénaire d'immobilisme. Et comme le laisse entendre le titre français, il mélange hommage réaliste à la culture des îles du Pacifique avec ses légendes et sa mythologie. L'opus sait aussi bien retranscrire la vie de tous les jours que cela soit sur terre ou en mer mais également les croyances et autres mythes du peuple visité. La première chose que ressent le spectateur est clairement une sensation de dépaysement. Il part à la rencontre d'une contrée et de mœurs qu'il ne connaît pas et le propos s'en trouve extrêmement rafraîchissant. Mais cela n'empêche pas ce monde très crédible et réel d'être empreint de magie. De par ses croyances, ses monstres et ses légendes, le public n'est pas devant un documentaire ethnologique mais bien un film d'animation Disney. Il y a ainsi la magie de Maui, le demi-dieu qui tire ses pouvoirs de sa lance donnée par les vrais dieux pour aider les hommes mais aussi les Kakamora, sorte de petits diables au corps de noix de coco ou encore les monstres colorés de Lalotai sans oublier évidemment la déesse du feu et du volcan, Te Kā. Tout l'opus baigne dans le merveilleux et invite plus encore au voyage.

Si Vaiana, la Légende du Bout du Monde cherche à mettre en avant les traditions de la culture polynésienne, le film est aussi un condensé des longs-métrages Disney des années 90. Le cinéphile prend avec lui conscience que Ron Clements et John Musker honorent les classiques de leur période en proposant une aventure qui rappelle par petites touches la tradition du troisième âge d'or des studios. Le spectateur retrouve ainsi le conflit de génération traité dans La Petite Sirène, Pocahontas, une Légende Indienne ou Mulan. Il y aussi la description d'une culture dont la pierre angulaire est d'être très proche de la nature, formant un évident parallèle avec Pocahontas, une Légende Indienne. Le personnage de Maui ressemble, pour sa part, par certains côtés, à un mélange de Philoctète dans Hercule et de Mushu dans Mulan. Enfin, l'émotion lorgne dans la direction du (Le) Roi Lion tandis que le final semble emprunté à L'Oiseau de Feu de Fantasia 2000. Pour autant, pas de redites sans imagination dans Vaiana, la Légende du Bout du Monde ! Non, toutes ses ressemblances sont uniquement de subtils hommages et attendrissants clins d'œil. L'opus propose ainsi un mélange harmonieux de tous les éléments d'un âge d'or mis au service d'un récit fluide et bien construit où rien n'apparait forcé ou imposé. Enfin, sur un tout autre registre, tradition oblige, les fans Disney remarqueront deux ou trois caméos assumés faits aux précédentes œuvres Disney dont deux à la toute fin du générique qu'il est impératif de voir en entier pour ne rien rater.

Fort de son héritage, Vaiana, la Légende du Bout du Monde ne se prive pas d'apporter sa touche d'originalité à la longue filmographie du label historique de Mickey. La plus inattendue est une grande première pour une héroïne Disney : elle ne vit pas une histoire d'amour ! Vaiana entame sa quête pour son peuple et pour se trouver elle-même ; elle ne rencontre pas l'amour dans son périple comme cela avait été le cas pour les précédentes femmes fortes chez Disney que sont par exemple Pocahontas, Mulan ou Tiana. L'autre touche de modernité, conséquence de l'absence d'amoureux, se remarque dans la nature de la relation entre Vaiana et Maui, ramenant le récit proche d'un buddy-movie plus que d'un film de princesse. En ce sens, ce Disney ressemble beaucoup à un Pixar avec cette interaction entre deux personnages qui fait beaucoup penser à Woody et Buzz dans Toy Story. D'ailleurs, le long-métrage, autant dans son sens de la dérision envers la marque Disney Princesse que dans un effort de justification de son positionnement marketing, s'évertue avec de gros sabots à rappeler que Vaiana est bien une princesse ! Quand elle explique ainsi elle-même malicieusement dans l'opus qu'elle n'est pas une princesse mais juste la fille du chef, Maui lui répond que c'est du pareil au même et que la voir affublée d'une robe et d'un petit animal de compagnie (ici, Heihei son coq stupide) vient confirmer son statut.

L'autre thématique forte dans le film est la Nature. C'est bien simple : elle est omniprésente ! Mieux encore, les artistes ont eu l'idée, aussi folle que difficile à mettre en œuvre, de faire de l'Océan, un personnage à part entière qui interagit avec Vaiana mais aussi Maui. Sur le papier, l'exercice peut sembler ridicule mais à l'écran, le résultat est admirable. L'audace autorise ainsi certaines scènes d'une poésie incroyable à commencer par celle de la rencontre entre la petite Vaiana alors bébé et l'Océan qui va la choisir pour sauver son peuple. Il est tout bonnement impossible de ne pas craquer devant cette séquence aussi mignonne que magnifiquement réalisée. Mais l'ode à la Nature ne s'arrête pas là : entre les étendues d'eaux que doit affronter Vaiana aux abysses colorés remplis de monstres marins sans oublier bien sûr la déesse du feu dont la représentation est tout aussi impressionnante, l'opus est un superbe plaidoyer écologique. La véritable force du film est là ; dans ce message de fin d'une force incroyable. L'opus revêt alors un petit côté Miyazaki dans le propos, rappelant Princesse Mononoké, mais réalisé avec la grandiloquence et la magnificence d'un péplum hollywoodien. D'une beauté à couper le souffle, Vaiana, la Légende du Bout du Monde invite aussi à la réflexion par la métaphore qu'il renvoie.

Quand Ron Clements et John Musker se lancent dans la production de Vaiana, la Légende du Bout du Monde, ils s'interrogent sur la meilleure technique à utiliser pour mettre en avant la richesse visuelle du film. Ils optent au final pour l'animation assistée par ordinateur, mieux à même d'atteindre l'ambitieux objectif qu'ils se sont fixés. Le choix est pourtant délicat pour eux qui avaient toujours travaillé avec l'animation traditionnelle ; il constitue en outre un beau challenge à relever. Très vite, des rumeurs courent sur l'utilisation de la technologie révélée dans le court-métrage Paperman et destinée à donner aux films 3D un rendu 2D. Elles sont démenties aussitôt : la technologie en question n'étant pas au point pour être utilisée sur la durée d'un long-métrage tandis que l'utilisation de la couleur avec elle doit encore être peaufinée. Mais les réalisateurs restent fidèles à l'art qui les a fait naître professionnellement : ils n'ont pas résisté, en effet, à l'envie d'insérer de l'animation traditionnelle dans le long-métrage pour les tatouages de Maui incluant le mini-Maui, un personnage à lui seul. L'interaction entre le vrai et le petit Maui, en plus d'être amusante, est de la sorte impressionnante, notamment quand ils se tapent dans la main d'une manière totalement crédible alors même que c'est physiquement impossible. La chanson de Maui possède, elle également, des décors colorés et abstraits façon 2D dignes de la séquence de Je Voudrais Déjà Être Roi du (Le) Roi Lion. Mais il ne faut pourtant pas s'y tromper : Vaiana, la Légende du Bout du Monde est bien un long-métrage en animation 3D, au rendu époustouflant qui n'a rien à envier à la prouesse habituelle de la 2D. Que cela soit l'eau, les îles - de leurs montagnes à leurs végétations -, les fonds marins, c'est bien simple : tout est ici magnifique ! Mention spéciale à Te Kā qui est non seulement impressionnante mais d'une beauté renversante entre lave et fumée.

Vaiana, la Légende du Bout du Monde propose une galerie de personnages riches et charismatiques.
Vaiana est donc une jeune fille de 16 ans, fille du chef Tui. Intelligente, sans peur, pleine de ténacité, elle est attirée par l'Océan qui est son ami et l'appelle depuis sa naissance. Le spectateur s'attache instantanément à ce personnage et à sa soif d'aventure et de découverte. Un peu maladroite et espiègle, elle sait être aussi émouvante, en particulier dans la relation qu'elle entretient avec sa grand-mère Tala pour laquelle elle a beaucoup de respect et d'amour. N'ayant pas la même vision sur l'avenir de son peuple que son père qui reste lui enfermé dans les traditions, elle cherche à sortir de ce qu'elle considère un carcan trop sclérosant. La jeune actrice Auli'i Cravalho assume à merveille le rôle de Vaiana en anglais tandis que Cerise Calixte reprend le flambeau en français et signe sur elle une bonne prestation.
Vaiana est entourée d'une famille aimante même si elle a bien du mal à comprendre les décisions et postures de son père Tui tandis que sa mère Sina est, elle, plus attentionnée bien qu'un peu effacée. Enfin, sa grand-mère Tala est considérée comme la folle du village, seule à essayer de perpétuer la mémoire des ancêtres. Elle est aussi espiègle que sa petite-fille ne refusant jamais une occasion de défier son fils.
Vaiana possède également deux petits animaux qui sont les portes drapeaux de l'humour dans le film. Il y a d'abord le cochon Pua qui n'est finalement présent que dans la première partie du récit et surtout Heihei, un coq, peu futé et complètement dingue, qui apporte un petit grain de folie et d'humour bien dosé dans une aventure qui se veut d'abord épique et poétique.
Maui, métamorphe, demi-dieu du vent et de la mer, "idole" des hommes (du moins le croit-il) est un personnage sûr de lui, et parfois un peu antipathique tellement il ne recherche que la gloire et la célébrité. Somme toute égoïste, il dégage contre toute attente un charme certain. Il ne prend ainsi pas la jeune Vaiana très au sérieux mais va apprendre au fur et à mesure à la connaitre et à l'apprécier. Ses tatouages, en plus d'être une véritable gageure technique, racontent une histoire à eux seuls. Le petit Maui est à ce titre un personnage à part entière qui n'hésite pas à contredire son propriétaire. Dwayne Johnson (Maxi Papa), alias The Rock, tient le rôle du personnage en anglais. L'acteur qui est d'origine polynésienne via sa mère né à Samoa, a clamé haut et fort qu'il était non seulement fier de participer au film mais aussi de voir Disney rendre hommage à sa culture. Il a ainsi particulièrement soutenu l'opus sur les réseaux sociaux. En France, c'est l'humoriste Anthony Kavanagh, qui avait déjà fait la voix de Ray dans La Princesse et la Grenouille, qui double le personnage avec l'énergie et le talent qui le caractérisent.
Enfin, il faut signaler le rôle de l'antagoniste Te Kā qui est une méchante vraiment atypique : une déesse volcan aussi effrayante que destructrice. Même si elle a une faible présence à l'écran, son passage est particulièrement marquant et impressionnant.

Un trio d'artistes est à l'origine de la superbe bande-son de Vaiana, la Légende du Bout du Monde.
Il y a d'abord Opetaia Foa’i, un compositeur et chanteur, originaire de l'île de Samoa mais vivant en Nouvelle-Zélande. À la tête du groupe Te Vaka, l'artiste a toujours été un fervent défenseur de la musique du Pacifique Sud. Il apporte au film la touche authentique et locale en proposant de nombreuses chansons et mélodies de l'Océanie.
Il est accompagné par le grand artiste de Broadway, Lin-Manuel Miranda. Né le 16 janvier 1980 à New York, ce compositeur, parolier et acteur américain d'origine porto-ricaine, est surtout connu pour le musical Hamilton en 2015, récompensé de onze Tony Awards, dont il a écrit les paroles, la musique, le livret et au sein duquel il interprète également le personnage principal d'Alexander Hamilton. Chez Disney, il a déjà tenu un petit rôle dans le film Disney de 2016, La Drôle de Vie de Timothy Green.
Mark Mancina est le troisième intervenant sur la musique. Né le 9 mars 1957 à Santa Monica en Californie, ce compositeur est surtout connu en France pour la musique instrumentale de Tarzan (1999) et de Frère de Ours (2003) pour les Walt Disney Animation Studios alors même qu'il a également composé les bandes originales de Tarzan 2 : L'Enfance d'un Héros (2005), Planes (2013) et Planes 2 (2014) pour DisneyToon Studios ; Le Maître des Lieux (1995) et Le Manoir Hanté et les 999 Fantômes (2003) pour Disney ; Les Ailes de l'Enfer (1997) pour Touchstone Pictures et Esprits Criminels (2005) pour ABC Studios.

Comme pour La Reine des Neiges, les chansons de Vaiana, la Légende du Bout du Monde jouent un rôle important dans le long-métrage pour faire avancer l'histoire. Quelques différences se font toutefois jour. Déjà, ici, les paroles françaises, pour certaines d'entres elles, ne marquent pas les esprits au contraire des mélodies qui sont toutes vraiment entêtantes. Ensuite, si dans le film d'Anna et Elsa, les chansons se concentraient dans la première partie pour disparaitre dans la seconde, elles sont là équilibrées tout au long du récit sans que cela ne paraisse jamais trop alors qu'elles sont plus nombreuses que dans La Reine des Neiges. Enfin, comme le long-métrage mélange des ritournelles type Broadway avec des chansons qui ressemblent à des mélodies traditionnelles polynésiennes, l'ennui n'a jamais sa place ; l'ensemble formant un ravissement pour les oreilles.
Vaiana, la Légende du Bout du Monde possède donc pas moins de onze titres sans compter le générique de fin. Se remarquent ainsi des chansons polynésiennes dans le texte aussi rythmées que dépaysantes comme Tulou Tagaloa ou Logo Te Pate mais aussi des créations à la Broadway qui s'intéressent elles aussi à la culture locale comme An Innocent Warrior, Notre Terre (Where You Are), Know Who You Are ou encore la sublime L'Explorateur (We Know The Way) vantant à merveille les atouts de ce peuple de navigateurs. La chanson de cœur du film, Le Bleu Lumière (How Far I'll Go), se révèle pour sa part aussi puissante que Partir Là-Bas, permettant à Vaiana de montrer sa passion pour la navigation et son attirance pour l'océan. Le titre est tellement fort et central qu'il a droit à deux reprises dans l'aventure (et une troisième fois en version pop dans le générique). Les reprises vont crescendo en émotion et la seconde qui prend le titre de I Am Moana (Song of the Ancestors) offre assurément le moment le plus émouvant du film, à en donner des frissons. La chanson Pour les Hommes (You're Welcome) est l'air de Maui aussi drôle qu'abstraite mettant bien en avant les tatouages du demi-dieu. Elle aussi a droit à une reprise pop dans le générique de fin. Enfin, la onzième chanson Bling-Bling (Shiny) sort un peu du lot s'autorisant un côté très jazzy.

Avant la sortie du film, un début de polémique - c'est devenu une habitude ! - a fait grincer des dents les internautes européens. Vaiana, la Légende du Bout du Monde se nomme, en effet, Moana en anglais. Or, un problème de droit empêche l'utilisation du mot "Moana" par Disney en Europe reproduisant là la même situation que pour Zootopie appelé Zootropolis au lieu de Zootopia dans presque tous les pays européens (le francisé Zootopie ne posant en revanche aucun souci juridique dans l'héxagone). Disney France a donc longtemps hésité avec le titre. Prévu au début pour être "simplement" La Princesse du Bout du Monde, il est devenu ensuite Vaiana, la Légende du Bout du Monde. Si le sous-titre est une habitude franco-française (et peut paraître de trop), le changement de prénom provient lui directement des Walt Disney Animation Studios pour se préserver du problème de droit. Moana signifiant en polynésien "bleu profond" ou "océan" et Vaiana se traduisant en tahitien "eau de roche", le thème de l'eau reste donc parfaitement raccord. Enfin, pour être tout à fait complet sur le sujet, comme pour Zootropolis, la version originale diffusée en Europe (hors Angleterre) utilisera aussi le prénom de Vaiana, le film ayant été enregistré en anglais avec les deux prénoms : Moana et Vaiana...
Une autre polémique, tricolore cette fois-ci, s'est également développée en Polynésie Française au motif que Disney France n'ait pas choisi d'artistes locaux pour incarner les personnages de Maui et de Vaiana contrairement aux États-Unis. Pour faire taire les reproches, la filiale française a alors choisi de faire appel à Mareva Galanter, l'actrice tahitienne, pour assurer la voix de Sina, la mère de Vaiana.

L'accueil de Vaiana, la Légende du Bout du Monde ne souffre finalement pas de ces polémiques : les critiques américaines comme françaises sont en effet conquises par le nouveau film des Walt Disney Animation Studios dont elles saluent la beauté, les personnages et la musique envoutante ; le public lui manifestant pour sa part un solide intérêt avant sortie.

Nouvelle pépite des Walt Disney Animation Studios, véritable invitation au voyage entre traditions et légendes, ode poétique aux personnages attachants et chansons entêtantes, Vaiana, la Légende du Bout du Monde a de quoi ravir le cœur du public de son époustouflant "bleu lumière" !

L'équipe du film

1980 • ....
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L'édition vidéo

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